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Mardi 15 avril 2008
Expressionnisme abstrait
Action painting

GÉNIE Number 7, 1949 Huile et émail sur masonite (122 x 244 cm), de Jackson Pollock

A Bâle, de Janvier à mai 2008, la Fondation Beyeler présente l'expressionnisme abstrait américain.

Jackson Pollock est l'image emblématique de l'abstraction à New-York dès les 1ères années de l'aprés-guerre.
Un livre : Harold Rosenberg publie en 1952 : " The Américan Action Painters"
Il fait la promotion de Pollock, de de Kooning, de Franz Kline.

C'est la création du concept d'ACTION-PAINTING


Sur la toile il se passe autre chose que des faits ou des images mais une Action et on célèbre l'activité de performance de l'artiste qui produit un exploit physique qui demande un effort vital, existentiel, une énergie en prolongement de la vie.
La distinction entre art et vie est supprimée : c'est la fusion entre ces deux termes dans la ligne  de la philosophie existentialiste.

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Cette façon de peindre s'est développé un peu partout dans le monde.
De Pollock  à Gorky, à Matta ou Wolls.
Selon les diverses techniques mises en oeuvre, il s'agit de All Over, Dripping ou Pouring.
Dans tous les cas c'est une peinture gestuelle, c'est l'action painting : dans la photo de Hans Namuth, Pollock est en action au dessus de sa toile.
C'est l'influence des surréalistes dans les  années 40 à New-york qui a provoqué la naissance de cette peinture américaine. (on se souvient d'un tableau de Max Ernst, le vol d'une mouche...non euclidien et aussi des écritures automatiques de Masson.)

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Les artistes ont tous des procédés et gestes techniques différents.

- Frankenthaler déverse la peinture sur la toile : c'est le "pouring" qui permet d'imprégner la toile  et obtenir ainsi un effet de teinture particulier.
- Franz Kline, à l'aide d'un balai recouvre ses tableaux de zébrures noires.

- Au Japon, Shiraga (du groupe Gutaï) créa une peinture performante.
"Lutter dans la boue" Il s'adonne d'abord à une méditation avant de travailler la couleur avec ses pieds.

- De Kooning relève plus d'une gestuelle expressionniste. (il a débuté avec ses "women" impressionnantes.)
- Les toiles les plus récentes de Joan Mitchell sont la fusion de la peinture et de la nature, au coeur de la création.

- En Europe, Wolls et Fautrier produisent une écriture griffée... .
 A la suite, en France toujours, Georges Mathieu créa l'abstraction lyrique dans des performances physiques où il développa une calligraphie gestuelle opposée au formalisme géométrique du moment.

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  Ce survol de l'expressionnisme abstrait, de l'abstraction gestuel (all over, dripping pouring..) permet de remarquer les grandes figures de ce mouvement pictural.


Cependant une question se pose :  il est très rare de voir citer le nom de Georges Mathieu, bien que l'on nomme facilement Wolls ou Fautrier. Pourquoi cette absence?
En effet Mathieu semble une figure importante, le créateur de l'abstraction lyrique.
Il a créé des événements, des performances dans ses toiles célèbres et immenses de batailles. De même sa calligraphie, peut être proche de l'art Asiatique, est d'une inspiration lyrique absolue.
Enfin on a connu de lui ses affiches pour Air France ou les graphismes de ses monnaies comme de ses céramiques.

 Pourquoi ce silence entourant le nom de Mathieu?


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            Note sur Pollock

Il mêle peinture abstraite et  performance physique proche de la danse.
Pollock a abandonné la recherche de la forme traditionnelle pour aller vers l'informe.
De plus il se met en jeu : l'écriture automatique utilisant le hasard prend un sens nouveau, une dimension existentielle et spatiale.
La toile étant au sol il marche, danse autour des 4 côtés imitant en cela la pratique des indiens de l'Ouest sur le sable.
Il appréhende la peinture au niveau de l'espace et de l'architecture, se détournant de la peinture de chevalet.
Pollock s'éloigne aussi des outils traditionnels : il utilise le pinceau comme un bâton, faisant penser en cela à Matisse dessinant avec un immense pinceau les figures de la chapelle de Vence. Cela avec toutes sortes de peintures et des éléments étrangers tels que le sable, le verre ou la peinture très liquide.


          Pollock, c'est la figure tutélaire de l'Action-painting comme Kandinsky le fut pour l'abstraction à partir de 1910. Il est un commencement.
On peut citer également, Gorky, Gottlieb, de Kooning, Franz Kline, Motherwell ou Ad Reinhardt.

R.Dumoux
www.viapictura.com

Jeudi 27 mars 2008
Hogarth, (exemple à méditer)Hogarth_Autoportrait_small.jpg

      En 2007,  eut lieu au Louvre une exposition consacrée à William Hogarth et cela permit  de considérer les leçons magistrales de ce maître anglais du 18 éme siècle.
Hogarth (1697-1764) fut un acteur important au temps des Lumières, en liaison avec l'Europe.

Sa préoccupation fut de rendre l'art accessible à tous par les images et par un traité d'analyse de la Beauté.
Hogarth explique que le beau n'est pas difficile à comprendre et que l'art n'est pas réservé à une élite. Il explique ce qui est beau, les courbes de la nature et conseille de les dessiner.

D'autre part  un aspect essentiel de l'oeuvre de Hogarth est le goût pour les sujets à connotation sociale ou morale. Ainsi il s'affirme comme peintre et comme satiriste dans la gravure et dans la caricature journalistique qui devient alors un véritable genre anglais.

Pour rendre l'art accessible à tous Hogarth s'est beaucoup servi de la gravure.
Débutant comme illustrateur de textes littéraires, il se rend compte de sa force de diffusion, de son impact.

Tout ce la correspond au développement de l'opinion pubique en Angleterre : on lit la presse,on se fait des idées sur le goût et sur l'art.
Profitant de ce contexte positif Hogarth fait imprimer ses gravures et selon les papiers il propose des prix très divers.

Hogarth sera un des premiers à organiser des expositions d'art anglais et il fait tout pour rendre l'art visible.

C'est pour cela aussi qu'il utilise les possibilités narratives de l'art et qu'il fait en sorte que toutes ses oeuvres sont des histoires accessibles à tous.

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               L'art accessible à tous c'est aussi la manifestation de la volonté de générosité de Hogarth. Il est l'héritier d'une tradition remontant à l'antiquité qui fait que l'art est utile et moral.

Les images sont accessibles mais aussi le discours sur l'art est ouvert à chacun. Art et discours sur l'art ne sont pas réservés à une élite : le beau peut s'expliquer et tout le monde peut le comprendre. Hogarth démontre tout cela dans son traité " l'Analyse de la Beauté"

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Oeuvres et caractéristiques du travail de Hogarth.

             Son art se caractérise par la profusion des motifs narratifs et par le principe de la série. Ainsi il invite le spectateur à passer d'une image à une autre de façon à ce que l'on suive un parcours édifiant. Il s'agit donc d'une profusion de choses et de scènes..
Pour choisir ses sujets Hogarth fait souvent référence à la littérature : dans son milieu le théâtre est très présent et il va s'inspirer des scènes qu'il a sous les yeux.
Le Théâtre mais aussi les Romans lui permettent de construire des histoires avec des épisodes où se déroulent un parcours, avec des étapes. Mais il s'inspire aussi beaucoup de la ville et des scènes qu'il peut observer.

             Pour créer ses séries Hogarth les peint pour ensuite les graver.
Mais certaines oeuvres n'existent qu'en gravure telles les séries : "les 4 étapes de la Cruauté" ou la série "Zèle et Paresse".

519px-Cruelty1.JPG
En général les grandes séries narratives sont peintes.
Par exemple, l'illustre  "Carrière d'une prostituée" dont il ne reste que les gravures.
Mais pour le "Mariage à la mode" on peut présenter conjointement peintures et gravures.

Hogarth_Mariage.jpgWilliam Hogarth (1697-1764) Le Mariage à la mode 4 : la toilette

            A remarquer enfin dans les oeuvres très caractéristiques de Hogarth, les portraits de groupes : les "Conversation pieces"
Ces pièces montrent des personnes dans un environnement social, qui parlent et  débattent : ils sont pris dans instantané, sans être solennels.

Telles sont les caractères majeurs des oeuvres de Hogarth (1697- 1764):  la recherche de séries, les sujets puisés dans le théâtre et aussi dans la vie courante, le goût du narratif et de la lisibilité accessible à tous.



R.Dumoux
www.viapictura.com

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N.B.
                       Actuellement, depuis l'an 2000 a été créé le groupe ULTRALAB .
Il s'agit d'un groupe d'artistes qui produit des installations avec des pièges, des manipulations en utilisant un langage Hybride.

                                 Ultralab souhaite être le PLUS OBSCUR POSSIBLE.
La nébulosité est un principe fondateur.
Cela  a commencé en 1999 avec des cartons d'invitation qui ne débouchent sur aucune exposition. On présente ailleurs de vrais faux dossiers de presse, des démentis, des errata et les auteurs sont masqués et aussi changent de nom.

                                 Ce groupe Ultralab  est créé en 2000.
Le but est de faire des échanges d'incompréhension dans une approche de formes artistiques polluées.
Les membres d'Ultralab sont des adeptes du clonage, du détournement et de la simulation.
Ils sont fourbes, tricheurs, félons, voyous, machiavéliques, truqueurs , imposteurs,
mensongers, de véritables fléaux pour l'homme.
Ils proposent au spectateur qui s'arrête un chaos sans début ni fin, avec des formes hétéroclites, anodines jusqu'à l'imperceptible

A méditer également.

R.D.
Lundi 25 février 2008

L'abstraction avant l'abstraction.


                    L'abstraction n'est pas apparue subitement avec Kandinsky, Mondrian, Malevitch ou Hartung.
Mais Turner, Hugo, Gustave Moreau ont réalisé les 1ères oeuvres abstraites. De même le paysagiste Cozens a développé une véritable démarche abstraite, tachiste.

Sans doute les oeuvres de Kandinsky expérimentent la disparition du sujet dans la peinture au 20éme siècle.
De même les tableaux ou aquarelles abstraites de Turner, Hugo ou Moreau ne font aucune référence à la réalité sensible.

                   Il faut noter que les oeuvres abstraites du 19éme n'étaient pas considérées comme oeuvres d'art. Elles ne pouvaient donc pas être présentées ni montrées et n'existaient que comme des curiosités dans la recherche picturale.

Alors que à partir de 1910, à partir de Kandinsky, on a décidé de parler et d'exposer des oeuvres abstraites et de les appeler oeuvres d'art.

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                L'homme, fasciné par les images dues au hasard, a toujours été attiré  par l'esthétique de l'effet qui conduit à la réalisation d'oeuvres abstraites.
Source d'inspiration chez Léonard de Vinci ou  Botticelli jusqu'à Cozens, les taches ou les brumes informes de Turner sont stimulantes pour le rêve et la création.

Gustave Moreau a réalisé des oeuvres abstraites de 1870 à 1890, bien avant que l'on décide que l'art abstrait existe officiellement.
La pratique de l'art abstrait (inventé par Kandinsky en 1910)  sera officialisée vers
1911- 1912 avec la publication de Kandinsky "Du spirituel dans l'art" et aussi lorsque Kupka , Delaunay et Malevitch se mettent à exposer des tableaux non figuratifs.

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             En exposant maintenant (à Francfort en 2007)  Hugo, Turner et Moreau on essaie de comprendre les origines des oeuvres abstraites.
( Précédemment le musée d'Orsay s'était intéressé aux "origines de l'abstraction" mais les recherchait du côté de l'art figuratif en évolution et aussi dans les considérations scientifiques et optiques.)

            En réalité l'origine de l'abstraction se rattache à 2 traditions:

- la fascination de l'homme pour les taches et les images nées du hasard.
- l'esthétique de l'effet : c'est  dire l'effet produit par les lignes, les couleurs et  la composition de tableaux en dehors de toute figuration.

           Cette esthétique de l'effet remonte au 18 ème siècle : c'est la théorie de l'effet de la couleur et de la ligne opposée à la théorie de la "Mimésis" en vigueur jusqu'au 17 ème siècle.

    (Depuis la préhistoire l'homme est fasciné par les images dues au hasard; de même dans l'antiquité les créateurs ont été très inspiré par la beauté issue de l'aléatoire, de l'inattendu  comme de l'informe de la nature dans ses caprices les plus extrêmes.)

                                                        _______________________________

 Bien avant Mondrian, Kandinsky ou Hartung,  Gustave Moreau a produit de nombreux tableaux et dessins abstraits. Il dessine aussi les principes abstraits des compositions et de la distribution des valeurs dans des tableaux célèbres.

  - Moreau a gardé 400 palettes d'aquarelles : pour lui ces combinaisons de couleurs dues au hasard étaient des oeuvres de grande valeur esthétique( qu'il a d'ailleurs destinées à son musée.)

 - Turner a beaucoup réfléchi à l'esthétique de l'effet opposée à la Mimésis.

 - Hugo étale la couleur sans plume ni pinceau pour expérimenter le hasard; il a fait tomber des gouttes de peinture sur du papier mouillé.
 - Sand a produit des "dendrites" et aussi Degas .

 - Cozens a produit ses célèbres taches, les "blots"

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              Ces divers aspects de l'art abstrait, avant son existence officielle, sont très suggestifs et vivants.
Ils sont parfois plus stimulants que les théories  scientifiques sur les origines de l'abstraction ou que les oeuvres des grands peintres abstraits dont les théories sont bien déterminées.

              Dans mon travail, je me propose de travailler plus tard les procédés a tempéra selon les tendances hasardeuses de l'art abstrait le plus libéré ou bien de développer une  tendance au monochrome. Le hasard et la vie seront aussi les instruments de cette nouvelle quête.

R.Dumoux
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Mercredi 16 mai 2007
   "L'unique trait de Pinceau" (art.2)
Ouvrage chinois de peinture écrit vers 1702 par SHITAO, peintre philosophe.
                     
               Extraits:

 "  Dans la haute antiquité, il n'y avait pas de règle. La suprême simplicité n'était pas encore divisée, car dès que la simplicité se divise , la règle s'établit.

La Règle se fonde sur l'Unique Trait de Pinceau.
L'unique trait de pinceau est à l'origine de toutes choses, la racine de tous les phénomènes. Sa fonction est manifeste pour l'esprit mais cachée de l'homme, et le vulgaire l'ignore.

C'est par soi même que l'on doit établir la règle de l'unique trait de pinceau.
Le fondement de la règle de l'unique trait de pinceau. Le fondement de la règle de l'unique trait de pinceau réside dans l'absence de règles. La règle ainsi obtenue embrasse la multiplicité des règles. "

    "La peinture émane de l'intellect : qu'il s'agisse de la beauté des monts, fleuves, personnages et choses ou qu'il s'agisse du caractère des oiseaux, des bêtes, des herbes et des arbres, ou qu'i s'agisse de la position des pavillons des esplanades et des édifices. On ne peut épuiser ces aspects variés si on ne possède pas cette mesure de l'unique trait de pinceau, car le trait de pinceau embrasse tout jusqu'au plus lointain inaccessible.
Sur 10 millions de coups de pinceaux, il n'en est pas un qui ne réside dans l'unique trait de pinceau dont le contrôle n'appartient qu'à l'homme."

  "Par l'unique trait de pinceau, l'homme peut restituer en miniature une réalité plus grande sans rien en perdre et le pinceau ira jusqu'à la racine des choses.
 Il faut être habile aux formes circulaires ou angulaires, droites ou courbes, ascendantes ou descendantes.
Le pinceau va à droite, à gauche, en relief ou en creux, brusque et résolu. Il s'interrompt abruptement, il s'allonge en oblique.
Tantôt comme l'eau, il dévale vers les profondeurs, tantôt il jaillit comme la flamme et tout cela avec naturel et sans forcer le moins du monde.

C'est pourquoi il a été écrit:
    Ma voie est celle de l'unité qui embrasse l'universel. "
      
                    Shitao, peintre- philosophe.  Chine, vers 1710.
                       (propos sur la Peinture du moine Citrouille-amère.)


Il m'est apparu nécessaire (et proche de ma démarche plastique) de copier, méditer et de publier ces textes précieux car mon travail se retrouve constamment proche de cet état d'esprit.
 Qu'il s'agisse de dessins anciens au pinceau et à l'encre de Chine, de dessins à la plume ou bien encore de toutes ces toiles et panneaux a tempéra où se multiplient à l'infini les coups de pinceau, y compris dans les toiles de 5 m ou l'unique trait de pinceau est créateur d'un espace et d'un temps qui se projette dans le cosmos.

   R.Dumoux
www.viapictura.com
Samedi 12 mai 2007
"L'unique trait de pinceau"
"sans titre " : dessin au pinceau - 65 x 50 cm - 1972 - Raymond Dumoux

 Il s'agit d'un traité chinois de peinture écrit vers 1710 par SHITAO qui est un peintre philosophe.
Ce traité (Propos sur la peinture du moine Citrouille Amère) se rapporte à l'esthétique chinoise mais aussi à la métaphysique.

Il donne des notions de base de la maîtrise du pinceau, de l'encre et aussi des indications sur l'esprit du peintre, sur sa pensée.
L'unique trait de pinceau est une notion centrale qui réunit les aspects essentiels de la démarche créatrice.

Shitao met en avant la force du geste, son unité et il oriente notre esprit vers le secret d'une réconciliation avec l'univers.

"Guerriers" : dessin à la plume - 21 x 29 cm - 1972 - Raymond Dumoux
        
    La naissance du Trait.
Le trait a une vie propre une personnalité. Les différents temps de sa dynamique correspondent aux 4 saisons, à la métaphore des 4 saisons... naissance, développement, plénitude et déclin, mort.

Chaque trait a un style ou caractère particulier: le fouet, l'effleurement, le piqué, l'arrachement.
Chaque trait a une histoire: avant de naître, la trace existe déjà dans l'invisibilité.
C'est l'histoire d'une rencontre avec la papier, le pinceau et l'encre, mais aussi la rencontre longtemps préparée et façonnée dans le coeur et dans l'âme.
Chaque trait est changeant, car il suit et accompagne ce qui vit. Il suggère plus qu'il n'affirme.

            L'enseignement se fait moins par les théories ou les livres que par l'expérience et la transmission par l'esprit.
 Il s'agit de transmettre une sagesse, un héritage d'histoires et de paraboles.

   Le maître est discret, attentif, patient. Il voit l'enthousiasme du disciple, sa lassitude. Il sait encourager et ne recherche que le meilleur.
Un coeur habité de calme et de force, un esprit constamment en recherche, un souffle de vie permanent, contrairement aux ruines et épaves.

"sans titre " : dessin à la plume - 21 x 29 cm - 1963 - Raymond Dumoux

Les illustrations de cet article sont extraites  de certaines oeuvres plus anciennes, exécutées au pinceau et à l'encre de chine ou bien à la plume.
 Cette pensée et cette philosophie sera poursuivie jusqu'à  maintenant, mais sous une autre forme, celle de la touche colorée et de la transparence.

   L'article prochain sera consacré à certains textes fondateurs de "l'Unique trait de Pinceau."

   R.Dumoux

  www.viapictura.com
Vendredi 2 juin 2006

 Avant de parler des thèmes et des genres que le peintre va aborder, il semble nécessaire de voir le site viapictura.com et les peintures sur panneaux qui y sont mentionnées.

Il s'agit , contrairement aux grandes toiles de 2 m ou plus encore de 5 m comme dans le pictorama, de dimensions réduites ou de petites dimensions: ce sont des panneaux de 60x40 cm ou 30x40 cm ou encore de 20x15 cm, tous marouflés de toile ou de papier et préparés selon les normes du métier. C'est là un aspect essentiel de mon travail.

Depuis un certain nombre d 'années, ce travail se développe selon le principe des séries.
Afin de faire apparaître l'importance de cette production, une description sur quelques années récentes semble nécessaire,

Pour ce qui est des plus petits panneaux, diverses séries de 10 chacune peuvent être présentées:

-L' homme et l'animal. Quelques titres: Hercule et la biche de Cérynie, le bon pasteur, St Marc et le lion, Hercule et le lion de Némé, St Jean et l'aigle etc

-Suite de 10 panneaux mettant en scène  Adam et Eve : Adam et Eve protégé par un ange, Adam et Eve chassés, Adam et Eve au jardin etc

- les repas; le Pain, le Vin: scène de genre, taverne, Abraham et Melchisedech, le repas d'Hérode etc

-figures mythologiques: Jason, Nabuchodonosor, Diane, Castor et Pollux, Zeus, Milon, Nymphe et Centaure etc

- Suite sur Ulysse: les prétendants, Ulysse et Pénélope, Polyphème, Ulysse et Circé, Ulysse et Calypso, Ulysse et Nausicaa, etc

Pour des panneaux de 30x40 cm également un certain nombre de séries ( chacune de 10 tableaux.) peuvent être énumérées.

-Figures mythologiques,  paysages et architectures.
-Les vices et les vertus: scènes de genre. (Ex: auberge et beuveries)
-Le fils prodigue depuis son départ jusqu'à son retour auprès de son père.
   Ex: le fils prodigue sur la route avec des compagnons de fortune ou bien, le fils prodigue se livrant à la débauche ou, ailleurs, gardant les porcs.
- Suite de 10 tableaux sur les figures de la mythologie et les syncrétismes ou passages de l'antiquité païenne au christianisme.

Dans le cas de panneaux de 40x 60 cm,  des séries de 10 tableaux se succèdent également.

-Les péchés capitaux.
-La vie de Jésus, de la fuite en Egypte à la Résurrection.
-Suite sur le Temps: le temps et les ruines, la fuite du temps,Clotho, Lachésis et Atropos. etc.
-Les vertus.
-Les Oeuvres de Miséricorde: J'avais faim et vous m'avez donné à manger. Eliezer et Rebecca. L'accueil des étrangers. J'étais en prison et vous m'avez visité. Soins et Guérisons. etc.

 Enfin d'autres panneaux de plus grandes dimensions ( 90x70 cm) fonctionnent en séries de 4 tableaux chacune.

-Les 4 Saisons.
-Le repas, de la Cène au repas des dieux etc
-Le Lit.
-Les éléments.
Dans chaque peinture, circulent des compositions figuratives assemblées par groupes, dans des paysages recomposés.

Le site www.viapictura.com donne seulement un aperçu de quelques oeuvres sur panneaux.
Dans cet article j'ai voulu faire une approche un peu plus détaillée, en décrivant quelques titres ou séries, de façon à suggérer la complexité de cette aventure picturale: une présentation paraissait indispensable.
Il reste évident que chaque tableau en particulier permet une étude iconographique ou symbolique détaillée. Il serait intéressant de revenir ultérieurement sur une série et ensuite sur un panneau en particulier.

Enfin, dans tous les cas, ces tableaux sont des compositions qui accordent le primat à la figure (au corps) et font apparaître le concept de peinture d'histoire dont l'origine remonte à Alberti qui accorde un grand rôle à" l'historia".

R.Dumoux

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Mardi 30 mai 2006
 La petite toile légère qu'il portait sous le bras, était  soigneusement emballée,
Elle venait de voyager ; venant de la campagne, elle allait maintenant se trouver accrochée au mur d'un appartement dans une grande ville.
Elle représentait un personnage aux couleurs vives, quelque peu expressionniste, comme un reflet d'un Matisse encore "fauve". C'était déjà pas mal.

Parmi divers objets et dessins, le modelage d'un pied tout en finesse était merveilleux.
 Mais pour la peinture il y avait beaucoup à dire, surtout pour faire autre chose...d'une autre manière, plus vraie.
Il fallait voir le support, comment le préparer sainement selon des procédés de métier, comment peindre.

Le site viapictura.com fournit des exemples précis  de techniques picturales.
Il est bien de donner ici quelques conseils basiques pour ce métier de la peinture qui est essentiel, permanent et unique. (De façon à faire des essais concluants dés le début.)

Le support de toile ou de bois ou carton fort sera encollé à la colle de peau trempée la veille, et chauffée au bain marie (10 gr de colle - 100gr d'eau)
Une couche mince sera ainsi passée sur le support. (Passer une légère couche au verso pour maintenir la planéité du support)
Dans le cas de support de bois, il est mieux de maroufler un papier mince ( l'histoire de la peinture est riche en oeuvres sur papier marouflé à la colle de parchemin. (ex: Rubens) ou une toile fine.


Le papier ou la toile fine étant encollée sur le support, après séchage il est nécessaire de poser une préparation. Cette préparation est obtenue à partir de la colle ( 100 gr. eau et 10 gr. colle) à laquelle sera mélangé du plâtre ou bien du blanc d'Espagne( de 30 à 50gr.) Le plâtre étant réservé aux supports rigides.

Ces encollages et préparations sont basiques.
 Evidemment les préparations selon des recettes diverses (Pacheco) peuvent être enrichies et il est possible de passer 3, 4 ou 5 couches minces successives.( Le ponçage final assure une finesse et une grande transparence à la couleur qui viendra s'y poser)
Sur un tel support, même très maigre (ex: le Christ mort de Mantegna) tout essai coloré sera convainquant.

Il est possible  de travailler de grandes surfaces colorées plus ou moins saturées ou unies ou monochromes, comme dans les tableaux de Rothko ( qui sont réalisés avec des procédés similaires.. d'où leur aspect fascinant)
Dans  ce cas il faut procéder à un broyage des couleurs: les couleurs en poudre, les pigments sont liés c'est à dire agglutinés soit avec une colle de peau, à chaud (Odilon Redon) ou plus facilement ici avec un jaune d'oeuf duquel on aura retiré la peau. Le broyage consiste donc à mélanger des pigments au jaune d'oeuf. Il est bien sûr nécessaire de diluer très largement le tout de vinaigre, de façon à obtenir une couleur liquide et transparente. Plusieurs couches ainsi transparentes peuvent être superposées. Il faut observer les variations ainsi obtenues.

La peinture est une question de couches et de transparences depuis la préparation du support à la colle.
L'apprenti peintre voudra peut-être auparavant dessiner une composition, quelques lignes d'un portrait, d'un personnage ou d'un objet. Cette mise en place pourra se faire au fusain ou bien à la mine de plomb dure ou encore à la pointe d'argent (ex: les dessins à la pointe d'argent de Dûrer.)
Dans un article sur les techniques graphiques de mes dessins cette question sera plus amplement développée.

Ainsi la petite toile dont je parle en début d'article va se métamorphoser: les formes peuvent être sommaires, mais la couleur est devenue vivante semblable à une peau, avec ses reflets, irisations diverses et transparences insaisissables.

La plupart des "oeuvres peints" que l'on peut voir montre des surfaces mortes, des croûtes qui ne sont pas du domaine de la peinture. Reste néanmoins leur intérêt actuel en temps que graphisme ou graffiti.
Dans un prochain article je compléterai ces considérations avec des réflexions sur la complexité et la grande simplicité de ce métier.

Avec les choses les plus simples on se rapproche de la perfection.

R.Dumoux
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Dimanche 14 mai 2006

Outre l'ensemble monumental peint et les panneaux a tempéra, le site www.viapictura.com présente l'évolution de mon activité picturale de 1973 à maintenant. ( les années précédentes ayant été surtout consacrées au dessin et à la gravure)

 Dans l'ensemble il s'agit de toiles dont les dimensions sont de 150x200 cm ou 150x240 cm.

C'est le passage de l'abstrait au figuratif qui semble la démarche dominante.

De 1973 à 1980, après de longues suites de dessins au pinceau, c'est une abstraction géométrique et répétitive qui s'impose.Il y a eu, à ce moment, un regard vers  Malevitch, Mondrian et l'art abstrait géométrique, construit..etc.
Ces toiles abstraites se construisent comme une écriture, de gauche à droite et de bas en haut : la surface est ainsi recouverte d'une trame régulière de touches carrées, de damiers. De ce damier se dégagent des lignes verticales, horizontales ou obliques qui font naître des figures géométriques, sans les tracer.
Dans les surfaces ainsi évidentes des variations colorées sont appliquées à l'aide de superpositions de nouvelles touches colorées.

Ce travail est apparu, ensuite, comme très proche d'ornementations vernaculaires telles que broderies, décors de stores de portes, motifs décoratifs géométriques créés sur les toits de tuiles vernissées.

Peu à peu des éléments figuratifs se sont insinués dans ces trames répétitives, en filigranes.
Il s'agit là d'éléments simples tels que nuages, figure, animal ou paysage, dont le graphisme est stylisé. Parfois des projections de couleur viennent accentuer et intensifier les effets de vibrations colorées.

Dans les mêmes moments, le procédé pictural évolue en utilisant les ressources de l'encollage et du procédé a tempéra.
L'aspect figuratif se précise, semblant se rapprocher des panneaux a tempéra.

L'iconographie est maintenant très lisible: ce sont des compositions symboliques ou mythologiques, historiques ou bibliques.
Par le biais de multiples dessins, se fait jour une relecture des grandes oeuvres du patrimoine de l'humanité. Toutes les époques sont envisagées ainsi que les passages d'une civilisation à une autre et  les syncrétismes si remarquables à observer.  Par exemple,  Orphée devient l'homme au mouton et plus tard, le bon pasteur...
Dans un prochain article, il sera question de grandes figures historiques,  mythologiques ou bibliques, de Cérès à Alexandre ou Moïse, qui inspirent une méditation sur les grands mythes et  le rêve de la réincarnation de la peinture.
R.Dumoux
www.viapictura.com
Dimanche 30 avril 2006
De Humboldt à Edwin Church

On ne peut s'intéresser aux paysages de Church sans parler de l'explorateur Humboldt.
 L'expédition de Humboldt  (1799-1804) fut une découverte de l'Amérique et de la culture sud-américaine, du Vénézuéla à l'Amazone, des Andes au Pérou et au Mexique.

Humboldt décrit le monde physique, la végétation, les êtres vivants, en insistant sur l'esthétique appliquée aux objets de l'Histoire Naturelle. Déjà, il utilise souvent le mot Tableau .  Selon lui, le paysagiste doit traiter de la profusion des phénomènes et faire ressortir les caractéristiques d'une région.

L'américain Edwin Church sera à la hauteur de ce projet . Ainsi guidé prophétiquement par Humboldt, Church va devenir un grand paysagiste réalisant des toiles spectaculaires qui sont des tours de force. En raison de son grand souci du détail, il va accomplir des voyages d'étude : il réalise des esquisses, des dessins détaillés, des observations positivistes. Il travaille en scientifique et collecte des connaissances botaniques, minéralogiques ou de géographie et d'étude des climats.

En 1859, il présente " le coeur des Andes ". Cette immense toile est présentée dans un retable en bois, dans une salle obscure, avec des bancs. Elle est très éclairée,  pompeusement drapée et entourée de portraits de présidents des Etats-Unis. Avec des jumelles, le visiteur peut voir les détails et lire les descriptions de certaines parties du tableau.
Ce tableau voyagera en Europe, en Angleterre et en Allemagne.

Précédemment  Humboldt avait choisi les Andes parce que à son avis, c'est là que la nature fait apparaitre la plus grande variété d'impressions: on peut y observer des formes du monde tropical et par ailleurs des espèces occidentales. Climats et zones végétales se superposent par étages. Church va composer ses tableaux de cette façon.

Chaque tableau semble récapituler l'histoire de la création.
 Church recherche des extrêmes: volcans, chutes du Niagara, icebergs, volcans. Américain, il avait beaucoup appris de Ruskin. Thomas Cole l'influença beaucoup et il admirait l' aspect spectaculaire de John Martin et de Fussli.
Edwin Church a créé des images allégoriques où l'histoire de la Terre se confond avec celle de l'Humanité.

R.Dumoux
www.viapictura.com
Vendredi 21 avril 2006
Dans l'article précédent, il a été question de l'époque carolingienne et de l'enluminure romane.

Dans le monde oriental, la peinture Persane et les miniatures des manuscrits sont du plus grand intérêt pour le graphisme, la recherche de la composition, de l'expression des figures ou du monde végétal et animal.
De véritables bestiaires apparaissent dans le 1er ouvrage d'histoire naturelle écrit en 941 sous le règne de Ghazan.

C'est l'école mongole de la Perse. De nombreux emprunts sont faits par la Perse à la Chine. On le remarque en particulier dans les célèbres manuscrits de Tabriz : les arbres sont naturalistes mais aussi calligraphiques.
Tel est dans une miniature, l' arbre sacré de Bouddha auquel je pense actuellement, dans une toile de 5 m x 3 à propos de l'Asie, de la forêt vierge, à Angkor . Ces arbres sacrés m'ont en particulier inspiré une ornementation à l'aide d'yeux dans leurs écorces. C'est là, un geste graphique abstrait qui se mêle à une approche naturaliste.
L'abondance et la qualité des oeuvres est telle que pour l'instant on ne peut que citer quelques points de repère qui m'inspirent particulièrement.

Je n'évoque pour l'instant que quelques manuscrits essentiels :
- le Châh-Nameh du très célèbre peintre Firdousi
- un Kalila wa Dimma
Ce sont les peintures les plus fortes du 14 ème siècle .
Un exemple qui ne peut qu'appeler des recherches de composition : Firdousi relate la mort à Babylone la mort d'Iskandar : il s'agit d'une composition figurative étagée dans l'espace. On ressent la tension dramatique, expressionniste, entre les personnages.
Il faut aller voir aussi le livre des Merveilles du Monde et la peinture des Timourides, qui nous font rêver à Samarkand à l'Asie Centrale ou à Gengis Khan
A voir aussi les collections du palais de Topkapi.
Autant de chefs-d'oeuvre de l'art universel et intemporel dont je reparlerai par rapport à mon travail.
R.Dumoux
www.viapictura.com
 

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