La peinture

Mercredi 30 septembre 2009 3 30 09 2009 22:27
"Ce que pourrait être la peinture de l'avenir."

Quel sera le but de la peinture de l'avenir?
Comme pour la poésie, la musique et la philosophie : il s'agit de donner des sensations qu'on ne connaissait pas avant.
Et dépouiller l'art de tout ce qu'il contient de routine.

Supprimer l'homme comme point de repère, moyen d'exprimer un symbole, une pensée, une sensation.
Se libèrer enfin de ce qui a entravé la sculpture : l'anthropomorphisme. Et voir l'homme en tant que chose.
C'est la méthode de Nietszche.
Une oeuvre d'art vraiment immortelle ne peut naître que par la révélation.

C'est peut être Schopenhauer qui a le mieux exprimé le moment particulier de la révélation en disant :
"Pour avoir des idées originales, extraordinaires, peut-être même immortelles, il suffit de s'isoler si absolument du monde et des choses pendant quelques instants, que les objets et les événements les plus ordinaires nous apparaissent comme complètement nouveaux et inconnus, ce qui révèle leur véritable essence."

Maintenant au lieu de la naissance d'idées originales extraordinaires, immortelles, figurez vous la naissance de la pensée d'une oeuvre d'art, peinture ou sculpture, et vous aurez là, le principe de la révélation en peinture.

Une révélation peut naître tout à coup, et aussi provoquée par la vue de quelque chose, édifice, rue, jardin. Elle appartient à un genre de sensations étranges que je n'ai observé que dans un seul homme : Nietszche.
Lorsque Nietszche parle de son Zarathoustra, il dit : j'ai été surpris par Zarathoustra et là, se trouve toute l'énigme de la révélation qui vient soudainement.
Lorsque la révélation résulte de la disposition de choses, l'oeuvre qui se présente est liée avec ce qui a provoqué sa naissance. Elle lui ressemble mais d'une façon étrange.
C'est comme la ressemblance entre deux frères et comme l'image que nous voyons en rêve d'une personne  et cette personne dans la réalité : c'est, et en même temps, ce n'est pas la même personne : il y a une légère et mystérieuse transfiguration dans les traits.

Je crois que, comme la vue en rêve d'une personne est une preuve de sa réalité métaphysique, la révélation est la preuve de la réalité métaphysique des hasards qui nous arrivent."

Les mêmes sensations pour le peintre se font sentir lorsqu'il réalise des portraits. Le portrait qu'il peint s'approche du modèle, de ses façons d'être diverses et mystérieuses, mais aussi il semble en être à mille lieux. D'autres versions du portrait de la même personne vont créer cette sensation d'étrangeté et d'aller-retour entre le ressemblant et l'absence et par là créer cette révélation de la personnalité du modèle, la recréation de sa réalité métaphysique.

R.Dumoux

www.viapictura.com
 
Par dumoux - Publié dans : La peinture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 30 septembre 2009 3 30 09 2009 22:23
1911-1918 : c'est la période métaphysique de Chirico.
En 1917, Breton découvre les toiles métaphysiques.
Tanguy, Ernst, Magritte, Eluard et Desnos sont fascinés par le personnage de Chirico qui représente l'impensable en créant une véritable rupture esthétique.

Mais dès 1919 de Chirico malgré tous les soutiens et toute l'admiration qu'il recueille, fait une volte-face : il prône le retour à la tradition. Il réfute tout lien avec l'art moderne et il étudie les maîtres et leurs techniques, leur métier en particulier à la Renaissance.
Néoclassicisme, néo-romantisme, néo-baroque, éclectisme réactionnaire. Tels sont les qualificatifs qui sont appliqués à de Chirico.


Les reproches faits au de Chirico post -métaphysique sont souvent simplistes.
Les surréalistes l'ont honni pour avoir oublié ses visions oniriques et l'innocence de sa jeunesse pour se lancer dans un carriérisme éhonté. Chirico serait passé par tous les styles pour satisfaire la demande.
On lui reproche aussi son manque d'authenticité dans ses copies de peintres classiques ou de lui même.
Sa volte-face de 1919 : c'est à ce moment qu'il sort de sa dépression et de l'influence mélancolique de Nietzsche.
Chirico ne change pas : il pourfend l'art moderne. A la fin des années 70 son travail est réévalué sous l'angle du post-modernisme.
Il devient alors un apropriationiste avant la lettre. Les nouveaux artistes le reconnaissent comme un précurseur. Maintenant on le sanctifie.
Son oeuvre est la négation de l'originalité et de l'unicité.

_________________________________________________________________

De Chirico - Roger et Angélique, 1940

Le peintre américain Philipp Guston fut un défenseur farouche des tableaux de Chirico. Et en particulier les tardifs, ceux qui ont été peints après 1919 pendant 60 ans. Ces périodes étaient condamnées par les surréalistes qui n'admiraient que la  poésie des oeuvres de 1908 à 1917
pour Guston au contraire les tableaux étranges, puissants, parfois banals ou ridicules des années 60 et 70 trahissent une absolue liberté, un courage  et un risque sans précédent dans l'histoire de la peinture moderne.
Guston rejette la coupure entre les deux périodes et il considère cette oeuvre comme un continuum en perpétuelle évolution.
Il est un fervent défenseur de toutes les facettes de l'oeuvre, y compris la période baroque très rejetée par la critique.

_________________________________________________________________


Quelques exemples d'oeuvres de ces périodes :
Scènes de bataille. Cartes postales de Venise. Autoportraits virtuoses. Mannequins assis.
Les bains mystérieux. Tableaux de chevaux d'après Delacroix. Copies de Titien et de Rubens ou Raphaël.
Copie de la Sainte Famille de Michel Ange.



De Chirico sous l'identité de Pictor Optimus signifie un retour aux formules des anciens maîtres : les huiles, et le vernis.
Il admire Rubens et Rembrandt.

Très tôt il avait adopté, et sans réserve, l'antipositivisme poétique de Nietszche et le sens de l'absurde a traversé son oeuvre.

R.Dumoux
www.viapictura.com
Par dumoux - Publié dans : La peinture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 16 août 2009 7 16 08 2009 22:23
Grands peintres.
De Chirico

S
ur mon blog seront publiés quelques articles en hommage à de Chirico.
Ceci en raison de l'importance de ce maître, toutes périodes confondues.
A cause aussi de la recherche, propre à de Chirico, du métier des anciens maîtres ; recherche également déterminante pour mon travail.

Cet article ne fera que citer un texte important de Chirico qui est pour moi la définition, la description exacte de ce que j'ai vécu en peinture depuis 1970.

Une somme d'expériences et de réalisations que je poursuis actuellement chaque jour.
Il m'est possible de reprendre à mon compte tous les éléments de ce texte.
Cette longue patience autour du métier de la peinture suppose une expérimentation de toutes les composantes de la pratique picturale autant que l'observation et l'étude des maîtres anciens... pour parvenir à une conception très personnelle  et en harmonie avec le moi profond.

__________________________________________

De Chirico écrit :

"J'ai passé des journées entières auprès des maîtres des 14 et 15 éme siécles, les étudiant et les copiant. Je me suis enfoncé dans la lecture des anciens traités de peinture et j'ai vu que des choses terribles se passent aujourd'hui en peinture et que si les peintres continuent sur cette voie, nous allons vers la fin.
J'ai découvert (je suis le seul à le dire) que la maladie chronique et mortelle de la peinture aujourd'hui, c'est l'huile, l'huile que l'on croit la base de toute bonne peinture.
Antonello de Messine qui, d'après l'histoire, aurait apporté en Italie, depuis les Flandres, le secret de la peinture à l'huile, n'a jamais fait cela. C'est un malentendu qui se base sur le fait que les Flamands et surtout les Van Eyck, usaient, pour passer des glacis sur leur tempéra, d'émulsions ou d'huile de lin ou de noix.
Mais la base de leur peinture était la tempéra ou la détrempe à laquelle ils mêlaient parfois des huiles et surtout  quelques résines ou d'autres substances comme le miel, la caséine..
Ainsi ont peint sans aucun doute Dürer, Holbein, Raphaël, Perugino. Je crois que même Rubens ou Titien n'ont jamais peint à l'huile comme on l'entend aujourd'hui.

Ayant compris tout cela, je me mis avec la patience d'un alchimiste à filtrer mes vernis, à broyer mes couleurs, à préparer mes toiles et mes planches. Et je vis la différence qui en résultait : le mystère de la couleur, la lumière, l'éclat, toute la magie de la peinture qui est l'art le plus compliqué et le plus magique qui soit, avec toutes ces vertus éclairées d'une grande lumière.

Et alors je pensais avec mélancolie aux impressionnistes et à tous les peintres qui ont cru pouvoir résoudre avec leur technique le problème de la lumière, tandis que sur leur palette ils portaient la source même des ténèbres."

Lettre de Chirico à André Breton.  Rome. 1922.


R. Dumoux
www.viapictura.com

Par dumoux - Publié dans : La peinture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 9 décembre 2008 2 09 12 2008 22:52


                       Le Syncrétisme religieux de Gauguin.

           L'artiste dans les années 1900 (comme parfois quelques artistes actuels) se révolte contre la société et la religion du moment et il recherche d'autres aspirations, d'autres élévations.

           A l'encontre des manières de dandy, Gauguin ou Cézanne revendiquent des attitudes de paysan, de sauvage attaché à la terre.
A la fin du 19 éme avec l'industrialisation croissante et la ville qui supplante l'économie rurale, Gauguin recherche dans la nature exotique un renouveau artistique et spirituel. Il part pour Tahiti et les îles marquises et fuit le monde moderne.
C'est une volonté de surmonter la civilisation occidentale corrompue par le matérialisme et l'idéologie religieuse.

           Victor Segalen en 1908 dit: "L'exotique c'est le pouvoir de concevoir autre." C'est là une idée essentielle du 19 éme siècle.
Cette recherche du primitivisme de Gauguin est aussi une construction personnelle issue de textes et de références, comme  Montaigne ou l'oeuvre de JJ Rousseau. (avec le mythe du Bon Sauvage)


            On découvre concrétement le syncrétisme religieux de Gauguin dans une peinture telle que le grand Bouddha qui met en scène la rencontre de plusieurs univers religieux. Il représente le Bouddha et aussi la Cène chrétienne, le tout accompagné d'une Vahiné, femme Polynésienne, qui évoque une Eve innocente.

GAUGUIN reste fidèle à la doctrine du Christ.

Il écrit dans " l'église catholique te les temps modernes ":
"Dieu n'appartient pas au Savant, au logicien, il est aux poètes, au rêve, il est le symbole de de la beauté, de la Beauté même."
Parfois virulent à l'égard du catholicisme, Gauguin défend une forme de religion artistique et retrouve la voie d'un Christ mythique et fabuleux.

Ce christianisme païen anti-institutionnel est une constante des rapports entre l'art et la spiritualité au 20éme.


            Gauguin s'intéresse à la grande nature et il trouve aussi dans les emblêmes et les effigies religieuses javanaises  des éléments, des idéogrammes qui confirment sa théorie antinaturaliste de l'art.
Comme Delacroix il croit que l'artiste n'imite pas la nature mais qu'il en tire des matériaux nécessaires à sa fiction.
L'artiste ne doit pas copier la nature mais prendre des éléments naturels pour créer un nouvel élément.

            Cette conception va conduire à une théorie de l'expression intérieure. Et ce sera l'une des constantes stylistiques et intellectuelles du symbolisme et de l'expressionnisme allemand.
 -Par exemple Franz Marc va chercher des choses cachées derrière le voile des apparences.
 -Paul Klee également va proposer une mimésis poïétique, il va imiter la nature naturante, la Natura Naturans et non des produits visibles..


             Ainsi l'artiste accède aux principes de la création; acteur, il est le maître d'oeuvre d'un processus et procède à des transmutations de substances.

            Cela confère  l'activité artistique une affinité avec la religion.

R.Dumoux

www.viapictura.com
 


Par dumoux - Publié dans : La peinture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 2 septembre 2008 2 02 09 2008 22:34
Cet article est un complément, un additif à un texte déjà publié à propos du Monochrome.
Cela sera aussi l'occasion de présenter certains de mes  panneaux a tempéra.

"l'Asie" (détail) - Tempera sur panneau en grisaille - 80 x 60 cm - R. Dumoux ©viapictura
  --------------------------

          Le terme de grisaille n'apparaît qu'au 17ème siècle dans une lettre de Peiresc à Rubens. Mais la technique est utilisée depuis longtemps et en particulier depuis le 15 éme siècle.
                    
                  - Sur les volets de triptyques, des figures de saints sont peintes en grisaille et sont parfois des chefs d'oeuvre de perfection de lumière et de dessin, comme les grisailles de Grünewald, du maître de Moulins ou de Hugo van der Goes.
Ces grisailles sont aussi comme des imitations de sculptures avec leur couleur de pierre ou de bronze : elles sont des trompes-l'oeil dans la lignée de Zeuxis.

                   - Outre la réalisation de triptyques et retables le procédé de la grisaille sert parfois d'esquisse préparatoire. Cela apparaît avec Rubens.
Il s'agit là d'une 1ère pensée, d'un jet spontané..
Particulièrement aux 17 et 18ème siècles, les grisailles sont des esquisses à l'huile, préparatoires pour de grands tableaux. A la manière des Modelli ou des Bozetti.
(Une différence : les Modelli sont déjà très aboutis alors que les Bozetti restent à l'état d'ébauche comme des croquis enlevés dans le style de Rubens.)

                    - Autre utilisation des Grisailles : elles sont aussi des 1ères pensées pour des gravures.
Dans la 2éme moitié du 17éme on publie des thèses et il faut des frontispices : il s'agit d'une dédicace sous forme d'allégorie (de l'auteur à son protecteur).
Le projet pour créer une  gravure de frontispice est réalisé en grisaille par un peintre.
C'est pourquoi les grisailles préparatoires aux gravures sont toujours plus travaillées et méticuleuses. et ont un aspect de gravure.

Dans la vie sociale et culturelle des villes universitaires, les soutenances de thèses occupent une place importante.  Comme une affiche elles présentent une image ornée d'illustrations dont les dimensions varient de 80 cm à 1 mètre.
Par exemple Le Brun, assura sa réputation par le biais des frontispices des thèses.
Ses peintures étant ensuite gravées pour la thèse.

                   - Mais aussi au 17 éme siècle certains artistes  travaillent la grisaille pour elle-même.
Par exemple Adrien van de Venne peint de petits tableaux sur bois illustrant des Proverbes.
C'est surtout à partir du 19ème que les attraits de la grisaille et du camïeu sont très appréciés et utilisés.
Carpeaux, Daumier (Don Quichotte) ou encore Gustave Moreau (Diomède) utiliseront le procédé de la grisaille pour lui-même.


                    - Au 20ème siècle cet attrait pour la grisaille ou le camaïeu se poursuit dans la pratique du monochrome qui a une importance essentielle dans l'art moderne et  contemporain, de Rodtchenko à Yves Klein.

R.Dumoux
www.viapictura.com

Détail d'un panneau décoratif - Tempera sur panneau en grisaille - 120 x 30 cm - R. Dumoux ©viapictura
Par dumoux - Publié dans : La peinture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 5 juillet 2008 6 05 07 2008 21:54

          Arcimboldo, ses créations composées et "Grilli"

               Dans l'article précédent, il était question des sources d'inspiration d'Arcimboldo et en particulier de son rapport avec la tradition léonardesque. Cette création de figures fantastiques est un motif récurent de la Renaissance et toutes ces formes composées sont considérées sous le nom de Grilli.


              Le terme de Grilli apparaît dans l'histoire naturelle de Pline pour désigner des représentations humoristiques. Ce mot désigne les figurations composées connues depuis l'antiquité : on les trouve sur des bijoux anciens sur des gemmes et camées ornées de formes humaines, animales ou monstrueuses.
Certains grilli peuvent être réversibles et avoir deux sens.
On ( Baltrusaîtis) a pu retracer le parcours des Grilli de l'antiquité au Moyen Age.

              Il est probable qu'Arcimboldo s'inspira des représentations antiques qu'il pouvait voir dans les collections de la Schatzkammer de l'empereur qui était grand collectionneur de gemmes, camées et autres curiosités..
 Il va s'inspirer par exemple d'éléments empruntés à des animaux pour figurer un satyre ou utiliser des phallus accumulés .

            On pense là, à Silène qui dans le banquet de Platon est une créature hideuse, cachant en elle quelque chose de splendide. C'est l'idée d'une plaisanterie sérieuse, concept fondamental de la Renaissance. On retrouve cela chez Rabelais et Erasme, la plaisanterie fusionnant avec le sérieux s'exprime dans les Têtes composées..
           Certaines représentations ont des antécédents scabreux parfois, proches des Grilli..


           Avec toutes ces sources d'inspiration, Arcimboldo fit sien le concept de Têtes composées et le développa de façon personnelle.
Il reprend l'idée d'utiliser des animaux stylisés mais il se base sur des études précises de la nature, ce qui fait son originalité et sa contribution à la recherche et analyse naturaliste des animaux ou des plantes, en cours à cette époque.

            Et ce qui fascine chez Arcimboldo, c'est sa créativité, son invention, sans cesse renouvelée de formes de Têtes composées, sur un support d'analyses naturalistes.


N.B.
        Le mot de Gryllus est appliqué par Pline au travail du peintre greco-égyptien ANTIPHYLLOS.
        C'est ce peintre qui a créé un personnage appelé gryllus dont l'accoutrement était ridicule. (c'est aussi la référence au porc et au travestissement de l'homme en cochon.)
        Dans le sillage de la glyptique antique se multiplient des figures hétérogènes qui connaissent un grand succès à partir du 13 éme et que l'on retrouve chez Bosch.

        Dans la tradition grecque et romaine le gryllus se trouve identifié (comme les grotesques) aux monstres et chimères et à toutes les choses vaines et futiles produites par l'imagination et le rêve.( Lesquelles chimères sont des figures nées de l'imagination lorsque l'on observe les nuages ou les taches.)

         Ainsi on a aussi vu dans les sources d'inspiration d'Arcimboldo, l'observation des taches. Les maggia sont un thème d'origine antique cher à Léonard.
On peut noter l'importance des taches comme source d'invention: Arcimboldo a dit qu'il réalise ses compositions "in grossa maggia", c'est à dire sous forme d'improvisation, de rapidité d'exécution et d'improvisation.

R.Dumoux

www.viapictura.com
Par dumoux - Publié dans : La peinture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 24 juin 2008 2 24 06 2008 21:42

                                             La Renaissance. Arcimboldo.



La description de la toile "Renaissance 2" dans l'article précédent, (oeuvre en cours de réalisation), sa préparation, sa documentation fait souvent référence à des caractéristiques proches de la vision et de l'inspiration d'Arcimboldo.

Il est intéressant d'aborder plus en profondeur ce mythe essentiel de la Renaissance qu'est la figure d'Arcimboldo.
Cet article est consacré à "Arcimboldo et les têtes composées".

(Une exposition a eu lieu à Paris au musée du Luxembourg en 2008 et des articles très  éclairants ont été publiés à ce propos.)

                Pour situer Arcimboldo, les Saisons et les Eléments datent de 1560 et les têtes de 1570 1580.

Les créations les plus célèbres d'Arcimboldo sont ses Têtes composées.

Il s'agit, comme on le montre toujours, d'éléments disparates qui se combinent pour former une Tête. (Fruits et légumes pour constituer l'été par exemple ou oiseaux pour l'air etc...)
Ces compositions ont rendu populaire ce genre dans l'art européen.

               Cependant Arcimboldo n'avait pas été le 1er à créer des images composées et  après lui au 17éme s. il y eut de nombreux imitateurs de ce genre. Jusqu'à notre époque, il y eut une persistance  de cette tendance en art qui consiste à transformer le visage humain, à le découper, à le décomposer. Ainsi a -t-on redécouvert Arcimboldo dans l'art surréaliste et fantastique.


                                            Les sources d'inspirations d'Arcimboldo.

                 - La 1ère source d'inspiration est dans les miniatures persanes. Les peintures Mogholes représentent en effet des animaux, chevaux ou éléphants composés de différentes sortes d'animaux.
Ce fut là un genre florissant dans l'Inde Moghole et même un artiste européen travailla dans une cour indienne.
                - Les miniatures persanes constituent une autre source importante d'inspiration pour Arcimboldo (Rodolphe de Habsbourg était en relation avec la Perse)
               - En général, les représentations composées sont fréquentes dans les traditions orientales et aussi gréco-romaines.
               - On retrouve également cette tendance dans les manuscrits médiévaux, dans les camées, dans les peintures murales pompéiennes.


                Mais Arcimboldo avait-il réellement connaissance de tout cela.?
- De toute façon ce qui est très plausible dans ses sources, ce sont les liens avec avec l'art européen du Nord au 16éme siécle.
On peut parler des dessins de Jérôme Bosch , des gravures de Boyvin et de Tobias Stimmer.
Il s'agit d'oeuvres satiriques, de Grilli (nous reparlerons de ce terme dans un autre article), oeuvres composées mais aussi dessins humoristiques.

- Un rapprochement important avec Arcimboldo peut se faire aussi  dans le domaine de l'alimentation : à cette époque, de nombreuses compositions étaient réalisées à partir de toutes sortes d'aliments et de condiments.
Par exemple Rustici et Andrea del Sarto réalisent des compositions avec toute sortes de denrées alimentaires.

- Il y a  aussi un rapport entre les compositions d'Arcimboldo et les thèmes carnavalesques. Par exemple il va s'inspirer d'une fête à Milan où un char carnavalesque, un cheval de bois déversait des mets. A Milan on utilise aussi une sorte d'imagerie rabelaisienne qui va inspirer Arcimboldo. 

                   En fait, le plus essentiel est que  Arcimboldo est très lié à la tradition Léonardesque.

Vasari raconte comment Léonard peint une tête de Méduse :
"Dans une pièce, il rassemble lézards, tritons, criquets, asticots, serpents, chauves-souris, et autres animaux nétranges. En combinant toute cette multitude, il en tire un petit monstre horrible et épouvantable."

Le rapport entre Arcimboldo et Léonard est clair : c'est un motif récurrent de la Renaissance qui consiste à créer des êtres fantastiques à partir d'éléments présents dans la nature.
Il s'agit là aussi du "locus classicus"de l'Art Poétique d'Horace qui parle de créatures licencieuses : tête humaine sur un corps de cheval, membres couverts de plumes, femme splendide avec queue de poisson;
Cette référence à Horace se rapporte au genre fantastique et au grotesque qui passionne d'Arcimboldo.


                   Par le biais des modèles et de tous les topos littéraires de créatures fantastiques et des grotesques on en vient à considérer les créations composées qui sont dénommées "grilli";
L'article suivant sera consacré aux "grilli" , concept important dans ce monde de fantastique et de grotesque qui constitue la part essentielle de l'oeuvre d'Arcimboldo.

R.Dumoux
www.viapictura.com
Par dumoux - Publié dans : La peinture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 15 avril 2008 2 15 04 2008 21:33
Expressionnisme abstrait
Action painting

GÉNIE Number 7, 1949 Huile et émail sur masonite (122 x 244 cm), de Jackson Pollock

A Bâle, de Janvier à mai 2008, la Fondation Beyeler présente l'expressionnisme abstrait américain.

Jackson Pollock est l'image emblématique de l'abstraction à New-York dès les 1ères années de l'aprés-guerre.
Un livre : Harold Rosenberg publie en 1952 : " The Américan Action Painters"
Il fait la promotion de Pollock, de de Kooning, de Franz Kline.

C'est la création du concept d'ACTION-PAINTING


Sur la toile il se passe autre chose que des faits ou des images mais une Action et on célèbre l'activité de performance de l'artiste qui produit un exploit physique qui demande un effort vital, existentiel, une énergie en prolongement de la vie.
La distinction entre art et vie est supprimée : c'est la fusion entre ces deux termes dans la ligne  de la philosophie existentialiste.

-------------------------------------------------------

Cette façon de peindre s'est développé un peu partout dans le monde.
De Pollock  à Gorky, à Matta ou Wolls.
Selon les diverses techniques mises en oeuvre, il s'agit de All Over, Dripping ou Pouring.
Dans tous les cas c'est une peinture gestuelle, c'est l'action painting : dans la photo de Hans Namuth, Pollock est en action au dessus de sa toile.
C'est l'influence des surréalistes dans les  années 40 à New-york qui a provoqué la naissance de cette peinture américaine. (on se souvient d'un tableau de Max Ernst, le vol d'une mouche...non euclidien et aussi des écritures automatiques de Masson.)

---------------------------------------------------------

Les artistes ont tous des procédés et gestes techniques différents.

- Frankenthaler déverse la peinture sur la toile : c'est le "pouring" qui permet d'imprégner la toile  et obtenir ainsi un effet de teinture particulier.
- Franz Kline, à l'aide d'un balai recouvre ses tableaux de zébrures noires.

- Au Japon, Shiraga (du groupe Gutaï) créa une peinture performante.
"Lutter dans la boue" Il s'adonne d'abord à une méditation avant de travailler la couleur avec ses pieds.

- De Kooning relève plus d'une gestuelle expressionniste. (il a débuté avec ses "women" impressionnantes.)
- Les toiles les plus récentes de Joan Mitchell sont la fusion de la peinture et de la nature, au coeur de la création.

- En Europe, Wolls et Fautrier produisent une écriture griffée... .
 A la suite, en France toujours, Georges Mathieu créa l'abstraction lyrique dans des performances physiques où il développa une calligraphie gestuelle opposée au formalisme géométrique du moment.

-----------------------------------------------------

  Ce survol de l'expressionnisme abstrait, de l'abstraction gestuel (all over, dripping pouring..) permet de remarquer les grandes figures de ce mouvement pictural.


Cependant une question se pose :  il est très rare de voir citer le nom de Georges Mathieu, bien que l'on nomme facilement Wolls ou Fautrier. Pourquoi cette absence?
En effet Mathieu semble une figure importante, le créateur de l'abstraction lyrique.
Il a créé des événements, des performances dans ses toiles célèbres et immenses de batailles. De même sa calligraphie, peut être proche de l'art Asiatique, est d'une inspiration lyrique absolue.
Enfin on a connu de lui ses affiches pour Air France ou les graphismes de ses monnaies comme de ses céramiques.

 Pourquoi ce silence entourant le nom de Mathieu?


--------------------------------------------------------------

            Note sur Pollock

Il mêle peinture abstraite et  performance physique proche de la danse.
Pollock a abandonné la recherche de la forme traditionnelle pour aller vers l'informe.
De plus il se met en jeu : l'écriture automatique utilisant le hasard prend un sens nouveau, une dimension existentielle et spatiale.
La toile étant au sol il marche, danse autour des 4 côtés imitant en cela la pratique des indiens de l'Ouest sur le sable.
Il appréhende la peinture au niveau de l'espace et de l'architecture, se détournant de la peinture de chevalet.
Pollock s'éloigne aussi des outils traditionnels : il utilise le pinceau comme un bâton, faisant penser en cela à Matisse dessinant avec un immense pinceau les figures de la chapelle de Vence. Cela avec toutes sortes de peintures et des éléments étrangers tels que le sable, le verre ou la peinture très liquide.


          Pollock, c'est la figure tutélaire de l'Action-painting comme Kandinsky le fut pour l'abstraction à partir de 1910. Il est un commencement.
On peut citer également, Gorky, Gottlieb, de Kooning, Franz Kline, Motherwell ou Ad Reinhardt.

R.Dumoux
www.viapictura.com

Par dumoux - Publié dans : La peinture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 27 mars 2008 4 27 03 2008 22:35
Hogarth, (exemple à méditer) Hogarth_Autoportrait_small.jpg

      En 2007,  eut lieu au Louvre une exposition consacrée à William Hogarth et cela permit  de considérer les leçons magistrales de ce maître anglais du 18 éme siècle.
Hogarth (1697-1764) fut un acteur important au temps des Lumières, en liaison avec l'Europe.

Sa préoccupation fut de rendre l'art accessible à tous par les images et par un traité d'analyse de la Beauté.
Hogarth explique que le beau n'est pas difficile à comprendre et que l'art n'est pas réservé à une élite. Il explique ce qui est beau, les courbes de la nature et conseille de les dessiner.

D'autre part  un aspect essentiel de l'oeuvre de Hogarth est le goût pour les sujets à connotation sociale ou morale. Ainsi il s'affirme comme peintre et comme satiriste dans la gravure et dans la caricature journalistique qui devient alors un véritable genre anglais.

Pour rendre l'art accessible à tous Hogarth s'est beaucoup servi de la gravure.
Débutant comme illustrateur de textes littéraires, il se rend compte de sa force de diffusion, de son impact.

Tout ce la correspond au développement de l'opinion pubique en Angleterre : on lit la presse,on se fait des idées sur le goût et sur l'art.
Profitant de ce contexte positif Hogarth fait imprimer ses gravures et selon les papiers il propose des prix très divers.

Hogarth sera un des premiers à organiser des expositions d'art anglais et il fait tout pour rendre l'art visible.

C'est pour cela aussi qu'il utilise les possibilités narratives de l'art et qu'il fait en sorte que toutes ses oeuvres sont des histoires accessibles à tous.

                                                                   -------------------------------------

               L'art accessible à tous c'est aussi la manifestation de la volonté de générosité de Hogarth. Il est l'héritier d'une tradition remontant à l'antiquité qui fait que l'art est utile et moral.

Les images sont accessibles mais aussi le discours sur l'art est ouvert à chacun. Art et discours sur l'art ne sont pas réservés à une élite : le beau peut s'expliquer et tout le monde peut le comprendre. Hogarth démontre tout cela dans son traité " l'Analyse de la Beauté"

                                                                        ----------------------------

Oeuvres et caractéristiques du travail de Hogarth.

             Son art se caractérise par la profusion des motifs narratifs et par le principe de la série. Ainsi il invite le spectateur à passer d'une image à une autre de façon à ce que l'on suive un parcours édifiant. Il s'agit donc d'une profusion de choses et de scènes..
Pour choisir ses sujets Hogarth fait souvent référence à la littérature : dans son milieu le théâtre est très présent et il va s'inspirer des scènes qu'il a sous les yeux.
Le Théâtre mais aussi les Romans lui permettent de construire des histoires avec des épisodes où se déroulent un parcours, avec des étapes. Mais il s'inspire aussi beaucoup de la ville et des scènes qu'il peut observer.

             Pour créer ses séries Hogarth les peint pour ensuite les graver.
Mais certaines oeuvres n'existent qu'en gravure telles les séries : "les 4 étapes de la Cruauté" ou la série "Zèle et Paresse".

519px-Cruelty1.JPG
En général les grandes séries narratives sont peintes.
Par exemple, l'illustre  "Carrière d'une prostituée" dont il ne reste que les gravures.
Mais pour le "Mariage à la mode" on peut présenter conjointement peintures et gravures.

Hogarth_Mariage.jpg William Hogarth (1697-1764) Le Mariage à la mode 4 : la toilette

            A remarquer enfin dans les oeuvres très caractéristiques de Hogarth, les portraits de groupes : les "Conversation pieces"
Ces pièces montrent des personnes dans un environnement social, qui parlent et  débattent : ils sont pris dans instantané, sans être solennels.

Telles sont les caractères majeurs des oeuvres de Hogarth (1697- 1764):  la recherche de séries, les sujets puisés dans le théâtre et aussi dans la vie courante, le goût du narratif et de la lisibilité accessible à tous.



R.Dumoux
www.viapictura.com

__________________________________________________________________________________



N.B.
                       Actuellement, depuis l'an 2000 a été créé le groupe ULTRALAB .
Il s'agit d'un groupe d'artistes qui produit des installations avec des pièges, des manipulations en utilisant un langage Hybride.

                                 Ultralab souhaite être le PLUS OBSCUR POSSIBLE.
La nébulosité est un principe fondateur.
Cela  a commencé en 1999 avec des cartons d'invitation qui ne débouchent sur aucune exposition. On présente ailleurs de vrais faux dossiers de presse, des démentis, des errata et les auteurs sont masqués et aussi changent de nom.

                                 Ce groupe Ultralab  est créé en 2000.
Le but est de faire des échanges d'incompréhension dans une approche de formes artistiques polluées.
Les membres d'Ultralab sont des adeptes du clonage, du détournement et de la simulation.
Ils sont fourbes, tricheurs, félons, voyous, machiavéliques, truqueurs , imposteurs,
mensongers, de véritables fléaux pour l'homme.
Ils proposent au spectateur qui s'arrête un chaos sans début ni fin, avec des formes hétéroclites, anodines jusqu'à l'imperceptible

A méditer également.

R.D.
Par dumoux - Publié dans : La peinture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 25 février 2008 1 25 02 2008 21:57

L'abstraction avant l'abstraction.


                    L'abstraction n'est pas apparue subitement avec Kandinsky, Mondrian, Malevitch ou Hartung.
Mais Turner, Hugo, Gustave Moreau ont réalisé les 1ères oeuvres abstraites. De même le paysagiste Cozens a développé une véritable démarche abstraite, tachiste.

Sans doute les oeuvres de Kandinsky expérimentent la disparition du sujet dans la peinture au 20éme siècle.
De même les tableaux ou aquarelles abstraites de Turner, Hugo ou Moreau ne font aucune référence à la réalité sensible.

                   Il faut noter que les oeuvres abstraites du 19éme n'étaient pas considérées comme oeuvres d'art. Elles ne pouvaient donc pas être présentées ni montrées et n'existaient que comme des curiosités dans la recherche picturale.

Alors que à partir de 1910, à partir de Kandinsky, on a décidé de parler et d'exposer des oeuvres abstraites et de les appeler oeuvres d'art.

                                                            ____________________________

                L'homme, fasciné par les images dues au hasard, a toujours été attiré  par l'esthétique de l'effet qui conduit à la réalisation d'oeuvres abstraites.
Source d'inspiration chez Léonard de Vinci ou  Botticelli jusqu'à Cozens, les taches ou les brumes informes de Turner sont stimulantes pour le rêve et la création.

Gustave Moreau a réalisé des oeuvres abstraites de 1870 à 1890, bien avant que l'on décide que l'art abstrait existe officiellement.
La pratique de l'art abstrait (inventé par Kandinsky en 1910)  sera officialisée vers
1911- 1912 avec la publication de Kandinsky "Du spirituel dans l'art" et aussi lorsque Kupka , Delaunay et Malevitch se mettent à exposer des tableaux non figuratifs.

                                                                 __________________________

             En exposant maintenant (à Francfort en 2007)  Hugo, Turner et Moreau on essaie de comprendre les origines des oeuvres abstraites.
( Précédemment le musée d'Orsay s'était intéressé aux "origines de l'abstraction" mais les recherchait du côté de l'art figuratif en évolution et aussi dans les considérations scientifiques et optiques.)

            En réalité l'origine de l'abstraction se rattache à 2 traditions:

- la fascination de l'homme pour les taches et les images nées du hasard.
- l'esthétique de l'effet : c'est  dire l'effet produit par les lignes, les couleurs et  la composition de tableaux en dehors de toute figuration.

           Cette esthétique de l'effet remonte au 18 ème siècle : c'est la théorie de l'effet de la couleur et de la ligne opposée à la théorie de la "Mimésis" en vigueur jusqu'au 17 ème siècle.

    (Depuis la préhistoire l'homme est fasciné par les images dues au hasard; de même dans l'antiquité les créateurs ont été très inspiré par la beauté issue de l'aléatoire, de l'inattendu  comme de l'informe de la nature dans ses caprices les plus extrêmes.)

                                                        _______________________________

 Bien avant Mondrian, Kandinsky ou Hartung,  Gustave Moreau a produit de nombreux tableaux et dessins abstraits. Il dessine aussi les principes abstraits des compositions et de la distribution des valeurs dans des tableaux célèbres.

  - Moreau a gardé 400 palettes d'aquarelles : pour lui ces combinaisons de couleurs dues au hasard étaient des oeuvres de grande valeur esthétique( qu'il a d'ailleurs destinées à son musée.)

 - Turner a beaucoup réfléchi à l'esthétique de l'effet opposée à la Mimésis.

 - Hugo étale la couleur sans plume ni pinceau pour expérimenter le hasard; il a fait tomber des gouttes de peinture sur du papier mouillé.
 - Sand a produit des "dendrites" et aussi Degas .

 - Cozens a produit ses célèbres taches, les "blots"

                                                      _________________________________

              Ces divers aspects de l'art abstrait, avant son existence officielle, sont très suggestifs et vivants.
Ils sont parfois plus stimulants que les théories  scientifiques sur les origines de l'abstraction ou que les oeuvres des grands peintres abstraits dont les théories sont bien déterminées.

              Dans mon travail, je me propose de travailler plus tard les procédés a tempéra selon les tendances hasardeuses de l'art abstrait le plus libéré ou bien de développer une  tendance au monochrome. Le hasard et la vie seront aussi les instruments de cette nouvelle quête.

R.Dumoux
www.viapictura.com

Par dumoux - Publié dans : La peinture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Recommander

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés