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Le corps dans l'art moderne et contemporain (art. 6)

Quelles représentations du corps sont apparues au 20ème siècle, jusqu'à nous et
quelles tendances ou évolutions observer ?

Chronologiquement, l'expressionnisme, le fauvisme, le cubisme, le surréalisme, le misérabilisme, le réalisme critique,  le pop-art,  l'hyperréalisme, la nouvelle figuration, la figuration narrative, le réalisme socialiste, la  trans-avant-garde, les nouveaux fauves, sont des mouvements artistiques où le corps figuré est très présent avec des solutions particulières qui sont aussi des reflets du temps. Ces courants, bien entendu, alternent avec des périodes qui sont abstraites, conceptuelles, où la figuration n'a aucun rôle.

Expressionnisme et fauvisme donnent une vision du corps qui est tourmentée dans la forme ou bien dans la couleur "fauve" C'est l'expression des tourments de l'âme et de la vie . Il suffit de citer "le cri" de Munch. Les corps sont déformés, torturés, le graphisme est outré ou rageur, la couleur stridente. il faut voir aussi Kirchner.

Le cubisme proposera une vision du corps construite et conceptualisée. Dans les Demoiselles d'Avignon, Picasso esquisse dans les dessins préparatoires des figures assez classiques mais ensuite le jeu intellectuel de sa culture fait intervenir le découpage de Cézanne et les influences de l'art des masques africains sans pour cela rompre avec ses origines personnelles et les souvenirs des primitifs catalans.

Le surréalisme va créer des corps qui semblent sortir d'un rêve; ce sont des êtres hybrides, étranges, comme des personnages fantastiques. Leur action est comme un conte de fée irrationnel. Les personnages de Max Ernst sont caractéristiques. Ou bien encore la figuration onirique de Dali et sa méthode paranoïa-critique.

Pour ce qui est du Misérabilisme, il faut citer Francis Gruber et Bernard Buffet que peu à peu nous redécouvrons. Les figures de l'homme sont dépouillées, affligées d'une grande tristesse existentielle. Ces aspects figuratifs se situent au moment de la deuxième guerre mondiale.

Le réalisme critique se situe après la première guerre mondiale. Avec des peintres tels :
max Beckmann, otto Dix, georg Grosz qui dénoncent les conséquences effroyables de la guerre. Pour ses figures Grosz, choisit un langage pictural qui relève en partie de la caricature.

Le pop Art va tirer ses représentations du graphisme et de la publicité. Warhol, Mel Ramos, Lichtenstein ou Rosenquist, par exemple vont développer une figuration optimiste et dynamisante, caractéristique de la société de consommation des années 60. Les images photographiques  y occupent une place majeure comme par exemple dans le célèbre collage de Richard Hamilton (1956), photomontage qui marque le point de départ du pop art.

Ce regard sur le réel quotidien va se prolonger d'une façon plus réaliste avec un courant important qui est l'hyperréalisme dans les années 70.
La représentation du corps devient alors littérale, c'est à dire que on va utiliser le moulage ou bien en peinture, la photo, à l'aide de rétroprojecteur, pour reproduire les corps de façon précise.
En peinture il faut mentionner Chuck Close. Et en sculpture l'art de Duane Hanson: celui-ci moule le corps du modèle et dans les moules en plâtre il coule de la résine. Puis il peint le personnage ainsi moulé et ajoute perruque et accessoires.
La transcription du corps est ainsi radicale, aussi proche possible de la réalité sans rien inventer ni exagérer. Seul demeure pour l'artiste le choix du sujet qui est expressif de sa pensée.  Pour Hanson, le choix se porte sur les Américains moyens ou encore de classe inférieure.
(Cette technique de moulage est acceptée maintenant, alors que précédemment lorsqu'il y avait doute , l'oeuvre était attaquée comme l'Age d'airin de Rodin qui a dû se défendre de cela, comme nous l'avons vu précédemment.)

 Après l'hyperréalisme qui est surtout américain, il faut noter en France, la figuration narrative avec des artistes comme Monory, Fromanger, Cueco, Arroyo, Velicovick ou Adami dont le travail apparaît au début des années 70.
Il faut mentionner les représentations du corps de Francis Bacon. (la nouvelle figuration des années 60)
Bacon peint sans esquisse; il suit son modèle par exemple la photo du pape Innocent 10. L'art de Bacon est fortement expressif. La bouche crie et cette silhouette évoque un symbole pessimiste de l'homme angoissé, perdu, face aux horreurs de notre époque.

Les années 80 constituent une sorte de retour à la peinture-peinture.
En Italie la trans-avant-garde créé dans le sens de la "peinture cultivée", c'est à dire inspirée de l'art classique et de la mythologie. Sandro Chia et Cucchi en sont des représentants importants.
En France, à la même époque, apparait la figuration libre avec Combas, Di Rosa, Garouste ou J.C Blais.
En Allemagne, Baselitz, Kiefer,Polke ou Immendorf développent une sorte de néo-expressionnisme.

Au cours du 20ème siècle, diverses tendances ont fait varier la représentation du corps dans le sens d' un art tourmenté, fantastique ou d'une grande tristesse existentielle ; d'autre part des constats réalistes ont donné une vision critique et acerbe de l'humanité.

Il y a là comme une déperdition du corps dans la peinture ainsi que du corps de la peinture. En effet la technique picturale est souvent d'un métier trop médiocre et parfois restreint au niveau d'un l'art publicitaire ou de décoration.

En art contemporain, la situation est différente car elle fait intervenir des techniques  autres qui ne relèvent pas de la peinture seule : vidéo, photo, image numérique. Médias dans lesquels le corps prend des expressions  engagées dans la vie du moment et dans la quotidien.
Dans un dernier article sur le corps, il sera question de ces diverses expressions.

R.Dumoux

www.viapictura.com

Tag(s) : #Le corps dans la peinture