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Mercredi 31 octobre 2007

                            Présentation d'une toile de 5 m x 3 : " La Renaissance"

                          Ce grand tableau a tempéra a été présenté au château de Ponthus de Thiard (écrivain de la Pléïade), à Bissy sur Fley, dans la région de Chalon sur Saône en Bourgogne. Sur le blog viapictura, un descriptif complet a été fait précédemment. (lire l'article 1 - lire l'article 2)
Aussi je ne ferai ici que rappeler les grandes lignes des composantes du tableau, privilégiant des photos de l'oeuvre.

"La Renaissance" tempera sur toile - 5m x 3 mètres - R. Dumoux

                         Il s'agit là de la présence dominante de l'homme ou l'humanisme triomphant à partir duquel se construit le monde.
                      C'est la représentation de l'homme centre de l'univers autour duquel tout gravite et qui est le modèle de proportion idéal pour toute les créations et constructions.

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                       La construction du tableau s'organise autour du grand carré central dans lequel est inscrit l'homme de Léonard de Vinci fixant les modèles et canons de proportions. Dans ce carré on distingue également les parchemins et dessins anatomiques de Léonard.

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                    Les différentes manifestations constructives de la Renaissance s'élaborent tout autour.

                     - L'architecture d'abord  avec St Pierre de Rome, A droite ce sont des architectures civiles souvent inspirées des décors de théâtre. on y peut lire des inscriptions, des épigraphies et des références à des figures de l'antiquité et en particulier Vitruve.
                    - A gauche on remarque des ruines antiques témoignant du goût pour les ruines au 18 ème siècle. Aussi en bas à gauche il s'agit de la représentation de la recherche archéologique: à cette époque et sous le regard de Michel Ange on déterre des statues antiques.
                   - Michel Ange est aussi évoqué plus haut dans la figure d'un bronzier qui agrandit un modèle de sculpture en vue d'une oeuvre monumentale équestre.
                    - Sur le côté droit du grand carré central, deux personnages transportent un tableau de Léonard de Vinci.
                     - En bas de cette toile, sont représentés l'imprimeur et le cadre métallique où il installe les caractères, le dessinateur  qui dessine la perspective de son modèle au travers d'un écran quadrillé, ancêtre de la "camera obscura".
                     - La géométrie  et les volumes d'architecture sont ébauchés sur un parchemin, alors que le ciel est constellé d'étoiles et  figures astronomiques.

"La Renaissance" Maquette de la toile de 5m x 3 mètres - R. Dumoux

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                    A remarquer enfin que l'ensemble de la toile se compose par rapport au carré qui est omniprésent. Le carré de la perspective cavalière comme les quadrillages du sculpteur et de l'imprimeur ou les carrés en perspective au sol... ce sont les signes révélateurs d'un esprit constructif, d'un esprit qui organise le monde sur le modèle de l'homme.
On peut aussi voir dans ces quadrillages qui de toute part délimitent le monde, un signe avant-coureur des pixels qui construisent l'image.

"La Renaissance" tempera sur toile - 5m x 3 mètres - R. Dumoux

                   Cette toile fut donc présentée dans la château de Ponthus de Thiard , poête de la Pleïade et  constitue un hommage à l'oeuvre de cet évêque humaniste qui fut aussi passionné par l'astronomie et l'observation de la nature et s'imposa comme un maître de la pensée moderniste.

R.Dumoux

www.viapictura.com
Vendredi 26 octobre 2007

                            Le blog Viapictura. Toiles monumentales


              Depuis plus d'un an ce blog me permet de parler de questions  sur l'art et aussi de commenter et de montrer mon travail de création plastique depuis des années. (voir le site viapictura.com)
              Particulièrement ce blog attire l'attention sur un travail d'importance : il s'agit de la création d'un ensemble monumental peint composé de plus de 30 toiles de 5 m x 3 m chacune, réalisées a tempéra.
             Ce panorama est intitulé Pictorama et se propose de parcourir l'histoire de l'humanité au cours des siècles depuis le Big Bang, jusqu'à nous et en se projetant dans le futur.
             Ce vaste programme, développé sur plusieurs années et qui se continue est signalé au lecteur régulièrement, selon l'avancement des réalisations.


              Maintenant, je reprendrai des extraits de certains articles déjà publiés, mais en les interprétant différemment et dans un autre ordre et surtout en  montrant des toiles monumentales dans le cadre d'une exposition qui a été réalisée ou bien qui pourrait être proposée.

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              Dans ce premier article, il s'agit d'une exposition de grandes toiles sur les cimaises d'une salle du 15 ème siècle, dans une petite ville de Bourgogne.
 


Il a été possible d'accrocher 3  toiles de 5 m x 3  extraites du Pictorama.

Pour évoquer un survol  de l'histoire, des époques très différentes ont été proposées :
 - l'antiquité: "Alexandre"
- le 18 ème siècle et l'exotisme.
- une vue de l'espace intersidéral , des planètes et de Saturne: "Espace 3"


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 1-   La toile "Alexandre le Grand" :
"Alexandre le Grand" - tempera sur toile - 5 mètres x 3 mètres - R. Dumoux

Cette peinture relate le voyage d'Alexandre en direction de l'Asie et son retour. Ainsi distingue t-on  le phare d'Alexandrie, Persépolis, la ville de Darius, aux murailles de céramiques polychromes. Puis succèdent l'approche de l'Inde, la bataille et la victoire sur le roi géant Poros, que l'on remarque en bas à droite du tableau. La partie inférieure de la toile montre le retour d'Alexandre:  Le cortège de retour rapporte des trophées, un grand vase d'or et des animaux exotiques. Alexandre le triomphateur est sur son char tiré par un éléphant caparaçonné.
 

2-  Le 18 ème siècle et l'exotisme :
(Une toile de 5 m est déjà consacrée au 18 ème: le siècle des Lumières.)
"Le 18ème siècle et l'exotisme" - tempera sur toile - 5 mètres x 3 mètres - R. Dumoux

C'est un autre aspect qui, ici, est mis en scène, celui du paysage, des terres lointaines au delà des mers, des ruines. Les personnages principaux  au centre, une mère et son enfant symbolisent la vie,l'espoir sur la toile de fond du navire devant un soleil rayonnant. Ce navire est un espoir.
Cette toile, c'est aussi le mythe du bon sauvage, de la vie dans la nature avec l'arrivée de Paul et Virginie....


3-  La 3ème toile présentée est "Espace 3":
"Espace 3" - tempera sur toile - 5 mètres x 3 mètres - R. Dumoux

Il s'agit d'une vaste composition dynamique. (On peut penser aux oeuvres constructivistes ou aux futuristes.) La surface  est dominée par le grand anneau et tourbillon de Saturne qui entraîne Mars, Jupiter, la Terre et la Lune. Divers engins de l'espace flottent: une navette spatiale au centre, le satellite observatoire Jason et aussi un satellite de télé-communication. Au 1er plan à droite, un astronaute se déplace sur un élément de fusée.



      Dans l'exposition, ces trois peintures étaient accompagnées de toiles moyennes ou de panneaux a tempéra qui mettaient en évidence l'aspect des grandes compositions peintes, comparables aux panoramas historiques et aux cycles narratifs .



R. Dumoux

www.viapictura.com
Samedi 20 octobre 2007

                          Du camaïeu au monochrome.

    Dans un article précédent il é été question du coloris et de sa pratique au 15 ème siècle.
A cette époque un autre aspect de la couleur a été très pratiqué: le camaïeu, technique très raffinée que l'on nomme aussi grisaille. (Dans mon travail (site www.viapictura.com), certains panneaux a tempéra sont ainsi traités.)

"l'Asie" (détail) - Tempera sur panneau en grisaille - 80 x 60 cm - Raymond Dumoux

 Dans ce procédé, il s'agit en règle générale d'utiliser des nuances de blanc, de noir et de dégradés avec parfois des rehauts de couleur.

Cette technique a été employée pour la 1ère fois par Giotto (chapelle des Scrovegni). L'ocre et la terre verte sont les pigments monochromes dominants.

-  Cette technique de grisaille a connu un grand succès au 14 et 15 ème siècle et avec beaucoup d'élégance dans la ligne.
-  Alberti dit que dans l'antiquité Polygnote n'utilisait que 4 couleurs et Aglaophon 1 seule.
-  La grisaille est utilisée au 15ème dans les Flandres pour simuler les architectures sculptées ( les revers de volets des retables) La grisaille prend alors une grande puissance illusionniste.
- Enfin les petits tableaux peints a tempéra de Mantegna sont comme des substituts de reliefs peints et ils rivalisent avec les monochromes perdus de la Grèce antique

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                                     L'émergence du monochrome au 20ème siècle.

                En peinture le monochrome est continuellement une question sous jacente.

Très présent dans l'histoire de la peinture de l'antiquité à la Renaissance, sous le forme de grisailles, le monochrome se manifeste plus radicalement au 20ème siècle avec l'abstraction qui écarte la figuration.

                L'émergence du monochrome est peut être la grande nouveauté du 20ème siècle pour la couleur.
C'est l'abstraction qui en supprimant le sujet, fait de la couleur le thème du tableau.
Chaque monochrome a ses motifs, ses dimensions, sa trame plus ou moins lisse ou visible.

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                 Au 20ème siècle les premiers artistes s'approchant du monochrome furent:   
- Casimir Malevitch et son carré blanc sur fond blanc où seule l'inflexion de la touche permet de discerner la contour du carré.

Casimir Malevitch "Carré blanc sur fond blanc"

- Rodtchenko qui en 1921 produisit 3 toiles monochromes recouvertes d'une couleur unie. Il va montrer la couleur pure (et ensuite abandonner la peinture).

                  Autres artistes importants :
- Wladislas Strzeminsky. Vers 1928, il il va créer des tableaux unistes (qui répètent des trames et des lignes de façon uniforme) et il est à l'origine d' un mouvement en Pologne: l'unisme.
- Parmi les oeuvres de Miro, il faut citer les monochromes bleus, avec une petite touche de couleur sur un fond immense.


                  La 2ème partie du 20ème parvient au monochrome véritable et il y a toute une lignée de peintres pour qui le monochrome annonce la fin de la peinture comme lieu de narration.

Ainsi on remarque une simplicité chromatique absolue dans les oeuvres de:
Ad Reinhardt, Ryman, Fontana, Yves Klein, Manzoni.

                 Cette exigence chromatique continera de préoccuper :
- David Simpson créé des carrés recouverts d'une pellicule irridescente du vert au violet.
- Caroll se sert de vieux draps qu'il revêt de blanc uniforme
- Ettore Spaletti enduit des colonnes et tableaux en les enduisant de pigments blancs, rose pâle ou bleu pâle... les couleurs du matin.
- En particulier, James Turrell, créé la lumière couleur, c'est à dire des plans de lumière qui donnent l'impression de se trouver devant une surface infranchissable.
- Anish Kapoor fait réapparaître la couleur pigment et, par exemple, la couleur bleue reste évocatrice d'expériences spirituelles.

Anish Kapoor

                 La couleur pigment du monochrome relève de la poussière, se mélange à la poussière.
La poussière est un thème de réflexion important (à l'opposé des oeuvres minimales ou pop à l'aspect aseptisé qui nie la poussière)

                   En Art il y a une multiplication des monochromes gris.
Outre l'élevage de poussière de Duchamp photographié par Man Ray en 1920, il faut enfin citer les gris illustres de Richter, Brice Marden, Morris, Charlton, A. Martin  ou Artschwager.

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                   Il semble que la voie reste ouverte en peinture pour de nouveaux aspects du monochrome et la figuration expansive et narrative ne me semble pas en contradiction avec l'idée du monochrome.
                   Dans les deux cas il ne s'agit que de la question de la peinture.


R.Dumoux

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Dimanche 14 octobre 2007

             La couleur dans la peinture byzantine.

   Dans l'art byzantin, la graphie vient en 1er lieu: ce sont des concepts, des images (non faites de main d'homme).
C'est le dessin qui fixe les traits des figures sacrées et met en relation le visible avec l'invisible.

   En second lieu, la dominante colorée dans l'art byzantin est l'or.

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               L'or est l'équivalent de la transcendance : le fond d'or des mosaïques byzantines du 6ème au 13ème siècle, noie les personnages dans cet espace.
C'est un monde différent du nôtre, la transcendance.
(Pour la graphie, l'art byzantin utilise l'abstraction des formes pour sublimer. Il  introduit le nimbe et l'auréole.)

               La graphie ne suffit pas pour que la figure exprime la sainteté.
C'est  le rayonnement doré du fond qui créé l'illusion d'une émanation lumineuse venant de la présence des saints.

               Telle Vierge à l'enfant se détache sur un vaste fond d'or. Pour rendre l'or du fond plus lumineux on y a inséré des tésselles blanches et jaune très clair qui ajoutent de l'éclat aux fonds étincelants.
               L'enfant tout d'or vêtu est entouré par le marphorion sombre de Marie, ce qui constitue le point focal de l'abside, qui rayonne et attire immédiatement le regard.
L'or pénètre aussi à l'intérieur des personnages dans les vêtements ce qui les dématérialise.
                L'espace d'or est en liaison avec les personnages et ce fond d'or abolit toute référence spatio-temporelle.


L'or attribue une transcendance et il introduit un concept de sainteté et de gloire.
L'or a un rôle transfigurant et il dématérialise les figures qui n'ont pas de modelé.
L'or signifie la lumière divine répandue dans l'infini... un attribut divin.

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                Depuis l'Antiquité, le traité de l'âme d'Aristote dit que Dieu est lumière et source de lumière.
Que la lumière est en contact avec le non-matériel, qu'elle est un réceptacle de l'esprit.
L'influence de la pensée philosophique de la Grèce antique sur les Pères de l'Eglise est incontestable .
                 Les considérations d'Aristote sont déjà une démarche mystique et ont beaucoup influencé les byzantins dans leur démarche mystique.

                 Ce système de représentation s'applique aussi aux objets de culte. Dans les icônes le ciel et la terre se confondent comme le passé le présent et le futur.
Dans les peintures, l'or pénètre les personnages. L'or se répand sur toute la surface du champ pictural, y compris dans les images métalliques et dans les reliures.
Dans les objets, l'or est palpable pour confirmer la réalité du ciel.

                 Les Byzantins étaient les maîtres incontestés de la technique de l'or.
                      
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                    Autres couleurs mises en oeuvre dans la peinture byzantine :
- le blanc associé à l'or (obligatoire pour les vêtements du Christ)
- le bleu de cobalt utilisé pour le marphorion de la Vierge.
- le pourpre foncé couleur de la royauté, utilisé aussi pour le marphorion.
L'ocre, le violet, le vert foncé, le rose, ont aussi une importance dans les mosaïques.


                   La dominante colorée de l'or dans l'art byzantin constitue une inspiration profonde pour une part de mon travail.
Bien que que n'utilisant  que peu l'or,  les procédés plastiques de la tempéra me permettent de parvenr à un équivalent de lumière dorée rayonnant de certaines compositions, des fonds comme des éléments représentatifs.

Cette équivalence picturale est obtenue grâce à la transparence des couches colorées mais aussi par la luminosité intrinsèque des encollages qui restituent la lumière et enveloppent le spectateur d'une émanation immatérielle. (particulièrement sensible dans les grandes surfaces, telles les toiles de 5 mètres)

"Constantin et le pont Milvius" - détail de la toile de 5 m x 3 m - tempera sur toile - R. Dumoux

R.Dumoux

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Lundi 8 octobre 2007

           La couleur et l'Islam.

                 ( A propos de la couleur dans l'art, il est intéressant de noter les caractéristiques  de la couleur dans certaines civilisations non occidentales.)

                 Le rapport de l'Islam à la couleur est particulier.
 Dès les débuts, l'Islam montre une prédilection pour le blanc, le vert et le noir.

                   Le blanc et le noir sont des couleurs élémentaires, achromatiques.

                 - Le blanc est symbole de pureté et les pèlerins sont vêtus de blanc : c'est une couleur joyeuse et bénéfique.

                - Le noir jouit d'une grande considération: un turban noir signifie que le religieux descend de la lignée du prophète. Le noir est la couleur dynastique des Abassides.

                - Le vert est incontestablement la couleur islamique par excellence. (cette couleur est fréquente dans les drapeaux en orient)
Issue de montagnes désertiques, la civilisation musulmane montre ainsi sa prédilection pour l'eau et la végétation. L'eau et la ciel peuvent paraître verts.
Le vert est la couleur du basilic qui est un parfum du Paradis. Le jardin du paradis est vert et c'est la couleur de l'éternité. Le printemps, le renouveau de la vie sont toujours verts.

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Le symbolisme de la couleur est important dans l'islam.
   A partir du 7 éme siècle les Arabes assignent des couleurs aux diverses communautés.

              - Les adeptes de Zoroastre sont dotés de la couleur rouge, symbole du feu, mais il y a aussi le blanc.
              - Les Juifs sont particularisés par la couleur jaune. Le christianisme reprendra cela à partir du concile de de Latran en 1215.
              - Les chrétiens se voient assignés le bleu turquoise, allusion à la couleur des yeux.
Selon le Coran, le bleu est un signe négatif. (les coupables sont bleus de peur.) Les yeux bleus, bleus gris, ont une connotation négative.

               Un miniaturiste musulman est l'auteur de scènes inquiétantes du monde nomade (il évoque aussi les djinns, esprits à apparence humaine). Ainsi il les représente avec des yeux ronds et bleus, avec une chevelure bouclée. C'est une allusion, une caricature des occidentaux.


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"Mahomet" maquette pour une toile de 5 mètres x 3 mètres - Raymond Dumoux

      La prédilection pour le blanc, le noir et le vert de l'islam, sera mise en valeur dans une toile de 5 m x 3  du pictorama. Ce grand tableau est un regard sur l'Islam et Mahomet.
L'élément central de la composition est dominé par la présence massive de la Kaaba à la Mecque (sous la vigilance de l'ange Gabriel qui avait offert la pierre noir à Abraham).


     Cette grande toile peinte a tempéra existe sous forme de maquette colorée avec tous les documents y attenants. Essentielle dans mon panorama, elle sera réalisée  au cours de 2008. (voir ensemble monumental peint sur  www.viapictura.com)

R.Dumoux
www.viapictura.com
Lundi 1 octobre 2007
        Les cathédrales du Moyen Age étaient-elles blanches?

    Cet article sur les cathédrales s'inscrit dans une suite de propos et de réflexions sur la couleur dans l'art et inspirés d'un ouvrage de Mazenot.
Il est en rapport avec ma toile  de 5 m x 3 sur "le temps des cathédrales." (Voir "ensemble monumental peint" sur le site viapictura.com)

"Le temps des Cahédrale" - Détail de la toile de 5 m. x 3 m. R. Dumoux

"Le temps des Cahédrale" - Maquette de la toile de 5 m. x 3 m. R. Dumoux

   Paradoxe que de parler de la blancheur des cathédrales alors qu'on les imagine multicolores et que le public de maintenant est fervent des spectacles de lumières colorées sur les façades de nos cathédrales.

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                Cependant vers 1937, Le Corbusier  publie après la Ville Radieuse: "Quand les cathédrales étaient blanches" et il fait un topos de la Renaissance architecturale après l'an mil.

Il écrit : "les cathédrales étaient blanches parce qu'elles étaient neuves comme les villes étaient neuves, à cause de la pierre de France, éclatante de blancheur. Un monde nouveau commençait."
"Les églises étaient blanches et jeunes contrairement à noires et vieilles"
(De même au 19 ème siècle la remise à neuf des édifices a supprimé les noirceurs et la polychromie architecturale pour plus de blancheur et de pureté.)

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               Autre grande figure qui s'est exprimé au sujet de la blancheur des cathédrales: le moine bourguignon, Raoul Glaber.  (985- 1044)
Un texte de Glaber souvent cité est intéressant à noter :
"Comme on approchait de la 3 ème année de l'an mil, on vit sur toute la terre, en Italie, en Gaule, les édifices existants se rénover. C'est comme si le monde se fut secoué pour revêtir de toute part une robe blanche d'églises. Et alors on se mit à rénover presque toutes les églises et même les petits oratoires de village."

                A ce moment l'Italie et la Gaule sont les épicentres d'un réveil. (c'est un renouveau qui correspond à la mort d'Othon 3 et l'avènement de Henri 2 prince saxon.)
Après les carolingiens et l'époque ottonienne de tradition constructive (comme on l'a vu précédemment pour la toile à propos de Charlemagne) il s'agit de l'émergence d'un style nouveau édifiant cathédrales, églises et chapelles.
                Glaber observe cela en bourgogne avec l'abbé de St Bénigne de Dijon et Odilon abbé de Cluny, ces lieux étant, il faut le redire, le territoire d'élaboration du 1er style roman.
L'expansion de l'ordre de Cluny va engendrer une trame serrée de robes blanches.

                 Dans ce texte de Glaber, c'est la robe qui est blanche, d'un blanc éblouissant. C'est une belle métaphore  avec aussi l'idée de pureté qu'elle suggère. (candidus veut dire blanc éblouissant)
                 Le propos de Glaber n'est pas de décrire une blancheur superficielle mais de témoigner de la splendeur formelle intérieure et extérieure.
Il s'agit d'églises non pas blanches mais resplendissantes de décorations luxueuses.

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                  Le décor contribue à la splendeur de la main de Dieu. L'édifice est un espace qui inspire une crainte, un espace réservé à l'esprit où le ciel et la terre se rencontrent.
Fresques, mosaïques et marbres précieux sont très présents et riches.
Les objets de culte ont un rôle important : calices, patènes, reliures de livres, devant d'autel et reliquaire en matières précieuses et gemmes colorés. Tout ces objets précieux suscitent l'admiration des fidèles et on leur attribue parfois une origine miraculeuse.

                   C'est le cas du très célèbre livre de Kells  dont on dit qu'il a été composé sous la dictée d'un ange (à l'époque de Brigitte) Le livre de Kells renferme les canons des 4 évangiles. Il présente presque autant de figures que de pages et avec une grande variété de coloris. Il présente des trames si délicates, si entrelacées et de couleurs si lumineuses qu'on peut dire qu'elles ont été créées non par les hommes mais par des anges.

"Le livre de Kells"

                    Toute cette subtilité disparue de la peinture est, dit-on, maintenant obsolète et toute pratique dans ce sens se trouve maintenant condamnée par les corps constitués faisant autorité. 

                     Tout cela atteste d'un sens profond de la couleur au Moyen Age.
Ces ornements, objets ou livres ont un rôle fondamental : ils captent la lumière, symbole de la puissance surnaturelle.
D'autre part la perception de l'espace est liée aux agencements de l'éclairage.
(Eclairage naturel par les vitraux et artificiel par les candélabres et luminaires.)

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                 Pour conclure cet article il est important de parler de la lumière et du vitrail.
La lumière est un symbole important dans toutes les religions et au Moyen Age, elle  est un élément fondateur, exprimant une réalité métaphysique.

                 Le vitrail va prendre une grande importance dans l'architecture.

Vers 1150 , l'abbé Suger décide de reconstruire la basilique royale de St Denis. Un nouveau style va naître, inspiré du philosophe grec, Denys l'Aéropagite sur la théophanie lumineuse.
Suger, contrairement à St Bernard, exalte la la valeur du décor à la gloire de Dieu et il parle de pierres précieuses et des vases d'or.

                  En particulier, les vitraux sont très présents : ils  se substituent au mur et transforme l'espace sacré en écrin transparent et coloré recevant le message évangélique.
(L'usage du verre était déjà présent à Constantinople et aussi on avait déjà utilisé des dalles de verre dans un châssis en bois.)
                  Mais maintenant l'originalité du vitrail réside dans le réseau des baguettes de plomb qui sertissent les verres comme un émail  cloisonné. Ce procédé de sertissage serait apparu à l'époque carolingienne pour s'affirmer au 11ème et 12 ème siècle en France et en Allemagne avec de grands chefs-d'oeuvre..

Vitrail de la Basilique de Saint-Denis

                    Suger va confier au vitrail un grand rôle, celui de la théologie de la lumière. Les vitraux de St-Denis présentent un grand choix de motifs de l'Ancien au Nouveau Testament.
Pour Suger, l'espace sacré est un lieu vivement coloré, avec des gemmes, des émaux et éloquent par les vitraux.
St Denis (1140-1150) c'est le début de l'ère du vitrail. Après ce sera Chartres.



                      Les cathédrales du Moyen Age étaient-elles blanches?
 Il ne s'agit pas de la blancheur matérielle mais d'un rayonnement intense de la multitude colorée, symbole de la lumière divine.

                       Ainsi, dans mon tableau de 5 m x 3 sur le temps des cathédrales, l'édifice central est resplendissant des couleurs du spectre et il irradie de lumière spirituelle.

R. Dumoux
www.viapictura.com
 

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