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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 22:33
VISITE d' ATELIER.

On connaît bien l'atelier étonnant de Francis Bacon (reconstitué à Londres)
Atelier de peintre ou reliefs, vestiges de happening ?

On connaît aussi les tableaux du 15éme qui représentent un peintre dans son atelier. Passionnants car ils nous instruisent sur le métier du peintre ; comment il avait un aide qui broyait les couleurs. On y découvre d'autres tableaux en cours, les pinceaux, les pigments, les panneaux préparés et puis aussi des détails familiers ou des objets de la vie courante.
Enfin, avec les  nouvelles technologies on peut observer d'autres pratiques et l'atelier devient très conceptuel. C'est un bureau d'étude technico-commercial où sont installés sur un plan de travail, un ordinateur, une  imprimante, quelques papiers, etc... Eventuellement une petite maquette figure (peut-être l'oeuvre qui sera réalisée)

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Je décris ici mon atelier.
C'est un atelier de peintre. Comme dans celui de Francis Bacon, on voit un certain désordre et des entassements ici où là.
Cependant à l'examiner, on parvient à suivre ou à recomposer le travail qui s'y déroule.
En pénétrant cet atelier on est d'abord impressionné par les accumulations de dossier, de livres, de dessins ou documents photos, de brochures ou articles de journaux. Ce sont par endroits des compilations formant des assemblages curieux.

Et puis on remarque des suites d'aquarelles (sorte de maquettes colorées pour des toiles en cours) toutes de même dimension.
Egalement en registres ce sont alors des petits tableaux tout de grisaille mais on discerne dans chacun d'eux des tracés très pointus, aigus, dessinés au crayon.
Ailleurs d'autres préparations sur panneaux de plus grande dimension, beaucoup plus grands parfois ont le même aspect.


Ah il faut faire attention : au sol des pots, des couleurs (mais aussi sur une  table) comme s'ils avaient... débordé. Ici, toutes les couleurs s'étalent avec des collections de pinceaux, des bouchons de boîte en plastique, des poêles dont certaines pleines de couleur : ce sont des palettes. Et puis aussi des petits papiers ou dessins oubliés.
 Sur des étagères d'autres documents des photos de Jérôme Bosch à Grünwald , du "Jardin des Délices" à la "Crucifixion" ou à la Vénus d'Urbino de Tiziano Veccellio.


De gros rouleaux de toiles paraissent comme les colonnes d'un temple . Certaines toiles roulées semblent peintes, d'autres blanches ou révèlent des tracés.
Certaines se déroulent et appellent le regard vers ces grandes surfaces suspendues  que l'on ne voit pas d'emblée car elles nous enveloppent. Ce sont des grandes toiles de 5 m, du sol au toit de l'atelier qui nous entourent, avec des figures comme nos doubles, nos ombres qui nous accompagnent.


Derrière une  toile tendue, il y a les réserves dans l'obscurité : ce sont de grandes toiles de 5 mètres roulées, recouvertes. Elles sont visibles sur le site viapictura.com

Enfin, le visiteur découvre des stockages de rouleaux de toiles peintes et des panneaux historiés. Ou bien des panneaux entoilés blancs.. servant de socle à des livres ou documents et photos..
Et puis sur un chevalet un grand panneau vertical ...
Des revues sont là au sol avec des couvertures consacrées à Soulages ou à Venise avec François Pinault.

La visite de cet atelier permet de comprendre la nature du travail.
Bien sûr il s'agit là d'un univers figuratif narratif, historique, dont la composition et les éléments sont dessinés précisément et réalisés selon les règles du métier de la peinture. Tout cela reposant sur l'édifice des cultures du monde et de l'humanisme. Une lumière est là, présente dans le reflet des toiles qui irradient de transparence et de lumière intérieure. C'est du moins le sentiment fortement ressenti et exprimé, affirmé.


En fait tout cela représente mon atelier. Mais j'occupe un autre grand atelier plus ouvert sur l'extérieur, surtout en été. Je citerai seulement pour l'hiver mon petit atelier en sous-sol et consacré à l'impression, à la gravure, autour de la presse à taille douce.
Tout cela est une invitation à la rencontre. Fondamentalement  je m'adresse à chacun car ce travail peut parler un langage qui touche. Et en 1er lieu j'invite le lecteur à regarder mes dessins, leur écriture sur le site www.viapictura.com


R.Dumoux
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Vendredi 21 novembre 2008 5 21 /11 /2008 22:04
(Cet article ainsi que d'autres qui vont suivre est  inspiré des textes du catalogue de l'exposition du centre Pompidou pour l'exposition "Traces du Sacré". Pour ce qui est du Syncrétisme, il est fait référence ici au texte de Julie Ramos.)


L'ensemble de mon travail est imprégné de l' idée du passage entre les diverses périodes de l'histoire.  Il semble examiner et mettre en évidence les liens qui peuvent se tisser, les parentés entre les civilisations.


Atelier de R. Dumoux : 2 toiles : "Endymion" et "Le Christ au Mont des Oliviers" ©viapictura.com

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                Le syncrétisme semble apparaître autour des années 1900 : c'est Edouard Schurré qui va témoigner de l'idéal d'unesynthèse moderne des religions.

Au 19éme siécle, l'église a perdu l'autorité de son dogme.
D'autre part la science est devenue agnostique et la philosophie devint sceptique.

Ce constat conduit
Schurré à chercher un ésotérisme commun aux religions. Il vise à revivifier la doctrine des grands initiés. En 1889, il publie "les Grands Initiés".

 Ce sont : Rama, Krishna, Hermès, Moïse, Orphée, Pythagore, Platon, Jésus.
Dans ce jeu des correspondances entre ces figures historiques, on
recherche une vérité universelle.

(Schurré veut se distinguer de la tendance orientaliste de la théosophie.) (Rudolf Steiner va créer l'anthroposophie.)

   Les écrits de Shurré s'inscrivent dans la revalorisation des textes mystiques  (ceux de Paracelse, de Böhme ou de Swedenborg), dans la traduction des écrits orientaux (hiéroglyphes, sanskrit).
Ainsi
le comparatisme religieux va se diffuser.

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   A titre  d'exemples:


- Les romantiques allemands et français développent l'idée de la régénération de l'Occident et la Restauration de l'unité Orient-Occident.

- En 1893, le Syncrétisme sera consacré à Chicago. L'indien Vivekananda y participe et comme son maître Ramakrishna son syncrétisme essaie de réconcilier la science occidentale avec la spiritualité orientale.
- Le propagateur (Suzuki) du bouddhisme Zen depuis les années 50 le réactualise grâce à la psychologie moderne.

- Dans l'art occidental, pour ce qui est du syncrétisme religieux, les Nabis (Sérusier, Ranson) font une relecture de Schurré.
Schuffenecker utilise des symboles Egyptiens (croix), Indiens (svastika) ou évoque le Bouddha.
Le motif du lotus devient l'emblème de l'unité des religions antiques et orientales.
Le Syncrétisme on le retrouve dans "Christ et Bouddha" de Paul Ranson ou dans certaines toiles de Kupka représentant l'esprit du lotus..

La lecture des textes grecs, orientaux, de textes mystiques théosophiques va influencer l'abstraction:
les formes géométriques deviennent l'expression d'une cosmogonie qui est commune aux diverses croyances.

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En Asie avec le Bouddhisme, le syncrétisme est moins usuel. Mais le bouddhisme comme philosophie et spiritualité est très présent et il va attirer tous les artistes en quête d'une expérience intérieure.


Un article particulier sera consacré au Syncrétisme Religieux de Gauguin.

R.Dumoux
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3 grands panneaux a tempera : "Homère", "Bouddha", "Le Christ" - R. Dumoux - ©viapictura.com






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Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /2008 14:15
La biographie de Max Ernst :



Elle établit une  relation existentielle entre sa vie et son oeuvre.

        Dans la description de son enfance 2 leitmotivs apparaissent, qui seront les thèmes majeurs et déterminants de son travail.
        - la forêt,
        - le supérieur des oiseaux : Hornebom.


(la lecture de Freud est importante pour Ernst relativement à l'importance qu'il accorde à  ses souvenirs d'enfance.)

        - La forêt est pour lui intimement liée au souvenir du père.

Ernst a observé son père en train de peindre une forêt avec un ermite.
Il apparaît que le désir de peindre du fils vient de son père. Tous les souvenirs de la forêt peinte par son père vont au delà de souvenirs d'enfance et constituent une source féconde dans le travail d'Ernst. Ces souvenirs il les reconstruit dans  sa biographie qui lui permet de se réaliser et cela va consacrer sa célébrité. Et il avouera avoir désiré dès sa jeunesse suivre l'itinéraire d'un artiste célèbre.

Un désir d'enfance parfois à peine perçu se fait jour peu à peu, attend peut être, selon les aléas de la vie, s'impose de plus en plus et parvient enfin à un accomplissement.

        - Le 2éme leitmotiv qui traverse l'oeuvre de Max Ernst est une expérience marquante de son enfance.

Un ami de Max est HORNEBOM, perroquet de toutes les couleurs; il meurt dans la nuit  et en même temps dans la famille naît un enfant, le 6éme de la famille. C'est Apollonia, la petite soeur qui se serait approprié l'avidité de vivre, la sève de l'oiseau bien aimé. Dans l'imagination du jeune Ernst apparaît une représentation irrationnelle où se confondent les oiseaux et les hommes.

        Ainsi l'artiste va créer LOPLOP  l'oiseau mythique qui ne cessera de l'accompagner. Loplop est un messager comme son sur-moi, véritable fantôme privé. Cette figure, son double en quelque sorte  permet à Ernst de s'exprimer à la 3ème personne.

Loplop Introduces Loplop. 1930. Huile et matériaux divers sur bois. Collection privée.
100 x 180 cm.

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    Description du vécu dans la biographie d'Ernst


        Max écrit à la 3ème personne  et d'ailleurs il va se donner différents noms :
Il, lui, le petit Max, le garnement, le fils, l'ainé, le garçon,  etc .le grand garçon, l'artiste..

        Ernst ne rédige pas nécessairement selon une chronologie précise mais il accumule des récits et des descriptions d'actions, d'événements mêlés à des réflexions ou à des associations relatives à la forêt et à l'oiseau.
    Il a des ouvenirs très différents dans un ordre fortuit et dans l'ensemble, il n'y paraît pas de sens clairement linéaire..
Mais en réalité, se construit peu à peu dans les aléas des descriptions et réflexions, un récit d'une grande cohérence. Il se construit comme une nouvelle entité où l'artiste et l'oeuvre ne font qu'un.

Ces aléas diversifiés qui construisent quelque chose de précis et sensé rappellent la technique du collage. Cela évoque aussi la rencontre fortuite d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection.

        L'artiste devient un instrument d'exécution : il se fait observateur de lui-même et se trouve déchargé de la responsabilité de sa création.
               
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    A propos du Génie artistique

        Ernst n'a plus tout à fait la responsabilité de sa création.
Il se détourne ainsi de la conception de l'artiste comme créateur ex-nihilo et de l'artiste doué pour les arts. Conception romantique qui a profondément marqué le 19ème siécle.
        Ernst réfute cette idée selon laquelle il faut des capacités particulières pour créer une oeuvre d'art.
 Il refuse la notion de génie divin.

Depuis les siècles passés l'art avait un caractère sacré religieux. L'artiste créateur était le héros d'une religion de l'art. (En Allemagne le mythe de l'artiste se développe à partir de Dürer auquel on voue un vrai culte de Génie.)
Et toujours à la fin du 19ème, les artistes sont l'objet d'un culte et on leur attribue des pouvoirs magiques et sacrés.
        Ernst ne veut pas de l'idée d'une mission que l'artiste doit remplir, mission qui le distingue de l'homme commun et fait de lui comme un prêtre.


        Ainsi pour prouver cet anti-génie Ernst explique sa façon de créer :

Il donne  le détail de ses premiers collages et démontre leur processus hasardeux.
Il avait commencé à Cologne en collectant des images dans un catalogue de produits destinés à l'enseignement (et il s'en est suivi des hallucinations d'objets, de compositions qu'il subit..)
Ce travail du hasard va ensuite déboucher sur l'invention du frottage.
Le frottage sur le plancher, Ernst le rattache à son enfance : il considère que les associations liées à l'enfance sont déterminantes pour la constitution du moi.
Pour le dripping qu'il va utiliser ensuite Ernst dit simplement que c'est un jeu d'enfant.  (prendre une boîte percée , mettre de la couleur et la balancer au dessus du tableau...)

        Dans chaque cas, c'est un hasard calculé, avec le refus de la fable de la créativité de l'artiste.

       
        Cependant, l'utilisation de la 3 éme personne, le fantôme de Loplop qui parle en son nom, la forêt, la réflexion sur toute sa vie, sur son processus de création, tout cela constitue l'autobiographie de Max Ernst et aussi refonde un nouveau mythe d'artiste. Par l'utilisation de la 3ème personne, c'est la stratégie de retrait permanent qui nourrit un mythe nouveau, une vision moderne et idéale de l'artiste.

        Malgré le refus d'Ernst d'une idéalisation de l'artiste, il y a tout de même la création d'un idéal particulier qui n'appartient qu'à Ernst.
En cela Ernst est proche de Goethe pour qui le récit autobiographique essaie de reconstruire la vie intérieure d'après un modéle idéal du moi.

R. Dumoux
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /2008 21:56
A propos de Biographie artistique. Max Ernst
Notes en vue d'une autobiographie. Eléments divers.

    - Une biographie peut  comporter  une simple chronologie d'événements, de la naissance à la mort, avec les dates des activités importantes et les éléments marquants de la vie.
    - Il est possible aussi d'utiliser la chronologie des créations d'un artiste : à chaque date correspond un travail particulier et sa description, son contenu.
    - Divers articles d'une publication peuvent être des éléments constituants d'une biographie.
    - Des notes très diverses, des anecdotes relevées ici ou là à l'occasion d'événements, des souvenirs peuvent également alimenter une biographie. De même des dessins, croquis rapides sont comme des souvenirs, comme des témoins d'un moment qui expriment une caractéristique particulière à un moment.
    - Des extraits de courrier, des passages de lettres envoyées peuvent être cités dans une biographie. Egalement des textes d'autres personnes.. relativement à une réalisation de l'auteur ou bien en réaction à ses écrits par exemple..
    - Tous ces exemples sont des reflets, des miroirs d'une personnalité et de son évolution selon les moments et les lieux où la personne a vécu. Ils permettent de créer, d'examiner en profondeur et de donner tout son sens à une vie et à une oeuvre.

Il s'agit là d'un programme qui peut être mis en oeuvre pour constituer une autobiographie.

Dessin (série des 2000 dessins) - 1963 - Raymond Dumoux - ©viapictura.com
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    A  titre d'exemple aussi , il est intéressant  de s'intéresser à des biographies d'artistes ou d'écrivains. L'autobiographie de Max Ernst mérite qu'on s'y attarde.
 
    Très tôt Max Ernst va commenter sa vie, sa création et ainsi faire sa biographie.
Tout les artistes usent de cette façon de rédiger de courtes notes qui seront publiées dans des catalogues.

    Les notes de Max Ernst sont autre chose qu'une simple énumération de la naissance à la mort.
Ernst va réunir ses souvenirs d'enfance, les associations qu'il utilise et les réflexions liées à sa pratique artistique. Ce sont de courtes notes, de courts énoncés parfois elliptiques.
Ces notes au même titre que l'oeuvre peuvent être considérées comme une contribution à la représentation de l'artiste par lui même.
Ernst présente aussi ses expositions et des commentaires à leurs sujet.
Seuls les événements de sa vie privée, bien que cités, restent très discrets  comme entre parenthèse.


      3 grands axes se dégagent de l'ensemble de la recherche biographique de Max Ernst :
- ses souvenirs d'enfance
- la description de son processus de création artistique.
- la période des deux guerres mondiales et particulier de la seconde.

    Ernst avait beaucoup lu : Goethe, Novalis, Holderlin, Poe, Blake, Baudelaire ou Rimbaud. Il s'est intéressé beaucoup à l'art médiéval comme à la psychologie ou à la psychiatrie, à Freud, comme à des lectures séditieuses, non orthodoxes et il se tourne vers la peinture (considérée alors comme futile) . .
A cause de tout cela, Ernst souligne la diversité de sa recherche, son ouverture d'esprit dans ses "notes pour une biographie". Il insiste sur le fait qu'il n'a pas eu de mentor et se présente comme un esprit indépendant, tout en faisant état de sa culture et de ses références : Bosch, Goya, Breughel, Van Gogh, Kandinsky Delaunay ou Gaspard David Friedrich.
Il va constituer son propre groupe Dada et dans un esprit d'ouverture intellectuelle, il montre qu'il appuie son travail sur un large socle d'études universelles.

    Le travail d'Ernst, ses notes pour une biographie s'inscrit dans la lignée des biographies célèbres de l'histoire.
Ce travail d'écriture biographique va lui permettre d'exprimer la conception qu'il a de lui-même : il transcrit un projet du moi qu'il propose comme la réalité.
Pétrarque est considéré comme le 1er auteur d'une biographie et en peinture c'est Lorenzo Ghiberti..
C'est à ce moment l'apparition du moi, d'une pensée du moi, avec le relâchement des liens au système religieux.
A la Renaissance c'est le phénomène individu qui apparaît. Et avec la modernité, c'est de plus en plus la poursuite de l'écriture du moi, qui va dessiner un individu au continu cohérent.

Dessin  - 1979 - Raymond Dumoux - ©viapictura.com
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     Ernst fait allusion à la biographie de Goethe et s'y réfère: à ses notes il donne le sous-titre de tissu de Vérité. pour Goethe le titre était" Tissu de mensonge, Poésie et Vérité".
L'oeuvre de Goethe est un modèle et impose un modèle de vie.
Comme Goethe, Il part de sa date, de l'heure et du lieu de sa naissance. (Il montre Cologne.) Aîné d'une nombreuse famille, il décrit les problèmes et conflits de cette situation.

    Pour Goethe l'autobiographie montre une continuité entre le moi et le monde, entre l'intérieur et l'extérieur.
    Chez Max Ernst il y a au contraire une discontinuité et une apparente incohérence. (Et il parle de lui à la 3 éme personne)

        Avec Goethe le moi est au centre de la biographie  alors que pour Ernst le moi est l'objet de récits et d'événements disparates. C'est une structure non linéaire, un tissu. C'est pourquoi il donne à sa biographie. le sous titre"Tissu de Vérités, tissu de Mensonges".

Cette image de tissu est celle des croisements organiques et de tout ce qui fait l'identité d'un homme.
Ernst souligne la relation organique qui lie sa vie et son oeuvre.

 Dans cet article se trouvent mises en évidence les recherches de base qui peuvent s'imposer pour mettre en place un récit biographique.

N.B. (Un prochain article permettra de mieux aborder le contenu, les thèmes et le sens de la biographie de Max Ernst.)
Dessin  - 2001 - Raymond Dumoux - ©viapictura.com

R. Dumoux
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Lundi 12 mai 2008 1 12 /05 /2008 22:51
     Extrait d'un commentaire sur l'article " l'art et l'argent" du blog viapictura.:

"je faisais des recherches sommaires sur les descriptions d'oeuvres perdues d'Apelle, et je suis tombée sur votre blog. Peut-être n'attendiez vous pas de réponses à cet article, mais j'ai bien envie de réagir. Je pense comme vous que, en effet, les différentes crises, qu'elles fussent culturelles, politiques ou sociales, ont fait des ravages dans l'histoire de l'art. Comme vous le soulignez très justement, "Où sont les toiles de Zeuxis, d'Apelle de Pharasios?" Je vis à Bordeaux, et lorsque cette ville a reçu des fonds importants pour être restaurée, beaucoup ont polémiqué en critiquant que l'argent partait dans des choses inutiles et qu'il valait mieux le consacrer à des logements sociaux par exemple. Mais il me semble que la défense du patrimoine culturel est quelque chose de vital. Nous n'avons pas à laisser péricliter une oeuvre avec pour argument que c'est une dépense inutile. l'art fait partie de notre histoire autant que les textes littéraires, que les discours politiques. Autant que l'Histoire. Détruire une oeuvre n'arrangera pas les problèmes, mais les protéger peut nous permettre de nous souvenir de notre passé, de ces différents courants de pensées qui se sont entrecroisé au cour des siècles. L'art est un témoignage historique très important et dans quelques années, je suis sûre qu'un Historien de l'art, sociologue de l'art ou autre analysera les cours du marché de l'art bien plus objectivement que nous aujourd'hui et expliquera (peut-être) ce phénomène."

                     
                          En réponse à ce commentaire :
                                              
                          Après relecture de mon article du blog viapictura, à propos de l'art et l'argent, je suis étonné de constater une incompréhension de mon texte.
                         Cette allusion à "mon adhésion implicite  à la destruction ou à la non protection du patrimoine" n' a pas de sens pour moi  et ne ressemble en rien à mon travail  (bien sûr, passé sous silence ici)
Cela en fait constitue pour moi une méprise. D'autant que je suis un conservateur et un collectionneur, un compilateur impénitent.
Tout mon travail est axé sur cette recherche de la transmission, de la protection d'une connaissance et de la valorisation d'un patrimoine.
Il suffit pour cela d'ouvrir une page du site viapictura .

                          Inutile de polémiquer. Les oeuvres existent .

                          Certaines sont très protégées d'autres ne le sont pas, qu'il s'agissent de chefs d'oeuvre ou de production "moyennes". (Je n'ai pas exprimé d'opinion sur des oeuvres mal considérées parfois.)

                         Le sens de cet article était de montrer que l'oeuvre d'art quel que soit son âge, son volume ou sa qualité, est menacée de par la nature des choses.
C'est une simple constatation contre laquelle nous luttons  dans la mesure de nos moyens.

                         D'autres exemples peuvent animer cette réflexion:

                        - Les Bouddhas de Bamyan ont résisté à une nouvelle explosion.
Il y a déjà 7 ans les talibans ont détruit en partie ces colossales et merveilleuses statues de bouddha. Une perte immense pour le patrimoine de l'humanité et que l'on essaie de consolider en rassemblent les débris des statues ( pour essayer de les reconstituer) et en protégeant les admirables et immenses fresques qui ornent les niches abritant les bouddhas.
Nouvel incident sans gravité cependant : à l'occasion d'une opération de neutralisation d'obus, les troupes de l'OTAN ont fait exploser 2 obus près de la plus petite des statues. Heureusement on a assuré qu'aucun dégât n'a été causé à ces chefs d'oeuvre.
Cet exemple prouve la "fragilité" des monuments les plus imposants et nous demande de rester vigilants.

                       - Autre exemple pris dans l'art actuel et relatif au sculpteur Richard Serra.
Le musée Reina Sofia de Madrid a tout simplement perdu une oeuvre de Serra : il s'agit d'une oeuvre énorme de plusieurs tonnes, acquise à grand prix .
L'oeuvre est portée disparue!
Autre oeuvre de Serra touchée: "Title Arc"  à New York, pièce de 4m x 36 de long, est déplacée et découpée en morceaux et disparaît définitivement.

                      - Récemment, des voleurs de métaux ont opéré dans le midi pour démolir et faire disparaître des statues imposantes de Kiefer.

Tout cela est l'indice de la fragilité de notre condition et de nos constructions .
Telle est la signification de  l'article "art et politique" commenté par ce lecteur.
(Autre exemple de fragilié:  dans mon travail, les  35 toiles de 5 mètres x 3 mètres du Pictorama  sont  menacées de destruction par les poussières, les entassements , les rats et autres avaries, si rien ni personne ne s'en préoccupe.!)

Avec cette idée de la fatalité qui cause la disparition de certaines oeuvres d'art, nous sommes très loin, à l'opposé, des affirmations erronées de ce lecteur.

R.Dumoux

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Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /2008 21:31

                                     L'art et l'argent.

          Extrait d'un article de Beaux Arts Magazine à propos de l'argent des artistes:

"Tandis que le prix des oeuvres flambe, que les acheteurs sont insatiables et que l'argent coule à flot dans l'art contemporain, on se demande  ce que les artistes font de ce pactole."

Parfois la réponse est qu'ils collectionnent des oeuvres d'art.

( il s'agit de sommes considérables et les exemples sont nombreux, de plus en plus d'ailleurs.)

Bravo pour ces artistes qui voient ainsi leur oeuvre collectionnée et protégée par le système.

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              On peut se questionner au sujet de l'argent dans le monde de l'art.

       - Comment est-on arrivé à ce fait que certaines oeuvres (qui n'ont rien d'exceptionnel, semble-t-il) parviennent à égaler, sur ce terrain de l'argent et de la conservation, le niveau des grandes oeuvres illustres de toute l'histoire de l'art.?

        - Pourquoi d'autres oeuvres d'artistes confirmés,  sont-elles totalement dépréciées, non vues, cachées?

        - Pourquoi ces oeuvres fussent-elles inclassables et de grande qualité se voient ainsi exposées aux pires sévices et peut-être à la destruction finale?

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                - Est-ce la valeur-argent qui fait la valeur de l'oeuvre?

                           
               Je n'apporterai pas de réponse à ces dilemnes : la Providence et le Temps s'en chargeront.

               Dans certains cas d' oeuvres du passé,  la sauvegarde a été miraculeuse.
               Chacun connaît la Tapisserie d'Angers, travail panoramique important.
Ces tapisseries ont survécu, bien qu'à une période de l'histoire, certaines d'entre elles aient servi au rembourrage des bas-flancs dans les écuries de chevaux.


               Comment les extraordinaires portraits Egyptiens du Fayoum (Louvre) sont-ils parvenus presque intacts jusqu'à nous après 3000 ans?

                Mais, combien de chef d'oeuvres détruits au moment de la querelle iconoclaste! Combien de retables, d'icônes, de sculptures polychromes et travaillées à l'or ont brûlé sur des bûchers!

                 Combien de fresques ou sculptures décapitées à la Révolution!

                Où sont les toiles de Zeuxis, d'Apelle de Pharasios?
 Que sont devenus ces chefs d'oeuvres impérissables que les artistes de la Renaissance ont tenté de recréer à partir des textes des historiens antiques ?

               Un exemple célèbre est "la calomnie d'Apelle" de Botticelli : le sujet extraordinaire et insolite de cette oeuvre disparue est issu d'une source classique: c'est la description d'un tableau célèbre d'Apelle faite par l'écrivain Lucien, représentant  la Calomnie.
Tous les personnages  symboliques sont réalisés à partir du texte antique: l'Ignorance, la Fraude, le Soupçon, l'Envie  qui traînent le Calomnié devant le roi Midas pour qu'il soit jugé devant la Pénitence et la Vérité nue.
             Botticelli a recréé non seulement les protagonistes de cette action mais aussi les bas-reliefs et et les statues ornant la salle du trône, à partir de la description littéraire de Lucien.


Sandro_Botticelli_021-copie-1.jpg

Sandro_Botticelli_021-2.jpg

                  Toutes ces questions engendrent la mélancolie sur le Temps qui passe, sur les effets du hasard et la relativité, la fragilité de toute chose.

(Cela fut l'occasion de réaliser dans mon travail une série de tableaux a tempéra inspirés de Chronos. S'y déploient les divinités antiques,  les livres poussiéreux, les racines qui ruinent les architectures, l'accumulation des richesses, le tout dominé par la figure du Temps avec ses ailes et sa faux.. )


 
En définitive, c'est à nouveau l'esprit des vanités qui apparaît, relativement à la petitesse de notre condition.

                  Nous sommes soumis aux aléas du hasard si bien que des oeuvres actuelles considérées comme médiocres  par certains ont autant de chance de survivre au pinacle de la célébrité et de la valeur d'argent, que le meilleur tableau ou la plus chryséléphantine des sculptures.

                 Enfin, il est permis de penser que des oeuvres superbes mais cachées s'imposent au fil des ans comme majeures et effacent le souvenir de ce qui est maintenant adulé.

R.Dumoux

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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /2007 22:10
                            LES MOTS (art. 2)

     Lettres et mots, depuis les hiéroglyphes et écritures cunéiformes, semblent caractériser  toutes les mouvements artistiques et de création dans les arts plastiques.

Cet article tente de faire un inventaire de l'art des lettres  et des mots dans l'art moderne et actuel.


                           Le rapport des mots et des images.

            - CAVE CANEM est un exemple illustre de liaison entre le mot et l'image.
 Vers l'an 800 dans le livre de Kells l'écriture apparaît sous une forme plastique.
 Plus près de nous le tableau de Magitte "Ceci n'est pas une pipe" semble ironiser sur le commentaire verbal ou le titre d'un tableau.

            - Les mots peints dans les tableaux impressionnistes. Ce sont les affiches à  Trouville dans une toile de Dufy comme aussi les affiches de spectacle dans l'oeuvre de Toulouse-Lautrec.

             - Les mots symbolistes sont très expressifs. Ils se réfèrent aux manuscrits du moyen âge qui inspirent le renouveau du livre.
On pense en particulier à William Morris comme aux illustrations de Burne Jones.
Les bois gravés de Gauguin mettent en oeuvre mots et lettres selon des formes vivantes et expressives. On remarquera aussi des mots expressionnistes dans les oeuvres de Kirchner.

                - Les mots cubistes. Le cubisme utilise de multiples coupures de journaux ou bien des mots isolés. On peut lire dans les toiles de Braque , BAL ou BACH, des marques de Boisson, SUZE, ainsi que dans les oeuvres de Picasso.

                 - Les mots futuristes.
De Carlo Carra il faut citer le"Manifeste interventionniste". C'est une débauche d'éléments visuels comme un manifeste de rue.
Boccioni et Sévérini ont utilisé  mots et manifestes.
Les toiles de Delaunay mettent en scène la publicité dans la vie moderne.
Malevitch a créé une véritable colonne d'affichage alors que Apollinaire réalise ses Calligrammes.

                   - Les mots DADA.
Pour la revue 391 en 1920, Tristan Tzara créé des textes dénués de sens.
Les écritures  entrent aussi fréquemment en jeu dans les compositions de Picabia.
Duchamp a créé un nouveau genre de livre : les pages sont de différentes dimensions et peuvent être lues dans n'importe quel ordre.
Les fragments d'affiches de Raoul Haussman utilisent mots et lettres.
MERZ de Schwitters est symptomatique de la création verbale dada.

                   - Les constructivistes, Rodtchenko, El Lissitsky, Heartfield, se sont abondamment servi des mots dans leurs compositions peintes ou graphiques.

                    - Pour la période de l'après-guerre Isidore Isou est le fondateur du lettrisme.
Alechinsky use de la calligraphie, et Twombly associe graffiti et calligraphie.
Les affichistes Raymond Hains et Rotella accordent beaucoup d'intérêt aux mots et phrases significatives. Les affiches de Hains sont parfois un témoignage de l'histoire.

                    - Le Pop art également use des mots et des lettres en particulier de la pub.
Parmi les plus illustres citons : Jasper Johns, Stuart Davis, Lichtenstein, Ed Rusha ou Warhol avec COCA COLA par exemple.

                     - Plus tard, il y eut les mots des conceptuels.
De Laurence Weiner, les phrases imprimées en gros caractères sur les murs des musées sont célèbres. A titre d'exemple: "La terre retourne à la terre, les cendres aux cendres, la poussière à la poussière."
Pour On Kawara, la date peinte (sur  une petite toile)  de la réalisation de la  peinture est le sujet. Ex :  "May. 1990 -1991."
Parmi les conceptuels il faut encore mentionner : Art Language, Alighiero et Boetti qui font tisser les mots "ordre et désordre" par des tisserands afgans.
Pour Hamilton Finlay, la poésie délaisse la page du livre et devient un objet comme une sculpture ou une stèle.
Pour Merz et Nanucci ou Bruce Nauman l'alphabet ou les chiffres sont réalisés à l'aide de néons.

                      - L'art actuel est aussi fécond en trouvailles.
Barbara Kruger met en scène des slogans de lettres imposantes à la manière des publicités. "J'ACHETE DONC JE SUIS"  en est un exemple.
Ou encore Jenny Holzer concurence les messages urbains dans ses défilés lumineux.

                    Ce parcours est un aperçu sur l'utilisation des lettres, du langage et des mots au fil des courants artistiques en art. Il y a bien d'autres réalisations à citer et à commenter et en particulier par rapport au lettrisme.
Néanmoins ce regard est stimulant car il permet une vision globale sur l'art de tous les temps et il peut contribuer à libèrer  la créativité et la poésie..

R.Dumoux
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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /2007 13:25
       
     ...............++++++++++.............+++++++............++++++++..............++++++++


                                      LES MOTS (art 1)

     ILA  TABMOEPK;  GOEMPK,GOMP OROTREP EST OIL PETROGONIEP.
  GROIUK KHAN C'KIN AEKIL NOVATIK.

                                    EILIOME   ELEOINAD     DRUMBLADT.

                      H/H/H/H/H/__OPOP%OPOP __ HTTP_H/H/H/H/
            ////////////////////////////////////R ..     D.////////////////////////////////////////////////


                 LETTRE...... MOT.....RIEN  ....  PRESENCE..... ATTENTE...
             //////////////////////////////////////////ABSENCE/////////////////////////////////////////////////

                                                       PATIENCE

          L'abondance et la facilité des communications peuvent nuire.... et isoler.
                    ////////////////////////        //////////////////////////////////// .
                                       /////////////////////////////////////////////////////
                         .....  WWWWWWWWW.... YYYYYYYYYYYYYY.....


    SILENCE................................................                      
                          TOUT_____PLEIN______PLENITUDE DU TOUT_________  
                               
    :::::::::::::                             VIDE   :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::                         ///////////////////////////////////////  
                                         
             PLENITUDE                  ???????????????????                   SILENCE
    LE VIDE...........LE PLEIN
    YVES KLEIN...ARMAN
                                                                                                              TOTAL

     SENS............... NON-SENS..........................................
///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////



          Le bruit , les SPAM :100 par jour.   DDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDD           
                                                   
    DDDDDDD     DDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDD                                                       
                                                        
ARP PICABIA ALBERTI ISIDORE DUCASSE ERNST THEO VAN DOESBURG GOYA ARROYO OROZCO OLITZKI INDIANA ARAKAWA  ARTS AND CRAFTS TOBEY YEATS SCHNABEL LEWITT TURNER ROSSETTI..................................
............................................................ISIDORE DUCASSE

                             ????????????????????????????


                 Les pages ornementales des lettres des évangéliaires, l'accumulation des lettres dans les tables de canon, les calligrammes d'Apollinaire, palimpsestes, compositions lettristes, sont quelques exemples de jeux décoratifs avec des lettres et des mots.
  
                           !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

            Il s'agit là de propositions de recherches ou de travaux plastiques à effectuer
soit individuellement, soit au sein d'ateliers.

          Ce jeu de clavier avec les lettres est un préambule à l'article suivant consacré à l'ART et LES MOT
                                 
                               ooooooooooooooooooooooooo


                                                                                                                                            R.Dumoux
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /2007 13:42
        La pensée extrême-orientale dans l'oeuvre de Tapies.


         L'informe, la matière, le mur, les traces, écritures et objets sont les éléments déterminants de l'oeuvre de Tapies.
        Tapiès a également une conscience aigüe  de l'historicité et s'est intéressé aux nouvelles tendances de l'art.
Son  travail se rapporte souvent aux courants artistiques du 20ème siècle.
Néo-dada, Nouveau- Réalisme, Art Conceptuel, Art Pauvre, Néo-Peinture sont des mouvements majeurs avec lesquels il est en proximité, comme tout artiste sensible à ce qui circule dans l'air du temps.


         La pratique de l'art comme expérience existentielle permet une connaissance absolue de la réalité profonde. C'est l'expression des pensées et des sentiments qui prennent forme dans l'oeuvre.
  Tapiès a été conforté dans son attitude créatrice par la pensée asiatique et par le zen. Il a été question de cela relativement aux murs, à la révélation du mur et de la mutité.
   "Au pied du mur", "cet homme là, c'est un mur", quelques expressions parmi d'autres qui évoquent cet obstacle auquel on se heurte comme au néant, avec un sentiment d'impuissance  et de désarroi face à l'existence. Cette mutité est aussi une plénitude qui, peu à peu, veut tout dire, comme la plénitude du tout. Nous frappons un mur dans un extrême désespoir et finalement voici que le mur s'ouvre.
Cette expérience Zen se retrouve dans le non savoir des mystiques de tous les temps.


   Dans son travail,Tapiès a beaucoup utilisé les objets de toute nature. C'est par là aussi qu'il s'est  ressourcé dans la proximité de la philosophie extrême orientale.

Les objets ne sont là que pour l'humilité de leur histoire. Sortis de la vie ils sont atteints de néant, de vacuité. Ils ont une apparence mais ce n'est pas que l'apparence, selon l'idée bouddhique.
Tapiès décrit ce que l'on peut voir dans l'objet le plus  simple comme une vieille chaise qui peut être chargée de sens et d'émotion.
Pour cette raison il a installé une chaise au dessus de sa fondation: cette chaise sort d'un nuage de fils métalliques, comme naissant d'orbites et trajectoires. Siège offert? C'est le siège d'un dieu?

Au début l'art bouddhique ne représentait pas le Bouddha: on ne présentait que les marques des pieds, les sandales, un lit, un siège.
" le Bouddha peut être une chaussette sale."
Aussi à Montjuic, à côté de fresques romane, Tapies a érigé une chaussette géante accompagnée d'une croix et d'un miroir. Cela montre que l'on peut parvenir à la transcendance par quelque chose de simple.

Les références bouddhiques abondent dans le travail de Tapiès.
Certains titres sont directement bouddhiques: DUKKHA,  THATAGATA,  Dada,
L'oeuvre "Ni identitat" réunit 3 sources: Scientifiques, Bouddhique, Chrétienne.

Tapiès, depuis ses murs et son inspiration du Brahmane fondateur du Zen,  s'est toujours intéressé profondément au bouddhisme, à sa philosophie, bien qu'il n'ait pas  pas adhéré à la religion.
Cela donne à son attitude artistique ainsi qu'aux oeuvres  un rayonnement, important au delà d'aspects extérieurs parfois difficiles.

Ces diverses réflexions sont inspirées d'un ouvrage de Youssef Ishagpour.

R.Dumoux

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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /2007 22:24
                       Antoni  TAPIES. Présence et pouvoir de l'abstraction. (Art.1)
(Abstraction, matière, silence et plénitude)

                  L'oeuvre de Tapies (peintre catalan né en 1923) parait déroutante dans le cas d'oeuvres isolées.
Un excellent livre est paru à propos de Tapies et cet article se fait l'écho de certains textes intéressants, à portée biographique mais surtout philosophique qui éclairent cette oeuvre monacale et mettent en évidence sa force ..

            Il est nécessaire de considérer quelques temps forts de la biographie artistique de Tapies.
A Barcelone, la chute de la République fut un événement majeur de sa jeunesse. Il fut malade et connut une métamorphose intérieure faite de clairvoyance et d'illumination. Il se sent artiste prophète, artiste chaman. Il a des goûts pour le dessin et vite il devient maître dans l'art photographique et réaliste, dans un style épidermique.

            Mais cette maîtrise le dégoûte et il se porte vers l'art maudit et l'art moderne qui le bouleverse. La paranoïa critique de Dali l'influence mais surtout Dada. Duchamp, Schwitters  puis Picasso, Miro l'imprègnent. L'art s'impose à lui comme unique chemin et l'art permet de donner un sens à la vie insupportable et à l'air irrespirable venu de  l'ordre nouveau des fascistes.



               L'oeuvre de Tapies contient des métamorphoses constantes issues du romantisme et du symbolisme, avec des racines magiques et chamaniques.

- Les 1ères oeuvres originales de Tapiès sont des tableaux cosmiques et des collages à base de matériaux quelconques et aussi de figures mythologiques.. Il va également utiliser l'automatisme psychique.

- Contre le réalisme photo il développe la matérialité : il va créer des pâtes épaisses en mélangeant de la peinture à l'huile et du blanc d'espagne.
Il sera influencé par Miro et ses peintures au goudron avec cordages et ferrailles.

- Puis avec Paul Klee, il renonce à la matérialité des tableaux précédents et utilise une peinture à l'huile très diluée, transparente, dégageant une atmosphère gazeuse, aérienne ou aquatique. Il créé des champs magnétiques, des étoiles, des êtres hybrides des formes géométriques, damiers et courbes flottants, un peu comme les visions de Ernst ou de yves Tanguy.


- Tapies s'intéresse à l'art abstrait, il se détourne de la narration et va travailler aussi dans le sens d'une abstraction géométrique.
Il va aussi pratiquer l'expressionnisme du geste, les essais, les erreurs et accidents. Il fait se former la matière par le mélange de toutes sortes de corpuscules: sable poussière de marbre, poils, huiles, fils, terres de couleurs.
A partir de 1952, ce sont ses 40 jours de séjour dans la désert.

- Alors les murs s'imposent  à lui par leur mutité. Ils sont muets mais les graffitis parlent : c'est un monde de traces humaines émouvantes.
C'est cette expérience très vivante d'impacts, de politique, de lacération, de souffrance ou de révolte que Tapiès a mis au jour.
- Avec cette notion du mur, Tapiès affronte le désenchantement et l'absence de sens dans le mutisme de la matière..


- Tapiès a été conforté dans son attitude en apprenant que Bodhidharma, (fondateur du Zen japonais, contemplateur d'un mur). Ce brahmane qui a passé 12 ans à méditer devant un mur pour atteindre l'illumination et la parfaite connaissance du réel, est un initiateur.
L'expérience du Zen est connue en Occident car elle a été décrite dans les textes existentialistes. Pour le Zen, l'expérience est dans le non-savoir de tous les temps. Les préceptes Zen enseignent que l'obscurité et l'illumination sont une seule et même chose. Le silence et la plénitude du tout sont une seule et même chose. La mutité, le silence, veut tout dire.

- Les murs enseignent aussi le travail de la matière, la sédimentation, la coulée d'encre et de vernis. Il use de la spontanéité comme dans la calligraphie chinoise, en bonne connaissance des matières et des matériaux. A cela s'ajoute parfois la présence de graffitis,  chiffres, lettres ou signes, comme des paysages accompagnés d'écritures.

- Avec l'amour du noir, il y a aussi chez Tapiès de plus en plus d'objets et des sculptures en terre chamotée. Il mélange l'argile cuite en poudre avec l'argile crue.
Il obtient ainsi les effets du temps qui passe, le vieillissement.
C'est le temps, la finitude et la mort, l'art de la réalité: objets, ficelles, papiers salis, assiettes, poils, linge etc.. c'est l'expression du bas de l'éphémère, du laid et du repoussant, avec la mise en évidence de l'objet souvent trivial.
L'art ancien consacre le monde des dieux et le ciel;  maintenant depuis le 18 ème c'est une réalité subjective qui s'impose.

    On le comprend l'oeuvre de Tapies prend en compte et assimile les diverses tendances artistiques du siècle avec un ressourcement dans la philosophie asiatique.

Son ouverture à la pensée extrême-orientale fera l'objet d'un prochain article.


R.Dumoux

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