Origines et définitions des cabinets de curiosité. (art.1)
Le phénomène de la collection est universel depuis les richesses de Salomon.
- La plus grande collection est le monde de l'Arche de Noé, vu comme le plus grand musée d'Histoire Naturelle.
- On peut parler des collections d'Orient mais aussi les collections précolombiennes telles que les effigies en or de tous les animaux, hommes, fleurs, fruits du roi Aztèque, Montezuma.
Reconstruire l'univers dans une pièce, c'est l'objectif de ces lieux secrets.
- Dans l'antiquité on plaçait le trésor dans le temple.
Les curiosités étaient aussi des reliques : selon Pline, des temples conservaient un morceau du lien ayant attaché Andromède au rocher, ou bien des os du monstre qui l'avait menacé. En Grèce on collectionne la lyre d'Orphée ou bien la sandale d'Hélène.
- Pendant le moyen age on apporte des objets dans l'église:
Les objets sont suspendus dans les sanctuaires. On fait entrer dans les églises des pièces d'archéologie, des colonnes ou reliefs. Ce sont aussi des objets recueillis au moment des Croisades, des reliques ou bien des os de baleine, des crocodiles, des objets de figures bibliques comme le miroir de la Reine de Saba.
On créé des orfèvreries autour d'objets récoltés comme pour l'oeuf d'autruche qui devient symbolique..
Les monstruosités naturelles entrent dans l'église:
êtres antédiluviens gigantesques, hache préhistorique, crocodile empaillé, météorite, cornes d'antilopes, dents énormes.
La renommée des sanctuaires et cathédrales se fonde sur ces objets et reliques. On collectionne pour thésauriser, et aussi pour donner une vision du monde et un enseignement et les reliques ont une grande valeur.
(Tout un chapitre peut être consacré à la question des reliques et il serait bien de l'aborder séparément.)
- Plus tard à la renaissance, au cours de son voyage aux Pays-Bas, Dürer réuni des Naturalia et des Artificialia qu'il assemble dans un lieu : ce sera une WunderKammer qui est une chambres des merveilles.
Ces lieux secrets de collection ont deux aspects:
- Au Nord c'est la Wunderkammer qui accumule les richesses du monde à l'instar de Dürer et entasse divers objets naturels ou fabriqués par l'homme. Alors que la Kunstkammer est la chambre d'art. En général, la Schatzkammer est le lieu le plus secret de la maison.
- Au Sud, les collections des amateurs italiens accumulent mais aussi tentent de structurer une image construite et cohérente du monde: ce sont les studioli.
Le studiolo est un endroit secret mais aussi de méditation (c'est un phénomène qui préfigure le musée)
- St JEROME -
Jan van
Eyck, Saint Jérôme, 1442Lieu de méditation mais aussi de collection d'objets autour du savant : des livres, compas, sphères armillaires, miroirs, clepsydres. Univers intime mais communiquant par un couloir et une fenêtre montrant un jardin, des paons, lions ou animaux fabuleux.
Dans le studiolo, s'il y a un personnage, c'est un lettré humaniste comme St Jérôme. Dans son intérieur, outre les collections de livres, sont disposés sur les parois les divinités païennes et chrétiennes, les Muses, tous les objets que l'on retrouve dans la mélancolie de Dürer. Il y a des armoires dont les portes présentent des marqueteries en trompe l'oeil qui suggèrent le contenu du meuble. Les murs ont aussi parfois des parois en marqueteries. Enfin une planche synoptique situe les objets.
Albrecht Dürer - "la melancholia" et "Saint Jérôme dans sa cellule" - 1514 (les deux gravures sont réalisées la même année)
Dans le studiolo, l'homme s'éloigne de la vie active et se recueille dans un lieu retiré et inaccessible.
Quelques studioli illustres :
- le studiolo d'Isabelle d'Este
- de Frederic de Montefeltre
- de François 1er de Médidis au Palazzo Veccio à Florence
Pour conclure sur un sujet aussi complexe, il faut noter que les grandes constantes des cabinets de curiosité, au Nord comme au Sud, sont d'une part la volonté de collection de tous les aspects du monde naturels ou construits et d'autre part d'en extraire une image du monde, une philosophie pour évoluer vers une méditation, une observation qui préfigure l'esprit scientifique du savant.
Dans tout les cas, le cabinet de curiosité explore un grand éventail de connaissances selon des catégories encyclopédiques : les choses de la nature, les merveilles, les oeuvres d'art, les objets scientifiques, les antiques.
R.Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Répertoire iconographique
Travail de l'été 2007.
Après la réalisation de 3 toiles de 5 m x 3 du Pictorama, comme à chaque saison, j'élabore une nouvelle suite de toiles a tempéra de 2m ou 2m 50 x 1 m50.
Le thème, le sujet ou la veine de pensée est puisé dans mes collections de dessins récents. Ils se rapportent à des compositions historiques , allégoriques, symboliques, bibliques ou bien sur les animaux, sur le rapport de l'homme à l'animal, la nature.
--------------------------------------------------
Telles sont mises en place actuellement les compositions suivantes:
- La nature accompagnée de figures emblématiques représentant les éléments , eau, terre, air, feu.
- L'allégorie de la nuit.
- Oeuvres mythologiques dans "Vénus sort de la grotte" ou encore Vénus s'élevant au dessus des flots (Vénus naissant de l'écume des flots.)
- Une autre toile se réfère à un assemblage d'animaux domestiques ou exotiques, évoquant les animaux composites constitués d'une accumulation de formes animales.
Cette composition est inspirée des sculptures de Giambologna. Ce dernier était un sculpteur maniériste disciple de Michel Ange.
- Cette année plusieurs toiles sont consacrées à la danse et à la mise en évidence et en mouvement du corps dans la danse contemporaine. Les figures se trouvent insérées dans des constructions géométriques selon la verticale, l'horizontale et l'oblique.
Ce sont des carrés, losanges ou bandes verticales qui ordonnancent la surface peinte..
- Une autre toile de 2 m 50 représente un cabinet de curiosité: un collectionneur entouré d'objets , instruments, poissons volants et animaux ou coraux étranges.
- Plusieurs toiles sont d'inspiration biblique:
- Ste Catherine embrasse le Christ en Croix (ou bien Ste Lutgarde)
- Le Christ à la colonne.
- Les cavaliers de l'Apocalypse.
Rouge, Jauve-vert, Bleu, noir, sont les couleurs des 4 chevaux.
Cet article sera illustré de photos de dessins au fusain, à la craie ou d'ébauches colorées.
Les mises en place sont ainsi effectuées sur des toiles préparées précédemment à la colle de peau et au blanc d'espagne.
Les diverses étapes de la réalisation se déroulent maintenant sur deux mois.
Les liants des pigments colorés sont : l'oeuf , blanc seul ou blanc plus jaune ou enfin blanc plus jaune plus huile de lin. C'est le principe de l'émulsion qui assure au coloris richesse et transparence.
On progresse ainsi de l'ébauche colorée à l'exécution proprement dite, (a tempéra à l'oeuf), jusqu'au rehaut de couches superposées et enfin au graphisme final venant soutenir ou accentuer tel mouvement, ligne ou couleur.
Les filets de blanc sont des raies de lumière qui concrétisent un rayonnement spirituel dans le tableau.
(Plusieurs toiles sont travaillées en même temps et il semble parfois que l' aspect d'ébauche ou d'inachèvement soit arrêté parce que une limite est atteinte, une finitude est observée et un complément ou une continuation ne semble pas indispensable.)
R.Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Travail en cours
Les vanités contemporaines (art.3)
Plusieurs aspects peuvent être distingués dans les vanités contemporaines.
- Les vanites secondes : c'est à dire qu'elles ne se limitent pas seulement à la représentation d'un crâne ou d'un sablier.
Ce sont des allégories telles la "sculpture morte" de Duchamp : c'est une sculpture tête faite de légumes, fruits, insectes, sorte de remake d'Arcimboldo. Pour Duchamp, c'est une sorte de maniérisme second utilisant les caractéristiques du ready-made. Ce sont des vanités secondes car la mort est présente mais en second plan comme neutralisée..
Marcel Duchamp - "Sculpture morte"
Vanités secondes dans l'oeuvre de Warhol : des crânes il fait un papier mural et il supprime par la reproduction sérielle, la présence immédiate de l'image.
Vanité secondes chez Richter : pour lui, les vanités sont en surface avec le sans style et la non-couleur. Dans ses miroirs on ne voit rien et ils sont comme des monochromes.
-----------------------------------------------
- Les vanités à base de décompositions florales et post-organiques.
C'est la figuration de l'éphémère des fleurs et des fruits; ce sont des décompositions qui respirent le flétri et le pourri : fruits, fleurs et petits riens demeurent les métaphores du temps et de la beauté vouée à la disparition.
Un exemple est la boule de 3333 roses de James Lee Byar, qui se fanent au cours de l'exposition.
Telles sont aussi les fleurs immenses de Giorgia d'O'Keeffe vues dans leurs flétrissures ou bien menacées par une tête de mort. Egalement les fleurs d'Araki aux plis et déplis sexués.
De même Michel Blazy fait souvent état d'organismes végétaux qui se transforment.
- Les vanités cristallines se rapportent aux effets du verre ou du cristal. Le temps glisse dans des aspects impermanents et se réfléchit dans les images des miroirs.
Par exemple Valérie Belin photographie des miroirs et encadrements de cristal ou des objets de cristal très agrandis. Jean Michel Othoniel créé un rêve de verre : ce sont de minuscules figurines dans des architectures de verre. C'est comme un cabinet de curiosités avec des sirènes, des monstres et hybrides.
Jean Michel Othoniel
L'artiste, Marc Quinn, créé de vraies fausse serres de fleurs: 100 espèces florales sont suspendues et gelées dans le silicone. Ces fleurs sont éphémères mais immortalisées.
- Les vanités comiques sont un autre regard sur la finitude de l'homme et sur l'inanité des richesses du monde. Les oeuvres vues précédemment sont d'un aspect mélancolique ou méditatif.
Les vanités comiques sont humoristique grotesque et ironique. Déjà au Moyen Age il y avait de nombreuses représentations qui présentaient une verve comique comme dans l'oeuvre de Jérôme Bosch.
Dans les marges des manuscrits religieux, on trouve des croquis vulgaires voir scatologiques qui décrivent la vérité d'un corps. L'effroi et le comique se mélangent dans les danses macabres.
L'artiste anglais Damien Hirst, actualise ces archétypes de vanités. Par exemple il photographie son visage souriant avec une véritable tête de cadavre.
Plusieurs artistes actuels utilisent la vanité comique comme mode d'expression avec une volonté de provocation et de scandale.
Wim Delvoye, Maurizio Catelan, Alain Séchas sont des exemples de comique et d'évocation de la mort.
A Messager, R Gober, S Fleury ou encore Dietman, Mike Kelley travaillent dans ce sens et sont des héritiers du surréalisme ou de Dada. Ils sont dans la lignée de"Torture Morte " ou "Sculpture morte" de Duchamp.
Citons seulement de Catelan : le pape foudroyé, cheval mort, ou enfants suspendus dans les arbres.
- Il y a encore les vanités comiques de répulsion. C'est une vision dégradante de l'homme qui sert à exalter la morale et amorce la rédemption.
Robert Morris met en scène une communauté de squelettes casqués et peints chevauchant des missiles.
Mike Kelley dans des installations macabres met en scène la nourriture, la sexualité et la mort. pour cela il se réfère aux films d'horreur, au porno ou à la science Fiction.
Xavier Veilhan qui créé des poufs en forme de crânes, est à mi-chemin, entre le design et la sculpture.
- Un thème important de la vanité est celui du corps et de le corruption de la vie. Il s'agit de la nature charnelle de l'homme soumise à la décrépitude et à la maladie.
Un exemple caractéristique est celui de Cloaca de Wim Delvoye.
Delvoye a créé un robot (une sorte de machine qui mesure plusieurs mètres et semble représenter tout le système digestif) avec l'aide de scientifiques : il se nourrit comme l'homme et digère complètement.
Cela fait penser à la verve irrévérencieuse des moines du Moyen Age qui rappelaient la bassesse des conditions charnelles pour inviter à l'humilité.
Mona Hatoum explore l'intérieur du corps et en projette les vidéos.
Wim Delvoye, Cloaca, 2000
- Le monde des objets et des natures mortes dans l'art actuel met en avant la sur-valorisation des objets et biens matériels, montrant ainsi l'opulence de façon burlesque.
Jeff Koons fait en bronze ou en métal étincelant des agrandissements d'objets prosaïques, bibelot ou lapin gonflable.
- Le thème de la nourriture qui est essentiel dans les vanités se retrouve dans le pop art:
hamburger géant de Rosenquist et Wesselman; côtelette en acier d'Oldenbourg; accumulation de nourriture d'Erro.
-------------------------------------------------------------
Tels sont divers aspects des Vanités : c'est une comédie de la vanité sous l'angle de l'humour et de l'ironie.
On manie l'irrévérence et et le comique. L'hyperbole, la bouffonnerie, la violence d'expression, sont des caractères constitutifs de la création contemporaine manifestée dans ces vanités. Conjuration de la faillite des utopies et désenchantement: c'est l'expression d'un monde qui vit sans Dieu et qui est purement humain voué au comique et à la dérision.
R.Dumoux
www.viapictura.com
Plusieurs aspects peuvent être distingués dans les vanités contemporaines.
- Les vanites secondes : c'est à dire qu'elles ne se limitent pas seulement à la représentation d'un crâne ou d'un sablier.
Ce sont des allégories telles la "sculpture morte" de Duchamp : c'est une sculpture tête faite de légumes, fruits, insectes, sorte de remake d'Arcimboldo. Pour Duchamp, c'est une sorte de maniérisme second utilisant les caractéristiques du ready-made. Ce sont des vanités secondes car la mort est présente mais en second plan comme neutralisée..
Marcel Duchamp - "Sculpture morte"Vanités secondes dans l'oeuvre de Warhol : des crânes il fait un papier mural et il supprime par la reproduction sérielle, la présence immédiate de l'image.
Vanité secondes chez Richter : pour lui, les vanités sont en surface avec le sans style et la non-couleur. Dans ses miroirs on ne voit rien et ils sont comme des monochromes.
-----------------------------------------------
- Les vanités à base de décompositions florales et post-organiques.
C'est la figuration de l'éphémère des fleurs et des fruits; ce sont des décompositions qui respirent le flétri et le pourri : fruits, fleurs et petits riens demeurent les métaphores du temps et de la beauté vouée à la disparition.
Un exemple est la boule de 3333 roses de James Lee Byar, qui se fanent au cours de l'exposition.
Telles sont aussi les fleurs immenses de Giorgia d'O'Keeffe vues dans leurs flétrissures ou bien menacées par une tête de mort. Egalement les fleurs d'Araki aux plis et déplis sexués.
De même Michel Blazy fait souvent état d'organismes végétaux qui se transforment.
- Les vanités cristallines se rapportent aux effets du verre ou du cristal. Le temps glisse dans des aspects impermanents et se réfléchit dans les images des miroirs.
Par exemple Valérie Belin photographie des miroirs et encadrements de cristal ou des objets de cristal très agrandis. Jean Michel Othoniel créé un rêve de verre : ce sont de minuscules figurines dans des architectures de verre. C'est comme un cabinet de curiosités avec des sirènes, des monstres et hybrides.
Jean Michel OthonielL'artiste, Marc Quinn, créé de vraies fausse serres de fleurs: 100 espèces florales sont suspendues et gelées dans le silicone. Ces fleurs sont éphémères mais immortalisées.
- Les vanités comiques sont un autre regard sur la finitude de l'homme et sur l'inanité des richesses du monde. Les oeuvres vues précédemment sont d'un aspect mélancolique ou méditatif.
Les vanités comiques sont humoristique grotesque et ironique. Déjà au Moyen Age il y avait de nombreuses représentations qui présentaient une verve comique comme dans l'oeuvre de Jérôme Bosch.
Dans les marges des manuscrits religieux, on trouve des croquis vulgaires voir scatologiques qui décrivent la vérité d'un corps. L'effroi et le comique se mélangent dans les danses macabres.
L'artiste anglais Damien Hirst, actualise ces archétypes de vanités. Par exemple il photographie son visage souriant avec une véritable tête de cadavre.
Plusieurs artistes actuels utilisent la vanité comique comme mode d'expression avec une volonté de provocation et de scandale.
Wim Delvoye, Maurizio Catelan, Alain Séchas sont des exemples de comique et d'évocation de la mort.
A Messager, R Gober, S Fleury ou encore Dietman, Mike Kelley travaillent dans ce sens et sont des héritiers du surréalisme ou de Dada. Ils sont dans la lignée de"Torture Morte " ou "Sculpture morte" de Duchamp.
Citons seulement de Catelan : le pape foudroyé, cheval mort, ou enfants suspendus dans les arbres.
- Il y a encore les vanités comiques de répulsion. C'est une vision dégradante de l'homme qui sert à exalter la morale et amorce la rédemption.
Robert Morris met en scène une communauté de squelettes casqués et peints chevauchant des missiles.
Mike Kelley dans des installations macabres met en scène la nourriture, la sexualité et la mort. pour cela il se réfère aux films d'horreur, au porno ou à la science Fiction.
Xavier Veilhan qui créé des poufs en forme de crânes, est à mi-chemin, entre le design et la sculpture.
- Un thème important de la vanité est celui du corps et de le corruption de la vie. Il s'agit de la nature charnelle de l'homme soumise à la décrépitude et à la maladie.
Un exemple caractéristique est celui de Cloaca de Wim Delvoye.
Delvoye a créé un robot (une sorte de machine qui mesure plusieurs mètres et semble représenter tout le système digestif) avec l'aide de scientifiques : il se nourrit comme l'homme et digère complètement.
Cela fait penser à la verve irrévérencieuse des moines du Moyen Age qui rappelaient la bassesse des conditions charnelles pour inviter à l'humilité.
Mona Hatoum explore l'intérieur du corps et en projette les vidéos.
Wim Delvoye, Cloaca, 2000- Le monde des objets et des natures mortes dans l'art actuel met en avant la sur-valorisation des objets et biens matériels, montrant ainsi l'opulence de façon burlesque.
Jeff Koons fait en bronze ou en métal étincelant des agrandissements d'objets prosaïques, bibelot ou lapin gonflable.
- Le thème de la nourriture qui est essentiel dans les vanités se retrouve dans le pop art:
hamburger géant de Rosenquist et Wesselman; côtelette en acier d'Oldenbourg; accumulation de nourriture d'Erro.
-------------------------------------------------------------
Tels sont divers aspects des Vanités : c'est une comédie de la vanité sous l'angle de l'humour et de l'ironie.
On manie l'irrévérence et et le comique. L'hyperbole, la bouffonnerie, la violence d'expression, sont des caractères constitutifs de la création contemporaine manifestée dans ces vanités. Conjuration de la faillite des utopies et désenchantement: c'est l'expression d'un monde qui vit sans Dieu et qui est purement humain voué au comique et à la dérision.
R.Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Répertoire iconographique
Les Vanités dans l'art actuel.(art.2)
Il y a dans l'art actuel une permanence de l'intérêt pour la vanité, quoique caractérisée par une grande diversité des expressions.
______________________
- Depuis les 15 ème et 16 ème siècles, les Vanités sont un genre pictural à part entière de la culture baroque en Europe.
- A la suite des danses macabres et de l'ars moriendi du moyen age la mort va se loger au revers de portrait sous la forme de crânes ou de bougies.
- Au 20ème siècle, dans certaines toiles de Cézanne de Van Gogh ou de Picasso ou dans les crânes de Tapies, la mort impose sa présence.
- Dans l'art actuel, on ne se limite pas au crâne mais on se tourne plutôt vers tout ce qui est éphémère et le spectateur est interpellé de façons diverses.
Si les vanités classiques se rapportant au temps et à la mort persistent, le contexte est cependant nouveau et maintenant le spectateur est interpellé de très diverses manières.
Le crâne conserve une présence forte mais on montrera aussi le processus de vieillissement, le processus de la mort en cours..
On va montrer par exemple le vieillissement que subit la peau humaine. On présente un effet de dégradation qui fascine et répugne.
- Ce sont les photos du visage de Roman Opalka qui vieillit ou les photos de fruits entrain de moisir de Sam Taylor Wood (très belles photos dont certaines font penser à Chardin) ou bien encore la robe de viandes de Jana Sterback.
Ces vanités montrent l'écoulement du temps. On évoque l'éphémère, la fragilité des choses.
Ce qui diffère c'est l'intention : au 17 ème siècle, la vanité était moralisante alors que maintenant, elle peut prendre une position critique par rapport à note style de vie ou aux conditions économiques du moment. L'éventail des références est élargi.
- La Vanité peut devenir une figure de dérision de la société de consommation : elle confronte l'homme actuel à ses leurres.
- Maintenant les vanités s'expriment selon des modes très hétérogènes mais c'est le même paradoxe qui s'impose. Saisir le temps et la mort, cela peut se faire à travers une trace, une forme éphémère.
Les vanités contemporaines diffèrent des vanités classiques par la variété des traitements utilisés et par les matériaux très hétérogènes.
Le spectateur n'est pas mis à contribution de la même manière : il n'y a pas que les conventions symboliques et moralisantes mais c'est la mise en scène de la dégradation qui peut spécifier l'humain.
------------------------------------------------------------
Quelques exemples de vanités contemporaines.
Dans l'art actuel on ne se limite pas (bien qu'il y ait de nombreux exemples à commencer par Warhol) à la représentation d'un crâne ou du temps qui passe.
Il ya le domaine de l'éphémère et des vanités secondes.
- Par exemple, Duchamp dans "sculpture morte" créé une tête faite de légumes, fruits, insectes, qui est une sorte de remake d'Arcimboldo. Le ready-made devient une sorte de vanité, la vanité seconde du 20ème siècle.
- Cette démarche anesthétique neutre se retrouve chez Warhol ou Richter.
- Warhol outre ses Crânes, a collectionné toutes sortes de documents (souvenirs, films, cassettes, affiches, invitations etc) dans des boîtes (610 boîtes), les "time capsule"
- Roman Opalka, dans son travail inscrit le passage du temps, sa propre évolution dans son travail de numération sur toile depuis 1975. De plus à chaque tableau, correspond une photo de son visage prise sous le même angle et montrant les stigmates du temps.
- Opalka peint en blanc sur des toiles de 2 mètres, les nombres allant de 1 à l'infini.
Cette progression est matérialisée par le fait que les fonds passent du noir au gris de plus en plus clair. (il ajoute à chaque toile 1 % de blanc)
Le but est d'arriver au blanc sur blanc qui sera l'évanouissement de l'existence. ainsi il prévoit que sa destinée doit s'arrêter entre 7. 777. 777 et 8. 888. 888.
Ces suites de nombres donnent trace à la durée et même à la mort.
Selon Opalka, "La mort est une dimension de la vie. L'être est défini par la mort qui lui manque."
- Les vanités contemporaines sont parfois très proches des vanités classiques.
Telle est l'oeuvre du belge Koen Theys. Il réalise des photos et installations de plusieurs mètres: c'est une accumulation d'objets emblématiques: crâne, réveil, livres, bougies, ordinateur. c'est une accumulation excessive d'objets et en grande dimension où le regard se perd.
- Certaines vanités actuelles sont fabriquées selon l'imaginaire de l'artiste, tel le moulage d'un casque en bèton de Moulène ou bien encore, l'australien Swallow fabrique à sa manière un crâne, nouvel objet de vanité.
- Dans certaines vanités contemporaines il y a aussi un aspect symbolique rappelant parfois les intentions religieuses du 17 ème siècle.
Les installations de denrées périssables ou de squelettes désignent le temps et la mort .
D'une part, il y a les vanités littérales qui ne montrent que la disparition.
D'autre part, il y a des installations qui font du temps et de la mort le moteur de cycles qui se renouvellent: dans ce cas, la mort a une autre fonction : elle est le passage obligé avant la régénération.
Ce qui rejoint l'intention religieuse des vanités de la Contre-Réforme.
La pourriture des aliments comestibles de Michel Blazy ouvre sur une métamorphose.
Dans ces quelques exemples on remarque une diversification des thèmes de la vanité et une ouverture aux questions sociales, par exemple. Cependant des dominantes semblent perdurer par delà les siècles et en particulier les aspects moralisateurs ou philosophiques.
R.Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Répertoire iconographique
Les Vanités. (art.1) Historique et définitions.
VANITATES VANITATUM, OMNIS EST VANITAS.
Vanité de Philippe de Champaigne
(1602-1674)Vanité des vanités tout est vanité, ces paroles de l'Ecclésiaste désignent la vacuité des actions humaines.
Il s'agit de l'énigme de la naissance et de la mort: le temps et la mort sont l'essence du thème des vanités.
Le thème des vanités demeure et s'impose dans les arts depuis le 17 ème siècle, voire depuis Arcimboldo ou Breughel.
A l'origine les vanités renvoyaient à une intention morale et philosophique. Le spectateur était mis en garde contre l'attachement aux biens terrestres.
Les peintures de vanités sont issues de la Réforme et de la Contre-Réforme; elles avertissent l'homme des dangers du développement des sciences et de la richesse (en Hollande à cette époque).
Dans les tableaux, on déchiffre facilement les symboles tels que le crâne, le sablier, la montre ou la bougie à demi éteinte.
Ces représentations symboliques prévenaient le spectateur des choses mondaines vues comme des leurres.
Dans tous les cas ce sont des préfigurations de la mort. La mort était représentée dans les figures de Jérôme et de la Madeleine, déjà évocatrices du genre des vanités.
--------------------------------------------------------------------
Pour la définir, une vanité, c'est souvent une nature morte qui propose une méditation sur la mort et le caractère éphémère des biens terrestres. Les objets représentés sont des choses qui satisfont les sens (argent, instrument de musique, fruits, fleurs, miroir) et ils sont discrédités par la présence d'une tête de mort ou bien d'un sablier symbole du temps qui passe.
Le thème parait donc dans la peinture occidentale au 15 ème siècle dans les polyptyques flamands et se répand sous l'influence du calvinisme.
-Il se cache dans les anamorphoses et continue ainsi jusqu'à la fin du 17ème siècle.
-Le 18ème est trop peu religieux et trop attaché au bonheur, pour se faire peur avec ces représentations.
- Le 19 ème va exprimer sa philosophie du temps et de la mort d'une autre manière et en particulier dans la recherche intellectuelle et scientifique.
-Au 20ème siècle avec l'inquiétude de l'humanité, le thème réapparaît chez Cézanne, Braque ou Picasso.
-Dans l'art actuel le thème des vanités est d'une grande richesse et d'une grande diversification.
Ce sera là l'objet du prochain article qui se propose d'être assez fourni en exemples caractéristiques.
R.Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Répertoire iconographique