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 La folie en art, en amour, la folie du pouvoir, la folie de l'au-delà.

    Il a déjà été fait état de la folie dans une
série d'articles sur la mélancolie.
La folie selon l'acception commune entretient des rapports particuliers dans diverses activités, tendances ou façons d'être.

Nous ferons ici une approche des états dit de folie :

en art, en amour, par rapport au pouvoir et aussi par rapport à l'au-delà.

1-  La folie des artistes

"L'artiste et le fou, le chevalier errant, le Don Quichotte.
"Du peu dormir et beaucoup lire, son cerveau se sécha et il en perdit le jugement."

Il emplit son coeur et sa fantaisie d'enchantements, batailles, défis, passions, amours, tourments.

L'artiste est dans une citadelle scellée par son génie. Il lui faut des ébranlements, privation et dénuement pour consentir à émerger de lui même.
Comme le fou, il est empli d'une perception incommunicable et ses oeuvres ou toiles ne sont que des échantillons négligeables.
Au 19ème Lombroso criminologue pense qu'il n'existe pas de génie sans folie.

 - Schopenhauer artiste démiurge qui se comparait à Jésus, se croyait victime d'un complot visant à  étouffer son oeuvre. Il utilisait 5 langues pour prendre ses notes et répartissait ses pages dans plusieurs pièces.

- En chinois, le même idéogramme désigne excentricité et folie.
Pour l'artiste le masque de la folie est un refuge comme une prison consentie : tel artiste chinois feint la folie pour délivrer son enseignement.

- Aloïse ou Wolfi artiste de l'art brut ont accepté le rôle de fou pour ne pas avoir à rendre des comptes et ainsi ils ont beaucoup travaillé.
Wolfi a pendant 35 ans accumulé 13 000 dessins, 44 cahiers d'histoire dans des écritures différentes.

- Artaud dit qu'un aliéné est un homme qui a préféré devenir fou plutôt que de se plier à une idée conditionnée de l'homme.

- Les expressionnistes allemands collectionnaient les peintures de malades mentaux et les dessins d'enfants.

- Breton collectionne les objets des fous. Max Ernst écrit sur l'art des malades mentaux. Dubuffet aussi collectionne des oeuvres d'internés.

- Dali élabore la paranoïa-critique : il simule la psychose et fait appel aux forces obscures, hallucinations et délires.
Les artistes ont joué un grand rôle dans la reconnaissance du fou dans la société.

- L'exemple d'Antonin Artaud est essentiel : à 5 ans il a une méningite qui lui provoque des délires et il est interné à 19 ans. Sa famille l'abandonne. Il doit subir 50 séances d'électrochoc.
Les éditions Gallimard refusent ses poèmes et il envoie des lettres très importantes au directeur. Il est écartelé et il se trouve comme disloqué mental.
Il était convaincu publiquement de folie mais célébré comme écrivain de génie.
Artaud écrit : " Nul n'a jamais peint, écrit, sculpté, modelé, inventé que pour sortir de l'enfer"

- Holderlin, de la dépression à l'exaltation, vit le calvaire de l'enfermement et le bonheur de la création frénétique.

- Henri Michaux dit être fasciné par la relation du fou avec les démons intérieurs.
La folie est un équilibre pour pallier à un état disloquant et désespérant, avec lequel il faut vivre.
C'est la lutte de Jacob avec l'ange : le fou se bat contre lui-même et il vit avec une bête tapie qui le ronge et le hante : c'est une guerre intérieure.

- Selon Maupassant, son esprit suit des vallons noirs.
Il y a une parenté entre les crises de démence et la création littéraire ou picturale.

- Van Gogh semble labourer comme un possédé : "mon travail à moi, j'y risque ma vie et ma raison y a à moitié sombré."

L'ivresse de Rimbaud dans ses saisons en enfer, poète aux semelles de vent, met un point final à cet article.
De multiples exemples pourraient être ainsi développés.
(Dans un prochain article il sera question de la folie et de l'amour.)

R.Dumoux
www.viapictura.com

Tag(s) : #Répertoire iconographique