Du dessin au tableau.
On peut penser, imaginer une installation monumentale de mes dessins....
Ils sont souvent sans lien apparent, et montrent des sujets très divers.
Il s'agit de motifs multiples :
- éléments anthropomorphes, zoomorphes.
- fragments corporels.
- évocations florales et végétales.
- oiseaux improbables.
- réseaux de traits, de lignes quadrillées.
- formes apparemment abstraites.
- compositions figuratives historiques.
- citation d'oeuvres célèbres et mutation-transposition.
- références illustratives à des compilations livresques.
C'est une grande variété qui est à l'écoute du monde et porte son attention aux choses vécues, vues, lues comme observées, naturelles ou créées par l'homme..
---------------------------------------
Cet article est écrit après l'observation, la contemplation d'un tableau du 15éme siècle italien et relatant le songe de Constantin.
Constantin est sous sa tente, semble rêver, dormir. Derrière sa tente s'échappe un cavalier casqué dont le cheval tonitruant s'engouffre sur le pont Milvius.
A l'opposé, sur ce pont, un cavalier semble être Maxence qui va chuter.
Cependant dans les airs un ange parait annoncer une grande nouvelle, le songe de Constantin inspiré par la présence de la Croix du Christ.
Moment clef de l'histoire.
---------------------------------------
Du dessin de composition qui observe et détermine les éléments divers, s'effectue un passage vers la peinture vers le tableau et les dimensions murales.
L'ensemble de mon travail présenté sur le site viapictura.com est pictural et rétinien: peintures sur panneaux a tempéra, toiles de 2 m jusqu'au format panoramique. Il s'agit le plus souvent d'oeuvres figuratives, narratives, historiques ou symboliques et allégoriques.
La représentation des scènes est conforme aux canons usuels de la lecture des images depuis l'époque romane par exemple où les sujets sont accessibles à la lecture de chacun, quel que soit son niveau de culture.
Il est toujours question de la mise en évidence d'assemblage de figures ayant une portée et un sens défini.
Tout ce travail représente un refus de l'incompréhensible, habituellement en vigueur.
De telles réalisations paraissent actuellement méprisées, rejetées, comme étant populistes et basiques, alors qu'elles tendent à la sublimation de la peinture.
Enfin l'ambition finale de ce projet pictural de longue échéance est de prospecter une histoire générale de l'humanité, depuis la préhistoire jusqu'aux conquêtes scientifiques et de l'espace, en passant en revue toutes les périodes charnières des siècles passés et leurs repères incontournables.
R. Dumoux
www.viapictura.com
On peut penser, imaginer une installation monumentale de mes dessins....
Ils sont souvent sans lien apparent, et montrent des sujets très divers.
Il s'agit de motifs multiples :
- éléments anthropomorphes, zoomorphes.
- fragments corporels.
- évocations florales et végétales.
- oiseaux improbables.
- réseaux de traits, de lignes quadrillées.
- formes apparemment abstraites.
- compositions figuratives historiques.
- citation d'oeuvres célèbres et mutation-transposition.
- références illustratives à des compilations livresques.
C'est une grande variété qui est à l'écoute du monde et porte son attention aux choses vécues, vues, lues comme observées, naturelles ou créées par l'homme..
---------------------------------------
Cet article est écrit après l'observation, la contemplation d'un tableau du 15éme siècle italien et relatant le songe de Constantin.
Constantin est sous sa tente, semble rêver, dormir. Derrière sa tente s'échappe un cavalier casqué dont le cheval tonitruant s'engouffre sur le pont Milvius.
A l'opposé, sur ce pont, un cavalier semble être Maxence qui va chuter.
Cependant dans les airs un ange parait annoncer une grande nouvelle, le songe de Constantin inspiré par la présence de la Croix du Christ.
Moment clef de l'histoire.
---------------------------------------
Du dessin de composition qui observe et détermine les éléments divers, s'effectue un passage vers la peinture vers le tableau et les dimensions murales.
L'ensemble de mon travail présenté sur le site viapictura.com est pictural et rétinien: peintures sur panneaux a tempéra, toiles de 2 m jusqu'au format panoramique. Il s'agit le plus souvent d'oeuvres figuratives, narratives, historiques ou symboliques et allégoriques.
La représentation des scènes est conforme aux canons usuels de la lecture des images depuis l'époque romane par exemple où les sujets sont accessibles à la lecture de chacun, quel que soit son niveau de culture.
Il est toujours question de la mise en évidence d'assemblage de figures ayant une portée et un sens défini.
Tout ce travail représente un refus de l'incompréhensible, habituellement en vigueur.
De telles réalisations paraissent actuellement méprisées, rejetées, comme étant populistes et basiques, alors qu'elles tendent à la sublimation de la peinture.
Enfin l'ambition finale de ce projet pictural de longue échéance est de prospecter une histoire générale de l'humanité, depuis la préhistoire jusqu'aux conquêtes scientifiques et de l'espace, en passant en revue toutes les périodes charnières des siècles passés et leurs repères incontournables.
R. Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Le dessin
Mes dessins.
A plusieurs reprises il fut question de ce travail qui est à la base de toutes mes réalisations.
Il faut noter tout de suite cependant qu'il ne s'agit pas seulement d'ébauches pour la préparation des toiles ou tableaux.
Le site viapictura.com en donne un aspect dans quelques suites, couvrant plusieurs décennies.
Il est possible de revoir le site et visiter diverses séries de dessins assemblés selon un répertoire précis.
------------------------------------
"Mes dessins" constituent en réalité une oeuvre à part entière qui se déroule continuellement
sur plus de 30 ans. Pour mémoire, je citerai 2000 dessins abstraits (format A4) sur 2 ans ou bien des dessins à la plume en grandes dimensions (150cm x 120.)

Ainsi, au fil du temps, outre les dessins préparatoires ou de recherche, des suites se sont constituées et peuvent être répertoriées selon une nomenclature précise allant de la composition mythologique ou biblique et évangélique à la figuration surréaliste ou symboliste jusqu'à des séries actuelles sur la vie, la mort ou encore dans des bestiaires soit naturalistes soit monstrueux ou zoomorphes ou bien encore sur l'espace avec des cosmogonies fantastiques.

Actuellement le répertoire abordé est relatif au domaine des Curiosités et des Vanités, aux monstres mais aussi à la mythologie avec les amours des dieux et à l'évocation des anges à travers l'histoire.
Certains parmi ces dessins( format A4) sont choisis et répétés selon des variations colorées mais aussi inversés.( Il en a été question dans un article précédent ou tel dessin a connu jusqu'à 10 variations.)
Un projet est de réaliser en grandes dimensions des compositions de 2 mètres, au crayon de couleur et à l'encre, inspirées de certains de ces dessins.
Certains de ces dessins en grandes dimensions peuvent alors être encollés et préparés puis travaillés a tempéra et certains aboutiront au tableau..
Les procédés de la tempéra assurent une grande liberté mais leur originalité est toujours sous tendue par une mise en oeuvre pointue du dessin.

La grande liberté et originalité de ces pratiques est de ne pas dissocier le dessin , la composition et la matière couleur, toutes données qui s'imbriquent les unes dans les autres et s'engendrent naturellement.
Il est parfois difficile de comprendre ce processus qui demande une expérience et une attention profonde aux mystères de la peinture depuis les enluminures des miniatures persanes, aux évangéliaires enluminés et au métier tout de transparence de Breughel, jusqu'aux esquisses à l'huile sur panneaux de Rubens.
Cette longue expérience est basée sur l 'exercice fastidieux des encollages, marouflages à chaud et sur le dosage des préparations.
Ces pratiques étant étroitement liées à l'originalité du dessin qui est un processus de lumière vers les transparences de la peinture.
Autant de critères difficiles à aborder et qui font que le produit de toutes ces pratiques trouve peu de concurrence sur la scène de l'art.
N.B.
Un exemple caractéristique à méditer :
Certains manuscrits de la Renaissance italienne, comme les manuscrits de St Ambroise, à Milan, présentent des enluminures inachevées.
Dans ces oeuvres on observe les étapes de la réalisation :
- le dessin au trait précis.
- l'ébauche colorée d'ensemble.
- l'exécution finale avec la saturation de la couleur, les dégradés et contrastes.
- et enfin les reflets iridescents des plages colorées et les vibrations spirituelles jouant sur les raies de lumière qui animent les personnages.
R.Dumoux
www.viapictura.com
A plusieurs reprises il fut question de ce travail qui est à la base de toutes mes réalisations.
Il faut noter tout de suite cependant qu'il ne s'agit pas seulement d'ébauches pour la préparation des toiles ou tableaux.
Le site viapictura.com en donne un aspect dans quelques suites, couvrant plusieurs décennies.
Il est possible de revoir le site et visiter diverses séries de dessins assemblés selon un répertoire précis.
------------------------------------

Ainsi, au fil du temps, outre les dessins préparatoires ou de recherche, des suites se sont constituées et peuvent être répertoriées selon une nomenclature précise allant de la composition mythologique ou biblique et évangélique à la figuration surréaliste ou symboliste jusqu'à des séries actuelles sur la vie, la mort ou encore dans des bestiaires soit naturalistes soit monstrueux ou zoomorphes ou bien encore sur l'espace avec des cosmogonies fantastiques.

Actuellement le répertoire abordé est relatif au domaine des Curiosités et des Vanités, aux monstres mais aussi à la mythologie avec les amours des dieux et à l'évocation des anges à travers l'histoire.
Certains parmi ces dessins( format A4) sont choisis et répétés selon des variations colorées mais aussi inversés.( Il en a été question dans un article précédent ou tel dessin a connu jusqu'à 10 variations.)
Un projet est de réaliser en grandes dimensions des compositions de 2 mètres, au crayon de couleur et à l'encre, inspirées de certains de ces dessins.
Certains de ces dessins en grandes dimensions peuvent alors être encollés et préparés puis travaillés a tempéra et certains aboutiront au tableau..
Les procédés de la tempéra assurent une grande liberté mais leur originalité est toujours sous tendue par une mise en oeuvre pointue du dessin.

La grande liberté et originalité de ces pratiques est de ne pas dissocier le dessin , la composition et la matière couleur, toutes données qui s'imbriquent les unes dans les autres et s'engendrent naturellement.
Il est parfois difficile de comprendre ce processus qui demande une expérience et une attention profonde aux mystères de la peinture depuis les enluminures des miniatures persanes, aux évangéliaires enluminés et au métier tout de transparence de Breughel, jusqu'aux esquisses à l'huile sur panneaux de Rubens.
Cette longue expérience est basée sur l 'exercice fastidieux des encollages, marouflages à chaud et sur le dosage des préparations.
Ces pratiques étant étroitement liées à l'originalité du dessin qui est un processus de lumière vers les transparences de la peinture.
Autant de critères difficiles à aborder et qui font que le produit de toutes ces pratiques trouve peu de concurrence sur la scène de l'art.
N.B.
Un exemple caractéristique à méditer :
Certains manuscrits de la Renaissance italienne, comme les manuscrits de St Ambroise, à Milan, présentent des enluminures inachevées.
Dans ces oeuvres on observe les étapes de la réalisation :
- le dessin au trait précis.
- l'ébauche colorée d'ensemble.
- l'exécution finale avec la saturation de la couleur, les dégradés et contrastes.
- et enfin les reflets iridescents des plages colorées et les vibrations spirituelles jouant sur les raies de lumière qui animent les personnages.
R.Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Le dessin
Les lignes et leur signification. (et dans l'oeuvre de Markus Raetz) Art.2
- Les lignes ondoyantes et serpentines: elles fascinent Raetz : ce sont des étreintes , des vagues, des corps sensuels, des serpents ou des boucles de cheveux.
Diderot parle de la ligne serpentante :
- La statue équestre plaît plus que la statue pédestre, la ligne brisée plus que la droite, la ligne circulaire plus que la brisée, l'ovale plus que la circulaire, la serpentante plus que l'ovale.
- La ligne ondoyante symbolise le mouvement, la vie.
- La ligne droite est le symbole de l'inertie.
Diderot tient compte de la pensée d' Hogarth" dans son "analyse de la Beauté"
- Hogarth, contre la droite, contre la symétrie, contre les jardins français, chante l'hymne de de la ligne serpentine. Il dit qu'il n'y a pas de divinité égyptienne, grecque ou romaine sans qu'il y ait un serpent enroulé, une corne d'abondance ou autre symbole sinueux .
Allées sinueuses, ruban autour d'une canne, linéament d'un os, boucle de cheveux, formes de flammes, de vagues conduisent l'oeil dans une poursuite enjouée.
- Raphael refuse la manière droite et raide et s'entiche de la ligne serpentine à la vue de Michel Ange et des draperies antiques.
- L'analyse de la beauté d'Hogarth a en épigraphe 2 vers de Milton:
"Ainsi Satan variait ses mouvements et sa queue tortueuse. Enroulant ses capricieux anneaux à la vue d'EVE."
L'artiste actuel Markus Raetz multiplie spirales et tourbillons. Il suggère tourbillons, remous, mouvements de la mer et des vents. En cela il est proche de Léonard dans ses carnets lorsqu'il parle des tourbillons.
----------------------------------------------------------
Plusieurs aspects des oeuvres, dessins ou sculptures, de cet artiste sont dans le prolongement de ces réflexions. Citons pour conclure quelques exemples.
- 1979. Raetz construit Mimi, ensemble d'éléments de bois de section carrée, de 50 cm à 200 cm. L'ensemble forme une sculpture fruste. La forme suggérée par l'assemblage est une figure soit couchée, soit assise. C'est une sorte de marionnette brute ou poupée équarrie. ( le nom de Mimi désigne des esprits de certains aborigènes d'Australie.)
- Dans labyrinthe d'Eros, Raetz créé des labyrinthes, des dédales et des méandres. Il évoque un hémisphère dans une chevelure. En 1980, il dessine des entrelacs de lignes qui sont comme des figures enlacées.
- Dans la suite du travail des lignes, Markus Raetz utilise les ponctuations. Il dessine des parenthèses, virgules, lignes de points,tirets, signes d'addition, de soustraction, de division ou multiplication ainsi que des arobases, des esperluettes, signes de l'infini et aussi les flèches.
Toutes ces figures sont à le base de ses dessins et sculptures.
De plus Raetz joue avec les lettres et les mots pour ses dessins et ses sculptures.
Par exemple, le Z de zénith renversé devient Nadir.
Le Y symbolise la langue bifide du serpent ou bien 2 doigts écartés ou bien la lettre érotique du y.
Le Y est aussi la fronde de David. Mais aussi l'aiguillage, le carrefour, le diapason ou la fourche à 2 dents.
Le M c'est l'homme et renversé ,W, il figure la femme.
Raetz joue avec les anagrammes, les homophonies, les échos et les contrepèteries.
Night- Light...Ligne-Linge...
Il relève tous les mots qui en argot désignent la tête:
caboche, caisson, citrouille, poire, potiron, citron, trognon...
Il relève l'expression des mains.. les mains travaillent, écrivent, caressent, fouillent, une main caresse un coeur, recherchent la pensée dans un cerveau.
Enfin pour conclure sur le travail de Markus Raetz, il faut citer, à l'opposé, l'emploi des taches.
Il grave ainsi des paysages de l'ici et de l'ailleurs.. des collines, un fond de vallée, des montagnes , une grande plaine. Il en propose des archétypes. Pour cela il choisit le moyen du hasard contrôlé qui a passionné Hugo et il se réfère aussi au traité de l'anglais Cozens.
Raetz s'inspire aussi de carnets de Léonard fasciné par les murs.
"Si tu regardes des murs barbouillés de taches et si tu veux imaginer quelque chose, tu y verras des paysages variés, des montagnes, des fleuves, rochers arbres et collines ou montagnes."
Il retouche les taches, les formes accidentelles et il les reprend.
Tout l'oeuvre de Raetz est intéressant à évoquer, car il est suggestif d'une richesse de pensée et d'imagination et ainsi il est précieux pour tout ceux qui cultivent l'art du dessin ou le proposent à des disciples.
R. Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Le dessin
Le dessin et les lignes.
Dans un livre à propos de l'artiste actuel, Markus Raetz, Gilbert Lascault cite un certain nombre de textes ou d'anecdotes relatives au dessin et à sa pratique.
Ces références me paraissent être en rapport de pensée et de sensibilité avec mon travail et en particulier avec mes dessins. (D'où la présence de certains d'entre eux comme illustration de cet article.)
Selon les siècles, chaque anecdote exprime une pensée, une réflexion sur l'art du dessin.
- "NULLA DIES SINE LINEA" est une citation de Pline l'Ancien (23-79 av. J.C.)
C'est un mot attibué à Apelle (4 ème siècle av. J.C.) : Apelle ne passait pas un jour sans tracer une ligne, sans s'être exercé par quelque trait.
Dessin - 1963 - R. Dumoux
- Dans l'antiquité les écrivains insistent sur l'importance des lignes. Pline parle d'une rencontre entre Protogène et Apelle. Apelle va à Rhodes visiter Protogène.
Ce dernier est absent mais Apelle découvre un panneau et dessine une ligne. A son retour Protogène comprend que Apelle est passé là, car nul autre n'est capable d'une telle perfection et finesse.
- Zeuxis et Parrhasios aussi apportent beaucoup à cet art du dessin.
- Giotto (1266-1337) prouve sa maîtrise en dessinant des lignes. A un légat du pape venus lui demander des dessins pour un projet de fresque, il lui traça un cercle en gardant le bras collé au corps et en faisant tourner sa main comme un pinceau. Le tracé parfait de ce cercle permit au pape de se rendre compte de la supériorité de Giotto et ainsi il lui confia la réalisation du projet.
C'est Vasari dans ses "Vies" qui rapporte cette anecdote.
Dionysos - Dessin (détail) - Plume et crayon rouge - 2001 - R. Dumoux
- Au cours des siècle suivants on connaît bien cet intérêt pour le dessin particulièrement aux époques renaissance ou classique, que l'on envisage les sinuosités de Botticelli, de Léonard ou le classicisme de Lebrun ou les gravures des burinistes du 17ème, de Claude Mellan par exemple.. qui gravait d'un trait continu de burin le visage du Christ.
- Au 18 ème siècle, le concept de la ligne avec Diderot et d'Alembert fait que la ligne est une quantité qui n'a ni largeur, ni profondeur et qui n'est étendue qu'en longueur.
- Selon l'Encyclopédie, la ligne est formée par l'écoulement et le mouvement d'un point.
Il y a deux sortes de lignes: les droites et les courbes . Les droites sont toutes de même espèce mais il y a des lignes courbes d'un nombre infini d'espèces.
"Apollon" : dessin à la pointe d'argent et plume sur papier préparé - 21 x 29 cm - 1997 - R. Dumoux
- Plus près de nous, outre les graveurs et dessinateurs de Dali à Bellmer, Marcel
Duchamp a fait une réflexion particulière sur la ligne: il s'agit de son mètre souple, 3 stoppages étalon.
Un fil droit tombe sur le plan horizontal et cette nouvelle ligne lui fournit une nouvelle unité de longueur.
"vibrations" : dessin au pinceau - 18 x 26 cm - 1974 - Raymond Dumoux
Cet article veut évoquer l'importance du concept de la ligne et du dessin tout au long de l'histoire. Il peut être source de méditation et de création pour toute personne qui aime le dessin et se trouve passionné par le travail des lignes.
Dans le prochain article, il sera question des diverses sortes de lignes qui fascinent Markus Raetz et à partir desquelles il a créé des dessins et des assemblages ou sculptures..
R.Dumoux
www.viapictura.com
Dans un livre à propos de l'artiste actuel, Markus Raetz, Gilbert Lascault cite un certain nombre de textes ou d'anecdotes relatives au dessin et à sa pratique.
Ces références me paraissent être en rapport de pensée et de sensibilité avec mon travail et en particulier avec mes dessins. (D'où la présence de certains d'entre eux comme illustration de cet article.)
Selon les siècles, chaque anecdote exprime une pensée, une réflexion sur l'art du dessin.
- "NULLA DIES SINE LINEA" est une citation de Pline l'Ancien (23-79 av. J.C.)
C'est un mot attibué à Apelle (4 ème siècle av. J.C.) : Apelle ne passait pas un jour sans tracer une ligne, sans s'être exercé par quelque trait.
Dessin - 1963 - R. DumouxCe dernier est absent mais Apelle découvre un panneau et dessine une ligne. A son retour Protogène comprend que Apelle est passé là, car nul autre n'est capable d'une telle perfection et finesse.
- Zeuxis et Parrhasios aussi apportent beaucoup à cet art du dessin.
- Giotto (1266-1337) prouve sa maîtrise en dessinant des lignes. A un légat du pape venus lui demander des dessins pour un projet de fresque, il lui traça un cercle en gardant le bras collé au corps et en faisant tourner sa main comme un pinceau. Le tracé parfait de ce cercle permit au pape de se rendre compte de la supériorité de Giotto et ainsi il lui confia la réalisation du projet.
C'est Vasari dans ses "Vies" qui rapporte cette anecdote.
Dionysos - Dessin (détail) - Plume et crayon rouge - 2001 - R. Dumoux- Au cours des siècle suivants on connaît bien cet intérêt pour le dessin particulièrement aux époques renaissance ou classique, que l'on envisage les sinuosités de Botticelli, de Léonard ou le classicisme de Lebrun ou les gravures des burinistes du 17ème, de Claude Mellan par exemple.. qui gravait d'un trait continu de burin le visage du Christ.
- Au 18 ème siècle, le concept de la ligne avec Diderot et d'Alembert fait que la ligne est une quantité qui n'a ni largeur, ni profondeur et qui n'est étendue qu'en longueur.
- Selon l'Encyclopédie, la ligne est formée par l'écoulement et le mouvement d'un point.
Il y a deux sortes de lignes: les droites et les courbes . Les droites sont toutes de même espèce mais il y a des lignes courbes d'un nombre infini d'espèces.
"Apollon" : dessin à la pointe d'argent et plume sur papier préparé - 21 x 29 cm - 1997 - R. Dumoux- Plus près de nous, outre les graveurs et dessinateurs de Dali à Bellmer, Marcel
Duchamp a fait une réflexion particulière sur la ligne: il s'agit de son mètre souple, 3 stoppages étalon.
Un fil droit tombe sur le plan horizontal et cette nouvelle ligne lui fournit une nouvelle unité de longueur.
"vibrations" : dessin au pinceau - 18 x 26 cm - 1974 - Raymond DumouxCet article veut évoquer l'importance du concept de la ligne et du dessin tout au long de l'histoire. Il peut être source de méditation et de création pour toute personne qui aime le dessin et se trouve passionné par le travail des lignes.
Dans le prochain article, il sera question des diverses sortes de lignes qui fascinent Markus Raetz et à partir desquelles il a créé des dessins et des assemblages ou sculptures..
R.Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Le dessin
Réalisations en cours (Mai, Juin, Juillet 2007) : Les dessins et la répétition.
Dessins (répétitions, inversions) - R. Dumoux
Réalisations en cours (suite)
Dessins et répétition.
Le travail quotidien du peintre R. Dumoux (voir le site www.viapictura.com) est fait de multiples pages graphiques qui constituent un inventaire tant iconographique que technique ou historique.
Il a déjà été question sur ce blog des collections de dessins qui sont un répertoire important, base de tout le travail.
Répertoire dont un aperçu est donné par le site selon diverses rubriques.
Ce corpus de dessins est en soi une création, une sorte de process art, d'art en création continue au même titre que le déroulement des heures, des jours et des impressions.
- Un aspect particulier de cette création continue est à relever, celui de la répétition, c'est à dire de la reprise volontaire de certaines compositions et dessins.
Par exemple, telle scène ornementale de "singeries" ou telle crucifixion, ou encore tel duo mythologique sera repris 3, 4 ou 5 fois.
Un exemple récent fait intervenir 10 fois le même motif. Il s'agit d'une crucifixion qui est au centre d'une sorte de visage fait de grosses fleurs mais dont l'aspect général évoque une tête de mort. Une autre finit par s'inscrire dans un coeur.
Ce sont des images qui ont évolué peu à peu par modifications successives, vers un aspect tout à fait métamorphosé. Il s'agit alors de multiples originaux.
- A chaque reprise, des changements interviennent. Les variations improvisées ont trait à la composition, au dessin mais aussi à la couleur. De plus certaines exemplaires sont inversés.
Reprises ou inversions se font en reportant par transparence sur une vitre.
C'est un procédé élémentaire qui a été souvent utilisé par Fragonard.
- La reproduction mécanique, la sérigraphie a été utilisée pour la création de multiples par Warhol: on connaît les divers exemplaires des Marilyn ou des Maos. Ou bien encore les répétitions des portraits de Liz Taylor en Cléopâtre où certains visages sont à demi effacés .
( à remarquer cependant que les visées de Warhol étaient différentes des démultiplications manuelles de Fragonard.)
Chacun des exemplaires est identique dans la forme, mais la couleur à travers l'écran de soie y introduit des coulées, des effacements qui à chaque épreuve produit une oeuvre originale.
Cette pratique de la répétition est aussi à rapprocher des oeuvres en série, telles les toiles de Monet (les meules ou les cathédrales offrent des variations colorées selon les heures du jour)
- On retrouve là, cette méthode de Cozens ou de Hercule Seghers qui à partir d'une même tache ou d'une même plaque de cuivre obtenait des oeuvres originales à chaque fois, du fait de l'intervention de la couleur, de la matière ou du support préparé différemment.
- La quête de l'imaginaire, la projection du subconscient sont à la base de mes suites de dessins dont il est question au début de cet article.
Ce phénomène de la répétition, outre la création de multiples originaux, lorsqu'il se répète un grand nombre de fois fait intervenir le facteur temps.
Le temps fait apparaître en effet une évolution, des modifications, comme un vieillissement: certaines compositions se trouvent ainsi usées, ruinées par l'accumulation des graphismes ou des couleurs; d'autres, au contraire, semblent se régénérer, renaître, devenir plus lisibles et explicites.
- De même pour Marcel Duchamp, répéter , ce n'est pas reproduire. La répétition est une sorte d'angoisse.
La répétition n'est pas une reproduction mimétique. Reproduire c'est mettre à mal, perturber les liens qui existent entre la copie et l'original historique.
Dans les années 60, Duchamp autorise la duplication des ready-mades et il laisse faire les variations qui en découlent.
Ainsi, il passe les derniers temps de sa vie à signer toutes les duplications que le public lui présente: cartons d'invitations, reproductions à diverses échelles de sa boîte en valise, ready-mades etc
La reproduction n'est pas une répétition mimétique, mais elle a au contraire une fonction créatrice de grand intérêt.
C'est dans ce sens qu'est publié ici un article par rapport à mes dessins.
Ce travail de dessin quotidien se développe ainsi, chaque jour depuis des années. Il y a dans ce corpus très important une évolution créatrice au cours des ans qui est déterminante sur l'ensemble de l'oeuvre et sur son sens.
R.Dumoux
www.viapictura.com
Dessins (répétitions, inversions) - R. DumouxRéalisations en cours (suite)
Dessins et répétition.
Le travail quotidien du peintre R. Dumoux (voir le site www.viapictura.com) est fait de multiples pages graphiques qui constituent un inventaire tant iconographique que technique ou historique.
Il a déjà été question sur ce blog des collections de dessins qui sont un répertoire important, base de tout le travail.
Répertoire dont un aperçu est donné par le site selon diverses rubriques.
Ce corpus de dessins est en soi une création, une sorte de process art, d'art en création continue au même titre que le déroulement des heures, des jours et des impressions.
- Un aspect particulier de cette création continue est à relever, celui de la répétition, c'est à dire de la reprise volontaire de certaines compositions et dessins.
Par exemple, telle scène ornementale de "singeries" ou telle crucifixion, ou encore tel duo mythologique sera repris 3, 4 ou 5 fois.
Un exemple récent fait intervenir 10 fois le même motif. Il s'agit d'une crucifixion qui est au centre d'une sorte de visage fait de grosses fleurs mais dont l'aspect général évoque une tête de mort. Une autre finit par s'inscrire dans un coeur.
Ce sont des images qui ont évolué peu à peu par modifications successives, vers un aspect tout à fait métamorphosé. Il s'agit alors de multiples originaux.
- A chaque reprise, des changements interviennent. Les variations improvisées ont trait à la composition, au dessin mais aussi à la couleur. De plus certaines exemplaires sont inversés.
Reprises ou inversions se font en reportant par transparence sur une vitre.
C'est un procédé élémentaire qui a été souvent utilisé par Fragonard.
- La reproduction mécanique, la sérigraphie a été utilisée pour la création de multiples par Warhol: on connaît les divers exemplaires des Marilyn ou des Maos. Ou bien encore les répétitions des portraits de Liz Taylor en Cléopâtre où certains visages sont à demi effacés .
( à remarquer cependant que les visées de Warhol étaient différentes des démultiplications manuelles de Fragonard.)
Chacun des exemplaires est identique dans la forme, mais la couleur à travers l'écran de soie y introduit des coulées, des effacements qui à chaque épreuve produit une oeuvre originale.
Cette pratique de la répétition est aussi à rapprocher des oeuvres en série, telles les toiles de Monet (les meules ou les cathédrales offrent des variations colorées selon les heures du jour)
- On retrouve là, cette méthode de Cozens ou de Hercule Seghers qui à partir d'une même tache ou d'une même plaque de cuivre obtenait des oeuvres originales à chaque fois, du fait de l'intervention de la couleur, de la matière ou du support préparé différemment.
- La quête de l'imaginaire, la projection du subconscient sont à la base de mes suites de dessins dont il est question au début de cet article.
Ce phénomène de la répétition, outre la création de multiples originaux, lorsqu'il se répète un grand nombre de fois fait intervenir le facteur temps.
Le temps fait apparaître en effet une évolution, des modifications, comme un vieillissement: certaines compositions se trouvent ainsi usées, ruinées par l'accumulation des graphismes ou des couleurs; d'autres, au contraire, semblent se régénérer, renaître, devenir plus lisibles et explicites.
- De même pour Marcel Duchamp, répéter , ce n'est pas reproduire. La répétition est une sorte d'angoisse.
La répétition n'est pas une reproduction mimétique. Reproduire c'est mettre à mal, perturber les liens qui existent entre la copie et l'original historique.
Dans les années 60, Duchamp autorise la duplication des ready-mades et il laisse faire les variations qui en découlent.
Ainsi, il passe les derniers temps de sa vie à signer toutes les duplications que le public lui présente: cartons d'invitations, reproductions à diverses échelles de sa boîte en valise, ready-mades etc
La reproduction n'est pas une répétition mimétique, mais elle a au contraire une fonction créatrice de grand intérêt.
C'est dans ce sens qu'est publié ici un article par rapport à mes dessins.
Ce travail de dessin quotidien se développe ainsi, chaque jour depuis des années. Il y a dans ce corpus très important une évolution créatrice au cours des ans qui est déterminante sur l'ensemble de l'oeuvre et sur son sens.
R.Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Le dessin
Sur le site www.viapictura.com , plusieurs séries de mes dessins sont mis en ligne, selon divers régistres et s'étalant de 1964 à maintenant.Dans l'ensemble, il s'agit de dessins arrêtés mais pas d'esquisses ni de croquis. Dans ce dernier cas au lieu d'esquisse ou d'ébauche, j'utilise le terme de 1 ère pensée.
La "première pensée" suggère une démarche intentionnelle et le sens premier d'une recherche.
Le corpus de mes dessins est important, s'étant poursuivi sur plus de 30 ans et de façon continue. A titre d'exemple, si je considère les 10 dernières années, mes feuilles se décomptent à raison de 50 chaque mois au moins. Il semble en être de même pour les décennies précédentes.
Dénombrer est un acte important et significatif sur l'intensité et la qualité d'un travail, sur le développement d'une pensée.
Ces suites ininterrompues sont le miroir d'une évolution, au cours des mois et années. Elles créent une existence, une façon d'être, une essence qui ne peut pas être accidentelle ou accessoire.
Montaigne dit : "C'est mon livre qui me fait"
Le cheminement graphique constitue la base de la construction d'une iconographie et du développement d'une pensée.
Sur le site viapictura.com, les dessins sont répertoriés et classés selon plusieurs rubriques et chronologiquement : de l'abstrait au figuratif, des thèmes mythologiques, classiques aux thèmes symboliques ou historiques.
Un répertoire peut aussi être composé selon les procédés utilisés pour la réalisation de ces dessins. J'aurai l'occasion de parler plus tard de techniques graphiques mises en oeuvre ainsi que de la classification de mes dessins sur le site..
Au 18 ème siècle Joseph Dezallier d'Argenville (1680-1765) possède une collection de 9000 dessins. Il est aussi l'auteur d'un essai sur la connaissance et la pratique du dessin. Dessins de Poussin, Watteau, Fragonard, David, Ingres.
Dezallier distinguent diverses catégories parmi ses dessins et en particulier 5 espèces différentes:
les pensées, les dessins arrêtés, les études, les académies, les cartons.
Par exemple, les dessins de Poussin sont des esquisses spontanées, sur le vif ou de pure invention.
Ingres comme Fragonard se copient, répètent leurs oeuvres. Ce sont des dessins arrêtés ou des dessins faits après le tableau, souvenirs de composition.
(Fragonard utilisait le calquage sur la vitre.)
David met en oeuvre les diverses pratiques : pensées, dessins arrêtés, académies, études, cartons. ( L'académie est souvent celle du drapé, des plis. Le carton est destiné à être calqué à l'aide d'une pointe sur un enduit.)
Avec plus de recul, une recherche peut être faite sur le dessin moderne et aussi contemporain et il est possible d'imaginer d'autres classifications ou catégories, liées, par exemple à la photo ou au collage.
R.Dumoux
www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Le dessin
Le site viapictura.com présente divers aspects de mes dessins depuis plus de 30 ans. Le corpus de ce travail étant très dense, il a fallu présenter un répertoire et une classification des collections selon des régistres techniques ou bien iconographiques en tenant compte d'une chronologie.
Signalons seulement pour l'instant quelques lignes, de l'abstrait au figuratif, des dessins historiques aux inspirations symboliques, du travail à la plume au dessin à la mine de plomb rehaussé, sur papier préparé, à la pointe d'argent ou encore sur toile fine encollée,etc...
Divers articles seront ainsi publiés en rapport avec ce travail.
A la réflexion, on se prend à penser aux grands dessinateurs dans l'histoire de l'art, de Dürer à Hokusaï, de Rembrandt à Jacques Callot, etc... Mais en remontant à des époques antérieures, les manuscrits (en occident comme en orient) retiennent toute l'attention.
Le dessin fut un moyen privilégié des enluminures à l'époque romane.
Tels sont les enlumineurs :
- Ingelard à St Germain des Prés
- Hugo Pictor en Normandie
- Le maitre de la Bible de Limoges
- le maitre de la Bible d' Etienne Harding à Citeaux .
Dans tous les cas une grande place est accordée au dessin : ce ne sont pas des esquisses ni des croquis. Ce sont des dessins faisant partie intégrante d'un texte. Quelques fois il s'agit d'illustrations inachevées destinées à être peintes. Souvent il s'agit de compositions très abouties.
Les antécédents de ces illustrations se situent dans l'enluminure carolingienne. Il faut voir à ce titre le Psautier d'Utretch et les modèles de Reims. Autant d'exemples incontournables.
Les enlumineurs privilégient la fluidité des lignes et les contours fortement sertis et continus. Souvent la couleur est subordonnée au dessin, le dessin restant parfois en transparence.
La fameuse Bible d'Etienne Harding conserve des parties de composition demeurées à l'état d'épure, de dessin pur. Le goût du dessin pur semble lié à l'esthétique médiévale. On privilégie le dessin : on abandonne l'illusionnisme pictural et spatial. Ainsi on donne la priorité à la ligne.
Nous verrons comment cette prédilection pour le graphisme existe de la même façon dans d'autres techniques artistiques.
R.Dumoux - www.viapictura.com
par dumoux
publié dans :
Le dessin