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Origines et définitions des cabinets de curiosité. (art.1)


Le phénomène de la collection est universel depuis les richesses de Salomon.
               - La plus grande collection est le monde de l'Arche de Noé, vu comme le plus grand musée d'Histoire Naturelle.

              - On peut parler des collections d'Orient mais aussi les collections précolombiennes telles que les effigies en or de tous les animaux, hommes, fleurs, fruits du roi Aztèque, Montezuma.

                Reconstruire l'univers dans une pièce, c'est l'objectif de ces lieux secrets.

              - Dans l'antiquité on plaçait le trésor dans le temple.
Les curiosités étaient aussi des reliques : selon Pline, des temples conservaient un morceau du lien ayant attaché Andromède au rocher, ou bien des os du monstre qui l'avait menacé. En Grèce on collectionne la lyre d'Orphée ou bien la sandale d'Hélène.

             - Pendant le moyen age on apporte des objets dans l'église:

              Les objets sont suspendus dans les sanctuaires. On fait entrer dans les églises des pièces d'archéologie, des colonnes ou reliefs. Ce sont aussi des objets recueillis au moment des Croisades, des reliques ou bien des os de baleine, des crocodiles, des objets de figures bibliques comme le miroir de la Reine de Saba.
On créé des orfèvreries autour d'objets récoltés comme pour l'oeuf d'autruche qui devient symbolique..

               Les monstruosités naturelles entrent dans l'église:
êtres antédiluviens gigantesques, hache préhistorique, crocodile empaillé, météorite, cornes d'antilopes, dents énormes.
               La renommée des sanctuaires et cathédrales se fonde sur ces objets et reliques. On collectionne pour thésauriser, et aussi pour donner une vision du monde et un enseignement et les reliques ont une grande valeur.

      (Tout un chapitre peut être consacré à la question des reliques et il serait bien de l'aborder séparément.)

             - Plus tard à la renaissance, au cours de son voyage aux Pays-Bas, Dürer réuni des Naturalia et des Artificialia qu'il assemble dans un lieu : ce sera une WunderKammer qui est une chambres des merveilles.

             Ces lieux secrets de collection ont deux aspects:
                                  - Au Nord c'est la Wunderkammer qui accumule les richesses du monde à l'instar de Dürer et entasse divers objets naturels ou fabriqués par l'homme. Alors que  la Kunstkammer est la chambre d'art.  En général, la Schatzkammer est le lieu le plus secret de la maison.

                                    - Au Sud, les collections des amateurs italiens accumulent mais aussi tentent de structurer une image construite et cohérente du monde: ce sont les studioli.

Le studiolo est un endroit secret mais aussi de méditation (c'est un phénomène qui préfigure le musée)

-  St JEROME -

Jan van Eyck, Saint Jérôme, 1442
 
 L'image de St Jérôme dans sa cellule date du 15 ème. Il s'agit de la méditation sur les écritures saintes et aussi sur la littérature des Anciens.


                               Lieu de méditation mais aussi de collection d'objets autour du savant : des livres, compas, sphères armillaires, miroirs, clepsydres. Univers intime mais communiquant  par un couloir et une fenêtre montrant un jardin, des paons, lions ou animaux fabuleux.

                               Dans le studiolo, s'il y a un personnage, c'est un lettré humaniste comme St Jérôme. Dans son intérieur, outre les collections de livres, sont disposés  sur les parois les divinités païennes et chrétiennes, les Muses, tous les objets que l'on retrouve dans la mélancolie de Dürer. Il y a des armoires dont les portes présentent des marqueteries en trompe l'oeil qui suggèrent le contenu du meuble. Les murs ont aussi parfois des parois en marqueteries. Enfin une planche synoptique situe les objets.

 


Albrecht Dürer - "la melancholia" et "Saint Jérôme dans sa cellule" - 1514
(les deux gravures sont réalisées la même année)

 

Dans le studiolo, l'homme s'éloigne de la vie active et se recueille dans un lieu retiré  et inaccessible.
                               
                    Quelques studioli illustres :
                    - le studiolo d'Isabelle d'Este
                    - de Frederic de Montefeltre
                    - de François 1er de Médidis au Palazzo Veccio à Florence

Pour conclure sur un sujet aussi complexe, il faut noter que les grandes constantes des cabinets de curiosité, au Nord comme au Sud, sont d'une part la volonté de collection de tous les aspects du monde naturels ou construits et d'autre part d'en extraire une image du monde, une philosophie pour évoluer vers une méditation, une observation qui préfigure l'esprit scientifique du savant.

Dans tout les cas, le cabinet de curiosité explore un grand éventail de connaissances selon des catégories encyclopédiques : les choses de la nature, les merveilles, les oeuvres d'art, les objets scientifiques, les antiques.


R.Dumoux
www.viapictura.com

Tag(s) : #Répertoire iconographique