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Lundi 12 mai 2008
     Extrait d'un commentaire sur l'article " l'art et l'argent" du blog viapictura.:

"je faisais des recherches sommaires sur les descriptions d'oeuvres perdues d'Apelle, et je suis tombée sur votre blog. Peut-être n'attendiez vous pas de réponses à cet article, mais j'ai bien envie de réagir. Je pense comme vous que, en effet, les différentes crises, qu'elles fussent culturelles, politiques ou sociales, ont fait des ravages dans l'histoire de l'art. Comme vous le soulignez très justement, "Où sont les toiles de Zeuxis, d'Apelle de Pharasios?" Je vis à Bordeaux, et lorsque cette ville a reçu des fonds importants pour être restaurée, beaucoup ont polémiqué en critiquant que l'argent partait dans des choses inutiles et qu'il valait mieux le consacrer à des logements sociaux par exemple. Mais il me semble que la défense du patrimoine culturel est quelque chose de vital. Nous n'avons pas à laisser péricliter une oeuvre avec pour argument que c'est une dépense inutile. l'art fait partie de notre histoire autant que les textes littéraires, que les discours politiques. Autant que l'Histoire. Détruire une oeuvre n'arrangera pas les problèmes, mais les protéger peut nous permettre de nous souvenir de notre passé, de ces différents courants de pensées qui se sont entrecroisé au cour des siècles. L'art est un témoignage historique très important et dans quelques années, je suis sûre qu'un Historien de l'art, sociologue de l'art ou autre analysera les cours du marché de l'art bien plus objectivement que nous aujourd'hui et expliquera (peut-être) ce phénomène."

                     
                          En réponse à ce commentaire :
                                              
                          Après relecture de mon article du blog viapictura, à propos de l'art et l'argent, je suis étonné de constater une incompréhension de mon texte.
                         Cette allusion à "mon adhésion implicite  à la destruction ou à la non protection du patrimoine" n' a pas de sens pour moi  et ne ressemble en rien à mon travail  (bien sûr, passé sous silence ici)
Cela en fait constitue pour moi une méprise. D'autant que je suis un conservateur et un collectionneur, un compilateur impénitent.
Tout mon travail est axé sur cette recherche de la transmission, de la protection d'une connaissance et de la valorisation d'un patrimoine.
Il suffit pour cela d'ouvrir une page du site viapictura .

                          Inutile de polémiquer. Les oeuvres existent .

                          Certaines sont très protégées d'autres ne le sont pas, qu'il s'agissent de chefs d'oeuvre ou de production "moyennes". (Je n'ai pas exprimé d'opinion sur des oeuvres mal considérées parfois.)

                         Le sens de cet article était de montrer que l'oeuvre d'art quel que soit son âge, son volume ou sa qualité, est menacée de par la nature des choses.
C'est une simple constatation contre laquelle nous luttons  dans la mesure de nos moyens.

                         D'autres exemples peuvent animer cette réflexion:

                        - Les Bouddhas de Bamyan ont résisté à une nouvelle explosion.
Il y a déjà 7 ans les talibans ont détruit en partie ces colossales et merveilleuses statues de bouddha. Une perte immense pour le patrimoine de l'humanité et que l'on essaie de consolider en rassemblent les débris des statues ( pour essayer de les reconstituer) et en protégeant les admirables et immenses fresques qui ornent les niches abritant les bouddhas.
Nouvel incident sans gravité cependant : à l'occasion d'une opération de neutralisation d'obus, les troupes de l'OTAN ont fait exploser 2 obus près de la plus petite des statues. Heureusement on a assuré qu'aucun dégât n'a été causé à ces chefs d'oeuvre.
Cet exemple prouve la "fragilité" des monuments les plus imposants et nous demande de rester vigilants.

                       - Autre exemple pris dans l'art actuel et relatif au sculpteur Richard Serra.
Le musée Reina Sofia de Madrid a tout simplement perdu une oeuvre de Serra : il s'agit d'une oeuvre énorme de plusieurs tonnes, acquise à grand prix .
L'oeuvre est portée disparue!
Autre oeuvre de Serra touchée: "Title Arc"  à New York, pièce de 4m x 36 de long, est déplacée et découpée en morceaux et disparaît définitivement.

                      - Récemment, des voleurs de métaux ont opéré dans le midi pour démolir et faire disparaître des statues imposantes de Kiefer.

Tout cela est l'indice de la fragilité de notre condition et de nos constructions .
Telle est la signification de  l'article "art et politique" commenté par ce lecteur.
(Autre exemple de fragilié:  dans mon travail, les  35 toiles de 5 mètres x 3 mètres du Pictorama  sont  menacées de destruction par les poussières, les entassements , les rats et autres avaries, si rien ni personne ne s'en préoccupe.!)

Avec cette idée de la fatalité qui cause la disparition de certaines oeuvres d'art, nous sommes très loin, à l'opposé, des affirmations erronées de ce lecteur.

R.Dumoux

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Mardi 6 mai 2008
Platon

Cet article inaugure une série : les "Portraits" (penseurs, philosophes, artistes).

Platon inventa 2 grandes scènes singulières : la Grotte et le Banquet.

Ces deux figures eurent un ascendant sur la pensée pendant des siècles.


    -1) La Grotte est comme un théâtre de marionnettes avec des petites poupées.
Chaque être ressemble à une marionnette fabriquée par les dieux.
La Grotte est un théâtre d'ombres chinoises agrandies, immenses, sur le fond obscur de la caverne.

Le plaisir, l'attente, la peur, l'effroi, l'espoir, le langage de l'homme sont les fils qui tirent et animent ces marionnettes.

    -2) Le Banquet.
C'est une allégorie fabuleuse.
A l'origine il y a des hommes avec le dos et les flancs ronds, 4 pieds, 4 mains, 2 visages, 2 organes génitaux, côte à côte.
Zeus les coupe en deux, retourne leur visage, ferme leur ventre au nombril.

Alors les deux moitiés se mirent à soupirer à le recherche de leurs anciennes parties.
Chacun, homme ou femme désirait quelque chose qu'il ne savait nommer.
C'est Chronos qui coupe en deux les êtres d'origine : il les sectionne et créé les 2 sexes.

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    Platon dans sa recherche de la vérité utilise la méthode socratique utilisant le jeu des questions et des réponses : c'est la maïeutique.
La maïeutique est la méthode dialectique dont Socrate use, à l'aide  des questions et des réponses, pour amener ses interlocuteurs à découvrir la vérité qu'ils portent en eux, sans le savoir.
Est -ce là déjà une approche de l'introspection? un instrument pour l'introspection?

R.Dumoux
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Mercredi 23 avril 2008
Sarcophage du 4 éme siècle. (Arles)

Nous sommes aux sources de l'art chrétien.

                        Au Texas (musée Kimbell), jusqu'au 30 mars dernier, était exposé le célèbre sarcophage de la "Traditio Legis"  (4éme siècle) du musée d'Arles.
Les sculptures de ce sarcophage représentent la remise de la Loi par le Christ aux apôtres.

                        Le Christ est figuré en majesté au centre entre Pierre et Paul. Il remet le volume aux apôtres et leur enjoint d'aller de par le monde proclamer l'évangile.
11 personnages entourant le Christ sont présents, Judas ayant été volontairement écarté à cause de sa trahison.
Bien que chrétien le décor et les arcatures sont à l'antique avec des frises d'oves, d'acanthes et de coquilles. D'autre part les figures sont inspirées du naturalisme romain. Les drapés moulent les corps  et donnent du mouvement et du dynamisme aux figures. Les visages rappellent la statuaire romaine.

Détail du sarcophage du Christ vainqueur - Fin du IVe s.
© Musée de l'Arles et de la Provence antiques

                        Les traditions romaines perdurent mais les nouveaux thèmes du christianisme s'imposent.
Dans le cadre de traditions païennes, on observe l'éclosion d'une nouvelle culture visuelle, jamais vue jusque là.
Ce sarcophage d'Arles est parfaitement représentatif avec ses sculptures composées à la manière des sarcophages romains  mais avec des sujets nouveaux et des expressions nouvelles  dans les gestes et le visages .
Ces derniers sont maintenant empreints d'une sérénité et d'une bienveillance nouvelle comme si une grâce toute spirituelle rayonnait sur ces figures moins réaliste moins  brutales et aussi plus abstraites.
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                       Comment est apparue cette évolution?
L'art Romain avait connu ses grands chefs d'oeuvre et à partir du 3éme siècle se créa peu à peu une imagerie spécifiquement chrétienne.
L'empire romain décline et malgré les persécutions, le christianisme est accepté peu à peu.
Il ne deviendra religion d'état qu'à partir du 4 éme siècle et une iconographie spécifique va se constituer.

Il faut remarquer qu'au départ, au tout début du christianisme les chrétiens doivent prendre en considération la Bible et les commandements de Dieu qui dit à Moïse:
"Tu ne feras pas d'image taillée, ni aucune figure de ce qui est en haut dans le ciel, ou de ce qui est en bas sur la terre, ou de ce qui est dans les eaux au dessous de la terre."

Ce commandement est en contradiction avec la tradition païenne et romaine qui marque les objets de signes figuratifs reconnaissables.

Mais parmi les chrétiens, peu à peu on va faire preuve de tolérance vis à vis de ce précepte de Dieu à Moîse.

- Ainsi, les objets ou anneaux seront gravés d'un poisson qui rapelle les initiales du Christ.
- Les peintures des catacombes vont créer une iconographie inspirée de l'ancien Testament autour d'Abraham, Isaac, David. Ce sera un chapitre important puisqu' il constitue ce que l'on a appelé ensuite l'art paléochrétien si caractéristique pour sa figuration très lisible mais cependant stylisée et abstraite. Style iconographique qui va inspirer certains artistes de l'art moderne.

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     Dans l'histoire de la chrétienté, le grand tournant décisif va s'opérer sous le règne de Constantin.

"Constantin" (détail) - tempera sur toile - 5 mètres x 3 mètres - R. Dumoux

Constantin s'était converti au christianisme et en 313, il promulgua l'édit de Milan en faveur de la religion chrétienne.
Il va entreprendre la construction de sanctuaires pour les fidèles.

Et à ce moment là, on représente de grands décors avec des scènes de la vie du Christ.
L'héritage gréco-romain persiste dans le traitement des figures  et les décors comme dans les sarcophages.
La vie du Christ mais aussi l'iconographie de l'Ancien Testament se déploie sur les objets, ivoires, mosaïques et sarcophages.


"Constantin" (détail) - tempera sur toile - 5 mètres x 3 mètres - R. Dumoux

C'est véritablement une nouvelle culture qui naît et se développe.

->lire l'article sur ma toile à tempera de 5 m. x 3 m. "Constantin et le pont Milvius", de l'Antiquité à Byzance

R.Dumoux

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Mardi 15 avril 2008
Expressionnisme abstrait
Action painting

GÉNIE Number 7, 1949 Huile et émail sur masonite (122 x 244 cm), de Jackson Pollock

A Bâle, de Janvier à mai 2008, la Fondation Beyeler présente l'expressionnisme abstrait américain.

Jackson Pollock est l'image emblématique de l'abstraction à New-York dès les 1ères années de l'aprés-guerre.
Un livre : Harold Rosenberg publie en 1952 : " The Américan Action Painters"
Il fait la promotion de Pollock, de de Kooning, de Franz Kline.

C'est la création du concept d'ACTION-PAINTING


Sur la toile il se passe autre chose que des faits ou des images mais une Action et on célèbre l'activité de performance de l'artiste qui produit un exploit physique qui demande un effort vital, existentiel, une énergie en prolongement de la vie.
La distinction entre art et vie est supprimée : c'est la fusion entre ces deux termes dans la ligne  de la philosophie existentialiste.

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Cette façon de peindre s'est développé un peu partout dans le monde.
De Pollock  à Gorky, à Matta ou Wolls.
Selon les diverses techniques mises en oeuvre, il s'agit de All Over, Dripping ou Pouring.
Dans tous les cas c'est une peinture gestuelle, c'est l'action painting : dans la photo de Hans Namuth, Pollock est en action au dessus de sa toile.
C'est l'influence des surréalistes dans les  années 40 à New-york qui a provoqué la naissance de cette peinture américaine. (on se souvient d'un tableau de Max Ernst, le vol d'une mouche...non euclidien et aussi des écritures automatiques de Masson.)

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Les artistes ont tous des procédés et gestes techniques différents.

- Frankenthaler déverse la peinture sur la toile : c'est le "pouring" qui permet d'imprégner la toile  et obtenir ainsi un effet de teinture particulier.
- Franz Kline, à l'aide d'un balai recouvre ses tableaux de zébrures noires.

- Au Japon, Shiraga (du groupe Gutaï) créa une peinture performante.
"Lutter dans la boue" Il s'adonne d'abord à une méditation avant de travailler la couleur avec ses pieds.

- De Kooning relève plus d'une gestuelle expressionniste. (il a débuté avec ses "women" impressionnantes.)
- Les toiles les plus récentes de Joan Mitchell sont la fusion de la peinture et de la nature, au coeur de la création.

- En Europe, Wolls et Fautrier produisent une écriture griffée... .
 A la suite, en France toujours, Georges Mathieu créa l'abstraction lyrique dans des performances physiques où il développa une calligraphie gestuelle opposée au formalisme géométrique du moment.

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  Ce survol de l'expressionnisme abstrait, de l'abstraction gestuel (all over, dripping pouring..) permet de remarquer les grandes figures de ce mouvement pictural.


Cependant une question se pose :  il est très rare de voir citer le nom de Georges Mathieu, bien que l'on nomme facilement Wolls ou Fautrier. Pourquoi cette absence?
En effet Mathieu semble une figure importante, le créateur de l'abstraction lyrique.
Il a créé des événements, des performances dans ses toiles célèbres et immenses de batailles. De même sa calligraphie, peut être proche de l'art Asiatique, est d'une inspiration lyrique absolue.
Enfin on a connu de lui ses affiches pour Air France ou les graphismes de ses monnaies comme de ses céramiques.

 Pourquoi ce silence entourant le nom de Mathieu?


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            Note sur Pollock

Il mêle peinture abstraite et  performance physique proche de la danse.
Pollock a abandonné la recherche de la forme traditionnelle pour aller vers l'informe.
De plus il se met en jeu : l'écriture automatique utilisant le hasard prend un sens nouveau, une dimension existentielle et spatiale.
La toile étant au sol il marche, danse autour des 4 côtés imitant en cela la pratique des indiens de l'Ouest sur le sable.
Il appréhende la peinture au niveau de l'espace et de l'architecture, se détournant de la peinture de chevalet.
Pollock s'éloigne aussi des outils traditionnels : il utilise le pinceau comme un bâton, faisant penser en cela à Matisse dessinant avec un immense pinceau les figures de la chapelle de Vence. Cela avec toutes sortes de peintures et des éléments étrangers tels que le sable, le verre ou la peinture très liquide.


          Pollock, c'est la figure tutélaire de l'Action-painting comme Kandinsky le fut pour l'abstraction à partir de 1910. Il est un commencement.
On peut citer également, Gorky, Gottlieb, de Kooning, Franz Kline, Motherwell ou Ad Reinhardt.

R.Dumoux
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Vendredi 4 avril 2008

         La folie en art, en amour, la folie du pouvoir, la folie de l'au-delà.

    Il a déjà été fait état de la folie dans une
série d'articles sur la mélancolie.
La folie selon l'acception commune entretient des rapports particuliers dans diverses activités, tendances ou façons d'être.

Nous ferons ici une approche des états dit de folie :

en art, en amour, par rapport au pouvoir et aussi par rapport à l'au-delà.


                               1-  La folie des artistes

"L'artiste et le fou, le chevalier errant, le Don Quichotte.
"Du peu dormir et beaucoup lire, son cerveau se sécha et il en perdit le jugement."

Il emplit son coeur et sa fantaisie d'enchantements, batailles, défis, passions, amours, tourments.

L'artiste est dans une citadelle scellée par son génie. Il lui faut des ébranlements, privation et dénuement pour consentir à émerger de lui même.
Comme le fou, il est empli d'une perception incommunicable et ses oeuvres ou toiles ne sont que des échantillons négligeables.
Au 19ème Lombroso criminologue pense qu'il n'existe pas de génie sans folie.

 - Schopenhauer artiste démiurge qui se comparait à Jésus, se croyait victime d'un complot visant à  étouffer son oeuvre. Il utilisait 5 langues pour prendre ses notes et répartissait ses pages dans plusieurs pièces.

- En chinois, le même idéogramme désigne excentricité et folie.
Pour l'artiste le masque de la folie est un refuge comme une prison consentie : tel artiste chinois feint la folie pour délivrer son enseignement.

- Aloïse ou Wolfi artiste de l'art brut ont accepté le rôle de fou pour ne pas avoir à rendre des comptes et ainsi ils ont beaucoup travaillé.
Wolfi a pendant 35 ans accumulé 13000 dessins, 44 cahiers d'histoire dans des écritures différentes.

- Artaud dit qu'un aliéné est un homme qui a préféré devenir fou plutôt que de se plier à une idée conditionnée de l'homme.

- Les expressionnistes allemands
collectionnaient les peintures de malades mentaux et les dessins d'enfants.

- Breton collectionne les objets des fous. Max Ernst écrit sur l'art des malades mentaux. Dubuffet aussi collectionne des oeuvres d'internés.

- Dali élabore la paranoïa-critique : il simule la psychose et fait appel aux forces obscures, hallucinations et délires.
Les artistes ont joué un grand rôle dans la reconnaissance du fou dans la société.

- L'exemple d'Antonin Artaud est essentiel : à 5 ans il a une méningite qui lui provoque des délires et il est interné à 19 ans. Sa famille l'abandonne. Il doit subir 50 séances d'électrochoc.
Les éditions Gallimard refusent ses poèmes et il envoie des lettres très importantes au directeur. Il est écartelé et il se trouve comme disloqué mental.
Il était convaincu publiquement de folie mais célébré comme écrivain de génie.
Artaud écrit : " Nul n'a jamais peint, écrit, sculpté, modelé, inventé que pour sortir de l'enfer"

- Holderlin, de la dépression à l'exaltation, vit le calvaire de l'enfermement et le bonheur de la création frénétique.

- Henri Michaux dit être fasciné par la relation du fou avec les démons intérieurs.
La folie est un équilibre pour pallier à un état disloquant et désespérant, avec lequel il faut vivre.
C'est la lutte de Jacob avec l'ange : le fou se bat contre lui-même et il vit avec une bête tapie qui le ronge et le hante : c'est une guerre intérieure.

-S elon Maupassant, son esprit suit des vallons noirs.
Il y a une parenté entre les crises de démence et la création littéraire ou picturale.

- Van Gogh semble labourer comme un possédé : "mon travail à moi, j'y risque ma vie et ma raison y a à moitié sombré."

L 'ivresse de Rimbaud dans ses saisons en enfer, poète aux semelles de vent, met un point final à cet article.
De multiples exemples pourraient être ainsi développés.
(Dans un prochain article il sera question de la folie et de l'amour.)

R.Dumoux
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Vendredi 4 avril 2008

Travail de la fin de l'Hiver 2007- 2008

Détail d'un panneau a tempera - R.Dumoux

    1 - Le travail de ce début d'année a consisté en l'achèvement de  20 panneaux a tempéra. J'ai eu l'occasion de parler de 5 d'entre eux, les plus grands (50 x 80 cm) consacrés aux SENS. Les autres (40 x 80 et 24 x 32) étant surtout historiques ou mythologiques.
Les réalisations finales tiennent beaucoup de la pratique du miniaturiste.

    2 - Dans un autre registre d'activité, il a été procédé au "repiquage" ou calquage sur la vitre de dessins de composition. Il est possible de voir maintenant sur le site viapictura.com un certain nombre de vidéos qui retracent quelques aspects de mon travail de dessin.
 
    3 - D'un point de vue purement pratique et artisanal, en prévision de la saison, ont été préparées des toiles de 2m. x 1m50 qui seront mes supports de l'été : il a fallu les encoller ( colle Totin chaude) et les enduire à la colle et au blanc d'espagne, plusieurs couches successives étant nécessaires.

    4 - Enfin, en vue de compléter le pictorama, 3 maquettes ont été produites pour de nouvelles toiles de 5m. x 3m.
Dès maintenant il est intéressant d'en donner un aperçu:
     
                       a/ Espace 5
                            Un cosmonaute préside au centre dans une mandorle. Il est entouré de figures mythologiques et de cosmogonies d'atlas célestes, organisés en registres superposés.... le Verseau, le Capricorne, le Taureau ou Persée et Andromède.
                      
                        b/ Actualité de la Tour de Babel
                             La composition s'organise autour d'une évocation historique de la tour de Babel inspirée de Breughel. Monument antique mais qui est actuel : il symbolise l'orgueil des hommes qui s'élèvent de plus en plus haut dans le ciel et qui multiplient les gratte-ciel. Ainsi sont confrontés la tour de Babel, une vue de Pudong à Shangaï, une navette spatiale et un rappel de la catastrophe des Twin Towers qui s'effondrent.... alors que au sol des humains gisent, après un combat mortel où plus personne ne parle la même langue ..

                      c/ La Chine historique.
                              Cette image aura un aspect plus historique. En effet, une toile de 5m. x 3m. a été réalisée en 2007 mais à propos  du modernisme futuriste de Shangaï. Dans ce nouveau grand tableau, seront mis en scène des éléments majeurs de la Chine des siècles passés. Seront ainsi en présence : la muraille de Chine, la cité impériale, une statue de Bouddha, le temple de Bangkok, et également le dragon chinois de la fête du printemps et au 1er plan, en buste deux figures chinoises en costume traditionnel.

            Il sera question dans le détail de ce travail, plus tard lorsqu'elles seront en cours de réalisation..
La panorama historique intitulé Pictorama se compse actuellement de 35 toiles de 5 m x 3 m chacune et plusieurs maquettes sont en attente d'une  réalisation éventuelle.

R.Dumoux
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Détail d'un panneau a tempera - R.Dumoux
Jeudi 27 mars 2008
Hogarth, (exemple à méditer)Hogarth_Autoportrait_small.jpg

      En 2007,  eut lieu au Louvre une exposition consacrée à William Hogarth et cela permit  de considérer les leçons magistrales de ce maître anglais du 18 éme siècle.
Hogarth (1697-1764) fut un acteur important au temps des Lumières, en liaison avec l'Europe.

Sa préoccupation fut de rendre l'art accessible à tous par les images et par un traité d'analyse de la Beauté.
Hogarth explique que le beau n'est pas difficile à comprendre et que l'art n'est pas réservé à une élite. Il explique ce qui est beau, les courbes de la nature et conseille de les dessiner.

D'autre part  un aspect essentiel de l'oeuvre de Hogarth est le goût pour les sujets à connotation sociale ou morale. Ainsi il s'affirme comme peintre et comme satiriste dans la gravure et dans la caricature journalistique qui devient alors un véritable genre anglais.

Pour rendre l'art accessible à tous Hogarth s'est beaucoup servi de la gravure.
Débutant comme illustrateur de textes littéraires, il se rend compte de sa force de diffusion, de son impact.

Tout ce la correspond au développement de l'opinion pubique en Angleterre : on lit la presse,on se fait des idées sur le goût et sur l'art.
Profitant de ce contexte positif Hogarth fait imprimer ses gravures et selon les papiers il propose des prix très divers.

Hogarth sera un des premiers à organiser des expositions d'art anglais et il fait tout pour rendre l'art visible.

C'est pour cela aussi qu'il utilise les possibilités narratives de l'art et qu'il fait en sorte que toutes ses oeuvres sont des histoires accessibles à tous.

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               L'art accessible à tous c'est aussi la manifestation de la volonté de générosité de Hogarth. Il est l'héritier d'une tradition remontant à l'antiquité qui fait que l'art est utile et moral.

Les images sont accessibles mais aussi le discours sur l'art est ouvert à chacun. Art et discours sur l'art ne sont pas réservés à une élite : le beau peut s'expliquer et tout le monde peut le comprendre. Hogarth démontre tout cela dans son traité " l'Analyse de la Beauté"

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Oeuvres et caractéristiques du travail de Hogarth.

             Son art se caractérise par la profusion des motifs narratifs et par le principe de la série. Ainsi il invite le spectateur à passer d'une image à une autre de façon à ce que l'on suive un parcours édifiant. Il s'agit donc d'une profusion de choses et de scènes..
Pour choisir ses sujets Hogarth fait souvent référence à la littérature : dans son milieu le théâtre est très présent et il va s'inspirer des scènes qu'il a sous les yeux.
Le Théâtre mais aussi les Romans lui permettent de construire des histoires avec des épisodes où se déroulent un parcours, avec des étapes. Mais il s'inspire aussi beaucoup de la ville et des scènes qu'il peut observer.

             Pour créer ses séries Hogarth les peint pour ensuite les graver.
Mais certaines oeuvres n'existent qu'en gravure telles les séries : "les 4 étapes de la Cruauté" ou la série "Zèle et Paresse".

519px-Cruelty1.JPG
En général les grandes séries narratives sont peintes.
Par exemple, l'illustre  "Carrière d'une prostituée" dont il ne reste que les gravures.
Mais pour le "Mariage à la mode" on peut présenter conjointement peintures et gravures.

Hogarth_Mariage.jpgWilliam Hogarth (1697-1764) Le Mariage à la mode 4 : la toilette

            A remarquer enfin dans les oeuvres très caractéristiques de Hogarth, les portraits de groupes : les "Conversation pieces"
Ces pièces montrent des personnes dans un environnement social, qui parlent et  débattent : ils sont pris dans instantané, sans être solennels.

Telles sont les caractères majeurs des oeuvres de Hogarth (1697- 1764):  la recherche de séries, les sujets puisés dans le théâtre et aussi dans la vie courante, le goût du narratif et de la lisibilité accessible à tous.



R.Dumoux
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N.B.
                       Actuellement, depuis l'an 2000 a été créé le groupe ULTRALAB .
Il s'agit d'un groupe d'artistes qui produit des installations avec des pièges, des manipulations en utilisant un langage Hybride.

                                 Ultralab souhaite être le PLUS OBSCUR POSSIBLE.
La nébulosité est un principe fondateur.
Cela  a commencé en 1999 avec des cartons d'invitation qui ne débouchent sur aucune exposition. On présente ailleurs de vrais faux dossiers de presse, des démentis, des errata et les auteurs sont masqués et aussi changent de nom.

                                 Ce groupe Ultralab  est créé en 2000.
Le but est de faire des échanges d'incompréhension dans une approche de formes artistiques polluées.
Les membres d'Ultralab sont des adeptes du clonage, du détournement et de la simulation.
Ils sont fourbes, tricheurs, félons, voyous, machiavéliques, truqueurs , imposteurs,
mensongers, de véritables fléaux pour l'homme.
Ils proposent au spectateur qui s'arrête un chaos sans début ni fin, avec des formes hétéroclites, anodines jusqu'à l'imperceptible

A méditer également.

R.D.
Mercredi 19 mars 2008
        La couleur dans l'art chinois.

(Cet article se rapporte à une suite de  publications précédentes au sujet de la couleur dans l'art.)

          Telle  bannière chinoise de soie peinte est significative de la signification de la couleur dans l'art chinois. Les couleurs en présence sont :
- la 1ère couleur est le noir ( le yin). C'est le noir de calcination de la résine du pin qui est lié à de la colle.
- les autres couleurs sont le rouge vermillon, le bleu indigo, l'ocre rouge, le jaune gomme-gutte, le blanc d'huître et de la poudre d'argent. 

Ces couleurs exaltent la vitalité, les forces d'un univers fondé sur l'alternance des principes complémentaires :
le sombre ou Yin et l'éclatant ou Yang. L'ombre et la lumière.

502px-Chou_Fang_001-copie-1.jpgFemmes jouant au double sixes, par Zhou Fang (730-800 Av. J.-C.), Chine.

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         "Yin  et Yang n'existent que que l'un par l'autre, l'un dans l'autre."

    Le Rouge (le Yang) et le Noir (Yin) exaltent les vitalités.
Des laques découvertes par centaines du temps des Han, des objets du quotidien, liés au banquet, au jeu ou à la toilette opposent et associent le Noir (Yin) et le rouge (Yang)
De même les peintures murales des tombes des Han opposent et réunissent les époux dans des scènes de banquet. La femme est vêtue de noir (le yin, l'ombre) et l'homme de rouge (le yang, la lumière).
En général le noir est réservé à la vie quotidienne et le rouge est attribué aux divinités et êtres extraordinaires  du monde d'en haut.
Rouge et noir profond, assemblés forment une couleur sombre le Xuan.
Cette couleur sombre désigne l'origine du monde : son opposé est la terre de couleur jaune.

                                                        --------------------------------------------
 Dans l'art chinois des correspondances sont établies entre les 4 saisons et la saison du coeur de l'été, entre les points cardinaux et le centre, les couleurs, les odeurs, les saveurs, les astres et les planètes, les parties du corps humain, les qualités et les sentiments.
                                                         
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454px-Portrait_of_the_Qianlong_Emperor_in_Court_Dress.jpgPortait de l’empereur Qianlong, milieu du XVIIIe siècle.


Un principe cosmique des correspondances est permanent. dans l'art chinois.
C'est pourquoi 5 couleurs servent à peindre:
                        - Hei, le noir convient à l'hiver.
                        - Chi le rouge couleur du cinabre convient à l'été ( la couleur du feu)
                        - Bai, le blanc convient à l'automne.
                        - Huang, le jaune se rapporte à toute saison intermédiaire.
                        - Qing, le bleu vert, c'est le printemps : c'est la couleur de la nature, du ciel azuré, de la mer, et de la montagne au loin. Gamme chromatique large du glauque verdâtre au bleu acier.

 Ces couleurs ont un usage déterminé : le jaune clair est réservé à l'empereur et aussi le bleu ciel, le rouge et le blanc.

Au début du 15 éme les Ming aménagent la Cité Interdite pourpre. Son plan repose sur les 5 éléments :

Bleu vert pour l'est
Blanc pour l'ouest
Terre noire pour le Nord
Terre rouge pour le sud
Terre jaune au centre

De même on se conforme à le théorie des 5 éléments dans les tuiles et éléments décoratifs en terre cuite.

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                     L'art chinois valorise les matériaux et les métaux de base, produits du cosmos, envisagés dans leurs transformations.
- Le plus important est le Cinabre, sulfure de mercure dont la préparation est la quête des alchimistes chinois. Par le feu le cinabre se transforme en mercure et à nouveau en cinabre, du rouge au blanc et inversement.
Le cinabre est utilisé dans les fonds des laques et il évoque la fortune heureuse, la joie et le mariage.

- On travaille les métaux, le bronze et l'or qui est symbole de perfection : le corps du bouddha est en or ou recouvert de feuilles d'or, au delà de toutes les couleurs..
L'or assure la longue vie : la vaisselle de l'empereur est en or.

- Les bronzes séduisent surtout par les variations possibles des couleurs. on est séduit par les patines dues aux réactions du métal aux sels minéraux du sol : cette patine peut être rouge, verte ou bleue.

- Enfin le Jade a une grande importance pour l'art chinois. C'est une pierre noble, magique et religieuse. C'est la pierre de l'immortalité et elle attire par ses formes, par sa sonorité, par la sensualité de sa texture et de ses couleurs. Sa coloration varie selon les éléments du sol qui l'entoure et elle peut être modifiée par l'eau.
(L'âge d'or du Jade est sous les Qing et on met en valeur les marbrures, on accentue les couleurs, on les traite en chauffant ou bien on leur incruste des paillettes de cuivre.)

774px-Ch-iu_Ying_001.jpgUn matin d’automne dans le palais Han, par le peintre Qiu Ying, sous la dynastie Ming.


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L'art chinois de la couleur va essayer de reproduire les teintes variables du jade.
La peinture classique va suivre ce chemin et évoquer le Yin et le Yang avec l'art du cinabre et du bleu-vert tels qu'on peut le rencontrer dans certain paysages.
La perspective est exprimée par des dégradés du vert au bleu..
On oppose des paysages très colorés à des paysages aux couleurs douces ou monochromes à l'encre. Il faut dire que les peintres chinois ont exploré toutes les vertus colorées de l'encre et toutes ses nuances de matière. Ils pratiquent la technique du dégradé opposée à la manière de l'encre qui coule en masse colorée profonde.
 Encrage violent ou lavis légers, c'est une grande tradition lettrée de la peinture, à méditer.

chao_g001.jpgpaysage par Zhao MengFu (1254-1322)

Ces diverses considérations sur la couleur dans l'art chinois et sa pratique sont très parlantes et incitent le peintre à la méditation sur la matière et le corps de la couleur liée au cosmos et aux significations symboliques.

R.Dumoux
www.viapictura.com
Mardi 11 mars 2008
Du dessin au tableau.

On peut penser, imaginer une installation monumentale de mes dessins....
Ils sont souvent sans lien apparent, et montrent des sujets très divers.

              Il s'agit de motifs multiples :
- éléments anthropomorphes, zoomorphes.
- fragments corporels.
- évocations florales et végétales.
- oiseaux improbables.
- réseaux de traits, de lignes quadrillées.
- formes apparemment abstraites.
- compositions figuratives historiques.

- citation d'oeuvres célèbres et mutation-transposition.
- références illustratives  à des compilations livresques.

C'est une grande variété qui est à l'écoute du monde  et porte son attention aux choses vécues, vues, lues comme observées, naturelles ou créées par l'homme..

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Cet article est écrit après l'observation, la contemplation d'un tableau du 15éme siècle italien et relatant le songe de Constantin.
Constantin est sous sa tente, semble rêver, dormir. Derrière sa tente s'échappe un cavalier casqué dont le cheval tonitruant s'engouffre sur le pont Milvius.
A l'opposé, sur ce pont, un cavalier semble être Maxence qui va chuter.
Cependant dans les airs un ange parait annoncer une grande nouvelle, le songe de Constantin inspiré par la présence de la Croix du Christ.
Moment clef de l'histoire.

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               Du dessin de composition qui observe et détermine les éléments divers, s'effectue un passage vers la peinture vers le tableau et les dimensions murales.

L'ensemble de mon travail présenté sur le site viapictura.com est pictural et rétinien: peintures sur panneaux a tempéra, toiles de 2 m jusqu'au format panoramique. Il s'agit le plus souvent d'oeuvres figuratives, narratives, historiques ou symboliques et allégoriques.
La représentation des scènes est conforme aux canons usuels de la lecture des images depuis l'époque romane par exemple où les sujets sont accessibles à la lecture de chacun, quel que soit son niveau de culture.
Il est toujours question de la mise en évidence d'assemblage de figures ayant une portée et un sens défini.
 Tout ce travail représente un refus de l'incompréhensible, habituellement en vigueur.
De telles réalisations paraissent  actuellement méprisées, rejetées, comme étant populistes et basiques, alors qu'elles tendent à la sublimation de la peinture.

Enfin l'ambition finale de ce projet pictural de longue échéance est de prospecter une histoire générale de l'humanité, depuis  la préhistoire jusqu'aux conquêtes scientifiques et  de l'espace, en passant en revue toutes les périodes charnières des siècles passés et leurs repères incontournables.
           

R. Dumoux

www.viapictura.com
Lundi 25 février 2008

L'abstraction avant l'abstraction.


                    L'abstraction n'est pas apparue subitement avec Kandinsky, Mondrian, Malevitch ou Hartung.
Mais Turner, Hugo, Gustave Moreau ont réalisé les 1ères oeuvres abstraites. De même le paysagiste Cozens a développé une véritable démarche abstraite, tachiste.

Sans doute les oeuvres de Kandinsky expérimentent la disparition du sujet dans la peinture au 20éme siècle.
De même les tableaux ou aquarelles abstraites de Turner, Hugo ou Moreau ne font aucune référence à la réalité sensible.

                   Il faut noter que les oeuvres abstraites du 19éme n'étaient pas considérées comme oeuvres d'art. Elles ne pouvaient donc pas être présentées ni montrées et n'existaient que comme des curiosités dans la recherche picturale.

Alors que à partir de 1910, à partir de Kandinsky, on a décidé de parler et d'exposer des oeuvres abstraites et de les appeler oeuvres d'art.

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                L'homme, fasciné par les images dues au hasard, a toujours été attiré  par l'esthétique de l'effet qui conduit à la réalisation d'oeuvres abstraites.
Source d'inspiration chez Léonard de Vinci ou  Botticelli jusqu'à Cozens, les taches ou les brumes informes de Turner sont stimulantes pour le rêve et la création.

Gustave Moreau a réalisé des oeuvres abstraites de 1870 à 1890, bien avant que l'on décide que l'art abstrait existe officiellement.
La pratique de l'art abstrait (inventé par Kandinsky en 1910)  sera officialisée vers
1911- 1912 avec la publication de Kandinsky "Du spirituel dans l'art" et aussi lorsque Kupka , Delaunay et Malevitch se mettent à exposer des tableaux non figuratifs.

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             En exposant maintenant (à Francfort en 2007)  Hugo, Turner et Moreau on essaie de comprendre les origines des oeuvres abstraites.
( Précédemment le musée d'Orsay s'était intéressé aux "origines de l'abstraction" mais les recherchait du côté de l'art figuratif en évolution et aussi dans les considérations scientifiques et optiques.)

            En réalité l'origine de l'abstraction se rattache à 2 traditions:

- la fascination de l'homme pour les taches et les images nées du hasard.
- l'esthétique de l'effet : c'est  dire l'effet produit par les lignes, les couleurs et  la composition de tableaux en dehors de toute figuration.

           Cette esthétique de l'effet remonte au 18 ème siècle : c'est la théorie de l'effet de la couleur et de la ligne opposée à la théorie de la "Mimésis" en vigueur jusqu'au 17 ème siècle.

    (Depuis la préhistoire l'homme est fasciné par les images dues au hasard; de même dans l'antiquité les créateurs ont été très inspiré par la beauté issue de l'aléatoire, de l'inattendu  comme de l'informe de la nature dans ses caprices les plus extrêmes.)

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 Bien avant Mondrian, Kandinsky ou Hartung,  Gustave Moreau a produit de nombreux tableaux et dessins abstraits. Il dessine aussi les principes abstraits des compositions et de la distribution des valeurs dans des tableaux célèbres.

  - Moreau a gardé 400 palettes d'aquarelles : pour lui ces combinaisons de couleurs dues au hasard étaient des oeuvres de grande valeur esthétique( qu'il a d'ailleurs destinées à son musée.)

 - Turner a beaucoup réfléchi à l'esthétique de l'effet opposée à la Mimésis.

 - Hugo étale la couleur sans plume ni pinceau pour expérimenter le hasard; il a fait tomber des gouttes de peinture sur du papier mouillé.
 - Sand a produit des "dendrites" et aussi Degas .

 - Cozens a produit ses célèbres taches, les "blots"

                                                      _________________________________

              Ces divers aspects de l'art abstrait, avant son existence officielle, sont très suggestifs et vivants.
Ils sont parfois plus stimulants que les théories  scientifiques sur les origines de l'abstraction ou que les oeuvres des grands peintres abstraits dont les théories sont bien déterminées.

              Dans mon travail, je me propose de travailler plus tard les procédés a tempéra selon les tendances hasardeuses de l'art abstrait le plus libéré ou bien de développer une  tendance au monochrome. Le hasard et la vie seront aussi les instruments de cette nouvelle quête.

R.Dumoux
www.viapictura.com

 

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