La pensée extrême-orientale dans l'oeuvre de Tapies.

L'informe, la matière, le mur, les traces, écritures et objets sont les éléments déterminants de l'oeuvre de Tapies.
Tapiès a également une conscience aigüe de l'historicité et s'est intéressé aux nouvelles tendances de l'art.
Son travail se rapporte souvent aux courants artistiques du 20ème siècle.
Néo-dada, Nouveau- Réalisme, Art Conceptuel, Art Pauvre, Néo-Peinture sont des mouvements majeurs avec lesquels il est en proximité, comme tout artiste sensible à ce qui circule dans l'air du temps.
La pratique de l'art comme expérience existentielle permet une connaissance absolue de la réalité profonde. C'est l'expression des pensées et des sentiments qui prennent forme dans l'oeuvre.
Tapiès a été conforté dans son attitude créatrice par la pensée asiatique et par le zen. Il a été question de cela relativement aux murs, à la révélation du mur et de la mutité.
"Au pied du mur", "cet homme là, c'est un mur", quelques expressions parmi d'autres qui évoquent cet obstacle auquel on se heurte comme au néant, avec un sentiment d'impuissance et de désarroi face à l'existence. Cette mutité est aussi une plénitude qui, peu à peu, veut tout dire, comme la plénitude du tout. Nous frappons un mur dans un extrême désespoir et finalement voici que le mur s'ouvre.
Cette expérience Zen se retrouve dans le non savoir des mystiques de tous les temps.
Dans son travail,Tapiès a beaucoup utilisé les objets de toute nature. C'est par là aussi qu'il s'est ressourcé dans la proximité de la philosophie extrême orientale.
Les objets ne sont là que pour l'humilité de leur histoire. Sortis de la vie ils sont atteints de néant, de vacuité. Ils ont une apparence mais ce n'est pas que l'apparence, selon l'idée bouddhique.
Tapiès décrit ce que l'on peut voir dans l'objet le plus simple comme une vieille chaise qui peut être chargée de sens et d'émotion.
Pour cette raison il a installé une chaise au dessus de sa fondation: cette chaise sort d'un nuage de fils métalliques, comme naissant d'orbites et trajectoires. Siège offert? C'est le siège d'un dieu?
Au début l'art bouddhique ne représentait pas le Bouddha: on ne présentait que les marques des pieds, les sandales, un lit, un siège.
" le Bouddha peut être une chaussette sale."
Aussi à Montjuic, à côté de fresques romane, Tapies a érigé une chaussette géante accompagnée d'une croix et d'un miroir. Cela montre que l'on peut parvenir à la transcendance par quelque chose de simple.
Les références bouddhiques abondent dans le travail de Tapiès.
Certains titres sont directement bouddhiques: DUKKHA, THATAGATA, Dada,
L'oeuvre "Ni identitat" réunit 3 sources: Scientifiques, Bouddhique, Chrétienne.
Tapiès, depuis ses murs et son inspiration du Brahmane fondateur du Zen, s'est toujours intéressé profondément au bouddhisme, à sa philosophie, bien qu'il n'ait pas pas adhéré à la religion.
Cela donne à son attitude artistique ainsi qu'aux oeuvres un rayonnement, important au delà d'aspects extérieurs parfois difficiles.
Ces diverses réflexions sont inspirées d'un ouvrage de Youssef Ishagpour.
R.Dumoux
www.viapictura.com

L'informe, la matière, le mur, les traces, écritures et objets sont les éléments déterminants de l'oeuvre de Tapies.
Tapiès a également une conscience aigüe de l'historicité et s'est intéressé aux nouvelles tendances de l'art.
Son travail se rapporte souvent aux courants artistiques du 20ème siècle.
Néo-dada, Nouveau- Réalisme, Art Conceptuel, Art Pauvre, Néo-Peinture sont des mouvements majeurs avec lesquels il est en proximité, comme tout artiste sensible à ce qui circule dans l'air du temps.
La pratique de l'art comme expérience existentielle permet une connaissance absolue de la réalité profonde. C'est l'expression des pensées et des sentiments qui prennent forme dans l'oeuvre.
Tapiès a été conforté dans son attitude créatrice par la pensée asiatique et par le zen. Il a été question de cela relativement aux murs, à la révélation du mur et de la mutité.
"Au pied du mur", "cet homme là, c'est un mur", quelques expressions parmi d'autres qui évoquent cet obstacle auquel on se heurte comme au néant, avec un sentiment d'impuissance et de désarroi face à l'existence. Cette mutité est aussi une plénitude qui, peu à peu, veut tout dire, comme la plénitude du tout. Nous frappons un mur dans un extrême désespoir et finalement voici que le mur s'ouvre.
Cette expérience Zen se retrouve dans le non savoir des mystiques de tous les temps.
Dans son travail,Tapiès a beaucoup utilisé les objets de toute nature. C'est par là aussi qu'il s'est ressourcé dans la proximité de la philosophie extrême orientale.
Les objets ne sont là que pour l'humilité de leur histoire. Sortis de la vie ils sont atteints de néant, de vacuité. Ils ont une apparence mais ce n'est pas que l'apparence, selon l'idée bouddhique.
Tapiès décrit ce que l'on peut voir dans l'objet le plus simple comme une vieille chaise qui peut être chargée de sens et d'émotion.
Pour cette raison il a installé une chaise au dessus de sa fondation: cette chaise sort d'un nuage de fils métalliques, comme naissant d'orbites et trajectoires. Siège offert? C'est le siège d'un dieu?
Au début l'art bouddhique ne représentait pas le Bouddha: on ne présentait que les marques des pieds, les sandales, un lit, un siège.
" le Bouddha peut être une chaussette sale."
Aussi à Montjuic, à côté de fresques romane, Tapies a érigé une chaussette géante accompagnée d'une croix et d'un miroir. Cela montre que l'on peut parvenir à la transcendance par quelque chose de simple.
Les références bouddhiques abondent dans le travail de Tapiès.
Certains titres sont directement bouddhiques: DUKKHA, THATAGATA, Dada,
L'oeuvre "Ni identitat" réunit 3 sources: Scientifiques, Bouddhique, Chrétienne.
Tapiès, depuis ses murs et son inspiration du Brahmane fondateur du Zen, s'est toujours intéressé profondément au bouddhisme, à sa philosophie, bien qu'il n'ait pas pas adhéré à la religion.
Cela donne à son attitude artistique ainsi qu'aux oeuvres un rayonnement, important au delà d'aspects extérieurs parfois difficiles.
Ces diverses réflexions sont inspirées d'un ouvrage de Youssef Ishagpour.
R.Dumoux
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par dumoux
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Articles divers
Antoni TAPIES. Présence et pouvoir de l'abstraction. (Art.1)
(Abstraction, matière, silence et plénitude)
L'oeuvre de Tapies (peintre catalan né en 1923) parait déroutante dans le cas d'oeuvres isolées.
Un excellent livre est paru à propos de Tapies et cet article se fait l'écho de certains textes intéressants, à portée biographique mais surtout philosophique qui éclairent cette oeuvre monacale et mettent en évidence sa force ..
Il est nécessaire de considérer quelques temps forts de la biographie artistique de Tapies.
A Barcelone, la chute de la République fut un événement majeur de sa jeunesse. Il fut malade et connut une métamorphose intérieure faite de clairvoyance et d'illumination. Il se sent artiste prophète, artiste chaman. Il a des goûts pour le dessin et vite il devient maître dans l'art photographique et réaliste, dans un style épidermique.
Mais cette maîtrise le dégoûte et il se porte vers l'art maudit et l'art moderne qui le bouleverse. La paranoïa critique de Dali l'influence mais surtout Dada. Duchamp, Schwitters puis Picasso, Miro l'imprègnent. L'art s'impose à lui comme unique chemin et l'art permet de donner un sens à la vie insupportable et à l'air irrespirable venu de l'ordre nouveau des fascistes.
L'oeuvre de Tapies contient des métamorphoses constantes issues du romantisme et du symbolisme, avec des racines magiques et chamaniques.
- Les 1ères oeuvres originales de Tapiès sont des tableaux cosmiques et des collages à base de matériaux quelconques et aussi de figures mythologiques.. Il va également utiliser l'automatisme psychique.
- Contre le réalisme photo il développe la matérialité : il va créer des pâtes épaisses en mélangeant de la peinture à l'huile et du blanc d'espagne.
Il sera influencé par Miro et ses peintures au goudron avec cordages et ferrailles.
- Puis avec Paul Klee, il renonce à la matérialité des tableaux précédents et utilise une peinture à l'huile très diluée, transparente, dégageant une atmosphère gazeuse, aérienne ou aquatique. Il créé des champs magnétiques, des étoiles, des êtres hybrides des formes géométriques, damiers et courbes flottants, un peu comme les visions de Ernst ou de yves Tanguy.
- Tapies s'intéresse à l'art abstrait, il se détourne de la narration et va travailler aussi dans le sens d'une abstraction géométrique.
Il va aussi pratiquer l'expressionnisme du geste, les essais, les erreurs et accidents. Il fait se former la matière par le mélange de toutes sortes de corpuscules: sable poussière de marbre, poils, huiles, fils, terres de couleurs.
A partir de 1952, ce sont ses 40 jours de séjour dans la désert.
- Alors les murs s'imposent à lui par leur mutité. Ils sont muets mais les graffitis parlent : c'est un monde de traces humaines émouvantes.
C'est cette expérience très vivante d'impacts, de politique, de lacération, de souffrance ou de révolte que Tapiès a mis au jour.
- Avec cette notion du mur, Tapiès affronte le désenchantement et l'absence de sens dans le mutisme de la matière..
- Tapiès a été conforté dans son attitude en apprenant que Bodhidharma, (fondateur du Zen japonais, contemplateur d'un mur). Ce brahmane qui a passé 12 ans à méditer devant un mur pour atteindre l'illumination et la parfaite connaissance du réel, est un initiateur.
L'expérience du Zen est connue en Occident car elle a été décrite dans les textes existentialistes. Pour le Zen, l'expérience est dans le non-savoir de tous les temps. Les préceptes Zen enseignent que l'obscurité et l'illumination sont une seule et même chose. Le silence et la plénitude du tout sont une seule et même chose. La mutité, le silence, veut tout dire.
- Les murs enseignent aussi le travail de la matière, la sédimentation, la coulée d'encre et de vernis. Il use de la spontanéité comme dans la calligraphie chinoise, en bonne connaissance des matières et des matériaux. A cela s'ajoute parfois la présence de graffitis, chiffres, lettres ou signes, comme des paysages accompagnés d'écritures.
- Avec l'amour du noir, il y a aussi chez Tapiès de plus en plus d'objets et des sculptures en terre chamotée. Il mélange l'argile cuite en poudre avec l'argile crue.
Il obtient ainsi les effets du temps qui passe, le vieillissement.
C'est le temps, la finitude et la mort, l'art de la réalité: objets, ficelles, papiers salis, assiettes, poils, linge etc.. c'est l'expression du bas de l'éphémère, du laid et du repoussant, avec la mise en évidence de l'objet souvent trivial.
L'art ancien consacre le monde des dieux et le ciel; maintenant depuis le 18 ème c'est une réalité subjective qui s'impose.
On le comprend l'oeuvre de Tapies prend en compte et assimile les diverses tendances artistiques du siècle avec un ressourcement dans la philosophie asiatique.
Son ouverture à la pensée extrême-orientale fera l'objet d'un prochain article.
R.Dumoux
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(Abstraction, matière, silence et plénitude)
L'oeuvre de Tapies (peintre catalan né en 1923) parait déroutante dans le cas d'oeuvres isolées.
Un excellent livre est paru à propos de Tapies et cet article se fait l'écho de certains textes intéressants, à portée biographique mais surtout philosophique qui éclairent cette oeuvre monacale et mettent en évidence sa force ..
Il est nécessaire de considérer quelques temps forts de la biographie artistique de Tapies.
A Barcelone, la chute de la République fut un événement majeur de sa jeunesse. Il fut malade et connut une métamorphose intérieure faite de clairvoyance et d'illumination. Il se sent artiste prophète, artiste chaman. Il a des goûts pour le dessin et vite il devient maître dans l'art photographique et réaliste, dans un style épidermique.
Mais cette maîtrise le dégoûte et il se porte vers l'art maudit et l'art moderne qui le bouleverse. La paranoïa critique de Dali l'influence mais surtout Dada. Duchamp, Schwitters puis Picasso, Miro l'imprègnent. L'art s'impose à lui comme unique chemin et l'art permet de donner un sens à la vie insupportable et à l'air irrespirable venu de l'ordre nouveau des fascistes.
L'oeuvre de Tapies contient des métamorphoses constantes issues du romantisme et du symbolisme, avec des racines magiques et chamaniques.
- Les 1ères oeuvres originales de Tapiès sont des tableaux cosmiques et des collages à base de matériaux quelconques et aussi de figures mythologiques.. Il va également utiliser l'automatisme psychique.
- Contre le réalisme photo il développe la matérialité : il va créer des pâtes épaisses en mélangeant de la peinture à l'huile et du blanc d'espagne.
Il sera influencé par Miro et ses peintures au goudron avec cordages et ferrailles.
- Puis avec Paul Klee, il renonce à la matérialité des tableaux précédents et utilise une peinture à l'huile très diluée, transparente, dégageant une atmosphère gazeuse, aérienne ou aquatique. Il créé des champs magnétiques, des étoiles, des êtres hybrides des formes géométriques, damiers et courbes flottants, un peu comme les visions de Ernst ou de yves Tanguy.
- Tapies s'intéresse à l'art abstrait, il se détourne de la narration et va travailler aussi dans le sens d'une abstraction géométrique.
Il va aussi pratiquer l'expressionnisme du geste, les essais, les erreurs et accidents. Il fait se former la matière par le mélange de toutes sortes de corpuscules: sable poussière de marbre, poils, huiles, fils, terres de couleurs.
A partir de 1952, ce sont ses 40 jours de séjour dans la désert.
- Alors les murs s'imposent à lui par leur mutité. Ils sont muets mais les graffitis parlent : c'est un monde de traces humaines émouvantes.
C'est cette expérience très vivante d'impacts, de politique, de lacération, de souffrance ou de révolte que Tapiès a mis au jour.
- Avec cette notion du mur, Tapiès affronte le désenchantement et l'absence de sens dans le mutisme de la matière..
- Tapiès a été conforté dans son attitude en apprenant que Bodhidharma, (fondateur du Zen japonais, contemplateur d'un mur). Ce brahmane qui a passé 12 ans à méditer devant un mur pour atteindre l'illumination et la parfaite connaissance du réel, est un initiateur.
L'expérience du Zen est connue en Occident car elle a été décrite dans les textes existentialistes. Pour le Zen, l'expérience est dans le non-savoir de tous les temps. Les préceptes Zen enseignent que l'obscurité et l'illumination sont une seule et même chose. Le silence et la plénitude du tout sont une seule et même chose. La mutité, le silence, veut tout dire.
- Les murs enseignent aussi le travail de la matière, la sédimentation, la coulée d'encre et de vernis. Il use de la spontanéité comme dans la calligraphie chinoise, en bonne connaissance des matières et des matériaux. A cela s'ajoute parfois la présence de graffitis, chiffres, lettres ou signes, comme des paysages accompagnés d'écritures.
- Avec l'amour du noir, il y a aussi chez Tapiès de plus en plus d'objets et des sculptures en terre chamotée. Il mélange l'argile cuite en poudre avec l'argile crue.
Il obtient ainsi les effets du temps qui passe, le vieillissement.
C'est le temps, la finitude et la mort, l'art de la réalité: objets, ficelles, papiers salis, assiettes, poils, linge etc.. c'est l'expression du bas de l'éphémère, du laid et du repoussant, avec la mise en évidence de l'objet souvent trivial.
L'art ancien consacre le monde des dieux et le ciel; maintenant depuis le 18 ème c'est une réalité subjective qui s'impose.
On le comprend l'oeuvre de Tapies prend en compte et assimile les diverses tendances artistiques du siècle avec un ressourcement dans la philosophie asiatique.
Son ouverture à la pensée extrême-orientale fera l'objet d'un prochain article.
R.Dumoux
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Articles divers
"L'unique trait de Pinceau" (art.2)
Ouvrage chinois de peinture écrit vers 1702 par SHITAO, peintre philosophe.
Extraits:
" Dans la haute antiquité, il n'y avait pas de règle. La suprême simplicité n'était pas encore divisée, car dès que la simplicité se divise , la règle s'établit.
La Règle se fonde sur l'Unique Trait de Pinceau.
L'unique trait de pinceau est à l'origine de toutes choses, la racine de tous les phénomènes. Sa fonction est manifeste pour l'esprit mais cachée de l'homme, et le vulgaire l'ignore.
C'est par soi même que l'on doit établir la règle de l'unique trait de pinceau.
Le fondement de la règle de l'unique trait de pinceau. Le fondement de la règle de l'unique trait de pinceau réside dans l'absence de règles. La règle ainsi obtenue embrasse la multiplicité des règles. "
"La peinture émane de l'intellect : qu'il s'agisse de la beauté des monts, fleuves, personnages et choses ou qu'il s'agisse du caractère des oiseaux, des bêtes, des herbes et des arbres, ou qu'i s'agisse de la position des pavillons des esplanades et des édifices. On ne peut épuiser ces aspects variés si on ne possède pas cette mesure de l'unique trait de pinceau, car le trait de pinceau embrasse tout jusqu'au plus lointain inaccessible.
Sur 10 millions de coups de pinceaux, il n'en est pas un qui ne réside dans l'unique trait de pinceau dont le contrôle n'appartient qu'à l'homme."
"Par l'unique trait de pinceau, l'homme peut restituer en miniature une réalité plus grande sans rien en perdre et le pinceau ira jusqu'à la racine des choses.
Il faut être habile aux formes circulaires ou angulaires, droites ou courbes, ascendantes ou descendantes.
Le pinceau va à droite, à gauche, en relief ou en creux, brusque et résolu. Il s'interrompt abruptement, il s'allonge en oblique.
Tantôt comme l'eau, il dévale vers les profondeurs, tantôt il jaillit comme la flamme et tout cela avec naturel et sans forcer le moins du monde.
C'est pourquoi il a été écrit:
Ma voie est celle de l'unité qui embrasse l'universel. "
Shitao, peintre- philosophe. Chine, vers 1710.
(propos sur la Peinture du moine Citrouille-amère.)
Il m'est apparu nécessaire (et proche de ma démarche plastique) de copier, méditer et de publier ces textes précieux car mon travail se retrouve constamment proche de cet état d'esprit.
Qu'il s'agisse de dessins anciens au pinceau et à l'encre de Chine, de dessins à la plume ou bien encore de toutes ces toiles et panneaux a tempéra où se multiplient à l'infini les coups de pinceau, y compris dans les toiles de 5 m ou l'unique trait de pinceau est créateur d'un espace et d'un temps qui se projette dans le cosmos.
R.Dumoux
www.viapictura.com
Ouvrage chinois de peinture écrit vers 1702 par SHITAO, peintre philosophe.
Extraits:
" Dans la haute antiquité, il n'y avait pas de règle. La suprême simplicité n'était pas encore divisée, car dès que la simplicité se divise , la règle s'établit.
La Règle se fonde sur l'Unique Trait de Pinceau.
L'unique trait de pinceau est à l'origine de toutes choses, la racine de tous les phénomènes. Sa fonction est manifeste pour l'esprit mais cachée de l'homme, et le vulgaire l'ignore.
C'est par soi même que l'on doit établir la règle de l'unique trait de pinceau.
Le fondement de la règle de l'unique trait de pinceau. Le fondement de la règle de l'unique trait de pinceau réside dans l'absence de règles. La règle ainsi obtenue embrasse la multiplicité des règles. "
"La peinture émane de l'intellect : qu'il s'agisse de la beauté des monts, fleuves, personnages et choses ou qu'il s'agisse du caractère des oiseaux, des bêtes, des herbes et des arbres, ou qu'i s'agisse de la position des pavillons des esplanades et des édifices. On ne peut épuiser ces aspects variés si on ne possède pas cette mesure de l'unique trait de pinceau, car le trait de pinceau embrasse tout jusqu'au plus lointain inaccessible.
Sur 10 millions de coups de pinceaux, il n'en est pas un qui ne réside dans l'unique trait de pinceau dont le contrôle n'appartient qu'à l'homme."
"Par l'unique trait de pinceau, l'homme peut restituer en miniature une réalité plus grande sans rien en perdre et le pinceau ira jusqu'à la racine des choses.
Il faut être habile aux formes circulaires ou angulaires, droites ou courbes, ascendantes ou descendantes.
Le pinceau va à droite, à gauche, en relief ou en creux, brusque et résolu. Il s'interrompt abruptement, il s'allonge en oblique.
Tantôt comme l'eau, il dévale vers les profondeurs, tantôt il jaillit comme la flamme et tout cela avec naturel et sans forcer le moins du monde.
C'est pourquoi il a été écrit:
Ma voie est celle de l'unité qui embrasse l'universel. "
Shitao, peintre- philosophe. Chine, vers 1710.
(propos sur la Peinture du moine Citrouille-amère.)
Il m'est apparu nécessaire (et proche de ma démarche plastique) de copier, méditer et de publier ces textes précieux car mon travail se retrouve constamment proche de cet état d'esprit.
Qu'il s'agisse de dessins anciens au pinceau et à l'encre de Chine, de dessins à la plume ou bien encore de toutes ces toiles et panneaux a tempéra où se multiplient à l'infini les coups de pinceau, y compris dans les toiles de 5 m ou l'unique trait de pinceau est créateur d'un espace et d'un temps qui se projette dans le cosmos.
R.Dumoux
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par dumoux
publié dans :
La peinture
"L'unique trait de pinceau"
"sans titre " : dessin au pinceau - 65 x 50 cm - 1972 - Raymond Dumoux
Il s'agit d'un traité chinois de peinture écrit vers 1710 par SHITAO qui est un peintre philosophe.
Ce traité (Propos sur la peinture du moine Citrouille Amère) se rapporte à l'esthétique chinoise mais aussi à la métaphysique.
Il donne des notions de base de la maîtrise du pinceau, de l'encre et aussi des indications sur l'esprit du peintre, sur sa pensée.
L'unique trait de pinceau est une notion centrale qui réunit les aspects essentiels de la démarche créatrice.
Shitao met en avant la force du geste, son unité et il oriente notre esprit vers le secret d'une réconciliation avec l'univers.
"Guerriers" : dessin à la plume - 21 x 29 cm - 1972 - Raymond Dumoux
La naissance du Trait.
Le trait a une vie propre une personnalité. Les différents temps de sa dynamique correspondent aux 4 saisons, à la métaphore des 4 saisons... naissance, développement, plénitude et déclin, mort.
Chaque trait a un style ou caractère particulier: le fouet, l'effleurement, le piqué, l'arrachement.
Chaque trait a une histoire: avant de naître, la trace existe déjà dans l'invisibilité.
C'est l'histoire d'une rencontre avec la papier, le pinceau et l'encre, mais aussi la rencontre longtemps préparée et façonnée dans le coeur et dans l'âme.
Chaque trait est changeant, car il suit et accompagne ce qui vit. Il suggère plus qu'il n'affirme.
L'enseignement se fait moins par les théories ou les livres que par l'expérience et la transmission par l'esprit.
Il s'agit de transmettre une sagesse, un héritage d'histoires et de paraboles.
Le maître est discret, attentif, patient. Il voit l'enthousiasme du disciple, sa lassitude. Il sait encourager et ne recherche que le meilleur.
Un coeur habité de calme et de force, un esprit constamment en recherche, un souffle de vie permanent, contrairement aux ruines et épaves.
"sans titre " : dessin à la plume - 21 x 29 cm - 1963 - Raymond Dumoux
Les illustrations de cet article sont extraites de certaines oeuvres plus anciennes, exécutées au pinceau et à l'encre de chine ou bien à la plume.
Cette pensée et cette philosophie sera poursuivie jusqu'à maintenant, mais sous une autre forme, celle de la touche colorée et de la transparence.
L'article prochain sera consacré à certains textes fondateurs de "l'Unique trait de Pinceau."
R.Dumoux
www.viapictura.com
"sans titre " : dessin au pinceau - 65 x 50 cm - 1972 - Raymond DumouxIl s'agit d'un traité chinois de peinture écrit vers 1710 par SHITAO qui est un peintre philosophe.
Ce traité (Propos sur la peinture du moine Citrouille Amère) se rapporte à l'esthétique chinoise mais aussi à la métaphysique.
Il donne des notions de base de la maîtrise du pinceau, de l'encre et aussi des indications sur l'esprit du peintre, sur sa pensée.
L'unique trait de pinceau est une notion centrale qui réunit les aspects essentiels de la démarche créatrice.
Shitao met en avant la force du geste, son unité et il oriente notre esprit vers le secret d'une réconciliation avec l'univers.
"Guerriers" : dessin à la plume - 21 x 29 cm - 1972 - Raymond DumouxLa naissance du Trait.
Le trait a une vie propre une personnalité. Les différents temps de sa dynamique correspondent aux 4 saisons, à la métaphore des 4 saisons... naissance, développement, plénitude et déclin, mort.
Chaque trait a un style ou caractère particulier: le fouet, l'effleurement, le piqué, l'arrachement.
Chaque trait a une histoire: avant de naître, la trace existe déjà dans l'invisibilité.
C'est l'histoire d'une rencontre avec la papier, le pinceau et l'encre, mais aussi la rencontre longtemps préparée et façonnée dans le coeur et dans l'âme.
Chaque trait est changeant, car il suit et accompagne ce qui vit. Il suggère plus qu'il n'affirme.
L'enseignement se fait moins par les théories ou les livres que par l'expérience et la transmission par l'esprit.
Il s'agit de transmettre une sagesse, un héritage d'histoires et de paraboles.
Le maître est discret, attentif, patient. Il voit l'enthousiasme du disciple, sa lassitude. Il sait encourager et ne recherche que le meilleur.
Un coeur habité de calme et de force, un esprit constamment en recherche, un souffle de vie permanent, contrairement aux ruines et épaves.
"sans titre " : dessin à la plume - 21 x 29 cm - 1963 - Raymond DumouxLes illustrations de cet article sont extraites de certaines oeuvres plus anciennes, exécutées au pinceau et à l'encre de chine ou bien à la plume.
Cette pensée et cette philosophie sera poursuivie jusqu'à maintenant, mais sous une autre forme, celle de la touche colorée et de la transparence.
L'article prochain sera consacré à certains textes fondateurs de "l'Unique trait de Pinceau."
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La peinture
Réalisations en cours (Mai, Juin, Juillet 2007) : Les dessins et la répétition.
Dessins (répétitions, inversions) - R. Dumoux
Réalisations en cours (suite)
Dessins et répétition.
Le travail quotidien du peintre R. Dumoux (voir le site www.viapictura.com) est fait de multiples pages graphiques qui constituent un inventaire tant iconographique que technique ou historique.
Il a déjà été question sur ce blog des collections de dessins qui sont un répertoire important, base de tout le travail.
Répertoire dont un aperçu est donné par le site selon diverses rubriques.
Ce corpus de dessins est en soi une création, une sorte de process art, d'art en création continue au même titre que le déroulement des heures, des jours et des impressions.
- Un aspect particulier de cette création continue est à relever, celui de la répétition, c'est à dire de la reprise volontaire de certaines compositions et dessins.
Par exemple, telle scène ornementale de "singeries" ou telle crucifixion, ou encore tel duo mythologique sera repris 3, 4 ou 5 fois.
Un exemple récent fait intervenir 10 fois le même motif. Il s'agit d'une crucifixion qui est au centre d'une sorte de visage fait de grosses fleurs mais dont l'aspect général évoque une tête de mort. Une autre finit par s'inscrire dans un coeur.
Ce sont des images qui ont évolué peu à peu par modifications successives, vers un aspect tout à fait métamorphosé. Il s'agit alors de multiples originaux.
- A chaque reprise, des changements interviennent. Les variations improvisées ont trait à la composition, au dessin mais aussi à la couleur. De plus certaines exemplaires sont inversés.
Reprises ou inversions se font en reportant par transparence sur une vitre.
C'est un procédé élémentaire qui a été souvent utilisé par Fragonard.
- La reproduction mécanique, la sérigraphie a été utilisée pour la création de multiples par Warhol: on connaît les divers exemplaires des Marilyn ou des Maos. Ou bien encore les répétitions des portraits de Liz Taylor en Cléopâtre où certains visages sont à demi effacés .
( à remarquer cependant que les visées de Warhol étaient différentes des démultiplications manuelles de Fragonard.)
Chacun des exemplaires est identique dans la forme, mais la couleur à travers l'écran de soie y introduit des coulées, des effacements qui à chaque épreuve produit une oeuvre originale.
Cette pratique de la répétition est aussi à rapprocher des oeuvres en série, telles les toiles de Monet (les meules ou les cathédrales offrent des variations colorées selon les heures du jour)
- On retrouve là, cette méthode de Cozens ou de Hercule Seghers qui à partir d'une même tache ou d'une même plaque de cuivre obtenait des oeuvres originales à chaque fois, du fait de l'intervention de la couleur, de la matière ou du support préparé différemment.
- La quête de l'imaginaire, la projection du subconscient sont à la base de mes suites de dessins dont il est question au début de cet article.
Ce phénomène de la répétition, outre la création de multiples originaux, lorsqu'il se répète un grand nombre de fois fait intervenir le facteur temps.
Le temps fait apparaître en effet une évolution, des modifications, comme un vieillissement: certaines compositions se trouvent ainsi usées, ruinées par l'accumulation des graphismes ou des couleurs; d'autres, au contraire, semblent se régénérer, renaître, devenir plus lisibles et explicites.
- De même pour Marcel Duchamp, répéter , ce n'est pas reproduire. La répétition est une sorte d'angoisse.
La répétition n'est pas une reproduction mimétique. Reproduire c'est mettre à mal, perturber les liens qui existent entre la copie et l'original historique.
Dans les années 60, Duchamp autorise la duplication des ready-mades et il laisse faire les variations qui en découlent.
Ainsi, il passe les derniers temps de sa vie à signer toutes les duplications que le public lui présente: cartons d'invitations, reproductions à diverses échelles de sa boîte en valise, ready-mades etc
La reproduction n'est pas une répétition mimétique, mais elle a au contraire une fonction créatrice de grand intérêt.
C'est dans ce sens qu'est publié ici un article par rapport à mes dessins.
Ce travail de dessin quotidien se développe ainsi, chaque jour depuis des années. Il y a dans ce corpus très important une évolution créatrice au cours des ans qui est déterminante sur l'ensemble de l'oeuvre et sur son sens.
R.Dumoux
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Dessins (répétitions, inversions) - R. DumouxRéalisations en cours (suite)
Dessins et répétition.
Le travail quotidien du peintre R. Dumoux (voir le site www.viapictura.com) est fait de multiples pages graphiques qui constituent un inventaire tant iconographique que technique ou historique.
Il a déjà été question sur ce blog des collections de dessins qui sont un répertoire important, base de tout le travail.
Répertoire dont un aperçu est donné par le site selon diverses rubriques.
Ce corpus de dessins est en soi une création, une sorte de process art, d'art en création continue au même titre que le déroulement des heures, des jours et des impressions.
- Un aspect particulier de cette création continue est à relever, celui de la répétition, c'est à dire de la reprise volontaire de certaines compositions et dessins.
Par exemple, telle scène ornementale de "singeries" ou telle crucifixion, ou encore tel duo mythologique sera repris 3, 4 ou 5 fois.
Un exemple récent fait intervenir 10 fois le même motif. Il s'agit d'une crucifixion qui est au centre d'une sorte de visage fait de grosses fleurs mais dont l'aspect général évoque une tête de mort. Une autre finit par s'inscrire dans un coeur.
Ce sont des images qui ont évolué peu à peu par modifications successives, vers un aspect tout à fait métamorphosé. Il s'agit alors de multiples originaux.
- A chaque reprise, des changements interviennent. Les variations improvisées ont trait à la composition, au dessin mais aussi à la couleur. De plus certaines exemplaires sont inversés.
Reprises ou inversions se font en reportant par transparence sur une vitre.
C'est un procédé élémentaire qui a été souvent utilisé par Fragonard.
- La reproduction mécanique, la sérigraphie a été utilisée pour la création de multiples par Warhol: on connaît les divers exemplaires des Marilyn ou des Maos. Ou bien encore les répétitions des portraits de Liz Taylor en Cléopâtre où certains visages sont à demi effacés .
( à remarquer cependant que les visées de Warhol étaient différentes des démultiplications manuelles de Fragonard.)
Chacun des exemplaires est identique dans la forme, mais la couleur à travers l'écran de soie y introduit des coulées, des effacements qui à chaque épreuve produit une oeuvre originale.
Cette pratique de la répétition est aussi à rapprocher des oeuvres en série, telles les toiles de Monet (les meules ou les cathédrales offrent des variations colorées selon les heures du jour)
- On retrouve là, cette méthode de Cozens ou de Hercule Seghers qui à partir d'une même tache ou d'une même plaque de cuivre obtenait des oeuvres originales à chaque fois, du fait de l'intervention de la couleur, de la matière ou du support préparé différemment.
- La quête de l'imaginaire, la projection du subconscient sont à la base de mes suites de dessins dont il est question au début de cet article.
Ce phénomène de la répétition, outre la création de multiples originaux, lorsqu'il se répète un grand nombre de fois fait intervenir le facteur temps.
Le temps fait apparaître en effet une évolution, des modifications, comme un vieillissement: certaines compositions se trouvent ainsi usées, ruinées par l'accumulation des graphismes ou des couleurs; d'autres, au contraire, semblent se régénérer, renaître, devenir plus lisibles et explicites.
- De même pour Marcel Duchamp, répéter , ce n'est pas reproduire. La répétition est une sorte d'angoisse.
La répétition n'est pas une reproduction mimétique. Reproduire c'est mettre à mal, perturber les liens qui existent entre la copie et l'original historique.
Dans les années 60, Duchamp autorise la duplication des ready-mades et il laisse faire les variations qui en découlent.
Ainsi, il passe les derniers temps de sa vie à signer toutes les duplications que le public lui présente: cartons d'invitations, reproductions à diverses échelles de sa boîte en valise, ready-mades etc
La reproduction n'est pas une répétition mimétique, mais elle a au contraire une fonction créatrice de grand intérêt.
C'est dans ce sens qu'est publié ici un article par rapport à mes dessins.
Ce travail de dessin quotidien se développe ainsi, chaque jour depuis des années. Il y a dans ce corpus très important une évolution créatrice au cours des ans qui est déterminante sur l'ensemble de l'oeuvre et sur son sens.
R.Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Le dessin