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Le Syncrétisme religieux de Gauguin.


           L'artiste dans les années 1900 (comme parfois quelques artistes actuels) se révolte contre la société et la religion du moment et il recherche d'autres aspirations, d'autres élévations.

           A l'encontre des manières de dandy, Gauguin ou Cézanne revendiquent des attitudes de paysan, de sauvage attaché à la terre.
A la fin du 19éme avec l'industrialisation croissante et la ville qui supplante l'économie rurale, Gauguin recherche dans la nature exotique un renouveau artistique et spirituel. Il part pour Tahiti et les îles marquises et fuit le monde moderne.
C'est une volonté de surmonter la civilisation occidentale corrompue par le matérialisme et l'idéologie religieuse.

           Victor Segalen en 1908 dit : "L'exotique c'est le pouvoir de concevoir autre." C'est là une idée essentielle du 19éme siècle.
Cette recherche du primitivisme de Gauguin est aussi une construction personnelle issue de textes et de références, comme  Montaigne ou l'oeuvre de JJ Rousseau. (avec le mythe du Bon Sauvage)


            On découvre concrétement le syncrétisme religieux de Gauguin dans une peinture telle que le grand Bouddha qui met en scène la rencontre de plusieurs univers religieux. Il représente le Bouddha et aussi la Cène chrétienne, le tout accompagné d'une Vahiné, femme Polynésienne, qui évoque une Eve innocente.

GAUGUIN reste fidèle à la doctrine du Christ.

Il écrit dans " l'église catholique te les temps modernes" :
"Dieu n'appartient pas au Savant, au logicien, il est aux poètes, au rêve, il est le symbole de de la beauté, de la Beauté même."
Parfois virulent à l'égard du catholicisme, Gauguin défend une forme de religion artistique et retrouve la voie d'un Christ mythique et fabuleux.

Ce christianisme païen anti-institutionnel est une constante des rapports entre l'art et la spiritualité au 20éme.


            Gauguin s'intéresse à la grande nature et il trouve aussi dans les emblêmes et les effigies religieuses javanaises  des éléments, des idéogrammes qui confirment sa théorie antinaturaliste de l'art.
Comme Delacroix il croit que l'artiste n'imite pas la nature mais qu'il en tire des matériaux nécessaires à sa fiction.
L'artiste ne doit pas copier la nature mais prendre des éléments naturels pour créer un nouvel élément.

            Cette conception va conduire à une théorie de l'expression intérieure. Et ce sera l'une des constantes stylistiques et intellectuelles du symbolisme et de l'expressionnisme allemand.
 - Par exemple Franz Marc va chercher des choses cachées derrière le voile des apparences.
 - Paul Klee également va proposer une mimésis poïétique, il va imiter la nature naturante, la Natura Naturans et non des produits visibles..


             Ainsi l'artiste accède aux principes de la création; acteur, il est le maître d'oeuvre d'un processus et procède à des transmutations de substances.

            Cela confère  l'activité artistique une affinité avec la religion.

R.Dumoux
www.viapictura.com

 

Tag(s) : #La peinture