La couleur au 15 ème siècle.
Dans l'article précédent il a été question d'une de mes toiles de l'été et le problème de la technique picturale a été abordé en rapport avec le métier des maîtres du quatrocento.
Dans cette perspective, il est intéressant de voir les divers aspects de la couleur au 15 éme siècle.
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3 traditions picturales sont mises en pratique:
- l'enluminure, la fresque, et la peinture sur panneau et ..
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- L'enluminure.
Les peintres nordiques de Marmion à Fouquet pratiquaient l'enluminure. (et la peinture sur panneau.)
Le travail des miniatures était parcellisé dans divers ateliers : le travail du dessin se passait dans un atelier et le travail de la couleur dans un autre et les livres copiés dans un monastère sont enluminés dans un atelier laïc.
Il y avait des spécialistes pour les bordures, pour les lettres et la calligraphie et d'autres pour la représentation des scènes importantes. Certains ne travaillaient que les " champeignes" c'est à dire les arrières plans de paysages.
Parfois les miniatures étaient intégrées dans les manuscrits après coup et la question de l'unité de style ne s'imposait pas.
Souvent ces manuscrits étaient très importants comme les Très Riches heures des frères de Limbourg ou bien les Heures du Maréchal de Boucicaut. Ou bien encore les célèbres enluminures de Jean Colombe. ( exposées jusqu'au 30 Septembre à la Médiathèque de Troyes)
Histoire de la destruction de Troie (Destructio Trojae)Enluminure par l'atelier de Jean Colombe. Vers 1495-1500
---> http://www.enluminures.culture.fr/
Au Nord cette peinture était exécutée sur le mur en mélangeant les pigments à la chaux ou bien aussi en utilisant l'huile comme liant.
En Italie on utilise une nouvelle technique, celle de la fresque : le mur est recouvert d'une ébauche générale, sur un enduit grossier, l'ariccio, puis chaque jour une partie est recouverte d'un enduit frais, fin et transparent, l'intonaco. Par transparence et à partir de l'ébauche, le dessin est exécuté avec plus de précision et dans tous les détails. Enfin ce sera la mise en couleur à l'aide des pigments mêlés à la chaux et simplement dilués à l'eau.
On pouvait ensuite exécuter ou rehausser à tempéra à l'oeuf certaines parties ou détails.
En général cette technique était très rigoureuse et logique dans ses étapes.
- La peinture sur panneau ou sur toile.
Nous avons vu que Cennini considère qu'il faut bien la maîtriser.
Outre les caractéristiques de métier dont nous avons parlé dans un article précédent, cette pratique met en valeur un certain nombre de données plastiques.
Les traités d'art italien mettent l'accent sur l'importance du relief, de la profondeur et de la simulation du volume. Léonard travaille dans ce sens: il traite les ombres et les lumières et son désir de donner du relief le conduit à des noirs de plus en plus profonds.
D'autre part l'imitation de la nature est le fondement de l'art du 15 ème. On recherche la simulation naturaliste par la perspective géométrique et aussi aérienne.
( A noter cependant que c'est le dessin plus que la couleur qui concrétise l'habileté de l'artiste, la couleur ne venant se poser qu'après coup sur le dessin bien défini sur le mur ou la toile.
Alberti parle surtout de la théorie du dessin. Léonard n'appréciait pas beaucoup ceux qui se préoccupaient plus de la couleur que du dessin.
Vasari va définir Florence comme école du disegno et rejeter la couleur Vénitienne.
la couleur à Florence est accessoire, elle n'est qu'ornement.)
La couleur imite la nature et la lumière est importante pour le rendu de la couleur.
C'est au 14 ème siècle en Italie qu'objets et figures sont représentés pour la 1ère fois avec des ombres portées. Alberti et Léonard comprennent que la lumière modifie les couleurs.
A la différence d'Aristote pour qui il n'existait que le noir et le blanc, Alberti affirme que les couleurs primaires sont au nombre de 4 : le rouge, le bleu, le vert et le gris, couleur cendre de la terre. En ajoutant le blanc et le noir, il est possible d'obtenir de nombreuses nuances.
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Cependant, le peintre du 15 ème est conscient de la présence de deux mondes : le monde terrestre avec la réalité de la couleur et du dessin et le monde céleste au dessus plus abstrait et d'or.
L'usage du fond d'or pour la voûte céleste remonte à l'époque byzantine et va durer tout le 15 ème. Ces fonds d'or sont décorés incisés ou poinçonnés.
La luminosité et le rayonnement de l'or sont un outil poétique suggérant l'immanence de la divinité.
Les rehauts d'or continuent de faire partie du répertoire artistique jusqu'à la fin du 15 ème siècle et les auréoles dorées persistent. Cependant peu à peu elles vont diminuer jusqu'au simple cercle d'or et enfin disparaître au profit du naturalisme.
L'or était posé en feuilles mais aussi en poudre comme une couleur.
Les rehauts d'or sont inspirés de l'enluminure et ils sont apparus pour la 1ère fois dans la peinture de Gentile da Fabriano vers 1400.
( Il faudrait enfin évoquer la question de la technique de l'huile et en particulier celle des frères Van Eyck : cette question pourra constituer un article particulier.)
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Les pigments au 15 ème siècle.
Pour conclure enfin, voici une énumération des pigments utilisés au 15 ème siècle.
L'artiste disposait de 7 couleurs naturelles:
4 terres: le noir, le rouge, le jaune, le vert,
3 autres couleurs le blanc, le bleu, le giallino (jaune de plomb); les terres d'ombre viendront ensuite.
Cennini considère que les peintres devaient broyer leurs couleurs. Cependant il existe déjà des couleurs frelatées, toutes prêtes. Ce qui se généralisera à la fin du 19 ème siècle avec l'usage des tubes.
(Dans un autre article il sera bien de parler de ces couleurs et de leur origine minérale ou métallique.)
Toutes ces considérations sont laborieuses et parfois décourageantes à lire, mais elles sont à la base du métier de la peinture et elles sont garantes de la liberté de la poésie et de la création picturale.
R.Dumoux
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La couleur dans l'art
Une toile de l'été 2007.
Parmi les réalisations de cette saison (une quinzaine de toiles de 2m 50 x 1 m 50)
l'une d'elle sera analysée dans cette article: il s'agit d'une toile horizontale de 2 m x 3m, 20 sur le thème de la table et du repas .
(Précédemment, d'autres séries ont été constituées sur le thème du lit ou encore du bateau, de la barque etc etc. )
Toile en cours de réalisation - R. Dumoux -
08-2007A propos de la table et du repas se trouvent dans mes collections des compositions évoquant le repas à Emmaüs ou les noces de Canna mais aussi des compositions sur les repas des dieux, les noces, les bacchanales et autres spectacles païens.
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Cette année 2007, une nouvelle toile vient s'ajouter à ces ensembles: il s'agit d'une scène de genre et en particulier de cabaret (et d'ivrognerie). Parfois inspiré de modèles communs dans la peinture hollandaise( Terborch, David Tenniers peintre flamand du 17 ème etc) cette composition met en scène autour d'une table divers personnages:
- Au centre un personnage boit directement à une cruche entouré de sa compagne et d'un musicien.
Derrière eux au mur des cruches et plats sur une étagère.

- Devant eux la table est dressée avec du pain, des fruits, deux poissons.
- Cette table à gauche se termine sur une figure assise qui semble être le maître des lieux et qui fait signe au personnage qui est debout à droite.
- Toujours à gauche sur un fond de tonneaux des convives sont occupés à tirer du vin.
- Mais au 1 er plan devant la table tout semble désordonné: deux personnages sont mal en point et renversent le contenu de leur panier, alors qu'un banc à la renverse laisse penser que quelqu'un s'est effondré. Les expressions deviennent lubriques.

Ce tableau est une sorte d'antithèse de la cène. Outre la composition, plusieurs éléments suggèrent directement la sainte table : les deux poissons , le pain et au centre, le calice peint à l'or.
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Le traitement de la couleur dans cette toile est a tempéra.
Le support est d'abord préparé à la colle de peau et au blanc d'espagne. Plusieurs couches sont nécessaires.
Un dessin sommaire, mise en place grossière est faite à la craie rouge évoquant d'ailleurs les sinopie des fresques médiévales. Ce tracé est précisé au fusain ou à la mine de plomb.
Suit l'ébauche colorée à l'aide d'un jus maigre au blanc d'oeuf très dilué.

C'est alors l'exécution proprement dite a tempéra à l'oeuf: le liant est composé du jaune et du blanc d'oeuf; une partie d'huile de lin ou de noix peut être ajoutée.
Il s'agit là exactement, de la démarche et des procédés utilisés certains anciens maîtres.
(Il arrive que relatant l'oeuvre de peintres actuels parfois illustres, on parle du métier des maîtres , mais souvent il y a une déception car on constate des effets de matière, de relief ou d'empâtement (aspect frelaté) ce qui ne se rencontre jamais dans les oeuvres du quattrocento, de Mantegna par exemple. Le plus souvent on ne ressent pas les encollages et prépartions à la colle qui sont l'âme de la peinture.
On ne retrouve pas cette transparence, cette légèreté dues à l'économie de la matière. On ne parle jamais de la préparation et des encollages, souvent mis à l'écart car ils sont le labeur long et difficile du métier.)
C'est cependant ce métier qui apparaît mot à mot dans mes toiles et panneaux présentés sur le site www.viapictura.com.
Ce métier est complexe, difficile à comprendre, à aborder, mais aussi très simple et naturel, car il se déroule dans l'ordre naturel des éléments.
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Il est possible maintenant de citer un ouvrage sur la couleur dans l'art où il est question de la couleur dans les toiles et panneaux au 15 éme siècle.
Il s'agit du Mazenot :'la couleur dans l'art" dont voici quelques extraits.
" La peinture sur panneau ou toile était en faveur au 14ème et au 15 ème siècle.
Cennini la considère avec grand intérêt et dit qu'il faut bien la maîtriser avant d'aborder la peinture murale.
Il recommande un apprentissage de 12 ans pour l'aspirant peintre afin d'apprendre à dessiner, à broyer les couleurs, à préparer les liants et les colles. Comment préparer les panneaux avec une toile fine et apprendre à les recouvrir d'un véritable gesso, mélange de plâtre, de chaux et de gypse, avec de la colle, de la gélatine . C'est cette préparation qui conférait aux couleurs leur luminosité."
Toujours dans la couleur dans l'art de Mazenot, il est question au 15 ème siècle des peintures sur toiles auxquelles s'apparente ma pratique picturale actuelle pour les toiles de 5m x 3m par exemple .(l'ensemble monumental peint)
Les peintures sur toiles au 15 ème en Italie ou au Nord étaient fréquemment utilisées pour les décors intérieurs. Ce procédé était très utilisé pour les bannières de procession.
De grandes compositions d'histoire peintes sur toiles étaient fréqentes en Flandres dans les demeures particulières à la place de tapisseries.
Van der Weyden en a réalisé à Bruges. De même Hugo van der Goes.
D'autres exemples célèbres de toiles peintes: Pallas et le centaure, la Naissance de Vénus de Botticelli et les triomphes de César de Mantegna qui sont un ensemble de 9 grandes toiles..
Tels sont, pour l'ensemble de mon travail, les points de repère incontournables pour une véritable pratique picturale qui ne se limite pas à des imitations ou à des apparences soutenues par un discours théorique.

R.Dumoux
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Travail en cours
Les cabinets de curiosité (art5)
photo R. Dumoux
Il y a un rapport certain entre l'esprit du collectionneur des cabinets de curiosité et celui qui anime la création artistique.
La psychologie de l'un et l'autre présente des similitudes.
Dans les deux cas il y a, à la base, un mouvement mélancolique, une passion de la recherche, un goût du secret et du caché, la folie de l"accumulation et l'intérêt pour les jeux hybrides ou de transmutation des formes.
Il ya aussi une tendance fétichiste: chez le collectionneur comme chez l'artiste, il y a une recherche de pouvoir, de possession des objets et du monde. Ainsi que l'on peut le constater dans les pratiques artistiques.
photo R. Dumoux
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J'invite le lecteur à visiter le site (www.viapictura.com) sous le lien dessin et plus de dessins, afin qu'il ait un aperçu d'une partie de mon travail graphique qui prend, au fil des années, un aspect de collection de curiosités avec un répertoire diversifié.
Egalement il est possible de considérer l'ensemble monumental peint d'au moins 30 toiles de 5 m x 3 chacune, comme une collection curieuse d'oeuvres de très grandes dimensions.
photo R. Dumoux
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Un certain nombre d'artistes importants ont des pratiques qui s'apparentent au monde des curiosités.
On a cité, entre autres, les collections du peintre Miguel Barcelo par exemple, mais le travail de Mark Dion relève plus particulièrement des cabinets de curiosité.
Chaque pièce de Mark Dion ressemble à un musée où tout est ordonnancé.
Il produit des ensembles qui ressemblent à des cabinets de curiosité et parfois il se calque sur le modèle des anciens cabinets scientifiques.
En 2007 cet artiste a eu une exposition de son travail à Nîmes: "The Natural History of Muséum".
- Il utilise les classements des muséums d'histoire naturelle:
géologie, entomologie, archéologie, ornithologie, mammalogie..
- il se sert des présentations habituelles: bureaux en bois, étagères vitrées, caisses, cartons, bocaux, boîtes. Aucun ne ressemble à un meuble de notre temps.
- Le travail de Mark Dion est un effort de présentation du monde naturel et de ses divers sujets.. :
Il dresse un éventail de propositions: mammifères ,rongeurs,oiseaux, arthropodes, araignées à structure articulée et espèces disparues..
- L'humain n'est pas oublié: telle installation ( intitulée "Théâtre du Monde") réunit un squelette humain et autour des objets, livres, appareils de musique ou de mesure, amphores fossiles,crânes d'animaux , d'oiseaux, et coquillages, accompagnés de statuettes primitives.
L'ensemble constitue un véritable cabinet de curiosité de collectionneur.
Cependant, cette entreprise de M.Dion qui apparaît surannée, cache un projet plus complexe. Il ne propose pas que des dispositifs de curiosité mais il se présente en position de chercheur:
- Par exemple, il prélève 1 m2 de sol de forêt tropicale, le transporte dans un musée
et procède en public à l'analyse des insectes qu'il contient, il les classe, les répertorie, les décrit.
- Il installe aussi une cabane d'observation de la faune et de la flore dans un parc naturel de Californie.
- D'autre part, certaines oeuvres fonctionnent comme des fouilles archéologiques. Par exemple dans les canaux de Venise ou dans la Tamise à partir desquels il tire de nouveaux cabinets de curiosité;
- Le projet de Mark Dion prend corps aussi dans des pièces importantes avec des représentations d'animaux (bison dans sa roulotte de foire)
- Il évoque aussi des naufrages de navires à l'occasion d'expéditions scientifiques. Ce sont des situations à partir desquelles il créé des cabinets de curiosité faits d'objets scientifiques et de découvertes diverses.
Ses installations sont comme les ruines du monde vivant.
"La ruine est la seule chose qui s'améliore en vieillissant."
Ces aspects ruiniformes sont en art un critère de profondeur méditative et on y retrouve le principe de mélancolie dont il a été question dans des articles précédents.
photo R. Dumoux
R. Dumoux
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photo R. DumouxIl y a un rapport certain entre l'esprit du collectionneur des cabinets de curiosité et celui qui anime la création artistique.
La psychologie de l'un et l'autre présente des similitudes.
Dans les deux cas il y a, à la base, un mouvement mélancolique, une passion de la recherche, un goût du secret et du caché, la folie de l"accumulation et l'intérêt pour les jeux hybrides ou de transmutation des formes.
Il ya aussi une tendance fétichiste: chez le collectionneur comme chez l'artiste, il y a une recherche de pouvoir, de possession des objets et du monde. Ainsi que l'on peut le constater dans les pratiques artistiques.
photo R. Dumoux-------------------------------------------------
J'invite le lecteur à visiter le site (www.viapictura.com) sous le lien dessin et plus de dessins, afin qu'il ait un aperçu d'une partie de mon travail graphique qui prend, au fil des années, un aspect de collection de curiosités avec un répertoire diversifié.
Egalement il est possible de considérer l'ensemble monumental peint d'au moins 30 toiles de 5 m x 3 chacune, comme une collection curieuse d'oeuvres de très grandes dimensions.
photo R. Dumoux------------------------------------------------
Un certain nombre d'artistes importants ont des pratiques qui s'apparentent au monde des curiosités.
On a cité, entre autres, les collections du peintre Miguel Barcelo par exemple, mais le travail de Mark Dion relève plus particulièrement des cabinets de curiosité.
Chaque pièce de Mark Dion ressemble à un musée où tout est ordonnancé.
Il produit des ensembles qui ressemblent à des cabinets de curiosité et parfois il se calque sur le modèle des anciens cabinets scientifiques.
En 2007 cet artiste a eu une exposition de son travail à Nîmes: "The Natural History of Muséum".
- Il utilise les classements des muséums d'histoire naturelle:
géologie, entomologie, archéologie, ornithologie, mammalogie..
- il se sert des présentations habituelles: bureaux en bois, étagères vitrées, caisses, cartons, bocaux, boîtes. Aucun ne ressemble à un meuble de notre temps.
- Le travail de Mark Dion est un effort de présentation du monde naturel et de ses divers sujets.. :
Il dresse un éventail de propositions: mammifères ,rongeurs,oiseaux, arthropodes, araignées à structure articulée et espèces disparues..
- L'humain n'est pas oublié: telle installation ( intitulée "Théâtre du Monde") réunit un squelette humain et autour des objets, livres, appareils de musique ou de mesure, amphores fossiles,crânes d'animaux , d'oiseaux, et coquillages, accompagnés de statuettes primitives.
L'ensemble constitue un véritable cabinet de curiosité de collectionneur.
Cependant, cette entreprise de M.Dion qui apparaît surannée, cache un projet plus complexe. Il ne propose pas que des dispositifs de curiosité mais il se présente en position de chercheur:
- Par exemple, il prélève 1 m2 de sol de forêt tropicale, le transporte dans un musée
et procède en public à l'analyse des insectes qu'il contient, il les classe, les répertorie, les décrit.
- Il installe aussi une cabane d'observation de la faune et de la flore dans un parc naturel de Californie.
- D'autre part, certaines oeuvres fonctionnent comme des fouilles archéologiques. Par exemple dans les canaux de Venise ou dans la Tamise à partir desquels il tire de nouveaux cabinets de curiosité;
- Le projet de Mark Dion prend corps aussi dans des pièces importantes avec des représentations d'animaux (bison dans sa roulotte de foire)
- Il évoque aussi des naufrages de navires à l'occasion d'expéditions scientifiques. Ce sont des situations à partir desquelles il créé des cabinets de curiosité faits d'objets scientifiques et de découvertes diverses.
Ses installations sont comme les ruines du monde vivant.
"La ruine est la seule chose qui s'améliore en vieillissant."
Ces aspects ruiniformes sont en art un critère de profondeur méditative et on y retrouve le principe de mélancolie dont il a été question dans des articles précédents.
photo R. DumouxR. Dumoux
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Les cabinets de curiosité(art.4)
photo R. DumouxCette question majeure des cabinets de curiosité est très riche en exemples et en anecdotes. Nous avons passé en revues ses définitions, ses origines,, ses divers aspects, ainsi que des exemples très caractéristiques.
Ce dernier article apporte en conclusion quelques exemples à l'origine des cabinets de curiosité et il en dégage des aspects plus philosophiques ou artistiques.
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- Un antécédent des Studioli du 15 ème est la collection de Jean de Berry.
Elle constitue une nouveauté par rapport aux trésors d'église ou d'état et elle reconnaît la valeur esthétique des objets. Cette collection a un aspect universel et elle est franchement humaniste.Un inventaire en est fait en 1401.
Deux axes dans ce cabinet:
- On peut y distinguer des Pretiosa : une grande variété de matériaux, et en particulier, les pierres, les rubis, le corail ou l'ambre etc
- Une autre catégorie, les Curiosa comportent des dents de requin, une mâchoire de géant, un oeuf d'autruche, des reliques, la tunique de la vierge à Chartres.
La collection du duc de Berry est d'une grande ampleur dans son programme avec des objets d'art et de la nature mais aussi des collections de manuscrits.
Tel le livre des Merveilles du Monde sur l'orient et la terre sainte.
On parle des reliques du temps biblique, venues de ce proche orient. mais on découvre aussi des terres lointaines et fabuleuses . Les merveilles du monde décrivent des hommes et des animaux monstrueux, des rites de cannibalisme ou des cérémonies déconcertantes.
Il y a encore, les encyclopédies d'Albert le Grand, de Thomas d'Aquin, et toute une floraison d'études et de classifications naturalistes. On y invoque la Discoride, on reprend des textes anciens d'Aristote ou de Pline.
Une profusion d'images du monde de la pensée qui présente cependant une hiérarchie de la pierre à la plante, à l'animal, à l'homme, à Dieu.
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photo R. Dumoux
On retrouve déjà dans la collection du duc de Berry les aspects de la psychologie du collectionneur qui animent tous les collectionneurs dont nous avons parlé.
Cette psychologie correspond à la théorie des humeurs qui fait apparaitre les mécanismes de défense, les symptômes obsessionnel, répétitifs, addictifs.
Touit ceci est lié à la recherche forcenée, aux dérives et collusions imprévues.
Cet esprit du collectionneur contient en lui un mouvement, un tropisme mélancolique, avec la passion inquisitrice, le goût du secret, la ratiocination, la folie de l'accumulation, les jeux hybrides ou de la transmutation des formes. Il y a aussi un fétichisme de l'art de collectionner.
C'est l'interrogation existentielle infatigable sur la limite entre la vie et la mort, sur la fragilité de l'existence.
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photo R. DumouxLa fin des collections et des cabinets de curiosité est contemporaine de l'Encyclopédie au siècle des Lumières.
Le progrès scientifique a avancé considérablement : le rationalisme s'impose et créé une coupure entre le monde des choses de la nature et les choses "miraculeuses".
Le merveilleux passe au rang d'enfance des idées: à la suite de cela, il y a une perte d'intérêt et de curiosité pour des pièces considérées longtemps comme irremplaçables, étranges ou occultes.
Le 18 éme siècle définit des certitudes et trace des frontières très précises; il attribue aux collections anciennes une réputation de confusion.
Ainsi au siècle des lumières il y aura d'une part la collection scientifique et d'autre part des dépôts poussiéreux, les musées naturalistes avec les collections d'art.
Ce nouvel ordre scientifique ne cohabite pas avec l'art. La nouvelle organisation scientifique créé une classification, construit des séries et les complète. Il ne s'agit plus d'accumuler le plus grand nombre possible d'objets dans le désordre.
R.Dumoux
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Les cabinets de curiosité (art.3)
Ainsi qu'il est prévu, dans cet article seront examinés deplus près certains cabinets de curiosité qui au cours des siècles ont été particulièrement spectaculaires.
En préambule, il est intéressant d'évoquer le frontispice du grand oeuvre scientifique de Francis Bacon "l'Instauratio Magna" de 1620.
Cette illustration gravée est très symbolique de tout un esprit qui est à l'origine des cabinets de curiosité.
"C'est l'image fameuse d'un navire lancé toutes voiles dehors sur un océan qu'aucun horizon ne limite.Seules deux colonnes d'Hercule marquent les limites du monde connu et dessinent le seuil de l'inouï ouvrant sur des lieux absents des cartes. (qui appellent la curiosité) C'est un espace infini qui reste à découvrir et s'offre à l'esprit humain."
Dans cette perspective il est passionnant de visiter de près plusieurs cabinets de curiosité et d'évoquer des grandes figures de collectionneur.

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-Le cabinet de Manfredo Settala 1666 à Milan. Settala était un constructeur d'instruments scientifiques et mécaniques: microscopes, télescopes, compas, horlogeries. (Milan était un centre de production d'objets minutieux)
Ce personnage collectionne toutes sortes d'objets et aussi des créations personnelles et des automates. Il a créé un catalogue en 7 volumes selon les thèmes de ses collections.
De plus, il fait exécuter près de 300 dessins de ses objets par divers artistes. Ces dessins sont assemblés en volumes selon les thèmes.
L'espace de son cabinet est aussi saturé mais il est plus ouvert que dans d'autres collections.
Il occupait 4 pièces: Les objets collectés étaient des squelettes, des automates, des échantillons végétaux et minéraux des peintures et objets archéologiques, des armes.
L'ensemble était disposé selon une scénographie qui faisait une mise en scène baroque de l'architecture..
A sa mort, ses funérailles furent accompagnées d'un cortège extraordinaire de ses pièces les plus remarquables et étranges. Happening surréaliste digne d'un grand artiste pour qui la mort est l'image vécue de la vanité.
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- Le Cabinet de Ferdinand 2 au château d'Ambras au Tyrol, 1550- 1575.
Le château d'Ambras est situé près d'Innsbruch en Autriche. Les collections sont constituées de Merveilles de la Nature, d'oeuvres d'art et de monstres humains. Elles étaient abritées dans la Kunstkammer du château. On pouvait y voir des requins, des défense de cerf, des écorces.
Des portraits de géants ou de nain, par exemple d'un nain sur un corps d'avorton.
Enfin près d'Ambras il y avait une famille dont tous les membres étaient couverts de poils: des hommes poilus ou hommes chat.
Ce cabinet présente aussi des spécimens de coraux sur des supports de plâtre, des oeufs d'autruche.
(Le corail est utilisé pour figurer rochers, arbres, saintes femmes, Christ et larron.)
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- A Bologne, un cabinet est très important, celui de Ulysse Aldrovandi, le plus connu de l'histoire de la curiosité.
Aldrovandi était philosophe et recherchait un échantillonnage le plus complet possible. Il rassemblait, observait et comparait.
Ses 2 principales armoires comportaient 4550 tiroirs.
Le cabinet d'Ulysse Aldovrandi est une attraction de Bologne.
Ce personnage est un bricoleur obsessionnel: il écrit des notes sur des bouts de papier placés dans des sacs classés par ordre alphabétique puis collés sur des feuillets.
Ainsi il laisse 375 volumes de papier de ces notes.
Les corps qu'il ne pouvait posséder en réel, il en rassemble les représentations: ainsi il a constitué une collection immense de tableaux commandés à des artistes:
- 8000 panneaux peints a tempéra représentant des objets exotiques.
-7000 animaux fruits et minéraux.
-7000 plantes séchées.
Ce cabinet se prolonge dans le livre. Aldrovandi compile une encyclopédie interminable: 83 volumes manuscrits pour lesquels sont exécutés des bois gravés.
Un exemple: "Monstrorum Historia" rassemble tous les exemples connus de monstruosités animales et humaines.
Parfois il verse dans le fabuleux: 2 célèbres cas d'hirsutisme voisinent avec des représentations fantasmatiques de races décrites par Pline.
Cette collection phénoménale, Aldrovandi va la léguer à la ville de Bologne en 1603.
photo R. Dumoux- Un cabinet prestigieux est celui de Rodolphe 2 de Habsbourg à Prague.
C'est sans doute un cabinet de curiosité mais en plus il est l'expression d'un tempérament qui rythme et structure les collections.
En effet Rodolphe 2 a connu un certain nombre de problèmes qui détermine un comportement particulier.
En 1574, à 27 ans, il aune 1ère attaque et puis une autre 4 ans après ; il va donc fuir Vienne pour Prague. Jusqu'en 1600, il assume son rôle de prince avec un cérémonial de fêtes, carnavals, mises en scène par des artistes comme Arcimboldo.
Il fait une grave crise dépressive vers 1600 et cela va accuser son retrait du monde et son appétit pour les oeuvres d'art les plus variées.
Son frère va essayer de le destituer mais il résiste grâce à ses collections malgré une grave crise de mélancolie, 5 ans après.
Le retrait du monde, le refuge dans l'art, le désir insatiable d'acquisitions nouvelles, la recherche du rare et du bizarre: cela fait de Rodolphe 2 l'archétype du collectionneur de cabinet de curiosité.
Cet appétit insatiable le conduit à penser le monde en séries, en ensemble qu'il s'agit de compléter, naturel ou artistiques (il collectionne aussi les Amours des dieux de Corrège)
Derrière cette grande variété, il y a une unité fondamentale avec des analogies. Et la mélancolie justifie le projet de ses collections. En fuyant le réel il embrasse la diversité de la création.
Les objets acquis par Rodolphe ont une sorte de magie qui rassure et protège contre l'angoisse de la perte et de l'abandon.
Il collectionne tous objets et demande à des agents de lui acheter n'importe quoi pourvu que sa curiosité soit piquée: ils lui apportent des objets de toute l'Europe.
De plus autour de lui il rassemble des techniciens, des artistes, savants qui vont réaliser des pièces extraordinaires.
Dans le château de Prague, il accumule 800 pièces pour sa collection de tableaux.
Cette Kunstkammer abrite des naturalia, des scientifica ( globes, instruments d'astronomie,horloges), des artificialia ( meubles, monnaies, oeuvres antiques,armes, textiles) et une bibliothèque.
Cette collection d'art et de curiosités impressionne toute l'Europe. Elle est sans commune mesure avec les collections d'italie mais elle leur ressemble par le fait leur but est de rassembler mais aussi de manipuler et d'inventer.
C'est une double quête physique et métaphysique qui motive son activité de collectionneur.
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Quelle sera l'évolution de ces cabinets de curiosité?
Nombreuses au 17 éme siècle, les collections se comptent par centaines au 18 ème.
Les amateurs particuliers et les savants on pris le relai des princes. Ensuite les divers cabinets sont intégrés dans les collections des princes.
Paradoxalement, la fin des collections de curiosités est contemporaine des projets de l'Encyclopédie dans l'Europe des lumières. Un esprit scientifique plus critique et plus construit est en train de s'élaborer.
R.Dumoux
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Les cabinets de Curiosités.(art.2)
L'idée de cabinet de curiosité a déjà été abordée dans un article précédent relatif aux collections.
Et relativement aussi à mon travail fait de collections de tableaux , de grandes toiles peintes de 5 mètres, comme de multiples dessins ou d'objets étranges récoltés dans la nature.
photo R. DumouxJusqu'au 3 sept 2007, à Vienne une exposition majeure au muséum d'histoire naturelle présente les collections des cabinets de curiosité de Rodolphe 2 de Habsbourg.
(En ce moment la Biennale de Venise (Quand le temps devient art au Palazzo Fortuny) accorde une attention à cette question.)
C'est donc aussi au titre de l'actualité que j'écris cet article sur les curiosités.
"Vanité des vanités tout n'est que Vanité": Dans les cabinets de curiosité, le temps est partout à l'oeuvre.
L'approche des Vanités conduit à considérer tout ce qui touche aux objets et à leur collection.
Plusieurs articles importants seront consacrés à ce thème. Pour l'instant, je ne ferai que la définir historiquement et géographiquement, avec divers aspects de ses composants.
Comme nous l'avons noté dans le 1 er article sur les curiosités, on peut observer dans certaines demeures, des lieux étranges, en Europe, du Nord au Sud, à la fin de la Renaissance.
Ces endroits sont cachés ou visibles dans les résidences royales ou chez les apothicaires.
Les cabinets de curiosité sont un capharnaüm sur les murs et les plafonds avec des meubles de rangement, des rayons, des cassettes. On y trouve des objets d'ivoire, des crânes de singe ou d'oiseaux, des cornes de licorne. La Nature se mêle à l'art.
A notre époque, depuis 20 ans, on voit resurgir les cabinets de curiosités.Et ils ont parfois une grande influence sur la création artistique.
photo R. DumouxChronologiquement, il est intéressant de dresser une sorte d'inventaire des cabinets de curiosités au cours des siècles.
(Dans d'autres articles il sera question de certains exemples de cabinets décrits dans le détail.)
- Avant les cabinets de curiosité, les trésors des églises (ex : le trésor de St Denis) comme les collections privées (comme celle de Jean du Berry) sont les préfigurations des cabinets.
Les trésors rassemblent des reliques, fragments à valeur magique..
-On pourrait citer parmi les antécedents, également les trésors des temples grecs.
- Un tableau de Jean de Breughel sur les 5 sens représente la vue: il est l'équivalent d'un cabinet et il présente des coquillages, des instruments scientifiques, globe, sphère armillaire, télescope ou antiquités et bustes romain. En somme il regroupe des Naturalia et des Artificialia.
-1 er exemple d'importance: le musée de Ferrante Imperato apothicaire à Napoli (1599) Il a aussi un catalogue énumérant son contenu: livres, bocaux, coquillages , créatures au plafond.
-Le studiolo de François 1 er.
C'est une pièce hermétique du Palazzo vecchio avec des peintures, des cadres, des niches et écrins.
- Le cabinet de Francesco Calzolari. (1622) où mammifères oiseaux et poissons sont suspendus au plafond. Les étagères sont encombrées d'objets naturels et de d'oeuvres artistiques soignées.
-Le cabinet du Danois Ole Worm: il est réservé aux naturalia mais il accorde aussi une grande place à des sujets de curiosité tels que le latin, la physique, la médecine, les runes et antiquités danoises.
-Le Kunst und naturalien Kammer de Halle en Allemagne, est le cabinet le mieux conservé qui nous reste. Il avait un rôle éducatif et il se développa à partir d'objets d'anciens élèves devenus missionnaires: objets orientaux, coquillages, minéraux, fossiles, coraux.
-Le cabinet de Manfredo Settala, à Milan 1666. L'un des plus riches avec un catalogue. (il fera l'objet d'un chapitre particulier)
-La collection impériale de Vienne: il est composé de tableaux dans la partie supérieure et au dessous dans les vitines,ce sont des ivoires, oiseaux de paradis etc.
-Le cabinet de Ferdinand 2 au château d'Ambras au Tyrol (1550-1575) connu pour ses hommes poilus. Nous en reparlerons ultérieurement.
-En Angleterre il faut noter les Naturalia de John Tradescant. Il collectionne des espèces botaniques et il va créer un jardin médicinal.
Cette collection sera léguée à Elias Ashmole qui va l'enrichir avec des coquillages, des oiseaux, des oeuvres d'art, des Bouddhas ou des costumes amérindiens.
-En Italie encore Cospi Ferdinando assemble des pièces rares pour servir l'histoire. Homme d'affaire des Médicis, il collectionne les antiquités romaines, étrusques, égyptiennes.
-A Bologne , c'est Ulysse Aldovrandi, personnage hors norme de la curiosité car il cherchait un échantillonnage le plus complet possible. Nous en parlerons plus en détail.
-Enfin une illustration magnifique de l'esprit du collectionneur, c'est la figure de Rodolphe 2 de Habsbourg dont il sera question dans un autre article.
Il fit construire à Prague un bâtiment spécial pour abriter ses collections vers 1580 et il collectionnait les productions des artisans et artistes et aussi les merveilles naturelles.
Dans le même lieu il assemblait des choses de l'art (ARTIFICIALIA) et les curiosités de la nature (NATURALIA) Ce sont deux termes qui sont très utilisés dans le domaine des curiosités.
(Un livre remarquable d'Adalgisa Lugli reprend ce titre (Naturalia et Artificialia) et je me permettrai d'en transcrire certains propos car ils sont très révélateurs du contenu et de l'esprit des curiosités.
R.Dumoux
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Origines et définitions des cabinets de curiosité. (art.1)
Le phénomène de la collection est universel depuis les richesses de Salomon.
- La plus grande collection est le monde de l'Arche de Noé, vu comme le plus grand musée d'Histoire Naturelle.
- On peut parler des collections d'Orient mais aussi les collections précolombiennes telles que les effigies en or de tous les animaux, hommes, fleurs, fruits du roi Aztèque, Montezuma.
Reconstruire l'univers dans une pièce, c'est l'objectif de ces lieux secrets.
- Dans l'antiquité on plaçait le trésor dans le temple.
Les curiosités étaient aussi des reliques : selon Pline, des temples conservaient un morceau du lien ayant attaché Andromède au rocher, ou bien des os du monstre qui l'avait menacé. En Grèce on collectionne la lyre d'Orphée ou bien la sandale d'Hélène.
- Pendant le moyen age on apporte des objets dans l'église:
Les objets sont suspendus dans les sanctuaires. On fait entrer dans les églises des pièces d'archéologie, des colonnes ou reliefs. Ce sont aussi des objets recueillis au moment des Croisades, des reliques ou bien des os de baleine, des crocodiles, des objets de figures bibliques comme le miroir de la Reine de Saba.
On créé des orfèvreries autour d'objets récoltés comme pour l'oeuf d'autruche qui devient symbolique..
Les monstruosités naturelles entrent dans l'église:
êtres antédiluviens gigantesques, hache préhistorique, crocodile empaillé, météorite, cornes d'antilopes, dents énormes.
La renommée des sanctuaires et cathédrales se fonde sur ces objets et reliques. On collectionne pour thésauriser, et aussi pour donner une vision du monde et un enseignement et les reliques ont une grande valeur.
(Tout un chapitre peut être consacré à la question des reliques et il serait bien de l'aborder séparément.)
- Plus tard à la renaissance, au cours de son voyage aux Pays-Bas, Dürer réuni des Naturalia et des Artificialia qu'il assemble dans un lieu : ce sera une WunderKammer qui est une chambres des merveilles.
Ces lieux secrets de collection ont deux aspects:
- Au Nord c'est la Wunderkammer qui accumule les richesses du monde à l'instar de Dürer et entasse divers objets naturels ou fabriqués par l'homme. Alors que la Kunstkammer est la chambre d'art. En général, la Schatzkammer est le lieu le plus secret de la maison.
- Au Sud, les collections des amateurs italiens accumulent mais aussi tentent de structurer une image construite et cohérente du monde: ce sont les studioli.
Le studiolo est un endroit secret mais aussi de méditation (c'est un phénomène qui préfigure le musée)
- St JEROME -
Jan van
Eyck, Saint Jérôme, 1442Lieu de méditation mais aussi de collection d'objets autour du savant : des livres, compas, sphères armillaires, miroirs, clepsydres. Univers intime mais communiquant par un couloir et une fenêtre montrant un jardin, des paons, lions ou animaux fabuleux.
Dans le studiolo, s'il y a un personnage, c'est un lettré humaniste comme St Jérôme. Dans son intérieur, outre les collections de livres, sont disposés sur les parois les divinités païennes et chrétiennes, les Muses, tous les objets que l'on retrouve dans la mélancolie de Dürer. Il y a des armoires dont les portes présentent des marqueteries en trompe l'oeil qui suggèrent le contenu du meuble. Les murs ont aussi parfois des parois en marqueteries. Enfin une planche synoptique situe les objets.
Albrecht Dürer - "la melancholia" et "Saint Jérôme dans sa cellule" - 1514 (les deux gravures sont réalisées la même année)
Dans le studiolo, l'homme s'éloigne de la vie active et se recueille dans un lieu retiré et inaccessible.
Quelques studioli illustres :
- le studiolo d'Isabelle d'Este
- de Frederic de Montefeltre
- de François 1er de Médidis au Palazzo Veccio à Florence
Pour conclure sur un sujet aussi complexe, il faut noter que les grandes constantes des cabinets de curiosité, au Nord comme au Sud, sont d'une part la volonté de collection de tous les aspects du monde naturels ou construits et d'autre part d'en extraire une image du monde, une philosophie pour évoluer vers une méditation, une observation qui préfigure l'esprit scientifique du savant.
Dans tout les cas, le cabinet de curiosité explore un grand éventail de connaissances selon des catégories encyclopédiques : les choses de la nature, les merveilles, les oeuvres d'art, les objets scientifiques, les antiques.
R.Dumoux
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Travail de l'été 2007.
Après la réalisation de 3 toiles de 5 m x 3 du Pictorama, comme à chaque saison, j'élabore une nouvelle suite de toiles a tempéra de 2m ou 2m 50 x 1 m50.
Le thème, le sujet ou la veine de pensée est puisé dans mes collections de dessins récents. Ils se rapportent à des compositions historiques , allégoriques, symboliques, bibliques ou bien sur les animaux, sur le rapport de l'homme à l'animal, la nature.
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Telles sont mises en place actuellement les compositions suivantes:
- La nature accompagnée de figures emblématiques représentant les éléments , eau, terre, air, feu.
- L'allégorie de la nuit.
- Oeuvres mythologiques dans "Vénus sort de la grotte" ou encore Vénus s'élevant au dessus des flots (Vénus naissant de l'écume des flots.)
- Une autre toile se réfère à un assemblage d'animaux domestiques ou exotiques, évoquant les animaux composites constitués d'une accumulation de formes animales.
Cette composition est inspirée des sculptures de Giambologna. Ce dernier était un sculpteur maniériste disciple de Michel Ange.
- Cette année plusieurs toiles sont consacrées à la danse et à la mise en évidence et en mouvement du corps dans la danse contemporaine. Les figures se trouvent insérées dans des constructions géométriques selon la verticale, l'horizontale et l'oblique.
Ce sont des carrés, losanges ou bandes verticales qui ordonnancent la surface peinte..
- Une autre toile de 2 m 50 représente un cabinet de curiosité: un collectionneur entouré d'objets , instruments, poissons volants et animaux ou coraux étranges.
- Plusieurs toiles sont d'inspiration biblique:
- Ste Catherine embrasse le Christ en Croix (ou bien Ste Lutgarde)
- Le Christ à la colonne.
- Les cavaliers de l'Apocalypse.
Rouge, Jauve-vert, Bleu, noir, sont les couleurs des 4 chevaux.
Cet article sera illustré de photos de dessins au fusain, à la craie ou d'ébauches colorées.
Les mises en place sont ainsi effectuées sur des toiles préparées précédemment à la colle de peau et au blanc d'espagne.
Les diverses étapes de la réalisation se déroulent maintenant sur deux mois.
Les liants des pigments colorés sont : l'oeuf , blanc seul ou blanc plus jaune ou enfin blanc plus jaune plus huile de lin. C'est le principe de l'émulsion qui assure au coloris richesse et transparence.
On progresse ainsi de l'ébauche colorée à l'exécution proprement dite, (a tempéra à l'oeuf), jusqu'au rehaut de couches superposées et enfin au graphisme final venant soutenir ou accentuer tel mouvement, ligne ou couleur.
Les filets de blanc sont des raies de lumière qui concrétisent un rayonnement spirituel dans le tableau.
(Plusieurs toiles sont travaillées en même temps et il semble parfois que l' aspect d'ébauche ou d'inachèvement soit arrêté parce que une limite est atteinte, une finitude est observée et un complément ou une continuation ne semble pas indispensable.)
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Travail en cours
Les vanités contemporaines (art.3)
Plusieurs aspects peuvent être distingués dans les vanités contemporaines.
- Les vanites secondes : c'est à dire qu'elles ne se limitent pas seulement à la représentation d'un crâne ou d'un sablier.
Ce sont des allégories telles la "sculpture morte" de Duchamp : c'est une sculpture tête faite de légumes, fruits, insectes, sorte de remake d'Arcimboldo. Pour Duchamp, c'est une sorte de maniérisme second utilisant les caractéristiques du ready-made. Ce sont des vanités secondes car la mort est présente mais en second plan comme neutralisée..
Marcel Duchamp - "Sculpture morte"
Vanités secondes dans l'oeuvre de Warhol : des crânes il fait un papier mural et il supprime par la reproduction sérielle, la présence immédiate de l'image.
Vanité secondes chez Richter : pour lui, les vanités sont en surface avec le sans style et la non-couleur. Dans ses miroirs on ne voit rien et ils sont comme des monochromes.
-----------------------------------------------
- Les vanités à base de décompositions florales et post-organiques.
C'est la figuration de l'éphémère des fleurs et des fruits; ce sont des décompositions qui respirent le flétri et le pourri : fruits, fleurs et petits riens demeurent les métaphores du temps et de la beauté vouée à la disparition.
Un exemple est la boule de 3333 roses de James Lee Byar, qui se fanent au cours de l'exposition.
Telles sont aussi les fleurs immenses de Giorgia d'O'Keeffe vues dans leurs flétrissures ou bien menacées par une tête de mort. Egalement les fleurs d'Araki aux plis et déplis sexués.
De même Michel Blazy fait souvent état d'organismes végétaux qui se transforment.
- Les vanités cristallines se rapportent aux effets du verre ou du cristal. Le temps glisse dans des aspects impermanents et se réfléchit dans les images des miroirs.
Par exemple Valérie Belin photographie des miroirs et encadrements de cristal ou des objets de cristal très agrandis. Jean Michel Othoniel créé un rêve de verre : ce sont de minuscules figurines dans des architectures de verre. C'est comme un cabinet de curiosités avec des sirènes, des monstres et hybrides.
Jean Michel Othoniel
L'artiste, Marc Quinn, créé de vraies fausse serres de fleurs: 100 espèces florales sont suspendues et gelées dans le silicone. Ces fleurs sont éphémères mais immortalisées.
- Les vanités comiques sont un autre regard sur la finitude de l'homme et sur l'inanité des richesses du monde. Les oeuvres vues précédemment sont d'un aspect mélancolique ou méditatif.
Les vanités comiques sont humoristique grotesque et ironique. Déjà au Moyen Age il y avait de nombreuses représentations qui présentaient une verve comique comme dans l'oeuvre de Jérôme Bosch.
Dans les marges des manuscrits religieux, on trouve des croquis vulgaires voir scatologiques qui décrivent la vérité d'un corps. L'effroi et le comique se mélangent dans les danses macabres.
L'artiste anglais Damien Hirst, actualise ces archétypes de vanités. Par exemple il photographie son visage souriant avec une véritable tête de cadavre.
Plusieurs artistes actuels utilisent la vanité comique comme mode d'expression avec une volonté de provocation et de scandale.
Wim Delvoye, Maurizio Catelan, Alain Séchas sont des exemples de comique et d'évocation de la mort.
A Messager, R Gober, S Fleury ou encore Dietman, Mike Kelley travaillent dans ce sens et sont des héritiers du surréalisme ou de Dada. Ils sont dans la lignée de"Torture Morte " ou "Sculpture morte" de Duchamp.
Citons seulement de Catelan : le pape foudroyé, cheval mort, ou enfants suspendus dans les arbres.
- Il y a encore les vanités comiques de répulsion. C'est une vision dégradante de l'homme qui sert à exalter la morale et amorce la rédemption.
Robert Morris met en scène une communauté de squelettes casqués et peints chevauchant des missiles.
Mike Kelley dans des installations macabres met en scène la nourriture, la sexualité et la mort. pour cela il se réfère aux films d'horreur, au porno ou à la science Fiction.
Xavier Veilhan qui créé des poufs en forme de crânes, est à mi-chemin, entre le design et la sculpture.
- Un thème important de la vanité est celui du corps et de le corruption de la vie. Il s'agit de la nature charnelle de l'homme soumise à la décrépitude et à la maladie.
Un exemple caractéristique est celui de Cloaca de Wim Delvoye.
Delvoye a créé un robot (une sorte de machine qui mesure plusieurs mètres et semble représenter tout le système digestif) avec l'aide de scientifiques : il se nourrit comme l'homme et digère complètement.
Cela fait penser à la verve irrévérencieuse des moines du Moyen Age qui rappelaient la bassesse des conditions charnelles pour inviter à l'humilité.
Mona Hatoum explore l'intérieur du corps et en projette les vidéos.
Wim Delvoye, Cloaca, 2000
- Le monde des objets et des natures mortes dans l'art actuel met en avant la sur-valorisation des objets et biens matériels, montrant ainsi l'opulence de façon burlesque.
Jeff Koons fait en bronze ou en métal étincelant des agrandissements d'objets prosaïques, bibelot ou lapin gonflable.
- Le thème de la nourriture qui est essentiel dans les vanités se retrouve dans le pop art:
hamburger géant de Rosenquist et Wesselman; côtelette en acier d'Oldenbourg; accumulation de nourriture d'Erro.
-------------------------------------------------------------
Tels sont divers aspects des Vanités : c'est une comédie de la vanité sous l'angle de l'humour et de l'ironie.
On manie l'irrévérence et et le comique. L'hyperbole, la bouffonnerie, la violence d'expression, sont des caractères constitutifs de la création contemporaine manifestée dans ces vanités. Conjuration de la faillite des utopies et désenchantement: c'est l'expression d'un monde qui vit sans Dieu et qui est purement humain voué au comique et à la dérision.
R.Dumoux
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Plusieurs aspects peuvent être distingués dans les vanités contemporaines.
- Les vanites secondes : c'est à dire qu'elles ne se limitent pas seulement à la représentation d'un crâne ou d'un sablier.
Ce sont des allégories telles la "sculpture morte" de Duchamp : c'est une sculpture tête faite de légumes, fruits, insectes, sorte de remake d'Arcimboldo. Pour Duchamp, c'est une sorte de maniérisme second utilisant les caractéristiques du ready-made. Ce sont des vanités secondes car la mort est présente mais en second plan comme neutralisée..
Marcel Duchamp - "Sculpture morte"Vanités secondes dans l'oeuvre de Warhol : des crânes il fait un papier mural et il supprime par la reproduction sérielle, la présence immédiate de l'image.
Vanité secondes chez Richter : pour lui, les vanités sont en surface avec le sans style et la non-couleur. Dans ses miroirs on ne voit rien et ils sont comme des monochromes.
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- Les vanités à base de décompositions florales et post-organiques.
C'est la figuration de l'éphémère des fleurs et des fruits; ce sont des décompositions qui respirent le flétri et le pourri : fruits, fleurs et petits riens demeurent les métaphores du temps et de la beauté vouée à la disparition.
Un exemple est la boule de 3333 roses de James Lee Byar, qui se fanent au cours de l'exposition.
Telles sont aussi les fleurs immenses de Giorgia d'O'Keeffe vues dans leurs flétrissures ou bien menacées par une tête de mort. Egalement les fleurs d'Araki aux plis et déplis sexués.
De même Michel Blazy fait souvent état d'organismes végétaux qui se transforment.
- Les vanités cristallines se rapportent aux effets du verre ou du cristal. Le temps glisse dans des aspects impermanents et se réfléchit dans les images des miroirs.
Par exemple Valérie Belin photographie des miroirs et encadrements de cristal ou des objets de cristal très agrandis. Jean Michel Othoniel créé un rêve de verre : ce sont de minuscules figurines dans des architectures de verre. C'est comme un cabinet de curiosités avec des sirènes, des monstres et hybrides.
Jean Michel OthonielL'artiste, Marc Quinn, créé de vraies fausse serres de fleurs: 100 espèces florales sont suspendues et gelées dans le silicone. Ces fleurs sont éphémères mais immortalisées.
- Les vanités comiques sont un autre regard sur la finitude de l'homme et sur l'inanité des richesses du monde. Les oeuvres vues précédemment sont d'un aspect mélancolique ou méditatif.
Les vanités comiques sont humoristique grotesque et ironique. Déjà au Moyen Age il y avait de nombreuses représentations qui présentaient une verve comique comme dans l'oeuvre de Jérôme Bosch.
Dans les marges des manuscrits religieux, on trouve des croquis vulgaires voir scatologiques qui décrivent la vérité d'un corps. L'effroi et le comique se mélangent dans les danses macabres.
L'artiste anglais Damien Hirst, actualise ces archétypes de vanités. Par exemple il photographie son visage souriant avec une véritable tête de cadavre.
Plusieurs artistes actuels utilisent la vanité comique comme mode d'expression avec une volonté de provocation et de scandale.
Wim Delvoye, Maurizio Catelan, Alain Séchas sont des exemples de comique et d'évocation de la mort.
A Messager, R Gober, S Fleury ou encore Dietman, Mike Kelley travaillent dans ce sens et sont des héritiers du surréalisme ou de Dada. Ils sont dans la lignée de"Torture Morte " ou "Sculpture morte" de Duchamp.
Citons seulement de Catelan : le pape foudroyé, cheval mort, ou enfants suspendus dans les arbres.
- Il y a encore les vanités comiques de répulsion. C'est une vision dégradante de l'homme qui sert à exalter la morale et amorce la rédemption.
Robert Morris met en scène une communauté de squelettes casqués et peints chevauchant des missiles.
Mike Kelley dans des installations macabres met en scène la nourriture, la sexualité et la mort. pour cela il se réfère aux films d'horreur, au porno ou à la science Fiction.
Xavier Veilhan qui créé des poufs en forme de crânes, est à mi-chemin, entre le design et la sculpture.
- Un thème important de la vanité est celui du corps et de le corruption de la vie. Il s'agit de la nature charnelle de l'homme soumise à la décrépitude et à la maladie.
Un exemple caractéristique est celui de Cloaca de Wim Delvoye.
Delvoye a créé un robot (une sorte de machine qui mesure plusieurs mètres et semble représenter tout le système digestif) avec l'aide de scientifiques : il se nourrit comme l'homme et digère complètement.
Cela fait penser à la verve irrévérencieuse des moines du Moyen Age qui rappelaient la bassesse des conditions charnelles pour inviter à l'humilité.
Mona Hatoum explore l'intérieur du corps et en projette les vidéos.
Wim Delvoye, Cloaca, 2000- Le monde des objets et des natures mortes dans l'art actuel met en avant la sur-valorisation des objets et biens matériels, montrant ainsi l'opulence de façon burlesque.
Jeff Koons fait en bronze ou en métal étincelant des agrandissements d'objets prosaïques, bibelot ou lapin gonflable.
- Le thème de la nourriture qui est essentiel dans les vanités se retrouve dans le pop art:
hamburger géant de Rosenquist et Wesselman; côtelette en acier d'Oldenbourg; accumulation de nourriture d'Erro.
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Tels sont divers aspects des Vanités : c'est une comédie de la vanité sous l'angle de l'humour et de l'ironie.
On manie l'irrévérence et et le comique. L'hyperbole, la bouffonnerie, la violence d'expression, sont des caractères constitutifs de la création contemporaine manifestée dans ces vanités. Conjuration de la faillite des utopies et désenchantement: c'est l'expression d'un monde qui vit sans Dieu et qui est purement humain voué au comique et à la dérision.
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Les Vanités dans l'art actuel.(art.2)
Il y a dans l'art actuel une permanence de l'intérêt pour la vanité, quoique caractérisée par une grande diversité des expressions.
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- Depuis les 15 ème et 16 ème siècles, les Vanités sont un genre pictural à part entière de la culture baroque en Europe.
- A la suite des danses macabres et de l'ars moriendi du moyen age la mort va se loger au revers de portrait sous la forme de crânes ou de bougies.
- Au 20ème siècle, dans certaines toiles de Cézanne de Van Gogh ou de Picasso ou dans les crânes de Tapies, la mort impose sa présence.
- Dans l'art actuel, on ne se limite pas au crâne mais on se tourne plutôt vers tout ce qui est éphémère et le spectateur est interpellé de façons diverses.
Si les vanités classiques se rapportant au temps et à la mort persistent, le contexte est cependant nouveau et maintenant le spectateur est interpellé de très diverses manières.
Le crâne conserve une présence forte mais on montrera aussi le processus de vieillissement, le processus de la mort en cours..
On va montrer par exemple le vieillissement que subit la peau humaine. On présente un effet de dégradation qui fascine et répugne.
- Ce sont les photos du visage de Roman Opalka qui vieillit ou les photos de fruits entrain de moisir de Sam Taylor Wood (très belles photos dont certaines font penser à Chardin) ou bien encore la robe de viandes de Jana Sterback.
Ces vanités montrent l'écoulement du temps. On évoque l'éphémère, la fragilité des choses.
Ce qui diffère c'est l'intention : au 17 ème siècle, la vanité était moralisante alors que maintenant, elle peut prendre une position critique par rapport à note style de vie ou aux conditions économiques du moment. L'éventail des références est élargi.
- La Vanité peut devenir une figure de dérision de la société de consommation : elle confronte l'homme actuel à ses leurres.
- Maintenant les vanités s'expriment selon des modes très hétérogènes mais c'est le même paradoxe qui s'impose. Saisir le temps et la mort, cela peut se faire à travers une trace, une forme éphémère.
Les vanités contemporaines diffèrent des vanités classiques par la variété des traitements utilisés et par les matériaux très hétérogènes.
Le spectateur n'est pas mis à contribution de la même manière : il n'y a pas que les conventions symboliques et moralisantes mais c'est la mise en scène de la dégradation qui peut spécifier l'humain.
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Quelques exemples de vanités contemporaines.
Dans l'art actuel on ne se limite pas (bien qu'il y ait de nombreux exemples à commencer par Warhol) à la représentation d'un crâne ou du temps qui passe.
Il ya le domaine de l'éphémère et des vanités secondes.
- Par exemple, Duchamp dans "sculpture morte" créé une tête faite de légumes, fruits, insectes, qui est une sorte de remake d'Arcimboldo. Le ready-made devient une sorte de vanité, la vanité seconde du 20ème siècle.
- Cette démarche anesthétique neutre se retrouve chez Warhol ou Ric