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La pensée extrême-orientale dans l'oeuvre de Tapies.

L'informe, la matière, le mur, les traces, écritures et objets sont les éléments déterminants de l'oeuvre de Tapies.
        Tapiès a également une conscience aigüe  de l'historicité et s'est intéressé aux nouvelles tendances de l'art.
Son  travail se rapporte souvent aux courants artistiques du 20ème siècle.
Néo-dada, Nouveau- Réalisme, Art Conceptuel, Art Pauvre, Néo-Peinture sont des mouvements majeurs avec lesquels il est en proximité, comme tout artiste sensible à ce qui circule dans l'air du temps.


         La pratique de l'art comme expérience existentielle permet une connaissance absolue de la réalité profonde. C'est l'expression des pensées et des sentiments qui prennent forme dans l'oeuvre.
  Tapiès a été conforté dans son attitude créatrice par la pensée asiatique et par le zen. Il a été question de cela relativement aux murs, à la révélation du mur et de la mutité.
   "Au pied du mur", "cet homme là, c'est un mur", quelques expressions parmi d'autres qui évoquent cet obstacle auquel on se heurte comme au néant, avec un sentiment d'impuissance  et de désarroi face à l'existence. Cette mutité est aussi une plénitude qui, peu à peu, veut tout dire, comme la plénitude du tout. Nous frappons un mur dans un extrême désespoir et finalement voici que le mur s'ouvre.
Cette expérience Zen se retrouve dans le non savoir des mystiques de tous les temps.


   Dans son travail,Tapiès a beaucoup utilisé les objets de toute nature. C'est par là aussi qu'il s'est  ressourcé dans la proximité de la philosophie extrême orientale.

Les objets ne sont là que pour l'humilité de leur histoire. Sortis de la vie ils sont atteints de néant, de vacuité. Ils ont une apparence mais ce n'est pas que l'apparence, selon l'idée bouddhique.
Tapiès décrit ce que l'on peut voir dans l'objet le plus  simple comme une vieille chaise qui peut être chargée de sens et d'émotion.
Pour cette raison il a installé une chaise au dessus de sa fondation: cette chaise sort d'un nuage de fils métalliques, comme naissant d'orbites et trajectoires. Siège offert? C'est le siège d'un dieu?

Au début l'art bouddhique ne représentait pas le Bouddha: on ne présentait que les marques des pieds, les sandales, un lit, un siège.
" le Bouddha peut être une chaussette sale."
Aussi à Montjuic, à côté de fresques romane, Tapies a érigé une chaussette géante accompagnée d'une croix et d'un miroir. Cela montre que l'on peut parvenir à la transcendance par quelque chose de simple.

Les références bouddhiques abondent dans le travail de Tapiès.
Certains titres sont directement bouddhiques : DUKKHA,  THATAGATA,  Dada,
L'oeuvre "Ni identitat" réunit 3 sources: Scientifiques, Bouddhique, Chrétienne.

Tapiès, depuis ses murs et son inspiration du Brahmane fondateur du Zen,  s'est toujours intéressé profondément au bouddhisme, à sa philosophie, bien qu'il n'ait pas  pas adhéré à la religion.
Cela donne à son attitude artistique ainsi qu'aux oeuvres  un rayonnement, important au delà d'aspects extérieurs parfois difficiles.

Ces diverses réflexions sont inspirées d'un ouvrage de Youssef Ishagpour.

R.Dumoux
www.viapictura.com

Tag(s) : #Répertoire iconographique