undefined
 
Mardi 30 mai 2006
 La petite toile légère qu'il portait sous le bras, était  soigneusement emballée,
Elle venait de voyager ; venant de la campagne, elle allait maintenant se trouver accrochée au mur d'un appartement dans une grande ville.
Elle représentait un personnage aux couleurs vives, quelque peu expressionniste, comme un reflet d'un Matisse encore "fauve". C'était déjà pas mal.

Parmi divers objets et dessins, le modelage d'un pied tout en finesse était merveilleux.
 Mais pour la peinture il y avait beaucoup à dire, surtout pour faire autre chose...d'une autre manière, plus vraie.
Il fallait voir le support, comment le préparer sainement selon des procédés de métier, comment peindre.

Le site viapictura.com fournit des exemples précis  de techniques picturales.
Il est bien de donner ici quelques conseils basiques pour ce métier de la peinture qui est essentiel, permanent et unique. (De façon à faire des essais concluants dés le début.)

Le support de toile ou de bois ou carton fort sera encollé à la colle de peau trempée la veille, et chauffée au bain marie (10 gr de colle - 100gr d'eau)
Une couche mince sera ainsi passée sur le support. (Passer une légère couche au verso pour maintenir la planéité du support)
Dans le cas de support de bois, il est mieux de maroufler un papier mince ( l'histoire de la peinture est riche en oeuvres sur papier marouflé à la colle de parchemin. (ex: Rubens) ou une toile fine.


Le papier ou la toile fine étant encollée sur le support, après séchage il est nécessaire de poser une préparation. Cette préparation est obtenue à partir de la colle ( 100 gr. eau et 10 gr. colle) à laquelle sera mélangé du plâtre ou bien du blanc d'Espagne( de 30 à 50gr.) Le plâtre étant réservé aux supports rigides.

Ces encollages et préparations sont basiques.
 Evidemment les préparations selon des recettes diverses (Pacheco) peuvent être enrichies et il est possible de passer 3, 4 ou 5 couches minces successives.( Le ponçage final assure une finesse et une grande transparence à la couleur qui viendra s'y poser)
Sur un tel support, même très maigre (ex: le Christ mort de Mantegna) tout essai coloré sera convainquant.

Il est possible  de travailler de grandes surfaces colorées plus ou moins saturées ou unies ou monochromes, comme dans les tableaux de Rothko ( qui sont réalisés avec des procédés similaires.. d'où leur aspect fascinant)
Dans  ce cas il faut procéder à un broyage des couleurs: les couleurs en poudre, les pigments sont liés c'est à dire agglutinés soit avec une colle de peau, à chaud (Odilon Redon) ou plus facilement ici avec un jaune d'oeuf duquel on aura retiré la peau. Le broyage consiste donc à mélanger des pigments au jaune d'oeuf. Il est bien sûr nécessaire de diluer très largement le tout de vinaigre, de façon à obtenir une couleur liquide et transparente. Plusieurs couches ainsi transparentes peuvent être superposées. Il faut observer les variations ainsi obtenues.

La peinture est une question de couches et de transparences depuis la préparation du support à la colle.
L'apprenti peintre voudra peut-être auparavant dessiner une composition, quelques lignes d'un portrait, d'un personnage ou d'un objet. Cette mise en place pourra se faire au fusain ou bien à la mine de plomb dure ou encore à la pointe d'argent (ex: les dessins à la pointe d'argent de Dûrer.)
Dans un article sur les techniques graphiques de mes dessins cette question sera plus amplement développée.

Ainsi la petite toile dont je parle en début d'article va se métamorphoser: les formes peuvent être sommaires, mais la couleur est devenue vivante semblable à une peau, avec ses reflets, irisations diverses et transparences insaisissables.

La plupart des "oeuvres peints" que l'on peut voir montre des surfaces mortes, des croûtes qui ne sont pas du domaine de la peinture. Reste néanmoins leur intérêt actuel en temps que graphisme ou graffiti.
Dans un prochain article je compléterai ces considérations avec des réflexions sur la complexité et la grande simplicité de ce métier.

Avec les choses les plus simples on se rapproche de la perfection.

R.Dumoux
www.viapictura.com
Vendredi 26 mai 2006
    Le travail de recherche, de dessin, de découpes et d'écriture étant fait, s'esquissent alors des projets de composition.
Une composition précise sera arrêtée et agrandie avec précision. Sur ce projet, les détails seront déjà en place avec leurs caractéristiques particulières.

Ce 1 er projet est ensuite recopié et travaillé à l'aquarelle de façon à obtenir une véritable maquette colorée.
A l'occasion d'expositions, les maquettes colorées des autres toiles sont présentées, donnant une vue de l'ensemble du Pictorama.

 La toile de 5mx3 étant préparée et encollée, elle est recouverte d'un enduit à la colle  (4 couches minces sont nécessaires). Vient ensuite la mise en place à la craie puis au fusain avec plus de précision.  Précédemment, l'agrandissement  à partir de la maquette a été fait avec la méthode dite "au carreau".

Le dessin étant modifié, mis au point, commence l'ébauche colorée. Cette ébauche  
détermine la couleur générale de chacune des parties du tableau mais avec des jus légers, très liquides et transparents. Ces jus colorés sont composés de pigments broyés avec un mélange " jaune et blanc d'oeuf " et très dilués de vinaigre.
Ce sont les procédés dits "a tempéra" ( voir sur le site www.viapictura.com sous le lien techniques picturales.)

L' ébauche est une sorte de 1ère impression peu contrastée, réalisée à l'aide de  touches colorées, comme un flocage. Dans certains tableaux de la peinture classique, de David par exemple, ce procédé d'ébauche est remarquable, surtout dans les fonds.

La réalisation picturale commence, morceau après morceau: il s'agit de travailler les couleurs, de les saturer et de faire des contrastes, des lumières. Sur ce fond ébauché la couleur accroche; mais ce sont les mêmes mélanges et broyages avec le jaune et blanc d'oeuf, les pigments étant beaucoup plus concentrés.

La démarche d'exécution est la suivante: dans l'ordre, sont traités d'abord les fonds , puis les architectures ou paysages,  puis les grandes figures et enfin les portraits.
Dans tous les cas il s'agit d'une avancée progressive et logique jusqu'aux touches finales et accents et rayons de lumière au petit pinceau.
Ainsi, la toile se réalise morceau après morceau, journée après journée.

La peinture des siècles passés est un enseignement complet, pour ce qui est de la création des grands tableaux: dessin, composition, paysages, figures, costumes, portraits, couleur, ombres et lumières, matière picturale, sens de la richesse du détail.

Certaines toiles ou suites narratives nous interpellent dans ce sens telles les fresques de Pompei, (reflet de la grande peinture grecque disparue.) ou bien les oeuvres de Boticelli, de Mantegna dont les triomphes de César qui sont des grandes toiles peintes a tempéra. on peut encore citer les teleri, grandes toiles peintes de Carpaccio à Venise.
Ces 8 toiles de Carpaccio à la galerie de l'Académie illustrent la vie et le martyre de Sainte Ursule. Le peintre a suivi le texte de la légende dorée de Jacques de Voragine (la vie des saints). Une scène célèbre est l'accueil des ambassadeurs et le départ des navires: c'est une grande fête de la riche Venise à la fin du 15 ème siècle.
R.Dumoux
www.viapictura.com

Mardi 23 mai 2006
  Plusieurs toiles du "Pictorama" (ensemble monumental peint) sont consacrées à l'époque médiévale. Dans cet article et ainsi que je l'ai annoncé, je parlerai d'une toile de 5mx3 qui est en cours d'exécution et se rapportant à à la période des Croisades.



Il est nécessaire de citer quelques éléments d'une documentation historique importante pour cette réalisation.
Ces recherches se situent entre la 1 ère croisade avec Godefroy de Bouillon (en 1076) et la 8 ème et dernière en 1291 avec la chute de St Jean d'Acre.

Les protagonistes de l'action sont les Croisés et les Turcs;  l'inspiration qui anime les Croisés est de conquérir les lieux saints, le St Sépulcre, le tombeau du Christ.

Des illustrations, photos et dessins personnels ont été collectés pour étudier les cuirasses des chevaliers chrétiens, le harnachement des chevaux ainsi que le vêtement des pauvres gens qui suivaient avec leurs charrettes et leurs vivres, en route vers Jérusalem.
Les adversaires, les Turcs, ont des particularités bien reconnaissables dans la forme de leurs armes ou de leurs casques.

Un personnage se distingue: Saladin sur son cheval: il est entouré d'un fantassin et d'un religieux soufi alors qu' en avant plusieurs guerriers turcs sont en position de combat. Derrière Saladin, 2 croisés vaincus: le roi de Jérusalem Guy de Lusignan et l'infâme Renaud de Chätillon.

Ce motif est inspiré de la statue équestre de Saladin visible à Damas.

Damas est un point stratégique: c'est une ville aux portes du désert, très ancienne.
lieu saint de l'Islam, Abraham y est né. Moïse y serait enterré. L'archange Gabriel apparut là où s'est réfugié la Vierge après la mort du Christ. La grande mosquée de Damas abrite la relique de la tête de St Jean Baptiste. C'est à Damas, aussi, que le Christ a combattu l'Antechrist du haut d'un minaret. Enfin, Saladin est mort à Damas.

Autant de lieux et de figures emblématiques qu'il est nécessaire de citer, car elles situent une culture et une mystique fondamentales.
L'affrontement des Croisés et des Turcs a lieu devant un paysage et des architectures qui sont des monuments essentiels:

D'une part, le temple de Jérusalem (reconstruit plus tard et appelé temple 
d'Hérode) puis sur le flanc des montagnes alentour, se silhouettent les figures de la Crucifixion. Et enfin, le Dôme du Rocher (datant des Omeyades en 691 et appelé mosquée d'Omar)

Le tombeau du Christ, le Saint Sépulcre et le Dôme du Rocher d'où s'est élevé le Prophète sont des lieux sacrés qui ne peuvent être dissociés.

A remarquer que dans la composition et dominant la statue équestre de Saladin, apparaît, dans le ciel très coloré, Gabriel transportant Mahomet, évocation issue d'une miniature persane.

Toutes ces éléments, architectures, personnages ou actions, sont fortement expressifs: il est nécessaire de les rêver, de les méditer dans une démarche de création.
Dans un prochain article et toujours à propos ce cette grande toile, je définirai les différentes étapes de la réalisation proprement dite.

R.Dumoux

www.viapictura.com


Samedi 20 mai 2006
 La Mythologie, la Bible et l'Histoire antique constituent un répertoire iconographique immense .

Plus tard, à la Renaissance, la Jérusalem délivrée du Tasse est un grand chef d'oeuvre dans lequel les écrivains les musiciens et les peintres vont puiser la matière de créations mémorables.

Le Tasse, né à Naples, voulut produire à partir de 1560, à Venise, une Illiade ou une Enéide chrétienne: il jeta alors les bases de la Jérusalem délivrée.

Le Tasse est un personnage étonnant. il avait des angoisses existentielles, doutant des qualités de son oeuvre et de sa portée religieuse. Il connut un délire paranoîaque. Dans sa vie, se succèdent des crises et des incidents violents. Il est vu comme hérétique. Il est enfermé et lorsqu'il est libéré, il mène une vie errante. Il scandalise: Alphonse d'Este à Ferrare, le fait enchaîner avec les fous. Souvent il va délirer . (Une toile connue de Delacroix reprèsente le Tasse enchaîné.)
La figure du Tasse frappé de démence et de mélancolie va impressionner les artistes. Byron ou Delacroix voient en lui une préfiguration de leurs tourments.
Le Tasse libéré, l'intérêt pour son manuscrit fut immense. Il meurt à Rome exténué.

La Jérusalem Délivrée se rapporte à la 1ère Croisade, conduite par Godefroy de Bouillon pour la prise de Jérusalem. La 1ère version est de1575. C'est un grand poème épique, au moment de l'imminence du péril Turc.
La Jérusalem compte 20 chants. L'action commence quand les Croisés piétinent après avoir pris les places fortes de Syrie. Le poème s'achève avec la défaite des Egyptiens .

Entre ces deux faits, des épisodes dramatiques mettent en scène des héros chrétiens, de valeureux chevaliers tels Tancrède ou Renaud, opposés à des figures musulmanes comme Clorinde, Herminie ou Armide.
Pendant 3 siècles la Jérusalem est une source d'inspiration; par exemple elle fascina Stendhal. Potentiel dramatique, férocité épique, ambiguïté érotique inspirent les créateurs. C'est le développement du moi, de la subjectivité, du romantisme.

On ne peut que citer certains épisodes de tel chant de la Jérusalem:
- Sophronie et Olinde sauvés du bûcher par Clorinde qui est une musulmane, guerrière féroce, adversaire acharnée des chrétiens
-Tancrède, chevalier chrétien et Clorinde: c' est l'histoire tragique d'amours contrariées.
- Renaud et Armide. Renaud est un guerrier valeureux parmi les chevaliers chrétiens assiégeant Jérusalem. Armide, la musulmane, s'éprend de Renaud: d'ennemie, elle devient amante.

Dans un prochain article, je développerai tel épisode en particulier.
Un certain nombre de mes toiles ou de mes dessins se rapportent directement aux figures de Renaud et Armide.
D'autre part, les Croisades sont  présentes dans mon travail actuel puisque je réalise en ce moment une toile ( 5mx3) du Pictorama:  les Croisés opposés à Saladin devant Jérusalem.
Dans mon prochain article, il sera question de la réalisation de ce grand tableau.

R.Dumoux
www.viapictura.com
Jeudi 18 mai 2006
 Pour compléter l'article précédent je parlerai des autres figures de Dieu que sont:
Jacob, Salomon, Moïse.

  Fils de David, Jacob est connu dans l'histoire de la peinture par le combat de Jacob et de l'ange. Combat dans lequel il gagna le nom d'Israel, vainqueur.
Le songe de Jacob est une vision mémorable: Jacob endormi sur le sol, la tête reposant sur une pierre, voit une échelle gravie par des anges, de la terre au ciel.


Jacob eut 12  fils, les patriarches des 12 tribus d'Israel.

Joseph, son fils préféré a été vendu par ses frères, mais en Egypte, il devient maître et après avoir pardonné à ses frères il va les nourrir. Plusieurs images illustrent la vie de Joseph. Par exemple "Joseph, vendu par ses frères" ou "Joseph reconnu par ses frères."ou bien: les frères de Joseph font croire à leur père que Joseph a été dévoré par une bête féroce et il lui rapporte sa chemise ensanglantée.

Autre fils de David: Salomon, l'habile marchand, le marchand couronné qui exerce la sagesse. La représentation la plus illustre est "le jugement de Salomon".
C'est le débat entre deux prostituées se querellant un enfant vivant alors qu'un autre enfant est mort. L'une des deux dit: "Non, donne-le à elle pourvu qu'il vive!" devant la menace d'un soldat prêt à couper l'enfant en deux. Salomon rend son jugement: "C'est elle,la vraie mère."
Salomon est aussi le bâtisseur du temple de Jérusalem.
 
 Moîse, prophète et législateur d'Israêl.
 Né sous Ramsès 2, il est l'auteur du Pentateuque. Sauvé des eaux, après l'extermination des nouveaux nés mâles hébreux, il est élevé à la cour de Pharaon. Il se réfugie dans le désert du SinaÏ.
Là, Dieu lui apparaît dans un buisson: c'est le Buisson ardent. Dieu lui dit de conduire le peuple hébreu d'Egypte vers Canaan. A son peuple il va faire traverser la mer rouge à pied sec et il fait périr les Egyptiens qui le poursuivaient. Sur le mont Sinaî, Moîse reçoit les tables de la Loi, le Décalogue. Moîse est le constructeur de l'Arche d'Alliance, symbole de la présence de Dieu parmi son peuple.
Moîse et Aaron son frère, assemblent leur peuple auprès d'un rocher. Moïse frappe le rocher: l'eau jaillit pour abreuver les hommes et leurs troupeaux.
Enfin ,avant d'entrer en terre promise, il meurt sur le Mont Nebo et ne pourra que contempler de loin les vallées fertiles de la Terre Promise.

Cette énumération quoique longue, pourrait être plus étoffée;  elle constitue cependant un condensé d'actions, de paysages historiques, de mouvements et de figures inoubliables. Elle peut fonctionner tel un mémoire de modèles à partir duquel l'imagination va créer.

Depuis près de 30ans, j'ai consacré bon nombre de toiles, panneaux a tempéra ou gravures
à Jacob, Joseph et surtout Moïse, selon des compositions et dimensions variables: 
Moïse sauvé des eaux, le buisson ardent, les tables de la loi, le veau d'or, ou Moïse frappant le rocher, sont des réalisations sur des supports allant du panneau a tempéra, à la miniature et à des toiles de 240cm x150.

La Renaissance peut aussi constituer un répertoire iconographique très riche.
La Jérusalem délivrée du Tasse est un exemple majeur et nous en parlerons dans un prochain article.

R.Dumoux
www.viapictura.com
Mardi 16 mai 2006
 Dans l'article précédent, il était question de mes toiles figuratives,mythologiques, historiques ou bibliques.
L'ensemble de mes dessins, depuis longtemps, se réfère à cette iconographie qui constitue la base d'une partie de mon travail.
Historiquement, il est intéressant de relever la succession évidente des grandes histoires et d'analyser plus en détail telle figure précise ou tel événement majeur.

Ainsi la Création, le Paradis, le déluge sont des événements récurrents dans la miniature comme dans les panneaux ou les grands tableaux des siècles passés jusqu'aux symbolistes.

Au delà de compositions grossières aux figurations larvaires, il s'agit de mettre en évidence des scènes lisibles et compréhensibles qui s'imposent à la mémoire comme à la rétine.

Abraham est l'homme de l'obéissance. On imagine le sacrifice d'Isaac (fils d'Abraham et de Sarah)

Egalement on pense à Agar et Ismael (fils d'Abraham et d'Agar, servante de Sarah)
On revoit aussi  Abraham et Melchisedech qui accueille Abraham en lui offrant le pain et le vin de la bénédiction. (Melchisedech était roi de Salem, ville de paix qui deviendra Jérusalem.)

Dans la descendance d'Abraham citons: Isaac,Ismael,(ancêtre des Bédouins d'Arabie)  et enfin, David.
David est l'idéal du prince, le prince des poètes avec sa harpe.
Des images remarquables paraissent:

-Le saint roi, le roi des poètes a déposé sa harpe: il invoque le roi des cieux entouré du tétramorphe.
-L'onction de David: David est accepté pour être oint: l'esprit de Yahvé descend sur lui le plus petit.
-David jeune berger, protège son bétail des bêtes féroces.
-David présenté au roi Saul.
-Comment David tue Goliath et comment il offre sa tête à Saul.
-David et Bethsabée: David recueille Bethsabée et de leur union naitra Salomon.

Il est possible de faire des énumérations, et de constituer un véritable programme iconographique.
Ainsi, dans le prochain article, j'évoquerai Jacob, fils de David : Jacob et les 12 tribus d'Israel, ou Salomon, (le fils de David et Bethsabée) ou encore Moïse.
Ceci afin de compléter un répertoire précis en vue de compositions lisibles.

R.Dumoux
www.viapictura.com
Dimanche 14 mai 2006

Outre l'ensemble monumental peint et les panneaux a tempéra, le site www.viapictura.com présente l'évolution de mon activité picturale de 1973 à maintenant. ( les années précédentes ayant été surtout consacrées au dessin et à la gravure)

 Dans l'ensemble il s'agit de toiles dont les dimensions sont de 150x200 cm ou 150x240 cm.

C'est le passage de l'abstrait au figuratif qui semble la démarche dominante.

De 1973 à 1980, après de longues suites de dessins au pinceau, c'est une abstraction géométrique et répétitive qui s'impose.Il y a eu, à ce moment, un regard vers  Malevitch, Mondrian et l'art abstrait géométrique, construit..etc.
Ces toiles abstraites se construisent comme une écriture, de gauche à droite et de bas en haut : la surface est ainsi recouverte d'une trame régulière de touches carrées, de damiers. De ce damier se dégagent des lignes verticales, horizontales ou obliques qui font naître des figures géométriques, sans les tracer.
Dans les surfaces ainsi évidentes des variations colorées sont appliquées à l'aide de superpositions de nouvelles touches colorées.

Ce travail est apparu, ensuite, comme très proche d'ornementations vernaculaires telles que broderies, décors de stores de portes, motifs décoratifs géométriques créés sur les toits de tuiles vernissées.

Peu à peu des éléments figuratifs se sont insinués dans ces trames répétitives, en filigranes.
Il s'agit là d'éléments simples tels que nuages, figure, animal ou paysage, dont le graphisme est stylisé. Parfois des projections de couleur viennent accentuer et intensifier les effets de vibrations colorées.

Dans les mêmes moments, le procédé pictural évolue en utilisant les ressources de l'encollage et du procédé a tempéra.
L'aspect figuratif se précise, semblant se rapprocher des panneaux a tempéra.

L'iconographie est maintenant très lisible: ce sont des compositions symboliques ou mythologiques, historiques ou bibliques.
Par le biais de multiples dessins, se fait jour une relecture des grandes oeuvres du patrimoine de l'humanité. Toutes les époques sont envisagées ainsi que les passages d'une civilisation à une autre et  les syncrétismes si remarquables à observer.  Par exemple,  Orphée devient l'homme au mouton et plus tard, le bon pasteur...
Dans un prochain article, il sera question de grandes figures historiques,  mythologiques ou bibliques, de Cérès à Alexandre ou Moïse, qui inspirent une méditation sur les grands mythes et  le rêve de la réincarnation de la peinture.
R.Dumoux
www.viapictura.com
Vendredi 12 mai 2006
 La toile de 5m x 3 (extraite du pictorama) décrite précédemment, relative aux O.G.M. prend la biologie comme sujet et met en question certaines de ses composantes, avec les supports habituels de l'art.

Il existe d'autres pratiques artistiques qui prennent la biologie comme médium en proposant des oeuvres d'art vivantes. Ce sont des pratiques qui reposent sur les mécanismes du vivant.

Dans cet art biologique on peut distinguer deux aspects:
-l'art génétique: c'est la manipulation des gênes et de l'ADN.
-l'art transgénique: c'est l'introduction d'un gêne artificiel dans le patrimoine génétique d'un être vivant, ou le transfert d'un gêne d'une espèce dans une autre.

En art biologique les oeuvres sont encore limitées en nombre.
Citons quelques artistes tels : Gessert, E. Kac, de Ménézès. Leur travail s'intéresse aux relations de l'humain à la technologie, aux modifications que la biotechnologie peut apporter. Ils démontrent la perméabilité entre les espèces et la continuité dans la complexité du vivant, à l'opposé de la fixité de certaines théories.

L'art biologique créé un lien entre Nature et Culture: l'oeuvre appartient à l'une et l'autre.
Il est nécessaire de parler du travail d'Edouardo Kac et de l' impact culturel de la Biotechnologie.

Kac propose la biorobotique: le corps des robots est doté d'éléments biologiques.

Biobot est un robot possédant une composante biologique active.

Puis E. Kac va créer un chien vert fuorescent: c'est la notion d'art tansgénique.

De même la création de Alba: lapin transgénique ayant reçu une protéine vert fluo.

Une autre créature connue est la lapine Albane. (présente dans la toile "les O.G.M.")


Autre oeuvre d' E. Kac: The Eight Day: il anime des créatures vert fluo: poissons souris et plantes. C'est aussi l'invention audacieuse d'un robot biologique et de nouveaux animaux. C'est une nouvelle classe d'objets et d'êtres.
En art transgénique on peut encore évoquer Marta de Ménézès qui opère une modification assymétriques des ailes de papillon.

Les plantes constituent aussi un domaine de prédilection pour l'art biologique.

On peut remonter à Edouard Steichen exposant ses delphiniums à New-York en 1936 (l'horticulture devient un des Beaux-arts) et citer de nos jours les hybridations d'iris dispersés dans la nature de George Gessert ou la recréation d'espèces disparues par Brandon Ballangée.

Joe Davis invente des gênes: il écrit pour communiquer entre tous les êtres et les exta terrestres. Les échanges se font par le biais de codes, d'écritures, mais aussi de l'A.D.N. qui est un langage, les systèmes d'écriture les plus robustes étant les codes génétiques et les bactéries.

La question des plantes pourra être développée de façon plus explicite et en rapport avec notre actualité.

Une remarque est à faire: La guerre 39-45 a évacué la génétique: pendant des années on se souvint de l'eugénisme.
Ce n'est qu'à la fin des années 1980 que la génétique réapparait et il semble qu'elle puisse être à l'origine de nouvelles formes artistiques, sans exclure les formes d'expression habituelles.

R.Dumoux
www.viapictura.com
Lundi 8 mai 2006
Sur le site  viapictura.com , (ensemble monumental peint) figure une toile de 5 mètres x 3 mètres se rapportant à la Science et en particulier à la question des O.G.M.
Cette composition est née du constat de l'opposition entre les aspects de la nature et les transformations ou mutations que l'homme lui occasionne.

 Depuis Jules Verne jusqu'à la Science Fiction et aux projets avancés de la Science, on peut recueillir des informations et documents qui sont très stimulants pour une pensée en quête de devenir.
Ainsi on rencontre les notions d'ADN, de gènes, de plante usine, de clones, de fleur surnaturelle, de cyborgs, de post-humain, d'hybridation, ainsi que l'image de Dolly ou du porc cloné pour la production d'organes humains.


Peu à peu une composition s'est imposée, en pensée d'abord, au moment de promenades ou d'apparente inaction. Plusieurs approches et dessins aboutis ont permis de cerner les grandes lignes du tableau et sa coloration.
(Pour ce qui est de la composition certaines toiles du Pictorama se développent à partir d'un schéma central géométrique: ainsi sont au départ, le carré, le losange, l'hexagone ou l'octogone.)

Dans le cas présent un grand cercle (de 2m80 de diamètre) occupe toute la partie centrale : c'est l'oeil, le hublot par lequel on découvre un monde nouveau, celui de la science.
Au centre du cercle, un arbre, entouré d'architecture utopique et de deux personnages robotisés qui actionnent des robinets fixés au tronc. C'est la plante usine d'où s'écoulent des tuyaux, des plastiques en feuille, des produits chimiques et médicaments"précieux", ainsi que des formules magiques, insignes de puissance. Les branches de l'arbre comportent de larges feuilles, mais elles sont aussi chargées de paquets cubiques et pyramidaux.
Mais au pied de l'arbre des créatures étranges se déplacent et vont s'épancher à l'extérieur du cercle : il s'agit de lapins transgéniques fluorescents dont les taches vives vont pulluler tout alentour.

A l'extérieur de ce cercle aux vives couleurs, c'est le monde ancien traité en grisaille tel un souvenir : on remarque là, un village, les travaux des champs et des saisons, les cueillettes, un berger et nos animaux familiers.
Enfin, les lapins transgéniques aux vives couleurs pénètrent ce monde naturel mais ils deviennent mutants et prennent l'apparence de monstres qui meurent (tel l'oiseau renversé au bas du tableau).


Cette description, qui peut être considérée et utilisée postérieurement comme une ekphrasis, permet aussi de comprendre la genèse d'une composition.
A partir de ce tableau il a été question de mutants, de clones etc. Aussi dans un prochain article je parlerai de l'art génétique, de l'art transgénique et aussi des chiens fluorescents ou de la lapine Alba.

La toile précédemment décrite est filmée dans un reportage télévisé de FR3

R. Dumoux
www.viapictura.com
Mercredi 3 mai 2006
Sur le site www.viapictura.com , plusieurs séries de mes dessins  sont mis en ligne, selon divers régistres et s'étalant de 1964 à maintenant.

Dans l'ensemble, il s'agit de dessins arrêtés mais pas d'esquisses ni de croquis. Dans ce dernier cas au lieu d'esquisse ou d'ébauche, j'utilise le terme de 1 ère pensée.
La "première pensée" suggère une démarche intentionnelle et le sens premier d'une recherche.
Le corpus de mes dessins est important, s'étant poursuivi sur plus de 30 ans et de façon continue. A titre d'exemple, si je considère les 10 dernières années, mes feuilles se décomptent à raison de 50 chaque mois au moins. Il semble en être de même pour les décennies précédentes.

Dénombrer est un acte important et significatif sur l'intensité et la qualité d'un travail, sur le développement d'une pensée.
Ces suites ininterrompues sont le miroir d'une évolution, au cours des mois et années. Elles créent une existence, une façon d'être, une essence qui ne peut pas être accidentelle ou accessoire.
Montaigne dit : "C'est mon livre qui me fait"
Le cheminement graphique constitue la base de la construction d'une iconographie et du développement d'une pensée.

Sur le site viapictura.com, les dessins  sont répertoriés et classés selon plusieurs rubriques et chronologiquement : de l'abstrait au figuratif, des thèmes mythologiques, classiques aux thèmes symboliques ou historiques.
Un répertoire peut aussi être composé selon les procédés utilisés pour la réalisation de ces dessins. J'aurai l'occasion de parler plus tard de techniques graphiques mises en oeuvre ainsi que de la classification de mes dessins sur le site..

Au 18 ème siècle Joseph Dezallier d'Argenville (1680-1765) possède une collection de 9000 dessins. Il est aussi l'auteur d'un essai sur la connaissance et la pratique du dessin. Dessins de Poussin, Watteau, Fragonard, David, Ingres.

Dezallier distinguent diverses catégories parmi ses dessins et en particulier 5 espèces différentes:
les pensées, les dessins arrêtés, les études, les académies, les cartons.

Par exemple, les dessins de Poussin sont des esquisses spontanées, sur le vif ou de pure invention.
Ingres comme Fragonard se copient, répètent leurs oeuvres. Ce sont des dessins arrêtés ou des dessins faits après le tableau, souvenirs de composition.
(Fragonard utilisait le calquage sur la vitre.)
David met en oeuvre les diverses pratiques : pensées, dessins arrêtés, académies, études, cartons. ( L'académie est souvent celle du drapé, des plis. Le carton est destiné à être calqué à l'aide d'une pointe sur un enduit.)

Avec plus de recul, une recherche peut être faite sur le dessin moderne et aussi contemporain et il est possible d'imaginer d'autres classifications ou catégories, liées, par exemple à la photo ou au collage.

R.Dumoux
www.viapictura.com
 

Newsletter

Inscription à la newsletter

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
 
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus