Recherche

Articles divers

Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 22:28




Historique  du musée


A la Renaissance et bien avant il y eut des collections, des cabinets de curiosité qui ont fait l'objet d'articles sur ce blog. Au cours des siècles des collections diverses ont toujours eu cours dans les capitales comme dans les  villes de province.


- Au 17ème, en 1694, à Besançon, pour la 1ère fois, une collection d'art privée, celle du moine Jean Baptiste Boisot fut léguée par testament à la communauté des Bénédictins. Mais  à condition qu'elle soit obligatoirement ouverte au public 2 jours par semaine. Et J. B. Boisot donne aussi de l'argent pour l'entretenir. Cette collection était constituée de trésors acquis en France, en Allemagne, en Italie ou Pays Bas.


- L'ouverture de la Bibliothèque publique de Besançon établit le principe d'accès public à un patrimoine artistique. Quelques décennies après Besançon (au début du 18ème)  il y eut des villes telles que Dijon ou Arles qui proposent aussi ces contributions au public. Il s'agit là d'antécédents de la "Révolution culturelle" de la 1ère République  (1792 1804)

 

- Ce sera alors l'éclosion des musées en marge du muséum national, le Louvre ouvert en 1793.
Ainsi au 19ème siècle, outre les gares, les musées seront la nouveauté architecturale du siècle après les Lumières. 40 édifices seront destinés la conservation d'un patrimoine artistique.

 

- Clisson en est l'exemple initiateur : les Lacault y fondent le parc de la Garenne qui sera un mélange de beautés naturelles et de fabriques néo classiques. Ils présenteront là pour le public, leurs collections de peintures et de sculptures d'Italie.


- Ensuite cette tendance devient plus officielle avec des faits impériaux et républicains. Mais cette dynamique muséale sera rompue par la Restauration de 1815-1830 car ni Louis XVIII ni Charles X ne cultivent l'idéal d'une instruction publique fondée sur le rassemblement précieux de richesses. La monarchie de juillet sera plus libérale et surtout la 2ème république montre un grand intérêt pour le développement des musées en province.

 

- Ce sera surtout sous le second empire 1852-1870 que la France va se doter d'un véritable réseau de musées.
Parmi les plus anciens musées : celui de Picardie à Amiens. C'est une imitation assez réussie du Louvre, voulue, en raison du désir de sacraliser le bâtiment. Le musée d'Amiens avec sa prestigieuse réputation et sa richesse des collections s'ouvre à une pédagogie vivante : ses collections sont préhistoriques, antiques médiévales, avec un fonds de peinture très important des 17 et 18ème siècles.

- Durant la 3ème république, l'engouement pour les musées ne cesse de croître. Depuis 1881 il y a le musée de Lille qui occupe une place centrale dans la cité. Il est monumental sur une grande place, très théâtral. La leçon est claire : l'instruction du peuple passe par l'accès public aux plus parfaites réalisations de l'homme.
Les grandes phases des styles vont du néo-classicisme au réalisme en passant par le romantisme et ces moments historiques vont créer la transition des temps modernes à l'ère contemporaine.

 

- La question de l'art actuel est plus difficile à inscrire dans le panorama général du musée qui est d'abord conçu comme un outil de conservation. Alors que dans l'idée de modernité il y a la notion d'avant-garde, d'art militant, et d'innovation, qui on le voit n'est pas en accord avec le concept de musée tel qu'il est depuis les origines.

Au départ le musée est la métaphore de la collection, du souvenir, du passé, de l'atlas, tel l'atlas mnémosyne d'Abbé Warburg auquel il convient de se rapporter.

 

                 Il arrive parfois que certains artistes actuels oeuvrent dans ce sens.


R.Dumoux

www.viapictura.com

Par R. Dumoux - Publié dans : Articles divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 22:26



MONDIALISATION - GLOBALISATION - COLONIALISME - POST COLONIALISME - ORIENTALISME.

(Recherche à propos de la mondialisation, de ce qu'elle représente mais aussi de ses inconvénients. Cette quête se tourne en particulier du côté de l'art et de nombreux  exemples du passé ou actuels.)



Le concept de mondialisation, de globalisation, se réfère à la circulation du capital et de l'information dans le monde..
La mondialisation est une intensification des échanges humains à la surface du globe. Le domaine de l'art est  très présent  dans ces échanges.

Les Origines : Il y a 700 ans Marco Polo fit un voyage vers l'Asie et ainsi jeta un pont entre l'occident et d'autres cultures. Puis il y eut les conquêtes espagnoles, portugaises, et la colonisation en Afrique avec plus tard les mouvements de libération. La Globalisation résulte de ces échanges  plus ou moins contraints mais qui ont laissé des liens durables. (Elle est pacifique mais aussi conflictuelle). Le mot Globalisation est d'abord apparu dans les milieux politiques et économiques et maintenant elle est devenue essentielle dans l'art.
Ces origines historiques sont présentes dans l'actualité. A titre d'exemple, le musée du Louvre présente une exposition sur le peintre italien Giuseppe Castiglione qui fut peintre officiel, (portraitiste) à la cité interdite : il fut depuis 1714 et pendant 50 ans acteur des échanges qui ont existé entre l'Orient et l'Occident.

- Jean Hubert Martin dit que "la mondialisation a commencé il y a 5 siècles lorsque l'occident a reconnu que nous vivons sur un GLOBE  et que les portugais ont commencé des échanges avec le Bénin." De nos jours il y eut une intense accélération à partir de de 1989 et des années 90 à cause de la fin du mur de Berlin mais aussi avec la multiplication et la baisse des prix des liaisons aériennes et enfin avec le développement des relations électroniques..

La mondialisation est une une intensification  des relations humaines avec des effets positifs mais aussi négatif. Il est possible d'exporter les ressources naturelles et humaines, de les échanger mais cela contraint à la standardisation des produits  et à l'uniformisation dans tous les pays du globe.

Comme effet positif elle permet l'évolution de certaines cultures et leur rayonnement mondial, comme les aborigènes qui grâce à la peinture savent s'adapter à la vie actuelle.
 
La mondialisation doit avoir comme objectif majeur, la reconnaissance de la diversité  et de l'originalité des cultures et leur respect mutuel.
                                       (Ainsi le culte des ancêtres est bien reconnu  et valorisé de façon légitime  dans le cas des Aborigènes  ou de peuples africains  tels les Dogons )

- Le Commissaire d'exposition Jean Hubert Martin s'intéresse à des artistes qui réalisent des oeuvres pour une  communauté et il les cherche en dehors des réseaux de l'art contemporain… l'A. C. qui ne reconnait comme artistes que ceux qui montrent leurs oeuvres dans le circuit culturo-commercial des galeries et musées.

- Autre point de vue sur la Mondialisation : Pour Vittoria Noorthoorn (biennale de Lyon 2011) la mondialisation représente le triomphe de la culture occidentale, le sommet de son expansion, sommet d'une économie et d'une technologie.
Mais Mme Noorthoorn  se demande si la mondialisation civilise? On remarque  une civilisation (avancée) qui développe les massacres, contre l'homme, contre la nature ou l'éducation.


Autre interrogation pour ce qui est de l'art : l'information galopante des formes et formules produit  la même pratique artistique partout dans le monde. Au lieu d'un véritable courant artistique n'est ce pas plutôt une dégradation générale du concept de l'art ?
Enfin, les biennales, selon cette commissaire, devraient justement être l'occasion de lutter contre l'uniformisation des langages soutenus par le marché, au lieu d'être au service du marché et de l'uniformisation.

- Toujours à propos de mondialisation et globalisation : selon  Henry Hugues la mondialisation n'est pas nouvelle : dès 1943, Mac Luhan rapporte qu'on lui a dit :" le transport aérien, la télévision abolissent les distances et l'exotisme. La standardisation culturelle est ébauchée et ne fera que croître. D'autres innovations technologiques élargiront encore l'horizon et feront disparaître les anciennes catégories bien cloisonnées de nos provinces. Et ainsi les cultures nationales, nationalistes seront condamnées à disparaître."
De nos jours, la mondialisation, il faut en rechercher les origines bien avant et remonter par exemple aux Lumières  et aux évolutions qui ont succédé. Plus près de nous il y eut 1989 qui fut un ébranlement pour le monde occidental, la fin de notions stables et d'identités. Ainsi nos vivons dans des temps instables, une crise mais aussi des potentialités nouvelles.
  
- Selon Nicolas Bourriaud (Beaux Arts Magazine) la mondialisation fait apparaître un mouvement de pensée qui serait pour la 1ère fois planétaire. C'est la fin de la dualité colon colonisé, ou de l'opposition Nord Sud.
Dans le monde de l'art  les débuts de la globalisation remonte à 1988, 1989 à  la Biennale de Venise avec des artistes non occidentaux et plus tard au centre Pompidou en 1990 avec une exposition mémorable : les Magiciens de la terre. C'est alors comme une expansion horizontale sur la surface du globe, correspondant à la période du post colonialisme, à la suite de l'européo-centrisme..

On le comprend, la notion de mondialisation se conjugue avec celles de colonisation, de post colonialisme, par exemple aussi d'orientalisme ou de populations cosmopolites des mégalopoles en perpétuel mouvements. Autant de notions qui donnent l'image d'un monde qui est en perpétuel mouvement. 

 

L'humain  existe et évolue  maintenant depuis le départ d'une gare TGV de province jusqu'à Sao Polo ou Canberra via le trafic aérien , les métros , villes de banlieue, Schangaï, les gares et aérogares.  C'est comme si l'humain était en perpétuel déplacement à la surface du globe selon des suites ininterrompues de tunnels, de labyrinthes rythmés par des échangeurs.  Ce mouvement s'accompagne de tout l'arsenal humain; de l'argent, des biens de consommation, des espèces animales, des poissons, des fruits ou légumes parfois interdits, des insectes, des idées, des oeuvres d'art dans un flux perpétuel.
Va et vient permanent, il n'y a ni jour ni nuit, cela se passe dans l'espace du globe mais cela se passe aussi dans le temps, dans la pensée historique.

En art les exemples sont passionnants de ce va et vient entre le passé et l'actualité. On parle de l'expression des ancêtres chez les aborigènes d'Australie et l'on en débat comme d' oeuvres d'actualité. Il est heureux de constater une vérité commune, la même lumière  à diverses époques ou moments de l'histoire. Cette vérité universelle semble s'imposer au delà des bavardages et des positions ironiques, du crash, du clash ou de la farce.

 

___________________________________________________________________

 

L'ORIENTALISME


En ces temps de la mondialisation nous sommes ouverts à tout ce qui est international et cosmopolite, à toutes les cultures ancestrales que nous admirons et respectons. C'est une époque post coloniale et nous sommes interpelés par le passé colonialiste. Ainsi, l'épopée orientaliste au 19 éme (forme de mondialisation)  fut très importante pour l'Occident et les conséquences durables jusqu'à nos jours.

On ne compte pas les parutions ou les expositions qui font état des écrits ou des travaux gravés, peint  écrits ou photographiés du 19 éme siècle. Pierre Loti, Eugène Fromentin  ont parcouru le monde et rapportent des dessins des peintures et photos provenant d'un Orient très élargi aux Iles Marquise ou à Tahiti (Pierre loti) Léon Cogniet  peint l'expédition d'Egypte et Vivant Denon travaille à La Description de L'Egypte pour ensuite créer le Musée du Louvre  qui reste une ensemble exceptionnel. Il y eut encore Chassériau, Gérôme
L'orientalisme est un phénomène européen qui prend sa source au 18 éme dans la 1ère traduction des mille et une nuits. C'est un rêve d'orient qui va traverser tout le 19 éme et beaucoup d'artistes s'embarquent vers l'Orient et le Bosphore, pour l'archéologie, le retour aux sources, c'est à dire, l'antiquité retrouvée.
L'orientalisme est un ensemble qui touche toutes les  catégories picturales telles que le paysage, la peinture d'histoire, le déserter l'immensité, l'interdit du harem et la religion. Il me sera nécessaire d'écrire un article développant ces divers aspects d'une grande richesse iconographiques.

 

___________________________________________________________________

 

La mondialisation, c'est aussi maintenant ces monuments historiques visités par des milliers de personnes de toute nationalité sans distinction de culture.

La vérité est sans doute là dans cette recherche d'une lumière commune qui conduit l'humain à se ressourcer dans la pensée des ancêtres. La recherche d'un nouvel humanisme qui prend en compte le respect de  la vie sous toutes ses formes y compris la sauvegarde de la planète, au delà d'une culture de la mort.

R.Dumoux 

www.viapictura.com

Par R. Dumoux - Publié dans : Articles divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 22:15

St Pierre de Rome, le Mur des Lamenations et la Ka'aba


A Paris la galerie Taddeus Ropac présente trois immenses dessins de Robert Longo. Ce sont comme à l'accoutumée des dessins noirs. Les thèmes sont très intéressants et actuels sans aucun doute.
Ces dessins traitent de nos trois religions occidentales.
- le 1er représente St Pierre de Rome mais  la basilique est étrangement vide, dépeuplée.
- le 2éme dessin représente le mur des lamentations mais sans les fidèles qui d'ordinaire glissent des suppliques dans l'intervalle de pierres des ruines du Temple de Jérusalem.
- le 3éme grand dessin nous montre la Ka'aba à la Mecque.  La conclusion s'impose quant au constat supposé de la vie de ces religions et à ce titre la foule innombrable qui entoure la Ka'aba comme une marée humaine nous laisse rêveur en comparaison des deux autres lieux qui sont désertés. 

Ces trois dessins de Longo semblent exprimer un point de vue, celui de la noirceur de notre époque qui est confrontée aux fanatismes.

06_thaddeaus_jp170311.jpg

07_thaddeaus_jp170311.jpg

01_thaddeaus_jp170311.jpg

Robert Longo "God Machine"

________________________________________________________________

La Ka'aba dans mon panorama monumental peint de 40 toiles de 5 m. x 3 m.     www.viapictura.com    (lien ensemble monumental peint)


Il y a maintenant 2 ans dans le cadre de ce projet événementiel à propos de l'histoire de l'humanité, j'ai abordé la question religieuse. J'ai ainsi imaginé une composition qui établit le lien historique entre les 3 religions occidentales. L'islam  est représenté au centre avec la Ka'aba entourée par la foule musulmane. A droite le judaïsme est présent avec la figure imposante d'Abraham  et Isaac au moment du sacrifice. A gauche, le Christ triomphant envoie ses disciples en mission. Et le trait d'union de la composition semble être l'archange Gabriel en vol, le Prophète enfant assis sur son dos.


Cette composition réaffirme le lien historique incontestable des trois religions et exprime l'idée d'un rapprochement qui semble évident dans les sources, plutôt que d'insister sur les différences et les incompréhensions.  Cette position peut être considérée comme  contestable. Cependant elle demeure une recherche de fraternité et la solution humaniste devant ce grave problème d'un péril extrémiste.

dumoux_009.jpg

"La Ka'aba" (vue dans l'atelier) - Tempera sur toile - 5 mètres x 3 m - 2009 - R. Dumoux - © viapictura.com


R.Dumoux
www.viapictura.com

Par R. Dumoux - Publié dans : Articles divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 22:57


La 54ème Biennale de Venise 2011

ILLUMinations : le titre de cette biennale suggère la lumière que l'art apporte à la culture mondiale et le rôle de nations pour les singularités en dépit de la globalisation.


ILLUMunations se présente sous l'autorité esthétique du TINTORET avec la présentation de 3 Toiles importantes. C'est la lumière de Jacopo Robusti il Tintoretto qui apparait alors qu'elle semblait éteinte.
Ces trois toiles sont :
- La Cène
- La Création des animaux.
- Le transport du corps de St Marc. Toiles dont la contemplation est édifiante et réconciliante.

Sous cette Lumière sont présentés les ténors habituels des grandes expositions internationales et les nouvelles générations que l'on connait bien.
Nous citerons seulement quelques artistes : les plus anciens comme Sigmar Polke, Guy de Cointet, Colombo, Ghirri, Goldstein. Ou bien d'autres plus récents tels que Sosnowska, F. West, Tuazon, Song Dong et même Christian Bolten ski. Tous, avec des oeuvres parfois étonnantes.

La Biennale c'est aussi, outre des oeuvres spectaculaires ou de prestige financier, un pavillon qui a fait scandale : celui de l'Italie.
Le célèbre historien de la Renaissance Vittorio Sgarbi a demandé à des Citoyens de choisir les artistes représentant l'Italie. Sgarbi considère l'art contemporain comme excrémentiel. Alors il accroche toutes ces oeuvres comme dans un marché aux puces..

Au milieu de ce capharnaüm il a consacré un volet à l'histoire de la Maffia pour signifier que l'Art et la Maffia c'est la même chose.
Cette exposition fut inaugurée en grande pompe.


Au lecteur, Bonne recherche et Bonnes Visites. Sous la protection lumineuse de Tintoret !

R.Dumoux
www.viapictura.com

Par R. Dumoux - Publié dans : Articles divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 22:05

NEO-CLASSICISME  et RENAISSANCE

       Il été question de ces notions au moment d'une exposition qui eu lieu  au Louvre, "l'Antiquité Rêvée". De façon paradoxale, le siècle des Lumières, le 1er siècle de l'époque moderne, semble prôner un retour à l'Antique considéré comme un modèle à reconsidérer.


        En réalité, depuis la fin de l'empire romain, l'antiquité en Europe est regrettée comme une forme de civilisation supérieure qu'il faut retrouver. En fait chaque époque de recherche et de vitalité en Europe, depuis le Haut Moyen âge jusqu'au 18ème, a fait cette recherche. C'est alors une tentative pour faire revivre l'Antiquité synonyme de progrès et d'espérance.
On redécouvre les textes de Sénéque, Tacite ou Cicéron et les humanistes comprennent que les Anciens avaient élaboré une civilisation très avancée  et un modèle de gouvernement. Le retour à l'Antique est alors considéré  comme une aspiration à un futur meilleur.
Ces divers mouvements au cours de l'histoire sont appelés "renaissances" telles la renaissance Carolingienne ou le 16ème siècle.


        Au 18ème il ne s'agit pas complètement d'une renaissance (le 18ème fut surtout le fait d'une anticomanie en raison d'une documentation beaucoup plus importante)
Ce siècle est cependant du plus grand intérêt à ce point de vue. En effet 1763 voit la découverte de Pompéi. On dispose de documents visuels importants et précis. On a en main les objets mobiliers, de la vie courante et les peintures d'Herculanum. Surtout on redécouvre la Grèce  et son Art plus fascinant que les imitations des Romains.
Ce néoclassicisme a un aspect "Renaissance". Au 18ème, précédemment il y eut le style "Rocaille" :  Il eut un grand succès mais fut jugé décadent, immoral, comparé à la noblesse de l'antique. Le rocaille (dont le peintre Boucher est un représentant) fut repoussé, combattu par Mariette, Cochin et le comte de Caylus ( figure majeure du néo classicisme dont nous reparlerons)

      Mais à notre époque contemporaine que dire du néoclassicisme? Qu'en est-il de l'héritage classique aujourd'hui?
Nous avons évoqué dans d'autres textes, l'aspect Kaléidoscopique de nombreuses productions artistiques dominées par le  superficiel, le décorum tapageur  ou bien par le seul intérêt de la spéculation. Qu'en est-il de la profondeur de pensée, de l'âme, de l'humanité, de l'humanisme?
       L'historien d'art italien Salvatore Settis écrit dans son livre "le Futur du Classique" : "le classique mérite l'attention et l'étude et il mérite d'être proposé à l'école non comme un jargon privilégié par l'élite mais comme la clé d'accès à la multiplicité des cultures du monde contemporain."
Ce n'est pas en n' étudiant plus le latin ou le grec que  l'on devient pleinement moderne. Toute notre histoire et l'histoire de l'Europe prouve l'inverse.
                           L'ANTIQUE EST EN EFFET DU CÔTE DE LA MODERNISATION.
Pour être fidèles à eux mêmes les peuples ont un problème face à la mondialisation qui nivelle et par conséquent ils cherchent ailleurs c'est à dire du côté de leurs sources, des  ancêtres et de l'antique. Cela est vécu d'ailleurs pour tout artiste ou créateur qui échappe à un nivellement devenu de plus en plus généralisé.
Pour nous en Europe l'étude approfondie du monde Gréco-romain peut être maintenant un principe d'éducation et de formation. C'est un fond commun  qui nous donne une assise et une convivialité solide.


R.Dumoux
www.viapictura.com

Par R. Dumoux - Publié dans : Articles divers
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 21:48


   "Actualité" 2010 2011.

Armand, Basquiat, Mondrian, Larry Clark, le mois de la photo, il y eut aussi Monet  ou encore Banksy. Ah! Oui Mais dans ce blog je n'en parle pas beaucoup pas plus que des grandes expos ou biennales visitées ou encore de musées d'art contemporain. Cependant tout cela est très intéressant, très stimulant.


Je n'évoque pas beaucoup cette actualité non pas parce que elle ne m'intéresse pas mais parce que je suis captivé ailleurs par certains aspects de l'art, fussent-ils "anciens", je dirai plutôt intemporels ou bien encore, par certains artistes qui furent à la fois voyageurs dessinateurs, écrivains et semblent m'inviter à un dépaysement, à des voyages infinis dans le temps et l'espace sans être astreint à des contingences d'une lourde actualité ou d'argent.
Aussi je suis interpelé et interrogé par les textes et compositions historiques, par les curiosités et les récits de voyages qui m'entrainent vers les grandes oeuvres égarées du musée de Topkapi aux grottes d'Ajanta.

Il y aussi l'éventualité d'excursions sur les grands lieux sacrés dans le monde. ( à titre d'exemple je citerai  plusieurs lieux prestigieux de par le monde : depuis Uluru ou Ayears Rock en Australie à Médine, Chartres, Jérusalem, Constantinople, Ste Anne de Beaupré ou Lourdes)


J'ai un attachement particulier aux oeuvres qui sont en quelque sorte des machines à penser, des oeuvres à rêver le monde sans autre obligation que de me trouver devant elles comme à leur disposition pour tout ce qu'elles peuvent m'instiller librement.
Ces pérégrinations érémitiques me conduisent à vagabonder dans les magistrales enluminures de Jean Fouquet. J'en suis l'histoire, bien sûr, mais surtout je me laisse aller avec plaisir, à l'observation de détails de colonnes torsadées ou bien de tentures ou encore des campagnes  qui me rappellent parfois nos paysages. L'imagination se perd dans les méandres des groupes de figures, des armures ou des riches sculptures des portails de cathédrales, comment tout cela est-il bien organisé, comment toutes ces figures sont-elles liées entre elles. Essentiel et déterminant tout cela. Et nous sommes loin  des masses de matériaux, des camions et des sommes d'argent colossales ou de la publicité. Nous atteignons le sublime et la légèreté aussi dans les enluminures de jean Bourdichon.

Dans la réalité, les voyages, Pierre Loti en a fait  un grand nombre : il était officier de marine et c'est cela qui fut à l'origine de sa création littéraire et graphique.
On conserve de lui 600 dessins magnifiques au musée de Rochefort sa ville natale. Avec Julien Viaud on voyage de l'île de Pâques à la Terre de feu, du Sénégal à l'empire Ottoman, du Canada à la Polynésie, de la tour de Belem à Bahia… etc etc. Ses dessins sont des invitations descriptives mais très sensibles et humaines qui nous invitent au rêve et à la poésie. Quelles programmes! Mais il y eut d'autres orientalistes qui nous ont conquis. Eugène Fromentin fut aussi un découvreur  avec ses visions d'Egypte et d'Algérie. Ses tableaux du Sahel, ses chasses au faucon, ses cavaliers et  bivouacs arabes, son expérience du désert font d'Eugène Fromentin un initiateur  pour qui veut partir et découvrir le monde et ses cultures.
Le 19 éme siècle est riche en de semblables  expériences.


Pour revenir aux premières lignes de cet article il est question des grandes expositions qui s'imposent parfois pour la 1ère fois. Monet était au grand Palais à Paris mais  en face au musée d'Orsay eut lieu une grande exposition Gérôme. On a traité ce maître  de "pompier" ou de "chirurgien académiste" ; cependant, maintenant certains se posent la question : lequel  des deux Gérôme ou Monet, est le grand artiste?
La même question se pose pour l'exposition magistrale consacrée à Cabanel au musée Fabre de Montpellier. Il convient également  de revisiter l'oeuvre de Bouguereau.

Aujourd'hui on peut hésiter à parler de "peintre pompier", cela paraît très péjoratif ou méprisant pour une forme d'art où se conjuguent le sublime avec la richesse iconographique, un travail imposant, avec les plus spectaculaires données du métier de la peinture, du dessin et de la composition. Et puis ces peintres nous font rêver, imaginer, penser aux grandes histoires qui hantent un subconscient collectif souvent refoulé. 
A nouveau, on pourra  se poser la question de savoir : lequel  sera le grand artiste?

 

tmp be63d578a2289d3b3d9370e34a0bc6ba

Jean-Léon Gérôme (1824-1904) - Pollice Verso - 1872 Huile sur toile
Collection of Phoenix Art Museum © Phoenix Art Museum

 

Il ne m'appartient pas de répondre. Mais il est  intéressant de constater que certaines oeuvres, fussent-elles plus anciennes, apportent comme un air nouveau dont nous sommes maintenant curieux en raison de leur  richesse fascinante.


R.Dumoux
www.viapictura.com

Par R. Dumoux - Publié dans : Articles divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 21 novembre 2008 5 21 /11 /Nov /2008 22:04
(Cet article ainsi que d'autres qui vont suivre est  inspiré des textes du catalogue de l'exposition du centre Pompidou pour l'exposition "Traces du Sacré". Pour ce qui est du Syncrétisme, il est fait référence ici au texte de Julie Ramos.)


L'ensemble de mon travail est imprégné de l'idée du passage entre les diverses périodes de l'histoire.  Il semble examiner et mettre en évidence les liens qui peuvent se tisser, les parentés entre les civilisations.


Atelier de R. Dumoux : 2 toiles : "Endymion" et "Le Christ au Mont des Oliviers" ©viapictura.com

-----------------------------


                Le syncrétisme semble apparaître autour des années 1900 : c'est Edouard Schurré qui va témoigner de l'idéal d'une synthèse moderne des religions.

Au 19éme siécle, l'église a perdu l'autorité de son dogme.
D'autre part la science est devenue agnostique et la philosophie devint sceptique.

Ce constat conduit
Schurré à chercher un ésotérisme commun aux religions. Il vise à revivifier la doctrine des grands initiés. En 1889, il publie "les Grands Initiés".

 Ce sont : Rama, Krishna, Hermès, Moïse, Orphée, Pythagore, Platon, Jésus.
Dans ce jeu des correspondances entre ces figures historiques, on
recherche une vérité universelle.

(Schurré veut se distinguer de la tendance orientaliste de la théosophie.) (Rudolf Steiner va créer l'anthroposophie.)

   Les écrits de Shurré s'inscrivent dans la revalorisation des textes mystiques  (ceux de Paracelse, de Böhme ou de Swedenborg), dans la traduction des écrits orientaux (hiéroglyphes, sanskrit).
Ainsi
le comparatisme religieux va se diffuser.

  _______________________


   A titre  d'exemples:


- Les romantiques allemands et français développent l'idée de la régénération de l'Occident et la Restauration de l'unité Orient-Occident.

- En 1893, le Syncrétisme sera consacré à Chicago. L'indien Vivekananda y participe et comme son maître Ramakrishna son syncrétisme essaie de réconcilier la science occidentale avec la spiritualité orientale.
- Le propagateur (Suzuki) du bouddhisme Zen depuis les années 50 le réactualise grâce à la psychologie moderne.

- Dans l'art occidental, pour ce qui est du syncrétisme religieux, les Nabis (Sérusier, Ranson) font une relecture de Schurré.
Schuffenecker utilise des symboles Egyptiens (croix), Indiens (svastika) ou évoque le Bouddha.
Le motif du lotus devient l'emblème de l'unité des religions antiques et orientales.
Le Syncrétisme on le retrouve dans "Christ et Bouddha" de Paul Ranson ou dans certaines toiles de Kupka représentant l'esprit du lotus..

La lecture des textes grecs, orientaux, de textes mystiques théosophiques va influencer l'abstraction:
les formes géométriques deviennent l'expression d'une cosmogonie qui est commune aux diverses croyances.

-
En Asie avec le Bouddhisme, le syncrétisme est moins usuel. Mais le bouddhisme comme philosophie et spiritualité est très présent et il va attirer tous les artistes en quête d'une expérience intérieure.


Un article particulier sera consacré au Syncrétisme Religieux de Gauguin.

R.Dumoux
www.viapictura.com


 


3 grands panneaux a tempera : "Homère", "Bouddha", "Le Christ" - R. Dumoux - ©viapictura.com


Par dumoux - Publié dans : Articles divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 12 mai 2008 1 12 /05 /Mai /2008 22:51
     Extrait d'un commentaire sur l'article " l'art et l'argent" du blog viapictura.:

"je faisais des recherches sommaires sur les descriptions d'oeuvres perdues d'Apelle, et je suis tombée sur votre blog. Peut-être n'attendiez vous pas de réponses à cet article, mais j'ai bien envie de réagir. Je pense comme vous que, en effet, les différentes crises, qu'elles fussent culturelles, politiques ou sociales, ont fait des ravages dans l'histoire de l'art. Comme vous le soulignez très justement, "Où sont les toiles de Zeuxis, d'Apelle de Pharasios?" Je vis à Bordeaux, et lorsque cette ville a reçu des fonds importants pour être restaurée, beaucoup ont polémiqué en critiquant que l'argent partait dans des choses inutiles et qu'il valait mieux le consacrer à des logements sociaux par exemple. Mais il me semble que la défense du patrimoine culturel est quelque chose de vital. Nous n'avons pas à laisser péricliter une oeuvre avec pour argument que c'est une dépense inutile. l'art fait partie de notre histoire autant que les textes littéraires, que les discours politiques. Autant que l'Histoire. Détruire une oeuvre n'arrangera pas les problèmes, mais les protéger peut nous permettre de nous souvenir de notre passé, de ces différents courants de pensées qui se sont entrecroisé au cour des siècles. L'art est un témoignage historique très important et dans quelques années, je suis sûre qu'un Historien de l'art, sociologue de l'art ou autre analysera les cours du marché de l'art bien plus objectivement que nous aujourd'hui et expliquera (peut-être) ce phénomène."

                     
                          En réponse à ce commentaire :
                                              
                          Après relecture de mon article du blog viapictura, à propos de l'art et l'argent, je suis étonné de constater une incompréhension de mon texte.
                         Cette allusion à "mon adhésion implicite  à la destruction ou à la non protection du patrimoine" n' a pas de sens pour moi  et ne ressemble en rien à mon travail  (bien sûr, passé sous silence ici)
Cela en fait constitue pour moi une méprise. D'autant que je suis un conservateur et un collectionneur, un compilateur impénitent.
Tout mon travail est axé sur cette recherche de la transmission, de la protection d'une connaissance et de la valorisation d'un patrimoine.
Il suffit pour cela d'ouvrir une page du site viapictura .

                          Inutile de polémiquer. Les oeuvres existent .

                          Certaines sont très protégées d'autres ne le sont pas, qu'il s'agissent de chefs d'oeuvre ou de production "moyennes". (Je n'ai pas exprimé d'opinion sur des oeuvres mal considérées parfois.)

                         Le sens de cet article était de montrer que l'oeuvre d'art quel que soit son âge, son volume ou sa qualité, est menacée de par la nature des choses.
C'est une simple constatation contre laquelle nous luttons  dans la mesure de nos moyens.

                         D'autres exemples peuvent animer cette réflexion:

                        - Les Bouddhas de Bamyan ont résisté à une nouvelle explosion.
Il y a déjà 7 ans les talibans ont détruit en partie ces colossales et merveilleuses statues de bouddha. Une perte immense pour le patrimoine de l'humanité et que l'on essaie de consolider en rassemblent les débris des statues ( pour essayer de les reconstituer) et en protégeant les admirables et immenses fresques qui ornent les niches abritant les bouddhas.
Nouvel incident sans gravité cependant : à l'occasion d'une opération de neutralisation d'obus, les troupes de l'OTAN ont fait exploser 2 obus près de la plus petite des statues. Heureusement on a assuré qu'aucun dégât n'a été causé à ces chefs d'oeuvre.
Cet exemple prouve la "fragilité" des monuments les plus imposants et nous demande de rester vigilants.

                       - Autre exemple pris dans l'art actuel et relatif au sculpteur Richard Serra.
Le musée Reina Sofia de Madrid a tout simplement perdu une oeuvre de Serra : il s'agit d'une oeuvre énorme de plusieurs tonnes, acquise à grand prix .
L'oeuvre est portée disparue!
Autre oeuvre de Serra touchée: "Title Arc"  à New York, pièce de 4m x 36 de long, est déplacée et découpée en morceaux et disparaît définitivement.

                      - Récemment, des voleurs de métaux ont opéré dans le midi pour démolir et faire disparaître des statues imposantes de Kiefer.

Tout cela est l'indice de la fragilité de notre condition et de nos constructions .
Telle est la signification de  l'article "art et politique" commenté par ce lecteur.
(Autre exemple de fragilié:  dans mon travail, les  35 toiles de 5 mètres x 3 mètres du Pictorama  sont  menacées de destruction par les poussières, les entassements , les rats et autres avaries, si rien ni personne ne s'en préoccupe.!)

Avec cette idée de la fatalité qui cause la disparition de certaines oeuvres d'art, nous sommes très loin, à l'opposé, des affirmations erronées de ce lecteur.

R.Dumoux

www.viapictura.com
Par dumoux - Publié dans : Articles divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /Jan /2008 21:31

                                     L'art et l'argent.

          Extrait d'un article de Beaux Arts Magazine à propos de l'argent des artistes:

"Tandis que le prix des oeuvres flambe, que les acheteurs sont insatiables et que l'argent coule à flot dans l'art contemporain, on se demande  ce que les artistes font de ce pactole."

Parfois la réponse est qu'ils collectionnent des oeuvres d'art.

( il s'agit de sommes considérables et les exemples sont nombreux, de plus en plus d'ailleurs.)

Bravo pour ces artistes qui voient ainsi leur oeuvre collectionnée et protégée par le système.

                                     --------------------------------------

              On peut se questionner au sujet de l'argent dans le monde de l'art.

       - Comment est-on arrivé à ce fait que certaines oeuvres (qui n'ont rien d'exceptionnel, semble-t-il) parviennent à égaler, sur ce terrain de l'argent et de la conservation, le niveau des grandes oeuvres illustres de toute l'histoire de l'art.?

        - Pourquoi d'autres oeuvres d'artistes confirmés,  sont-elles totalement dépréciées, non vues, cachées?

        - Pourquoi ces oeuvres fussent-elles inclassables et de grande qualité se voient ainsi exposées aux pires sévices et peut-être à la destruction finale?

                               __________________________

                - Est-ce la valeur-argent qui fait la valeur de l'oeuvre?

                           
               Je n'apporterai pas de réponse à ces dilemnes : la Providence et le Temps s'en chargeront.

               Dans certains cas d' oeuvres du passé,  la sauvegarde a été miraculeuse.
               Chacun connaît la Tapisserie d'Angers, travail panoramique important.
Ces tapisseries ont survécu, bien qu'à une période de l'histoire, certaines d'entre elles aient servi au rembourrage des bas-flancs dans les écuries de chevaux.


               Comment les extraordinaires portraits Egyptiens du Fayoum (Louvre) sont-ils parvenus presque intacts jusqu'à nous après 3000 ans?

                Mais, combien de chef d'oeuvres détruits au moment de la querelle iconoclaste! Combien de retables, d'icônes, de sculptures polychromes et travaillées à l'or ont brûlé sur des bûchers!

                 Combien de fresques ou sculptures décapitées à la Révolution!

                Où sont les toiles de Zeuxis, d'Apelle de Pharasios?
 Que sont devenus ces chefs d'oeuvres impérissables que les artistes de la Renaissance ont tenté de recréer à partir des textes des historiens antiques ?

               Un exemple célèbre est "la calomnie d'Apelle" de Botticelli : le sujet extraordinaire et insolite de cette oeuvre disparue est issu d'une source classique: c'est la description d'un tableau célèbre d'Apelle faite par l'écrivain Lucien, représentant  la Calomnie.
Tous les personnages  symboliques sont réalisés à partir du texte antique: l'Ignorance, la Fraude, le Soupçon, l'Envie  qui traînent le Calomnié devant le roi Midas pour qu'il soit jugé devant la Pénitence et la Vérité nue.
             Botticelli a recréé non seulement les protagonistes de cette action mais aussi les bas-reliefs et et les statues ornant la salle du trône, à partir de la description littéraire de Lucien.


Sandro_Botticelli_021-copie-1.jpg

Sandro_Botticelli_021-2.jpg

                  Toutes ces questions engendrent la mélancolie sur le Temps qui passe, sur les effets du hasard et la relativité, la fragilité de toute chose.

(Cela fut l'occasion de réaliser dans mon travail une série de tableaux a tempéra inspirés de Chronos. S'y déploient les divinités antiques,  les livres poussiéreux, les racines qui ruinent les architectures, l'accumulation des richesses, le tout dominé par la figure du Temps avec ses ailes et sa faux.. )


 
En définitive, c'est à nouveau l'esprit des vanités qui apparaît, relativement à la petitesse de notre condition.

                  Nous sommes soumis aux aléas du hasard si bien que des oeuvres actuelles considérées comme médiocres  par certains ont autant de chance de survivre au pinacle de la célébrité et de la valeur d'argent, que le meilleur tableau ou la plus chryséléphantine des sculptures.

                 Enfin, il est permis de penser que des oeuvres superbes mais cachées s'imposent au fil des ans comme majeures et effacent le souvenir de ce qui est maintenant adulé.

R.Dumoux

www.viapictura.com
Par dumoux - Publié dans : Articles divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /Juin /2007 22:10
                            LES MOTS (art. 2)

     Lettres et mots, depuis les hiéroglyphes et écritures cunéiformes, semblent caractériser  toutes les mouvements artistiques et de création dans les arts plastiques.

Cet article tente de faire un inventaire de l'art des lettres  et des mots dans l'art moderne et actuel.


                           Le rapport des mots et des images.

            - CAVE CANEM est un exemple illustre de liaison entre le mot et l'image.
 Vers l'an 800 dans le livre de Kells l'écriture apparaît sous une forme plastique.
 Plus près de nous le tableau de Magitte "Ceci n'est pas une pipe" semble ironiser sur le commentaire verbal ou le titre d'un tableau.

            - Les mots peints dans les tableaux impressionnistes. Ce sont les affiches à  Trouville dans une toile de Dufy comme aussi les affiches de spectacle dans l'oeuvre de Toulouse-Lautrec.

             - Les mots symbolistes sont très expressifs. Ils se réfèrent aux manuscrits du moyen âge qui inspirent le renouveau du livre.
On pense en particulier à William Morris comme aux illustrations de Burne Jones.
Les bois gravés de Gauguin mettent en oeuvre mots et lettres selon des formes vivantes et expressives. On remarquera aussi des mots expressionnistes dans les oeuvres de Kirchner.

                - Les mots cubistes. Le cubisme utilise de multiples coupures de journaux ou bien des mots isolés. On peut lire dans les toiles de Braque , BAL ou BACH, des marques de Boisson, SUZE, ainsi que dans les oeuvres de Picasso.

                 - Les mots futuristes.
De Carlo Carra il faut citer le"Manifeste interventionniste". C'est une débauche d'éléments visuels comme un manifeste de rue.
Boccioni et Sévérini ont utilisé  mots et manifestes.
Les toiles de Delaunay mettent en scène la publicité dans la vie moderne.
Malevitch a créé une véritable colonne d'affichage alors que Apollinaire réalise ses Calligrammes.

                   - Les mots DADA.
Pour la revue 391 en 1920, Tristan Tzara créé des textes dénués de sens.
Les écritures  entrent aussi fréquemment en jeu dans les compositions de Picabia.
Duchamp a créé un nouveau genre de livre : les pages sont de différentes dimensions et peuvent être lues dans n'importe quel ordre.
Les fragments d'affiches de Raoul Haussman utilisent mots et lettres.
MERZ de Schwitters est symptomatique de la création verbale dada.

                   - Les constructivistes, Rodtchenko, El Lissitsky, Heartfield, se sont abondamment servi des mots dans leurs compositions peintes ou graphiques.

                    - Pour la période de l'après-guerre Isidore Isou est le fondateur du lettrisme.
Alechinsky use de la calligraphie, et Twombly associe graffiti et calligraphie.
Les affichistes Raymond Hains et Rotella accordent beaucoup d'intérêt aux mots et phrases significatives. Les affiches de Hains sont parfois un témoignage de l'histoire.

                    - Le Pop art également use des mots et des lettres en particulier de la pub.
Parmi les plus illustres citons : Jasper Johns, Stuart Davis, Lichtenstein, Ed Rusha ou Warhol avec COCA COLA par exemple.

                     - Plus tard, il y eut les mots des conceptuels.
De Laurence Weiner, les phrases imprimées en gros caractères sur les murs des musées sont célèbres. A titre d'exemple: "La terre retourne à la terre, les cendres aux cendres, la poussière à la poussière."
Pour On Kawara, la date peinte (sur  une petite toile)  de la réalisation de la  peinture est le sujet. Ex :  "May. 1990 -1991."
Parmi les conceptuels il faut encore mentionner : Art Language, Alighiero et Boetti qui font tisser les mots "ordre et désordre" par des tisserands afgans.
Pour Hamilton Finlay, la poésie délaisse la page du livre et devient un objet comme une sculpture ou une stèle.
Pour Merz et Nanucci ou Bruce Nauman l'alphabet ou les chiffres sont réalisés à l'aide de néons.

                      - L'art actuel est aussi fécond en trouvailles.
Barbara Kruger met en scène des slogans de lettres imposantes à la manière des publicités. "J'ACHETE DONC JE SUIS"  en est un exemple.
Ou encore Jenny Holzer concurence les messages urbains dans ses défilés lumineux.

                    Ce parcours est un aperçu sur l'utilisation des lettres, du langage et des mots au fil des courants artistiques en art. Il y a bien d'autres réalisations à citer et à commenter et en particulier par rapport au lettrisme.
Néanmoins ce regard est stimulant car il permet une vision globale sur l'art de tous les temps et il peut contribuer à libèrer  la créativité et la poésie..

R.Dumoux
www.viapictura.com
Par dumoux - Publié dans : Articles divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recommander

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés