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Dimanche 30 avril 2006
De Humboldt à Edwin Church

On ne peut s'intéresser aux paysages de Church sans parler de l'explorateur Humboldt.
 L'expédition de Humboldt  (1799-1804) fut une découverte de l'Amérique et de la culture sud-américaine, du Vénézuéla à l'Amazone, des Andes au Pérou et au Mexique.

Humboldt décrit le monde physique, la végétation, les êtres vivants, en insistant sur l'esthétique appliquée aux objets de l'Histoire Naturelle. Déjà, il utilise souvent le mot Tableau .  Selon lui, le paysagiste doit traiter de la profusion des phénomènes et faire ressortir les caractéristiques d'une région.

L'américain Edwin Church sera à la hauteur de ce projet . Ainsi guidé prophétiquement par Humboldt, Church va devenir un grand paysagiste réalisant des toiles spectaculaires qui sont des tours de force. En raison de son grand souci du détail, il va accomplir des voyages d'étude : il réalise des esquisses, des dessins détaillés, des observations positivistes. Il travaille en scientifique et collecte des connaissances botaniques, minéralogiques ou de géographie et d'étude des climats.

En 1859, il présente " le coeur des Andes ". Cette immense toile est présentée dans un retable en bois, dans une salle obscure, avec des bancs. Elle est très éclairée,  pompeusement drapée et entourée de portraits de présidents des Etats-Unis. Avec des jumelles, le visiteur peut voir les détails et lire les descriptions de certaines parties du tableau.
Ce tableau voyagera en Europe, en Angleterre et en Allemagne.

Précédemment  Humboldt avait choisi les Andes parce que à son avis, c'est là que la nature fait apparaitre la plus grande variété d'impressions: on peut y observer des formes du monde tropical et par ailleurs des espèces occidentales. Climats et zones végétales se superposent par étages. Church va composer ses tableaux de cette façon.

Chaque tableau semble récapituler l'histoire de la création.
 Church recherche des extrêmes: volcans, chutes du Niagara, icebergs, volcans. Américain, il avait beaucoup appris de Ruskin. Thomas Cole l'influença beaucoup et il admirait l' aspect spectaculaire de John Martin et de Fussli.
Edwin Church a créé des images allégoriques où l'histoire de la Terre se confond avec celle de l'Humanité.

R.Dumoux
www.viapictura.com
Vendredi 28 avril 2006
Toile du Pictorama : l'Asie et la forêt vierge (5 mètres x 3 mètres - tempera sur toile)

L'exécution se poursuit et se précise. De nouveaux éléments apparaissent : insectes, papillons, fleurs exotiques.
De part et d'autre de la figure monumentale du Bayon, un arbre monumental et noueux a des racines impressionnantes qui enveloppent les pierres de l'architecture. Tout près de lui, la tête d'un peau-rouge criard semble saisie d'effroi.
Dans cette végétation étouffante se profilent une panthère noire, un singe arboricole, un boa, Sur les feuilles au graphisme très découpé se déplacent, rampent des insectes et volent des papillons fuyant des oiseaux au col écarlate.

Une présentation et installation de ce tableau est faite dans la salle d'apparat d'un château : il y a une exposition de nombreux dessins, des photos et films sont projetés sur les murs dans des faisceaux de lumières colorées . Des objets collectionnés, des sculptures animent la perspective du sol. Ailleurs des textes sont reproduits sur de grands panneaux ou bien figurent sur des pupitres et seront lus ou déclamés dans la salle. Tandis que des vapeurs montent de dessous la peau d'un animal jonchant le sol.

L'autre partie du tableau est plus sereine: c'est la philosophie, la sagesse qui se dégage de l'allure des éléphants sacrés et du moine méditant devant la statue d'un bouddha couché.
Cette composition est un paysage symbolique. Il établit un rapport, un lien entre une philosophie humaniste et la nature sauvage.

Dans un prochain article, je parlerai de l'explorateur Humboldt en Amérique du sud, mais surtout d'un peintre américain qui, en liaison avec ces expéditions, a produit des paysages spectaculaires, dont la présentation a été très particulière :
Edwin Church (1826-1900)
R.Dumoux  www.viapictura.com
Dimanche 23 avril 2006
Sur le site viapictura.com est présenté un ensemble monumental peint constitué de 30 toiles de 5 m. x 3 m. et intitulé Pictorama.

Ce panorama peint évoque l'histoire de l'humanité, du plus lointain passé, à maintenant et se projette dans l'avenir. Il constitue un ensemble narratif.

En parcourant l'histoire de l'art, le concept de cycle narratif se rencontre fréquemment.
- Les manuscrits sont le support de nombreux  programmes iconographiques.
Quelques exemples célèbres :
   Le pentateuque d'Ashburnham  (6 ème siècle)
   L'Apocalypse de Béatus (786) et les copies de St Séver (11ème siècle)

- Les monuments sont les lieux privilégiés où se développent des cycles narratifs.
Tels  sont :
  Les fresques de Giotto: les Scrovegni à Padoue.
  Les fresques de Rosso Fiorentino à Fontainebleau.
  Les toiles de Rubens au Louvre.
  Les fresques de Tiepolo à Wûrzburg.
  Sans omettre les cycles narratifs de certains vitraux qui sont des recueils encyclopédiques mais constituent aussi une exhortation morale et une élévation symbolique.

On peut également découvrir des ensembles idéographiques :
  Les 800 statues de Caimi à Sacromonte de Varallo (15 ème siècle)

  Il est encore possible d'évoquer l'Odyssée 2001: le travail de Stanley Kubrik et du peintre Mac ALL (panorama sur l'espace)

Dans ma création plastique, le Pictorama suit  un programme narratif et parcourt l'histoire au cours des siècles, du passé au futur.

Pour ce long cursus peint, des murs, des architectures ou monuments sont nécessaires en vue d'exposition ou de dépôt durable. Diverses propositions peuvent être faites dans cette perspective.
A noter que sur le site viapictura.com figure un diaporama consacré aux gravures qui correspondent aux toiles.
R.Dumoux
www.viapictura.com
Vendredi 21 avril 2006
Dans l'article précédent, il a été question de l'époque carolingienne et de l'enluminure romane.

Dans le monde oriental, la peinture Persane et les miniatures des manuscrits sont du plus grand intérêt pour le graphisme, la recherche de la composition, de l'expression des figures ou du monde végétal et animal.
De véritables bestiaires apparaissent dans le 1er ouvrage d'histoire naturelle écrit en 941 sous le règne de Ghazan.

C'est l'école mongole de la Perse. De nombreux emprunts sont faits par la Perse à la Chine. On le remarque en particulier dans les célèbres manuscrits de Tabriz : les arbres sont naturalistes mais aussi calligraphiques.
Tel est dans une miniature, l' arbre sacré de Bouddha auquel je pense actuellement, dans une toile de 5 m x 3 à propos de l'Asie, de la forêt vierge, à Angkor . Ces arbres sacrés m'ont en particulier inspiré une ornementation à l'aide d'yeux dans leurs écorces. C'est là, un geste graphique abstrait qui se mêle à une approche naturaliste.
L'abondance et la qualité des oeuvres est telle que pour l'instant on ne peut que citer quelques points de repère qui m'inspirent particulièrement.

Je n'évoque pour l'instant que quelques manuscrits essentiels :
- le Châh-Nameh du très célèbre peintre Firdousi
- un Kalila wa Dimma
Ce sont les peintures les plus fortes du 14 ème siècle .
Un exemple qui ne peut qu'appeler des recherches de composition : Firdousi relate la mort à Babylone la mort d'Iskandar : il s'agit d'une composition figurative étagée dans l'espace. On ressent la tension dramatique, expressionniste, entre les personnages.
Il faut aller voir aussi le livre des Merveilles du Monde et la peinture des Timourides, qui nous font rêver à Samarkand à l'Asie Centrale ou à Gengis Khan
A voir aussi les collections du palais de Topkapi.
Autant de chefs-d'oeuvre de l'art universel et intemporel dont je reparlerai par rapport à mon travail.
R.Dumoux
www.viapictura.com
Mercredi 19 avril 2006
Le site viapictura.com présente divers aspects de mes dessins depuis plus de 30 ans.
Le corpus de ce travail étant très dense, il a fallu présenter un répertoire et une classification des collections selon des régistres techniques ou bien iconographiques en tenant compte d'une chronologie.
Signalons seulement pour l'instant quelques lignes, de l'abstrait au figuratif, des dessins historiques aux inspirations symboliques, du travail à la plume au dessin à la mine de plomb rehaussé, sur papier préparé, à la pointe d'argent ou encore sur toile fine encollée,etc...
Divers articles seront ainsi publiés en rapport avec ce travail.
A la réflexion, on se prend à penser aux grands dessinateurs dans l'histoire de l'art, de Dürer à Hokusaï, de Rembrandt à Jacques Callot, etc... Mais en remontant à des époques antérieures, les manuscrits (en occident comme en orient) retiennent toute l'attention.
Le dessin fut un moyen privilégié des enluminures à l'époque romane.
Tels sont les enlumineurs :
- Ingelard à St Germain des Prés
- Hugo Pictor en Normandie
- Le maitre de la Bible de Limoges
- le maitre de la Bible d' Etienne Harding à Citeaux .
Dans tous les cas une grande place est accordée au dessin : ce ne sont pas des esquisses ni des croquis. Ce sont des dessins faisant partie intégrante d'un texte. Quelques fois il s'agit d'illustrations inachevées destinées à être peintes. Souvent il s'agit de compositions très abouties.
Les antécédents de ces illustrations se situent dans l'enluminure carolingienne. Il faut voir à ce titre le Psautier d'Utretch et les modèles de Reims. Autant d'exemples incontournables.
Les enlumineurs privilégient la fluidité des lignes et les contours fortement sertis et continus. Souvent la couleur est subordonnée au dessin, le dessin restant parfois en transparence.
La fameuse Bible d'Etienne Harding conserve des parties de composition demeurées à l'état d'épure, de dessin pur. Le goût du dessin pur semble lié à l'esthétique médiévale. On privilégie le dessin : on abandonne l'illusionnisme pictural et spatial. Ainsi on donne la priorité à la ligne.
Nous verrons comment cette prédilection pour le graphisme existe de la même façon dans d'autres techniques artistiques.
R.Dumoux - www.viapictura.com
Lundi 17 avril 2006
L'Art Spatial, c'est aussi le rêve, l'imagination d'un futur lointain.
Une toile du Pictorama, (panorama de l'histoire de l'humanité) évoque le voyage dans l'espace de l'humanité.
Comme toutes les étoiles, il est prévu que le soleil s'éteigne. Après la mort du soleil, la survie du genre humain ne sera envisageable que par la migration dans l'espace intersidéral, vers d'autres systèmes solaires. C'est le grand départ, à la recherche de nouveaux soleils et de nouvelles planètes où la vie sera possible. D'immenses vaisseaux ( sortes de nouvelles arches .. ) sont affrétés pour d' autres territoires dans l'espace...

Ce tableau de 5 m. x 3m.
met en scène une sorte de soucoupe volante où embarquent l'humanité ainsi que les animaux ou oiseaux de la terre.
Le rêve spatial ne se limite pas seulement à la technologie, à la mécanique des machines et des astronautes, mais il s'attache aussi à montrer un désarroi sensible face à la crainte de la disparition du monde vivant, de ses couleurs et de ses formes infinies et intemporelles.
Cette toile est visible sur le site www.viapictura.com
R.Dumoux
Vendredi 14 avril 2006
Espace 4 est la 4 ème toile (de 5 m x 3 m) réalisée à propos de l'espace.
La conquête de l'espace est un rêve.
Depuis 1957 l'humanité a conquis concètement l'espace extra - terrestre avec les Spoutniks. Précédemment, des artistes se sont inspirés et ont imaginé un art spatial : les futuristes , ou bien Malevitch ou Fontana.
Maintenant, Art spatial recouvre l'ensemble des expressions entourant ce rêve devenu réalité et explorant de nouvelles visions du monde et de nouveaux territoires pour l'art.
On peut découvrir des réalisations de grand intérêt dans toutes les disciplines : peinture , photo , littérature , sculpture. Aussi, des expositions importantes ont été montées sur le concept du cosmos.

Quelques oeuvres dans l'espace réalisées ou déposées concrètement dans l'espace :

- 1969 : Rauschenberg pour Apollo 11 réalise une série de 33 lithos > voir sur le site de la Nasa

- 1969 : Moon Museum avec des oeuvres de Rauschenberg, de Warhol, d'Oldenbourg et de John Chamberlain;

- 1971: Paul Van Hoeydonck : oeuvre déposée sur la lune avec Apollo 15 : figurine avec plaque citant les noms des astronautes morts en service.

- 1984 : 9 sphères en verre à bord de Challenger.

- 1993 : Sculpture à bord de Mir 2003 : de Damien Hirst " spot paintings " avec la sonde Beagle 2 pour Mars .

- Projet : Moon de Lilian Lijn qui se propose d'écrire sur la lune depuis la terre avec un rayon laser. Le mot écrit est SHE.


La lune et Mars font partie de notre environnement, mais l'espace n'est pas le prolongement de nos conditions terrestres.
L'espace apparait comme un nouvel espace public (élargissement de la place publique à l'orbite, élargissement de la communication) pour une nouvelle communauté mondiale.

R.Dumoux  - www.viapictura.com 
Mardi 11 avril 2006
"Espace 4" : toile de 5 m.x 3 m. en cours de réalisation et destinée au Pictorama, (ensemble monumental peint).
L'ébauche colorée est en cours et exécutée a tempéra à l'oeuf.
Ainsi apparait le sol lunaire avec ses couleurs sableuses et ses ombres contrastées.
Les astronautes s'affairent autour de leur habitation spatiale et de leur véhicule lunaire.
Ce sont des jeux de gris dont certains éléments forment des éclats colorés rouges ou bleus.
A l'horizon lunaire apparait La Terre et ses couleurs prometteuses.
Le ciel bleu est très profond et parcouru de mouvements stellaires où se déplace un autre astronaute en lévitation comme accroché au sommet du tableau.
Mais cette composition, (malgré certains éléments de fiction dans le creusement du sol par 2 astronautes) se diversifie maintenant par la suggestion d'un rêve. Sans doute les astronautes vivent avec intérêt leur activité spatiale mais ils rêvent aussi d'un autre ciel... celui des dieux antiques ( Zeus peut-être). Ils rêvent aussi de la vie terrestre, de la campagne de la musique, de tout un mode de vie bien éloigné de ce monde abstrait et conceptuel où ils se trouvent.
La réalisation proprement dite semble commencée et je me suis pris à penser aux constructivistes à Tatline ou Malevitch mais aussi à de grands tableaux tels la Bataille de San Romano d' Uccello. Ainsi j'ai été voir les répétitions cubisantes des pattes des chevaux ou encore le travail de peinture effectué dans les armures. Cette toile alors qu'elle était mise en place à la craie et au fusain a été filmée à l'occasion d'un reportage de FR3 sur l'ensemble du Pictorama et de mon travail.
R. Dumoux - www.viapictura.com
Lundi 10 avril 2006
Sur le site viapctura.com figurent des prises de vue d'atelier ainsi que des préparations picturales.
En ce moment dans l'atelier des encollages et marouflages s'effectuent sur des panneaux de moyennes ou de petites dimensions, dans la pespective de tableaux a tempéra.

Egalement se poursuit l'ébauche colorée d'une autre toile de 5 m x 3m. Il faut préparer les pigments et le liant.

Pour ce soir nous avons prévu une omelette après le plat de légumes. Mais j'ai pris le plus grand nombre des oeufs pour mon liant afin de broyer mes pigments pour l'ébauche a tempéra de ma toile. Cuisine et peinture, broyage, mixage, mastication se confondent.
D'ailleurs Pontormo dans ses écrits (traductionn de Fabien Vallos éd .mix . ) explique et commente son fonctionnement pictural et alimentaire.
Voici quelques citations de ses textes, extraites de son journal, c'est un aller - retour entre ce qui est mangé et ce qui est exprimé en dessin et peinture :
" Mercredi soir chez moi un morceau de pain au romarin, des oeufs, et j'ai fait l'épaule de cette figure " (croquis ) "Jeudi j'ai fait le bras et j'ai mangé un peu de viande rôtie
". Le peintre confond morceau de boucherie et morceau de peinture. "Samedi mon aide est venu avec toutes les couleurs broyées, les pinceaux et l'huile; le soir, j'ai soupé deux oeufs, des poires, un pot de vin, du raisin et du fromage". Enfin : "Lundi j'ai fait la tête de cet enfant chevelu".
On peut songer à Rembrandt ou Goya ou encore à Soutine et puis ,.... au journal Cannibal de Dada.
R. Dumoux.
Samedi 8 avril 2006

L'ensemble de mon travail plastique figurant sur le site viapictura.com, présente de multiples dessins, de petites dimensions le plus souvent;
de même en gravure c'est la recherche du petit format qui prévaut, la recherche d'un espace concentré. Certaines gravures ne font que quelques cm2. (La gravure se comprend et l'écriture se lit dans quelques cm. La gravure peut se dispenser des grandes étendues embarrassantes. Elle a un caractère privé, intime; c'est le geste primitif de l'entaille, celui de la trace sur le mur du prisonnier). Egalement de petites dimensions sont de nombreux panneaux a tempéra. Une démarche dans le sens de la miniature se fait jour... tels qu'ils figurent sur le site viapictura .

Par contre et à l'opposé les toiles dont il est question précédemment sont monumentales.
 Les très grandes dimensions ont un aspect environnemental, public et événementiel. A l'instar des grandes tentures, tableaux, teleri ou tapisseries, elles offrent des panoramas où défilent des personnages nombreux, des costumes, des actions, dans des paysages recomposés .
Historiquement , "l'apothéose d'Homère" ( Louvre ) d'Ingres est un exemple caractéristique. Ce tableau de 5 mètres met en scène un grand nombre de figures ( 46 ) sous le regard d'Homère sur son trône. Un grand nombre de personnages (de l'antique au 17 ème siècle ) auxquels, par l'espace, on se sent lié, comme partie intégrante. On se prend à relire ces anciens tableaux... à compter un à un les personnages, à observer leurs époques, leurs gestes ou mouvements ainsi que les liaisons des figures entre elles;
Des lectures sont ainsi à faire des oeuvres monumentales, de Carpaccio à Venise  au triomphe des Césars de Mantegna... jusqu'aux dessins et adaptations cinématographiques de Méliès.
R. Dumoux
 

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